Au bout de quelques jours, j'ai cessé de me poser des questions.

J'ai cessé de me préoccuper du monde extérieur.

Je ne voulais plus penser qu'au plaisir.

Presque tous les jours, il me faisait envoyer des mails, tantôt à ma mère, tantôt à mon père.

J'étais toujours étonnée qu'il me dise de le faire.

Comme si celle que j'étais avant n'existait plus.

Je le faisais, mécaniquement, mais mon esprit n'était pas là.

Je vivais une parenthèse dans ma vie.

Et c'était bien.

Le lendemain du jour où il m'avait enfin fait l'amour, on a recommencé.

Il me regardait intensément, depuis qu'on l'avait fait. Plus intensément encore qu'avant..

J'avais passé, la veille, une soirée mémorable.

Alice et Rosalie ne m'avaient acheté plus de vêtements que je n'en avais jamais possédé.

Elles m'ont entraînée dans la chambre de Jasper et Alice, et j'ai déballé des heures durant.

J'étais réticente, au début, mais j'ai bien aimé ce que j'ai trouvé.

Beaucoup de jeans, des chemises, des tee shirts à manches longues, des pulls, des gilets, plusieurs paires de converses de différentes couleurs, des bottes en daim qui m'ont coupé le souffle tellement elles me plaisaient, des bijoux fantaisies sympas. Des robes aussi, courtes et évasées, qui ressemblaient à de grandes chemises et qui m'ont paru y avait aussi des jupes, des vestes, je me sentais comme une gamine le matin de Noël!

J'étais contente.

J'ai essayé diverses tenues et les filles applaudissaient.

Puis, Alice m'a tendu un gros sac avec un air plus dubitatif et j'ai comprit qu'on passait aux choses sérieuses.

J'ai découvert des sous vêtements. Certains étaient acceptables, bien que bien plus beau et coûteux que je n'avais jamais eu, d'autres étaient juste indécents.

Je n'ai pas commenté. Je savais parfaitement à quoi étaient censé servir la dernière catégorie.

J'ai un peu grogné, pour la forme :

« Il leur faut vraiment ça, aux gars ? »

Rose a fait la moue :

« C'est un plus non négligeable Bella ! »

Alice m'a soupesée du regard :

« Ça t'a plu, au fait ? »

Sa voix était amusée et j'ai su qu'elle avait deviné que nous avions atteint la dernière base un peu plus tôt dans la journée.

J'ai rougit.

Rose a ouvert de grands yeux :

« Ça y est ? Raconte Bella ! »

« NON !! »

Elle s'est levée d'un bond, surexcitée, et m'a attrapée par le bras, elle riait mais sa voix était excitée :

« Si ! Allez ! Dis nous tout ! »

Elle m'a brutalement rappelé la fille qui me faisait si peur, au début.

Je me suis figée, haletante, et elle a du comprendre, parce qu'elle m'a relâchée, rouge et gênée.

Alice m'a alors tendu une robe magnifique, bleu nuit, longue, prêt du corps, dos nu, avec une découpe au niveau de la poitrine très osée.

J'ai rit en la voyant et cela a contribué à détendre l'atmosphère.

J'ai chassé de mon esprit la peur que je venais de ressentir et Rose s'est approchée très prêt de moi, pour poser la robe contre mon torse.

J'étais en string et soutien gorge, et j'ai enlevé mon soutien gorge pour passer la robe.

Elle était vraiment très belle et la voir sur moi m'a fait sentir grande.

J'ai un peu haussé les épaules :

« Qu'est ce que tu veux que je fasse d'une telle robe ici Alice ! Ce n'est pas pratique ! »

« Pour Noël !!! »

Noël était dans moins d'un mois et j'ai urgemment fermé mon esprit au fait que je ne le passerai pas avec mes parents.

J'ai gardé un jean stone, avec une grande chemise bleu que Rose m'a savamment déboutonnée, pour laisser juste entre apercevoir le bleu plus sombre de mon soutien gorge.

Alice m'a remonté les cheveux en chignon fou et quand je me suis regardée j'ai vu que je leur ressemblais.

Des années durant j'avais été quelqu'un d'honnête. Et là, ressembler à deux braqueuses de banques me plaisait.

J'ai décidé d'assumer.

On a mangé le repas que j'avais confectionné et quand tout le monde m'a félicité je me la suis joué rebelle :

« Je vais vous apprendre à cuisiner ! Hors de question que je me paye toute la cuisine ! »

Ils ont ri.

Je devenais une bonne recrue.

Je me suis mise à dire non à tout, ou presque.

Quand Edward m'a prit par la main, un peu après minuit, pour qu'on monte se coucher, j'ai refusé.

Il était embêté.

Il n'y avait plus que Jasper dans le salon, et, visiblement, il n'aimait pas l'idée de nous laisser seuls tous les deux.

Je l'ai regardé droit dans les yeux :

« Je pense que Jasper sait se tenir. Et moi je n'ai pas l'intention de le violer »

Jasper s'étouffait de rire, mais il s'est levé d'un bond et a grimpé les escaliers.

Edward a reprit ma main et je me suis dégagée.

« Monte ! Moi je reste encore un peu ! »

Il a tergiversé.

Dans le salon, il y avait l'accès à Internet, et visiblement cela l'effrayait.

J'ai soufflé.

« Si j'avais voulu donner l'alerte je l'aurais fait chez le médecin, tu ne crois pas ? »

Il a hoché la tête.

Il a finit par monter, ennuyé.

Je me suis jetée sur l'ordinateur et j'ai ouvert google.

J'ai frénétiquement tapé « Bella Swan » et, presque tout de suite, je suis tombée sur l'avis de recherche que mon père avait dressé :

Isabella (dite Bella) Marie Swan

16 ans

1m63, 55 kgs

Cheveux longs châtains, yeux marron

En fugue depuis le 15 novembre 2009

Contactez le 09-555-623-789

J'ai imprimé l'avis de recherche, me suis emparée d'un marqueur noir et j'ai proprement barré les mots « en fugue ».

Puis j'ai fixé l'affiche au dessus de la cheminée, virant la photo qui occupait la place auparavant, et qui les montrait tous les cinq, sans doute vers l'age de 15 ans, du moins pour Edward.

Je me suis reculée de deux pas et j'ai regardé ma photo. Je me suis à peine reconnue. Je ressemblais à une petite fille trop sage.

J'ai laissé l'ordinateur ouvert, et j'ai mit mon avis de recherche en page d'accueil.

Puis, satisfaite, je suis montée me coucher.

Edward m'attendait, anxieux. Il m'a prise dans ses bras et je me suis calée contre lui, brusquement fatiguée.

Le lendemain matin je me suis réveillée pour le trouver en train de me regarder.

Allongé sur le coté, la tête posée sur une main, le bras replié, il m'a sourit.

J'ai sourit aussi et je me suis levée d'un bond.

Je suis allée à la salle de bains, et j'ai fermé la porte à clé.

Quand je suis revenue il avait enfilé un pantalon kaki et un tee shirt gris.

J'ai farfouillé dans les sacs, sans le regarder, et j'ai prit un ensemble de sous vêtements rouges, tout en dentelle, qui ne cachait même pas mes mamelons. Je l'ai enfilé, et l'effet a été immédiat : j'ai à peine eu le temps de passer un jean qu'il se pressait contre moi.

J'ai senti son érection dans le bas de mon dos, et j'ai grogné :

« Pas maintenant, j'ai faim ! »

Il m'a embrassée dans le cou, suggestif :

« Moi aussi j'ai très faim ! »

Je lui ai donné un coup de coude dans les cotes.

Pas très fort, mais suffisamment pour lui faire comprendre que j'allais descendre prendre un petit déjeuner, et que ça n'était pas négociable.

Il a reculé, dompté.

Je ne me reconnaissais pas.

Visiblement, lui non plus.

J'ai mit un pull fin à col en V bleu marine, une paire de chaussettes en laine grise et je suis descendue.

Rose et Jasper étaient déjà attablés.

Ils m'ont regardées d'un air anxieux quand je suis entrée dans la cuisine, Edward sur mes talons et j'ai su qu'ils avaient vu l'affiche.

Ils n'ont rien dit, mais au bout d'un moment Jasper m'a demandé si ça allait :

« Très bien. Mais je veux qu'on fasse rentrer Alaiena. »

La chienne vivait dehors.

Elle était bien nourrie, elle dormait dans le garage et ils sortaient souvent jouer avec elle, mais là, brusquement, j'avais décidé qu'elle allait vivre à l'intérieur avec nous.

Rose a gentiment secoué la tête :

« C'est pas possible. Edward est allergique aux poils de chiens. »

« Je m'en moque complètement. Alaiena va venir vivre dans la maison. Les antihistaminiques, c'est en vente libre ! »

Jasper et Rosalie ont reposé leur tasse, effarés.

Edward s'est levé, et, posément, il m'a chargée sur son épaule.

J'ai crié, pour la forme, mais j'ai comprit que j'étais allée un peu loin.

Il a grimpé les escaliers rapidement et m'a littéralement balancée sur le lit de notre chambre.

Son regard était redevenu celui d'un prédateur. Le vert de ses yeux avait foncé et j'ai frissonné. Il souriait, malgré tout. Pour lui, c'était un jeu.

Il a fermé la porte à clé et j'ai cherché l'affrontement physique.

Je manquais d'exercice, et j'avais beaucoup de colère à évacuer.

Je l'ai repoussé et il m'a maintenue sur le lit.

Sa force physique était très supérieure à la mienne, mais il ne cherchait pas vraiment à me surpasser.

On s'est battus.

Il se contentait de se défendre, mais je l'attaquais férocement.

Je lui ai collé un coup de poing dans la mâchoire qui l'a fait gémir.

Je ne cherchais pas à lui faire mal, mais j'étais saturée d'hormones, et je devais en passer par là.

Il m'a laissée m'en donner à cœur joie, m'immobilisant totalement de temps à autre pour venir trouver mes lèvres, et nous nous embrassions alors avec fureur.

J'étais terriblement excitée, et après un long moment passé à lutter contre sa prise et à lui donner des coups de pieds, j'ai abdiqué, et j'ai dégagé une de mes mains, pour tirer sur son tee shirt.

Il m'a laissé le lui enlever, puis s'est redressé, torse nu, et a à son tour arraché mes vêtements.

Il m'a soulevée du lit en tirant sur mon jean, et je me suis retrouvée secouée, les jambes en l'air, tandis qu'il me l'enlevait avec impatience.

J'ai moi-même retiré mon pull, mais il m'a devancé pour les sous vêtements.

Il était si impatient qu'il n'a pas réussit à dégrafer le soutien gorge et l'a arraché.

Puis il a fait rouler le string le long de mes hanches, avant de le lancer à terre.

Je me suis fébrilement attaquée à son pantalon et il m'a aidée.

Quand il a été nu j'ai du détourner le regard de son sexe durement dressé, parce que la tête m'a tournée.

J'ai voulu me redresser mais il a du mal interpréter mes intentions, pensant que je voulais me chamailler encore, parce qu'il m'a fermement recouchée et maintenue allongée d'une main, pendant qu'il fouillait la table de nuit de l'autre.

« Ça suffit Bella ! Tu m'as cherché, tu m'as trouvé ! »

Je l'ai regardé enfiler le préservatif d'une seule main et j'ai largement ouvert les cuisses quand il s'est positionné au dessus de moi.

Son regard était intense, passionné aussi.

Je me suis mordu les lèvres et il m'a remonté une cuisse, me faisant gémir.

Il m'a pénétrée plus doucement que je n'aurais cru.

J'étais tendue, craignant de souffrir à nouveau, mais je n'ai pas ressenti de douleur, juste du plaisir.

Il est ressorti immédiatement de moi et a aussitôt replongé dans mon ventre, et j'avais l'impression qu'il m'ouvrait en deux.

C'était comme si une coulée de lave de plaisir naissait dans mon ventre et s'écoulait le long de mes cuisses.

Rapidement il a été tout au fond de moi, il était impossible d'aller plus loin, mais chaque poussée me laissait croire le contraire.

Je ne me maîtrisais plus, je n'étais plus moi-même…

Je n'étais plus qu'une femme en train de prendre du plaisir.

Je savais que je criais, parce que le plaisir était presque insupportable, mais j'étais bien incapable de m'en empêcher.

Il gémissait et jurait de plaisir lui aussi.

Il a accéléré ses mouvements et je me suis mise à geindre et supplier.

Je voulais qu'il continue, qu'il aille plus vite, plus fort aussi, et il a accédé à mes suppliques.

Il maintenait mes mains dans une des siennes et à ce moment là plus que jamais j'étais d'accord pour qu'il me garde prisonnière à tout jamais. Sa main libre caressait mes cheveux et même ce simple geste me paraissait érotique.

Ses pénétrations se sont faites violentes et je me suis mise à pleurer de plaisir.

Une sensation de brûlure que je commençais à bien connaître est née dans mon ventre et j'ai crié plus fort pour que l'orgasme arrive plus vite.

Il est venu chercher mes lèvres, probablement pour me réduire au silence, et le baiser a encore décuplé mon plaisir.

L'orgasme m'a enfin envahie, dévastateur, et j'ai longuement joui, hors du temps, hors de moi-même.

Je n'avais pas encore reprit mes esprits qu'il m'a retournée comme une crêpe, me faisant cambrer.

Mais jambes tremblaient et il m'a calée avec le coussin.

Je n'ai pas eu le temps de comprendre ce qui m'arrivait qu'il me pénétrait à nouveau.

Je savais que cette position s'appelait la levrette, et j'ai, un instant, tenté de m'y soustraire. Cela me paraissait humiliant.

Mais il s'est mit à bouger en moi et j'ai tout de suite changé d'avis.

Dans cette position il me pénétrait plus profondément encore, et mon ventre sensible s'est à nouveau gonflé de plaisir.

Il me maintenait fermement par les hanches, de toutes façons.

Il gémissait fortement, et quand il m'a prit si fort que ça en devenait presque douloureux, il a crié mon prénom.

Je mordais l'oreiller, pour supporter l'intensité de l'acte.

J'ai senti son sexe frémir en moi et j'ai comprit qu'il jouissait à son tour.

Il râlait, une de ses mains posé sur le bas de mon dos, l'autre entortillée dans mes cheveux.

Il s'est abattu sur moi et m'a enlacée.

Il nous a fait tourner et je me suis retrouvée sur son torse.

Il caressait mes joues et mon dos.

Il m'a embrassée puis m'a murmuré :

« Bella…tu es à moi, à moi…Jamais je ne te laisserai partir, c'est trop bon…Bella…Je…je… »

Il a reprit son souffle, les yeux fermés, me tenant si serrée contre lui que j'avais du mal à respirer.

Quand il a ouvert les yeux il m'a longuement regardée et m'a dit :

« Je te veux Bella…pour toujours »

Je n'ai pas répondu.

Il m'a câlinée un long moment, et finalement nous nous sommes rhabillés et sommes descendus à nouveau.

J'avais les jambes coupées, le plaisir m'avait rendue toute molle…

On est allé dans le salon et quand on est entré et que j'ai vu l'affiche en même temps que lui, j'ai été presque aussi choquée.

J'avais oublié qu'elle y était, et, tout à coup, je n'ai plus su pourquoi j'avais fait cela.

Il a blêmit et m'a regardée.

J'étais rouge.

« C'est pas pour vous que je l'ai mise là, c'est pour moi… »

C'était la vérité.

Je voulais me souvenir des raisons de ma présence parmi eux.

Mais, ce matin là, elle me paraissait grotesque et incongrue, presque indécente.

D'une main sure j'ai tendu le bras pour la détacher.

Ils m'ont regardé faire, tous les cinq.

Je ne l'ai pas jetée, je l'ai simplement posée sur la table basse, avec des revues.

Emmett a détendu l'atmosphère. Il s'est adressé à Edward, tout en lui donnant une bourrade dans l'épaule :

« Et après, tu diras que Rose et moi on est trop bruyants !!! »

Edward a rougit et s'est mit à rire.

Je me suis enflammée et j'ai baissé le nez.

Edward m'a serrée contre lui.

« C'est pas moi ! C'est elle ! »

Il riait, et je lui ai tiré la langue.

« Ah non ! C'était tout les deux ! »

A insisté Alice.

J'ai prit Edward par la main et on est sorti.

La plage était devant nous.

Je n'avais pas prit de manteau, et Alaiena s'est mise à japper en nous voyant.

Nous nous sommes mis à courir tous les trois, sur la plage déserte.

J'ai lancé un bâton pour la chienne mais elle n'était pas dressée, et, brusquement, ça m'a plu.

Moi non plus je n'allais pas me laisser dresser.

Mais j'allais être heureuse quand même.

C'est à partir de ce moment là que j'ai fait table rase du passé.

Je jugeais durement mes parents.

Mais j'étais réellement mieux là ou j'étais.

Je ne voulais plus partir. Je voulais juste avoir la liberté de le faire.

En fait, je savais que je l'avais sans doute.

Si je m'étais levée, même devant eux cinq, que j'avais prit les clés de voiture et les avait informé que je rentrais chez moi, ils m'auraient sans doute suppliée, mais ne m'auraient pas physiquement retenue. Ils savaient, je pense, que je ne les dénoncerai pas.

Ils avaient juste envie que je reste.