Edward PDV
Je ne savais plus très bien où j'en étais.
Bella était malade.
Ma Bella.
J'avais de plus en plus de mal à garder le contrôle, avec elle.
Je ne savais plus quoi faire.
La voir malade me rendait fou.
Je n'avais jamais voulu ça.
Je voulais la voir avec nous, et heureuse de l'être.
Je commençais à me rendre compte que c'était sans doute utopiste.
Je voulais trop de choses.
Bella était ma rédemption.
Mais je ne lui avais pas demandé son avis.
Je mesurais parfaitement les risques que je prenais en l'amenant consulter un médecin.
Je risquais ma vie. Mais, comme toujours, Bella m'a surpris.
Elle a menti avec plus d'aplomb que je n'en aurai jamais.
J'étais résigné à ce qu'elle m'échappe, en l'amenant dans le centre médical.
Mais elle a tenu tête mieux que moi.
Quand il a voulu me parler seul à seul, j'ai su qu'elle allait fuir.
Bizarrement, je n'ai pas immédiatement pensé aux conséquences : l'arrestation, le procès, la sentence.
Non, j'ai juste pensé que j'allais la perdre.
Ne plus la revoir, ne plus la toucher, c'était juste insupportable.
J'avais besoin d'elle, un besoin vital.
Le médecin avait des doutes, évidement.
Il ne soupçonnait pas la vérité, comment aurait-il pu le faire ?
« C'est vraiment votre cousine ? »
J'ai essayé de me concentrer sur ses questions, mais mon esprit était avec elle, me demandant si elle aurait choisi d'alerter quelqu'un dans la salle d'attente ou serait allée dehors trouver un téléphone pour avertir la police.
Une partie de moi, la plus petite mais la plus forte, ne pouvait s'empêcher d'espérer qu'elle serait toujours là quand je sortirai d'ici.
« Oui c'est ma cousine »
« Quel age a-t-elle ? »
« 16 ans »
« Et vous ? »
« 22… »
« Je ne suis pas idiot vous savez je me doute qu'il se trame quelque chose entre vous… »
« Écoutez…je ne suis pas un enfant de choeur, mais je ne suis pas un violeur. Jamais je ne ferai de mal à Bella… »
En disant ses paroles, j'ai réalisé deux choses.
Tout d'abord, je mentais. J'avais fait du mal à Bella. Plus de mal qu'on ne pouvait en faire à un être humain…
Et surtout, je n'allais plus lui en faire.
Je n'en étais plus capable.
En quelques jours, quelques heures, elle était devenue le centre de mon univers.
Je n'avais éprouvé aucun problème à me rapprocher physiquement d'elle. J'étais un homme et elle était plus qu'à mon goût. Elle était belle, sensuelle et bien plus sexy qu'elle ne pouvait l'imaginer…
J'avais réussit à me cacher l'autre attrait qu'elle avait sur moi. Plus que de l'attrait : le besoin vital que j'avais d'elle.
Je voulais d'elle quelque chose. Quelque chose de plus que son corps, quelque chose de fort, d'intense. Je n'arrivais pas à mettre de mots dessus.
Pas encore.
Une chaleur étrange montait en moi en pensant à elle, courant peut-être dans la rue, à la recherche d'aide pour me fuir à tout jamais.
Je me suis levé.
Le médecin avait continué à me parler.
Sans aucun doute me faisait-il la morale.
J'ai posé un billet de 20 dollars sur son bureau et je l'ai regardé dans les yeux :
« Je ne ferai jamais de mal à Bella. Au contraire, je fais tout pour qu'elle se sente mieux : croyez-vous que je l'aurai amenée ici sinon ? »
Il a hoché la tête.
J'ai quitté son bureau et j'ai foncé dans la salle d'attente.
Il était sur mes talons.
Elle n'était pas là.
L'étau dans ma poitrine s'est resserré.
Il me regardait fixement.
« Elle doit m'attendre dehors »
« Sans doute… »
Son air était dubitatif.
Je me suis demandé s'il serait un bon témoin au procès.
Sans doute…
Mais à charge ou à décharge ?
J'ai couru dehors.
Il n'y avait pas plus de 100 mètres à parcourir.
Je ne sentais plus mes jambes.
Je ne pensais qu'à deux choses :
Je ne pouvais plus vivre sans elle, et je ne voulais pas qu'Alice soit impliquée là-dedans.
Il me restait un dernier espoir : celui de la trouver sur le parking, qu'elle n'ai pas eu le temps, ou le courage, de me dénoncer.
Elle était à coté de la voiture.
Assise par terre, le regard impénétrable.
« Ça puait dans la salle d'attente »
Son air innocent ne m'a pas trompé. Elle était en train de prendre les commandes dans notre couple.
Je tremblais.
Je me suis assis et j'ai du me faire violence pour démarrer et me concentrer sur la route.
Elle n'était pas partie.
Elle m'avait attendu.
Je ne comprenais pas pourquoi. Pas du tout. (ndla : Edward ne connaît pas le syndrome de Stockholm, pas plus que Bella, ni aucun des Cullen/Hale)
La seule chose qui m'importait, à ce moment là, était qu'elle soit à coté de moi.
Je ne l'avais pas perdue.
Elle était avec moi.
Je me suis juré de prendre soin d'elle. Qu'elle ne regrette pas sa décision.
Elle aimait les livres, je le savais. Je savais quelques petites choses sur elle.
Elle était belle, et courageuse, et intelligente. Elle se fichait des vêtements, mais elle aimait les livres, et sans elle je n'étais rien, plus rien. Je voulais déspesérement qu'elle ne me voit plus comme son bourreau, mais en même temps je me haïssais de lui avoir fait du mal, de lui avoir fait peur. Je voulais tout changer, tout recommencer, me racheter, surtout me racheter.
J'allais lui offrir tous les livres qu'elle voudrait.
L'expression « cage dorée » m'est venue à l'esprit et j'ai serré les dents.
Elle s'est mise à gémir et je n'ai pas eu le temps de réagir qu'elle a vomit.
J'étais fou d'inquiétude.
Et si elle était vraiment malade ? Pas seulement le choc, mais une crise d'appendicite ou une infection ?
Je ne pouvais pas imaginer la perdre.
Je ne pouvais pas…
Les autres ont été aussi soufflés que moi d'apprendre qu'elle ne s'était pas enfuie alors qu'elle aurait pu le faire.
Je n'avais pas d'explication.
Mes frères ont tenté de plaisanter en nettoyant la voiture avec moi.
« Elle n'est pas insensible à ta gueule d'ange finalement »
« La ferme Emmett ! »
Jasper riait.
Elle était allée se changer avec les filles et je regardais sans cesse si elles arrivaient enfin.
Jasper me surveillait.
« Tu es au courant que tu es amoureux ? »
« Ferme là toi aussi ! »
Ils ont ricané mais mon cœur battait à toute allure.
C'était ça ?
Etre amoureux ?
J'ai récapitulé dans ma tête.
Je la désirais.
Je la trouvais belle.
J'avais envie de la protéger.
Je ne pouvais plus me passer d'elle.
Je m'inquiétais pour elle.
J'étais jaloux.
Je voulais qu'elle soit heureuse.
Est-ce que cela faisait de moi un homme amoureux ? (ndla : oui oui !!!)
Quand elle est revenue avec mes sœurs, son expression était plus décidée que je ne l'avais jamais vue.
« Bella, on prend la Volvo, tous les deux »
Evidement, elle s'est doutée que c'était à cause de l'odeur, mais elle n'a pas commenté.
Elle me fixait.
Je ne pouvais plus soutenir son regard.
« Je veux étudier. Trouve une solution! »
Voilà qui ne m'étonnait pas d'elle.
« Bien sur! Par correspondance, c'est pas un problème »
On est monté dans la voiture.
« Je veux pouvoir rassurer mes parents régulièrement! »
C'était logique.
Mon cœur battait fort. Elle était en train de poser ses conditions pour rester…J'étais à la fois content et déboussolé…
« On se débrouillera! »
J'ai démarré, me sentant bizarrement comme un petit garçon qu'on va gronder.
Je l'ai senti hésiter.
« Je ne veux plus avaler. Plus jamais. Sauf si JE le décide »
J'ai grimacé. Je tenais beaucoup à ça. Une part de moi en elle…La voir faire ça me donnait le sentiment de la faire mienne.
Mais il y avait d'autres manières pour qu'elle soit à moi. J'avais très envie de lui faire l'amour pour de bon, et visiblement, elle était prête…
Elle a tapé du pied.
J'ai soupiré :
« Ok »
Je lui ai sourit :
« On fera autre chose…Ça te plaira sans doute plus! »
« C'est quoi, ton nom de famille? »
Ca, je ne m'y attendais pas…Je l'ai regardé, hésitant.
« Cullen… »
« C'est moche! »
Elle me faisait rire.
Elle s'est endormit, et j'ai vu rapidement qu'elle avait à nouveau de la fièvre.
Je m'y attendais, en fait.
J'avais l'impression d'assister à la mue d'un serpent.
Elle parlait beaucoup.
Elle délirait, appelant ses parents, leur râlant dessus aussi. Elle m'appelait beaucoup également.
La première fois qu'elle a murmuré :
« Edward »
En pleurnichant, j'ai été plus que surpris.
Nous étions seuls dans le motel d'Oceanside, les autres étaient en train de préparer la maison.
Je l'ai prise dans mes bras, ne sachant pas si elle allait me repousser ou pas.
Mais elle s'est blottie contre moi et a passé ses bras autour de mon cou.
Je me suis occupé d'elle.
J'avais l'impression de m'occuper d'un bébé. Ce n'était pas déplaisant.
La chouchouter me faisait me sentir mieux.
Comme si je me rattrapais…
Alice et Rose m'ont aidée. Emmett et Jasper étaient inquiets, mais les filles et moi plus vraiment.
J'étais sur qu'il s'agissait là d'un passage obligé.
Comme si son corps et son esprit se débarrassaient de son ancienne vie, de la tension des derniers jours aussi.
J'ai passé plusieurs nuits à la veiller.
J'aimais la regarder dormir.
Son sommeil était tantôt agité, plein de délires et de paroles, tantôt très profond, et dans ces moments là son visage était si calme, si pur que je ne pouvais détacher mon regard d'elle.
Le troisième matin après notre arrivée dans la grande maison de la plage, je me suis réveillé seul dans le lit.
Une horrible angoisse m'a étreint le cœur.
J'ai foncé à la salle de bain, mais elle était vide.
Fou de douleur et d'angoisse j'ai dévalé les escaliers.
J'ai, vraiment, cru que je l'avais définitivement perdue.
Comme le jour de la visite chez le médecin, j'ai seulement pensé à l'avoir perdue, pas aux conséquences judiciaires…
Mais elle était là.
Assise à la table de la cuisine, avec Jasper, Rose et Alice.
Elle m'a paru plus jeune encore.
Plus belle aussi.
J'avais envie de l'embrasser. Mais je me sentais intimidé…
Je me suis approché, me demandant si elle allait accepter mon baiser.
Elle y a participé pleinement.
J'ai déjeuné, savourant la nourriture qu'elle avait préparée.
Elle a accepté mes caresses. D'une manière différente des autres fois.
Cette fois, je ressentais son désir : elle avait juste envie, pas d'arrières pensées, ou de peurs.
On est restés seuls et elle a dormit plus d'une heure.
J'ai patienté dans le salon.
J'ai longuement regardé la dernière photo de nous cinq.
Je me sentais à l'aube d'une vie nouvelle.
Bella était ma renaissance.
Je la voulais.
Je l'ai eue.
J'avais l'impression d'être neuf, moi aussi.
Je la vénérais.
Son corps m'émouvait incroyablement.
J'ai prit mon temps. Je voulais qu'elle aime ce que j'allais lui faire.
Je l'ai préparée, longuement faisant tout ce qui était en mon pouvoir pour faire naître le désir dans son corps et dans sa tête.
J'ai joué avec son centre de plaisir, m'amusant, m'émerveillant de ses gémissements de plaisir.
Elle avait autant envie que moi de faire l'amour.
J'ai fait durer les préliminaires parce que j'avais presque le trac. Je voulais profiter du moment aussi.
Je lui avais promit d'y aller doucement et c'est ce que j'ai fait.
Ca a été difficile.
A peine avais-je commencé à m'insérer en elle que je savais qu'elle serait celle qui me ferait connaître le vrai plaisir.
J'ai réussit à me maîtriser suffisamment pour ne pas être brutal.
Je me suis glissé en elle avec délectation.
Elle était incroyablement douce, et terriblement serrée. Le plaisir que je prenais était fabuleux.
Je gémissais tant c'était bon.
Elle s'est vite habituée, et heureusement parce que je n'ai pas pu me retenir plus longtemps et j'ai enfin investi son corps et lui ai fait l'amour, pour de bon.
Je sentais qu'elle avait encore mal, mais qu'elle aimait ce que je lui faisais en même temps.
Son visage, son regard, étaient comme des livres ouverts.
Le plaisir m'a emporté, si fort et si violent que j'ai cru défaillir.
Je l'ai regardée. Elle était si belle.
Le bonheur m'a envahit. J'avais ce que je désirais tant depuis plusieurs jours.
Au delà même.
Je n'avais pas seulement fait l'amour avec elle. Je l'avais aimée.
Mais j'ai vraiment prit conscience de ce que je ressentais pour elle un peu plus tard, quand elle m'a demandé l'autorisation de prendre un bain.
Mon cœur a saigné.
J'étais à nouveau un monstre. Plus son amant.
Et ça, je ne le voulais plus, plus jamais.
Alors j'ai enfin ouvert les yeux, et j'ai su que j'aimais Bella Swan plus que ma propre vie.
C'était, finalement, une prise de, conscience tranquille.
L'aimer n'était pas douloureux.
C'était bien.
Agréable.
Je me sentais pousser des ailes.
Je me sentais neuf, différent, je me sentais meilleur.
Le reste de l'après-midi a été calme. On a fait des choses de couple.
J'ai même cuisiné avec elle.
Elle était douée, et j'ai rit en repensant à une vieille boutade de garçon : si tu rencontre une fille qui cuisine aussi bien qu'elle baise, épouse-là.
Bella était un peu jeune pour ça, mais elle était ma vie, désormais.
Jamais je ne la laisserai partir, et à présent je savais pourquoi.
Parce que je l'aimais.
