Tada ! Troisième chapitre !
Ne vous inquiétez pas c'est normale, je vais bien ... Enfin je crois ... peu être
Bon... Je suis sure que vous vous en tamponner royalement mais, voilà c'est moi qui est intégralement écrit ce chapitre :D
Sinon je remercie, ma chère Béta Glitten Heaven... qui n'as pas s 'excuser le pépins ça arrive a tout le monde ^^
Bon sur ce je vous laisse aprécier le fruit de mon esprit (malade)... BONNE LECTURE !
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Chapitre 3
Les superstitions, quoi de plus stupide ?
C'est vrai, cela a quelque chose d'absurde de penser que des événements aussi insignifiants que renverser du sel, casser un miroir, ou encore être treize à table, peuvent influencer notre vie d'une quelconque manière.
Enfin si vous tenez à votre vie, et surtout à la mienne, ne vous avisez pas de répéter cela à un membre de ma famille, surtout ma grand-mère.
Cela faisait presque deux mois que j'avais fait la connaissance de Dave Jenning, et c'est bien triste à dire, mais il avait égayé mon morne quotidien en tant qu'esclave attitré de Miss Granger.
C'était agréable d'avoir quelqu'un de cultivé, et qui ne vous prenait pas de haut, avec qui parler lors de mes pauses. Je ne tiens pas particulièrement à être médisante, mais les discussions avec la standardiste sur le maquillage et le vernis à ongle étaient loin d'être… intellectuellement stimulantes…
Pour l'heure, je n'étais pas en pause, je menais un combat sans merci contre le grimoire rédigé en runes, sur lequel je travaillais depuis presque trois mois. C'était un combat à mort, à celui qui abdiquerait le premier, et je dois dire que le grimoire avait un net avantage. C'est vrai, déjà à l'école, les runes n'était pas la matière dans laquelle j'étais la plus assidue. En même temps, le fait d'avoir été la voisine de Gemma Becker, nymphomane de son état, n'aidait pas. Ensuite, le chapitre avec lequel je me débattais maintenant utilisait un vocabulaire si pointu et technique que je ne comprenais absolument rien. Même les traductions mot à mot donnaient des phrases dont le sens était pour le moins douteux. Vous n'allez pas me dire que « Le sang vampire dans préparation caillée serait flotté » est une phrase compréhensible ? Si ? Et bien, moi qui croyais avoir une mauvaise fois défiant toute concurrence, je me mettais le doigt dans l'œil jusqu'à l'omoplate.
Enfin, tout cela pour dire que j'étais sur le point d' « accidentellement » oublier ce maudit livre sur un bec bunsen quand Granger la sadique fit irruption dans le laboratoire. Elle se dirigea vers moi, mais ne fit pas de commentaires quand au peu de lignes que j'avais réussi à traduire en anglais correct.
« Miss Johnson, vous me préparerez pour mercredi prochain cinq litres de potion antirabique. Une fois la potion finie, vous la répartirez dans des fioles de cinq cent millilitres, que vous étiquetterez correctement. Cela implique, que la date de fabrication ainsi que sa composition exacte doivent figurer sur l'étiquette, sans oublier bien entendu le nom de la potion, m'ordonna t-elle avec un ton moins sec qu'à son habitude.
- Bien Mademoiselle, » répondis-je un peu étonnée d'avoir une tâche en rapport avec ma formation.
Etait-ce mon anniversaire ? Je regardai le calendrier… Non, il y avait encore quelques mois avant que je ne prenne un an de plus… Ma fête peut-être… Non plus. Je trouvais ça louche que Granger me donne un délai aussi long pour réaliser une simple potion antirabique. En effet, nous étions vendredi et ce genre de potions ne prenait au plus que quelques heures à réaliser.
Toujours perplexe, je rangeai mon instrument de torture runique, et me dirigeai vers la réserve… C'est là que la raison du si long délai me sauta aux yeux… Il manquait presque tous les ingrédients pour réaliser le philtre.
En soupirant, j'attrapai la feuille de commande d'ingrédients qui était posée sur une étagère à l'entrée et entamai un inventaire. Visiblement cela n'avait pas été fait depuis un bout de temps, car il manquait une bonne partie des matières premières les plus utilisées.
J'étais en train de bouger un pot de crapauds conservés dans du formol au trois quart vide quand Dave passa dans le couloir.
« Ai-je le droit d'entrer dans la réserve, me demanda t-il avec un sourire amusé.
- Bonne question, répondis-je en passant la tête par la porte pour voir si aucun supérieur hiérarchique ne passait dans le parage. On va dire que oui…
- Que faites-vous ? me demanda le vampire.
- Et bien, je suis censée préparer quelques litres de potion antirabique, mais il manque au moins cinq ingrédients sur six donc je remplis ce bon de commande en faisant au passage un inventaire, rétorquais-je en me replongeant dans mon papier.
- Comme cela a l'air ennuyeux ! Enfin, c'est déjà plus intéressant que ce que je dois faire… fit Jenning avec un air neutre.
- Que devez-vous faire ? questionnais-je toujours le nez dans ma liste.
- Rien, je dois seulement me contenter d'être malade… Il n'y pas encore de remède assez au point pour que je puisse servir de cobaye, m'expliqua t-il en s'adossant à une des étagères proche de moi.
- En effet, on ne peut pas dire que ce soit très intéressant, fit-je en bougeant une boîte de pancréas de rats séchés.
- J'ai fini l'essai sur l'évolution des potions de métamorphose au cours des âges que vous m'aviez prêté, je dois avouer qu'il était passionnant. Vous passerez après votre travail pour que je vous le rende ? déclara Dave après un court blanc.
- Je suis partie pour finir un peu tard, je regrette, vous devrez garder mon livre encore ce week-end. J'ai un dîner de famille ce soir, et il est exclu que je sois en retard, fit-je avec un air embarrassé.
- Ma mère aussi, était très à cheval sur les horaires… se remémora l'ancêtre… Paix à son âme. »
Je me sentis d'un coup très gênée. Pourquoi, je me le demande toujours. C'est vrai, cette femme, que je ne connaissais absolument pas, était décédée depuis deux cents ans au moins… Mais Dave m'en avait déjà parlé avec une telle douceur et une telle délicatesse que j'avais un peu l'impression qu'elle avait rendu son dernier soupir il y a seulement quelques jours.
« Bien, je ferais peut-être mieux de vous laisser avant que Miss Granger ne débarque, je serais fort attristé de vous causer du tort d'une façon ou d'une autre, déclara t-il en se dirigeant vers la porte.
- Oh, vous savez, Granger a d'autres chats à fouetter que de venir me surveiller pendant que je fais un inventaire, elle a quelques jours de retard dans la lecture des comptes-rendus sur l'efficacité des potions contre l'allergie au soleil… » rétorquais-je en montant sur l'escabeau pour atteindre les bocaux sur le haut de l'étagère.
Dave eut un petit rire et s'en alla vers sa chambre.
Il me fallut encore bien une heure et demie pour finir d'inventorier la réserve et pour emmener la liste au secrétariat. Il était plus de sept heures et demie quand j'arrivai devant la porte de mon appartement. Un jeune homme brun assez baraqué m'attendait sur le palier. C'était William, mon petit ami, mon jules, mon choupinou, mon fiancé, appelez-le comme vous voulez… quoique fiancés, nous n'en étions pas là.
« T'as encore perdu ton double de clés… Incorrigible !, fis-je sur un ton moqueur en allant l'embrasser.
- Et toi, t'es encore en retard à cause de ton travail ! Tu vois, on ne se refait pas, rétorqua t-il avec un doux sourire.
- Mais mon acharnement paie ! La harpie m'a donné à faire un travail en rapport avec ma formation. De façon détournée, certes, vu que j'ai dû faire un inventaire de la réserve, mais un travail en rapport avec ma formation quand même, déclarais-je en ouvrant la porte.
- Quel progrès ! Enfin, je doute que ça suffise à ta grand-mère quand on arrivera en retard,» railla-t-il.
Avec un frisson, je partis vite fait à la douche. En un quart d'heure, j'étais prête, et William et moi transplanions chez mes parents.
Je n'aimais pas particulièrement les dîners de famille, c'était toujours d'une longueur exaspérante. Enfin, quand ça ne finissait pas prématurément avec une violente engueulade. De plus j'en prenais toujours pour mon grade. C'est vrai, quand les ancêtres avaient une dent contre moi, j'étais sûre que ça aillait ressortir dans ce genre de repas… Et comme personne ne veut contredire les fossiles, ça finit en « Et bien Wilhemina, on m'a dit que tu sortais en douce pour aller retrouver des garçons, tu sais que ce n'est pas bien, tu sais qu'avec rien qu'un baiser tu peux tomber enceinte ! ». Là, c'est un grand moment de solitude partagé entre rires, à cause de l'absurdité de la déclaration de la mamie, et l'agacement, parce que les parents parlent à tout le monde de ma vie…
Mais même quand ils n'ont rien à me reprocher, ils trouvent toujours un vieux souvenir bien honteux pour me ridiculiser…
Curieusement, mon frère Dorian n'avait jamais ce genre d'embêtement. Il faut dire que c'était l'aîné, la fierté de la famille. A vingt-huit ans, il était fiancé, avait un boulot stable et bien rémunéré au Ministère. A côté, moi, avec mes vingt-trois petites années, et mon boulot sous-payé de larbin, dans un institut indépendant, je n'étais pas un motif d'intérêt assez conséquent pour que l'on me ménage.
Non, franchement, les dîners de famille, ce n'était pas mon truc, mais alors pas du tout !
Avant d'entrer dans la fosse aux dragons, je scotchai à mon visage mon plus beau sourire de pouffe, digne de celui des mégères de mon immeuble. Parée, je sonnai.
Ce fut Dorian qui ouvrit la porte, à mon grand soulagement.
« Mina, par pitié, enlève-moi ça de ton visage, tu fais presque peur à voir… fit-il.
- Moi aussi, je te trouve très élégant ce soir, Dorian ! Tu t'es habillé où ? Dans une poubelle ? », lui renvoyais-je en passant le pas de la porte.
Mon frère explosa de rire, puis réussit à articuler un « Au moins, on peut dire que t'es en pleine forme, c'est rassurant ». Mon jules secoua la tête avec un sourire amusé.
Dans le salon, ma grand-mère se plaignait déjà de ses rhumatismes et mon grand-père regardait, l'air morne, les maquettes de mon père. Visiblement, papy avait déjà un peu abusé des boissons alcoolisées.
Je me dirigeai vers une femme qui se tenait un peu à l'écart, un verre à la main.
« J'ai manqué quelque chose d'intéressant ? demandai-je à Maddy, ma belle-sœur.
- Non, rien de bien intéressant, Eugène est un peu amoché mais ça, c'est assez voyant. Ça fait environ quarante-cinq minutes que Gloria se plaint de ses rhumatismes et avant, elle se plaignait que tu ne sois pas là. Elle a dit que t'avais pas assez de caractère pour te laisser marcher sur les pieds par ta supérieure, et que tu ne monterais jamais en grade…, m'informa t-elle en me servant un verre de vin.
- Merci… En tout cas je suis prévenue, grand-mère a décidé de me reprocher quelque chose. Et mes parents ?
- Elisabeth te défend comme elle peut et moi aussi, mais la tête dans les fourneaux, c'est un peu dur. J'ai quitté les casseroles il y a moins de vingt minutes, commença Maddy. Et bah ton père, il bouquinait, Dorian lui a ramené un livre sur les balais. Il était comme un môme quand il l'a découvert.
- Bref, tout est normal… » résumai-je.
La fiancée de Dorian approuva d'un hochement de tête. Nous n'eûmes pas le temps de continuer notre conversation car ma mère arriva avec une cocotte en fonte et un retentissant « A table ! ».
Bien sagement, tout le monde prit place. Bien entendu, Dorian et moi n'avons pas résisté à la tentation de nous mettre l'un a côté de l'autre… au grand désarroi de ma grand-mère.
« Les jeunes, vous n'avez plus trois ans, vous pouvez vous séparer un peu, et surtout rester calmes à table, râla l'ancêtre.
- Mamie, il n'y a pas d'âge pour être proche des gens qu'on aime ! Si tu avais appliqué un peu plus ce principe, tu aurais peut-être d'autre personnes à qui rabâcher les oreilles avec ton arthrose, répondis-je me disant que de toute façon, elle allait me taper sur les doigts alors,autant que ce soit justifié.
- Wilhemina ! s'indigna ma mère.
- Moi, je trouve qu'elle a raison, me soutint mon frérot en prenant la main de sa fiancée, comme pour rappeler qu'il était parfait et qu'on ne remettait pas en question la parole d'un être parfait.
- Dorian… souffla mon père.
- Bon, les enfants vous n'allez pas vous y mettre, et maman si tu as quelque chose à reprocher à Mina, tu lui dis directement, tu ne commences pas à attaquer ses choix de vie, sinon je te ramène chez toi… », menaça ma mère mettant tout le monde d'accord.
Ma génitrice nous servit, un plat fait maison, un ragoût de viande pour être plus précise. La question était de quelle viande s'agissait-il ?
« Maman, c'est un ragoût de quoi ?
- De la pintade ma chérie… répondit mon père avec un sourire un peu trop prononcé. Je me tournai vers mon frère.
- Oui, oui Mina, c'est de lapin-tade, LAPIN-TADE…, fit-il.
- Papa, c'est bas ça…, soufflai-je.
- Je ne vois pas en quoi c'est bas de vouloir te faire manger du lapin. C'est puéril de ne pas manger une viande parce que tu as eu un animal de compagnie quand tu étais petite, s'indigna l'ancêtre.
- Grand-mère, tu crois peut-être que t'acharner à croire que je suis une incapable alors que j'ai fini dans les dix premiers de ma promotion, et que je travaille dans un des instituts les plus renommés, c'est très mature comme comportement ? questionnais-je avec en levant un sourcil interrogateur.
- Je ne m'acharne pas, je constate… ronchonna t-elle.
- La mauvaise foi de Gloria a encore frappé, intervint mon grand-père.
- Eugène, mon doux Eugène, tu reprendras bien un peu de vin, minauda Gloria en plaçant la bouteille à côté de lui.
- Maman… » s'indigna ma mère en enlevant la bouteille de vin et en la mettant près de mon frère.
Quand on lui enleva la bouteille de rouge, on put presque voir quelque chose se briser dans le regard de mon innocent papy. Il essaya bien de faire les yeux doux à ma mère pour récupérer son nectar alcoolisé, mais il fut royalement ignoré.
« Moi aussi, j'ai pensé un jour que l'alcool pouvait être la solution à mes problèmes…, commençai-je en buvant une gorgée de vin. Mais devant le regard inquiet de ma mère, je me sentis l'obligation de compléter ma phrase. Enfin, c'était pas pour moi l'alcool, mais pour ma supérieure…
- Ah, oui ! La dernière fois que tu me l'as dit, c'est quand elle t'avait repris alors que tu parlais avec un patient pendant une des tes pauses, se remémora subitement mon cher frérot. Je ne sais pas pourquoi, mais à cet instant, j'eus un mauvais pressentiment. Comment il s'appelait déjà ?
- Dave, Dave Jenning, répondis-je mécaniquement.
- C'est qui ce Dave ? questionna William d'un coup très méfiant.
- C'est l'amant de Wilhemina sans doute… », fit le fossile d'un ton qui se voulait neutre, mais qui était plus accusateur qu'autre chose.
Je faillis m'étouffer dans mon verre. Gloria, ma propre grand-mère était en train d'insinuer que je trompais mon compagnon, alors que le sus-nommé était présent…. Suis-je la seule à trouver que tout cela n'avait rien de normal, ni même de sain ?
« Grand-mère, si tu pouvais arrêter de laisser tes résidus de fantasme s'exprimer, ça m'arrangerait… D'autant plus que Dave, même si c'est un homme charmant, n'est pas mon amant, c'est juste une connaissance de boulot.
- C'est ce qu'on dit, c'est ce qu'on dit…. me sortit Dorian avec un sourire en coin.
- Dorian, tu oserais remettre ma parole en doute ? m'indignais-je plus pour la forme que parce que je pensais réellement que mon frère ne me croyait pas.
- Je souligne seulement qu'à ton travail, personne n'est là pour vérifier ce que tu fais. Du coup, c'est ta parole contre celle de grand-mère…, expliqua mon voisin, toujours avec son sourire en coin.
- Note quand même qu'il a raison, personne n'est jamais allé te voir sur ton lieu de travail…., approuva William avec une pointe d'amertume. On pouvait toujours sentir la jalousie qui le consumait de l'intérieur.
- Mais grand-mère ne s'intéresse à ma vie que quand je peux potentiellement être une source de fierté… Et ceci n'est encore jamais arrivé. Alors que veux-tu qu'elle sache de moi et plus précisément de mes relations au travail ?… rétorquais-je.
- J'en sais assez sur la vie en générale, pour savoir que les filles qui sont relativement jolie comme toi, Wilhemina, ne se contentent jamais d'un seul homme… », intervint l'ancêtre.
J'allais finir pas croire que cette vieille bique voulait ma mort par étouffement, car c'était la deuxième fois en moins de cinq minutes que je manquais l'asphyxie. Point positif: le débris me reconnaissait au moins une qualité, la beauté.
Je sentais mon jules de plus en plus crispé et je craignais une crise conjugale dans la demi-heure si on ne changeait pas vite de sujet… Heureusement, mon frère semblait lire dans mes pensées et détourna la conversation sur un sujet plus léger.
« William, ne t'inquiète pas, notre chère Mina est tellement maladroite que ça exaspère la plupart des hommes, même moi parfois je me demande comment elle peut être aussi gourde.
- J'irais peut-être pas jusque là, mais c'est vrai que c'est assez irritant de la voir faire des bourdes monumentales tout le temps…, intervint Maddy.
- Des bourdes ! Ma chère et tendre Maddy, il ne faut pas ménager ma sœur, ce ne sont pas des bourdes qu'elle commet mais de monumentales étourderies ! s'emporta Dorian.
- Etourderies, certes, mais monumentales… Je reste convaincue que c'est un peu exagéré, essaya de raisonner un peu ma si estimée belle-sœur.
- Gigantesques, grandioses, impressionnantes, et bien entendu monumentales, sont des adjectifs qui vont parfaitement aux bourdes de Mina, et je n'en démordrai pas, insista la perfection incarnée.
- Nan, mais oh, ça va bien, c'est déjà ma fête depuis le début du dîner, ça va pas continuer comme ça toute la soirée…, fis-je pour éviter que l'aïeule n'ait le temps de se mêler à la conversation, et sentant mon autre voisin se détendre.
- Non mais Mina, c'est pas grave, on t'aime comme ça, malhabile…. Ce ne serait pas toi si tu ne cassais pas une assiette par semaine, railla mon frère.
- Je ne casse pas une assiette pas semaine… protestai-je avec un regard las pour celui qui osait se moquer de moi.
- Pas loin… insista Dorian.
- Nan, je ne suis pas si maladroite que ça… J'arrive très bien à… »
Dans un geste malencontreux, mon coude vint heurter la salière qui glissa jusqu'au bord de la table, pour finalement tomber sur le parquet, déversant son contenu sur les lattes de bois.
« Qu'est-ce qu'on disait, ma chère sœurette ? demanda Dorian triomphant.
- Pas d'autre commentaire, ou je ne garantis pas que tu aies un jour une descendance…, ronchonnai-je en ramassant la preuve de ma maladresse.
- Et bien maintenant, Wilhemina, en plus d'être une idiote, tu seras une malchanceuse. Elisabeth, on peut dire que tu l'as réussie, ta fille, déclara le fossile en engouffrant une nouvelle fourchette de viande dans son affreuse bouche… Ecœurant !
- Ce n'est pas parce que, par un concours de circonstances, j'ai renversé un peu de sel, que je deviendrai malchanceuse… Les superstitions sont des infamies de vielles biques aigries qui n'ont rien de mieux que de faire chier leur monde ! Le fait que grand-mère en soit adepte le prouve parfaitement ! m'emportai-je en me levant de table.
- Petite insolente ! s'indigna la momie obèse en devenant plus rouge qu'une tomate trop mûre ayant pris un coup de soleil.
- Maman, tu l'as bien cherché ! Si tu ne veux pas que Mina te manque de respect, ne l'accable pas de tous les maux de la terre. En passant, je trouve ma fille parfaite comme elle est, intervint ma mère venant à ma rescousse… Mais ma chérie, moi aussi je crois aux superstitions, alors si tu pouvais baisser d'un ton.
- Ah, les jeunes de nos jours… », ragea ma tyrannique mamie en se levant et en allant prendre son manteau.
Mon grand-père étant une lavette castrée depuis des années, il lui emboîta le pas. Non sans un regard déchirant à sa bien-aimée, j'ai cité la bouteille de vin.
Ma mère soupira en me tirant le bras pour que je me rasseye. J'obtempérai sans faire de difficultés. Le dîner eut un peu de mal à redémarrer après ça, mais finalement, il se finit dans la joie et la bonne humeur. Il était plus de minuit, quand William et moi quittions le foyer parenta. Malheureusement, nous dûmes nous séparer là. J'avoue qu'après une telle soirée, j'avais un peu oublié la raison de ce précoce détachement.
Mais bon c'était sans importance, j'allais le revoir plus tard au cours du week-end.
Sur le chemin du retour, je croisai une multitude de gens, des illustres inconnus pas toujours très clairs, voire même souvent alcoolisés. Je ne faisais pas vraiment attention à eux. Il faut dire que ma tête était bien remplie avec les évènements de la soirée. Comme un bon tiers des réunions de famille où ma grand-mère était présente, ça avait mal fini…
J'étais à peine à deux rues de chez moi quand je croisai un homme à l'allure familière. Je ne m'arrêtai pas sur cette simple impression et continuai ma route. J'allais tourner au coin de la rue quand on m'appela. Je ne comptais pas m'arrêter. Avec tous les pochetrons qui rôdaient dans la rue, il n'était pas rare qu'on me confonde avec une autre. Mais on m'appela à nouveau et, qui plus est, par mon surnom.
« - Mina ! Quelle surprise de vous voir dans les rues à cette heure…fit Dave en venant à ma hauteur.
- Bonsoir Dave. En fait, je rentrais chez moi après ce fameux dîner de famille. Un vrai désastre, du moins au début, rétorquais-je avec un léger sourire gêné. Vous en aviez assez de rester enfermé à l'institut ?
- Oui, c'est assez glauque l'ambiance là-bas la nuit. Mes… camarades ont quelques pulsions que le personnel de garde a bien du mal à calmer…Chez moi aussi les dîners en famille étaient mortellement ennuyeux… tenta-il de rassurer.
- Je doute fort qu'ennuyeux soit l'adjectif adéquat. C'est juste que ma grand-mère était là et que c'est une vielle bique décatie pour qui seuls les hommes comptent car ils perpétuent le nom… Etant une femme, je ne rentre pas dans ses critères de perfection et elle me le fait désagréablement et continuellement comprendre, expliquais-je en passant l'angle de ma rue.
- Ah en effet… »
Pour seule réponse, je souris, puis je pris congé. Ce n'était pas que la compagnie du vampire me déplaisait, au contraire, mais après une telle journée, j'avais besoin d'une bonne nuit de sommeil, et vite !
Chapitre 3 fin !
Alors ?
Vos impressions...
