Chapitre 4 :

Noir et Espoir

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L'eau dégouline de mes cheveux, glisse le long de mon visage et vient tremper un peu plus mon pull et mes genoux que j'ai repliés contre moi. Je frissonne brusquement, le froid s'insinuant dans mes vêtements mouillés. Je pose ma tête contre mes genoux et gémis de douleur, la bosse sur mon front ce rappelant à moi de la pire manière possible. Je me redresse vivement et mon dos me fait mal à son tour. Je passe ma langue sur mes lèvres et sent le goût de rouille de mon sang qui n'a cessé de couler.

Je suis dans un mauvais état, tremblant de froid, enfermé dans un casier qu'on n'ouvrira pas avant au moins une heure. Je me mords la lèvre, l'ouvrant un peu plus. Je déteste ma vie. Je me déteste.

Et je craque. Je passe les bras autour de mes jambes, les serrant contre moi en ignorant le tiraillement douloureux de mes blessures. Je pose mon menton sur mes genoux et laisse des larmes se mêler à l'eau inondant mes joues.

Je suis secoué de sanglots silencieux, je suis pathétique. Ça fait deux semaines que j'ai cet horrible corps et il auras suffit de quelques coups pour venir à bout de ma résistance. Depuis combien de temps je n'avais pas pleuré ? Je n'en ai aucune idée. Mais je sais que je ne pourrais pas supporter de vivre toute l'année en étant le souffre douleur du lycée.

Selon la sorcière qui m'as fait ça, je ne retrouverais ma véritable apparence que lorsque j'embrasserais quelqu'un qui ressent pour moi un véritable amour. Mais l'amour n'existant pas, je n'ai qu'une seule solution : retrouver cette horrible femme et l'obliger à me rendre mon corps. Mais je n'ai aucune idée de son nom et encore moins dans quelle classe elle est, je ne me souviens même plus exactement à quoi elle ressemble.

Je retiens difficilement un nouveau sanglot, c'est peine perdu, je suis condamné à rester laid pour le reste de ma vie. Vie qui ne serra pas très longue si tout le lycée décide de me martyriser.

Un léger coup sur la paroi me fait sursauter et je manque de justesse de m'assommer contre le haut du casier. Je renifle me remettant doucement de cette frayeur quand j'entends une voix qui semble provenir du casier à gauche de celui où je suis enfermé.

-Salut voisin !

La voix est un peu étouffée par le métal du casier mais elle me paraît joyeuse et enjouée , bien qu'elle semble parvenir du mur. J'hésite à lui répondre, es-ce à moi qu'elle parle ? Devant le silence elle, ou plutôt il ,vu que la voix semble appartenir à un homme, reprends :

-Hey, il y a bien quelqu'un dans le casier d'à côté, non ?

Je sens mes yeux s'écarquiller de surprise en comprenant que c'est bien à moi qu'il parle. Qu'il y a quelqu'un qui, comme moi est enfermé dans un casier, juste à côté de moi.

-O-oui.

Ma voix est hésitante et faible elle tremble tandis que j'essaie de paraître normal, je me demande même s'il a pu l'entendre. Mais la réponse ne ce fait pas attendre.

-Génial ! Je suis plus le seul à être enfermé !

J'essuie mes larmes et me redresse, tournant la tête vers la gauche même si je ne peut évidement pas le voir. Étrangement le fait d'être emprisonné, n'a pas l'air de trop le déranger, au contraire. Il me parle d'un ton joyeux comme si la situation était tout à fait normal et je n'ai rien d'autre à faire que de l'écouter. J me contente de faible acquiescement pour lui monter que je l'écoute un peu mais sans prendre part à la conversation, enfin son monologue..

Ça me paraît tellement irréel, que je commence à me demander si je ne suis pas en train d'halluciner parce que Castiel m'a cogné trop fort la tête. Mais il parle trop vite, et change trop rapidement de sujet pour le mal de crâne que je sens arriver pour que tous ça ne soit juste qu'une invention.

Au bout d'un moment il s'arrête subitement, laisse passer quelques secondes de silence qui paraissent longue après le flots de parole qu'il vient de dire.

-C'est quoi ton prénom ?

Je ne réponds pas, surprit par le brusque changement de ton. Et puis j'ai un peu peur que si je lui dis qui je suis, il arrête de me parler. Bizarrement sa voix enjouée me réconforte un peu et je me sens moins seul. Il interprète mal mon silence et reprends :

-T'as raison! C'est mieux de pas savoir, au moins si on se déteste en vrai, autant le savoir que quand on sortira !

-Si on sort un jour, je ne peut m'empêcher de marmonner.

J'entends un rire clair qui résonne bizarrement dans l'espace confiné des casiers.

-Ne t'inquiète pas, on ne peut pas rester enfermés ici pour toujours !

Un instant de silence puis il reprends sans me laisser le temps de réagir d'une quel conque façon à sa phrase qui me paraît un peu trop pessimiste même si elle ce veux rassurante.

- Je vais envoyer un message à mon frère, comme ça il viendra nous sortir de là.

Je l'entends vaguement bouger et je devine qu'il attrape son portable. Ce qui me fait penser au mien qu'on a voler ce matin. Le garçon d'à côté à l'air de bonne humeur, il semble gentil et même si j'ignore qui il est, je suis sur qu'il n'a pas un dixième de ma laideur, je me demande comment quelqu'un comme lui a pu se retrouver enfermé dans un casier. Je renifle, autant à cause de ma petite crise de larme que parce que mes vêtements sont trempés et que je vais sûrement me retrouver avec un rhume.

- ça va ?

Le garçon à prit un ton plus doux, plus tendre comme s'il s'inquiétait vraiment de me état.

-J'ai entendu que c'était Castiel qui... Il n'a pas du être tendre.

Je sens mon ventre se tordre douloureusement et j'ai envie de me remettre à pleurer comme si j' étais une petite fille. C'est la première fois que quelqu'un ce préoccupe de moi depuis ce qui me semble être une éternité.

-Oui... Il ne l'a pas était.

Ma voix parvient par miracle à ne pas trembler.

-Je suis désolé.

-Ce n'est pas la peine, tu n'y es pour rien.

Quelques minutes passent dans le silence, je crois que je l'ai vexé ou énervé car il ne réponds plus. Finalement une petite sonnerie retentit et il reprends enfin la parole.

-Mon frère arrive. Il va chercher un surveillant.

-D'accord.

Un nouveau silence, plus long, puis enfin des pas résonne dans le couloir et s'arrête devant les casiers J'entends la voix d'un élève dire qu'il a oublier les clés de son cadenas et qu'il veux récupérer un livre qui ce trouve dedans, ça dois être le fameux frère. Un soupire puis un claquement sec retentit. De nouveau bruit de pas, qui s'éloigne cette fois et j'entends le casier à côté du miens s'ouvrir.

-Ah merci, fait la voix du garçon avec lequel j'ai parler. Je commençais à être tout ankylosé !

-Fait gaffe la prochaine fois, marmonne son frère.

J'entends à nouveau le rire clair et joyeux du garçon puis plus rien. Le silence.

Je déglutis, il est partie ? Je suppose que oui. Il m'as abandonnais dans le noir avec ma solitude qui me pèse encore plus quand je réalise qu'il m'a fait espérer que je n'étais plus seul. Finalement il est comme les autres et ne pense qu'à lui.

Un claquement résonne contre la paroi métallique de mon casier et d'un coup la lumière envahis et chasse brusquement l'ombre. Je ferme les yeux éblouis et ne parvient à les rouvrir que quelques secondes après, le temps de m'habituer à la luminosité.

-Désolé d'avoir été un peu long, c'était un cadenas à code un peu compliqué.

Entendre la voix du garçon d'à côté me fait éprouver un étrange soulagement, finalement il ne m'a pas abandonné alors. Mais ça ne va pas tarder...

J'hésite en voyant l'ouverture béante, me dévoilant un bout du couloir, puis déplie doucement mes jambes et me laisse glisser en dehors de ma minuscule prison de métal. Je m'étire puis me retourne et découvre pour la première fois le garçon qui vient de me délivrer.

Mes yeux sont vite captés par son propre regard rose que je vois s'écarquiller de plus en plus.

J'attends un cri d'horreur, une grimace de dégoût ou mouvement de recule en découvrant mon être atroce, mais rien ne vient. Juste un petit sourire désolé et un air peiné qui font revenir le tiraillement dans mon ventre.

-Il t'as vraiment pas raté. Allons à l'infirmerie te soigner.