TsinTSIN ! Chapitre 4!
Encore une pure création de mon esprit... MlleSnifle écrira le prochain, mais les deux là je les avait déjà commencer depuis un bout de temps XD
Donc voila j'avoue celui là je suis assez fière de moi, je suis pas sur que ce soit une bonne chose en faite ...
Bon je laisse cela a votre appréciation^^
Bonne lecture
Ah j'ai failli oublier de remercier Glitten Heaven ma béta ...
.
.
.
Chapitre 4
D'aussi loin que remontaient mes souvenirs, je ne me rappelais pas avoir un jour éprouvé une telle douleur.
Elle me paralysait complètement, m'empêchant d'esquisser le moindre mouvement.
Je sentis une goutte de sang glisser le long le mon épaule, puis la morsure s'intensifia et la douleur avec. J'avais l'impression qu'il ne meurtrissait pas seulement ma chair, mais qu'il blessait également mon âme, comme s'il voulait atteindre ma nature la plus profonde.
J'eus l'impression que cela dura une éternité. Quand enfin je sentis qu'il relâchait son étreinte, je n'eus pas la force de le repousser, je me laissai tomber à terre sans grâce et sans volonté. Je ne pleurais pas, je ne le maudissais pas, j'essayais juste d'oublier la douleur…
De toute façon, il était trop tard pour les lamentations.
Le lendemain, quand je me réveillai, je fus surprise de me trouver dans un lit, et qui plus est dans le mien. Quand le monde se fit moins flou, je regardai autour de moi à la recherche de Dave. J'avais deux mots à lui dire…
Mais bien entendu, il était parti. Il était peut-être malade mais pas suicidaire…
Je me retournai et j'avisai l'énorme tâche de sang sur ma couette. J'avoue, la seule pensée que j'ai eue en la voyant, ce n'était pas « punaise, j'ai failli me vider de mon sang ! », mais bel et bien « Et merde ! Comment je vais faire pour enlever cette putain de tâche? ».
Il me fallut un moment pour réaliser que mon réveil affichait Mardi 14 novembre 8h17. Tenant compte du fait que je commençais a 8h30, j'étais en retard au boulot !
Je bondis en-dehors de mon lit, me précipitai dans la salle de bain. Je ne pris pas le temps de prendre une douche je me débarrassai simplement des traces de sang, j'enfilai vite fait un pull et un jean. En moins de sept minutes j'étais prête à partir. Je transplanai juste devant le bâtiment, passai la réception sans même un bonjour à la standardiste, cette espèce de blondasse qui se tapait le directeur du département recherche et développement. Je me glissai dans l'ascenseur. Par chance, il n'y avait qu'une autre personne. J'arrivai dans le vestiaire à 8h28, enfilai ma blouse à 8h29 et à 8h30, j'étais devant ma « paillasse ». J'étais à l'heure, et cela n'avait pas échappé à Granger.
« - Miss Johnson, vous ici à 8h30 tapantes… Une calamité serait-elle sur le point de nous tomber dessus ?
- Sur le monde entier non, mais dans mon cas, je ne serais pas si catégorique », rétorquai-je en essayant de ne pas trop éveiller sa curiosité.
Elle me regarda en haussant un sourcil un peu trop épilé, puis m'invita à entrer dans son bureau. J'hésitai puis pris une profonde inspiration et pausai un pied en terrain miné. A peine avais-je passé la porte qu'Hermione la hyène la referma et passa derrière l'imposant bureau avec un regard un brin malsain.
« - Alors, vous n'auriez pas un péché quelconque à me confesser ?, attaqua ma supérieur en s'essayant.
- Je ne confesse rien, je viens seulement vous informer de mon état, fis-je en essayant de ne pas regarder mes pieds, et je dois dire que c'était très dur.
- Vous êtes enceinte ? me demanda-t-elle comme si c'était étonnant que j'aie une vie sexuelle. Je trouvais ça un tantinet vexant venant d'une vielle fille qui ne semblait pas avoir pris son pied dans un lit depuis au moins dix ans.
- Non Mademoiselle, je… commençais-je.
- Vouuus ?… répéta-t-elle.
- Je me suis fait infecter par un vampire, et d'ici deux mois, deux mois et demi, je ne serai plus en mesure de venir au travail en plein jour, déclarais-je d'une traite en lui montrant mon épaule d'où perlaient encore quelques gouttes de mon liquide vital.
- Bien, et je suppose que celui qui vous a donné cette maladie est le patient avec qui vous étiez hier ? » demanda Granger avec un air carnassier qui me fit limite peur.
Je préférai ne pas répondre. J'étais dans l'obligation de l'informer de ma maladie mais pas de lui dire comment je l'avais attrapée. Et si par malheur, elle avait confirmation que c'était bien Dave Jenning qui m'avait refilé son malheur, j'étais bonne pour le licenciement pour faute professionnelle grave.
Un silence s'installa. J'avais, par je ne sais quel miracle, réussi à planter mes yeux dans ceux de ma responsable. C'était à celle qui craquerait la première. Malheureusement pour Hermione, j'avais une longueur d'avance : à force de la supporter, j'avais acquis un patience quasi exemplaire.
Contrariée de ne pas avoir eu ce qu'elle désirait, Dame Granger la harpie me congédia d'un signe de la main et se plongea dans les rapports qui traînaient depuis déjà trois jours sur son bureau. J'allais sortir quand elle déclara « Miss Johnson, maintenant, vous serez en charge des souris. Vu que vous êtes vous-même malade, cela ne vous pausera pas de problème de manipuler ces petites bêtes… ».
Je tiquai un peu : les souris en temps normal, aucun problème, mais là, des rongeurs vampiriques nourris au sang de rat, j'avoue que j'allais avoir un peu de mal.
Sans compter que ce n'était pas des laborantins qui s'occupaient des souris, mais des assistants. Je venais d'être rétrogradée et ma paye avec moi. Certains mois étaient déjà justes mais là, il allaient tous l'être… A ce moment, j'eus une folle envie de Vodka.
Tout compte fait, il aurait été plus judicieux de mettre la Vodka dans le café de ma supérieure plutôt que dans mon estomac…. Cela l'aurait peut-être déridée un peu et rendue plus aimable, même si depuis quelques semaines, elle faisait des efforts. Mais ça, seul Merlin le sait, vu que je n'avais pas d'alcool fort à ma disposition et que vu l'état de mes finances, il était préférable que j'évite d'en acheter. Résignée, je me dirigeai donc vers mon nouveau poste de travail.
Sur le chemin, je me demandai si je n'aurais pas mieux fait d'attendre, avant de confesser ma bêtise à ma supérieure. Mais bon, à quoi cela aurait-il servi ? A mettre Granger en colère parce que je lui aurais caché quelque chose d'aussi important ? Probable…
Dans tous les cas, maintenant, c'était fait et je n'avais plus qu'à assumer le manque de retenue de Dave.
L'animalerie était encore un monde à part dans le royaume du laboratoire. La lumière y était encore plus traquée et éradiquer que dans le reste du bâtiment. Il faut dire qu'une souris infectée meure au bout d'une demi-heure d'exposition au soleil alors qu'un humain ne meurt qu'au bout de trois à quatre heures. Mais bien avant la mort, cette lumière entraîne des brûlures graves et extrêmement douloureuses. Enfin, tout ça pour dire que l'animalerie était encore plus sombre et lugubre que le laboratoire.
En plus d'avoir un nouvel environnement de travail déprimant, je me retrouvais dans un véritable labyrinthe de couloirs et de salles…
Je regardai vite fait le plan qui était affiché à l'entrée, et tout ce que je réussis à comprendre était que les animaux étaient répartis dans les pièces selon leur espèce et leur état de santé.
Je restai cinq minutes plantée comme une cruche devant le panneau, à essayer de comprendre où se trouvait le bureau de mon nouveau chef pour lui demander tout simplement quoi faire. Puis, mon infinie patiente ayant atteint ses limites, je chopai au vol un assistant.
Je faillis avoir un mouvement de recul en voyant son visage morne et blafard. J'eus pendant un instant la vision de mon visage en proie à cette fadeur, quel horreur ! Un frisson remonta le long de ma colonne vertébrale. Je me repris et demandai au spectre ambulant où se trouvait le bureau du chef de la ménagerie.
Je fus surprise de voir qu'il me fit un sourire, et m'indiqua très poliment le chemin.
Assez abasourdie d'avoir été traitée avec tant d'égard, je m'éloignai dans la direction qu'il m'avait indiquée.
C'est vrai, je ne mens pas quand je dis que cela m'a étonnée. Je peux être une mythomane hors paire, et une redoutable manipulatrice, mais là, j'étais réellement scotchée. Dans l'équipe de Granger, c'était chacun pour sa poire et Merlin pour tous. De plus, la supérieure ne faisait rien pour arranger l'esprit d'équipe. Dès qu'elle voulait quelques chose, elle exigeait ou menaçait, selon son humeur.
J'arrivai devant la porte de mon nouveau supérieur, toujours un peu perplexe. Et sans me perdre s'il vous plaît !
Enfin, mon catastrophique sens de l'orientation était le cadet de mes soucis. Un peu anxieuse, je frappai à la porte et une voix étouffée m'invita à entrer. Je ne me fis pas prier et passai la porte, mon plus beau sourire de blondasse ventousé au visage.
J'avoue que je fus surprise de trouver un homme à peine plus âgé que Granger. J'imaginais un vieux zoologue, voire zoophile, qui sait, entouré de ses milliers de souris, rats et autres bestioles à sacrifier pour nos expériences. Mais, au lieu de cela, je me tenais face à un homme qui semblait à peine avoir la quarantaine, une constitution solide et un visage doux et avenant.
Une question me traversa l'esprit. Pourquoi un homme ayant l'air aussi charmant travaillait ici ? Le genre de la maison était plutôt rat de laboratoire un brin asocial… Déjà moi, je faisai tache avec mon ironie et mon optimisme.
Au fur et à mesure qu'il m'expliquait des règles de sécurité ennuyeuses que j'allais pour la plupart oublier (de toute façon, maintenant, je pouvais bien me faire mordre par une souris vampirique enragée, ça changerais pas grand-chose à mon état de santé…), je remarquai un petit détail. Il avait une longue et épaisse griffure qui démarrait dans son cou et disparaissait sous sa chemise. Etait-ce la marque d'une altercation avec un lycanthrope ?
Je n'osai pas poser la question de peur de froisser mon nouveau supérieur. Granger et moi-même avions fait l'expérience de mauvaise relation responsable/employé, et j'avoue que pour rien au monde, je ne me remettrais à dos mon patron.
Toujours sceptique quant à cette marque, je sortis du bureau et me dépêchai de rejoindre la salle S7. J'y arrivai en ne m'égarant qu'une seule et unique fois et ce que j'y vis me retourna l'estomac, je dois bien l'avouer.
Trois des quatre murs de la pièce étaient couverts de petites cages en verre, où des souris aux canines surdimensionnées s'abreuvaient à des biberons remplis d'un liquide rouge sombre. Chaque bocal (car là, on ne pouvait plus réellement parler de cages) était étiqueté avec un numéro. Je reconnus celui de Dave, 22.111.991. Le dernier mur était occupé par un grand meuble, où devait être stocké tout ce qu'il fallait pour s'occuper de ces rongeurs démoniaques.
D'ailleurs, au moment où j'entrai dans la pièce, une femme était en train de remplir un des abreuvoirs. Elle ne me vit pas tout de suite, visiblement plongée dans ses pensées.
« Karine, si tu pouvais envoyer 30 souris du patient 45.236.89 au labo de Kirke, celui du troisième étage, ils en ont besoin pour cette aprèm… » fit le jeune homme à l'allure de fantôme qui m'avait si poliment indiqué le chemin.
Il n'obtint pas de réponse. Il se dirigea donc vers ladite Karine et enleva un écouteur de son oreille. Avec ses cheveux, je ne les avais pas vus…
« - Karine, trente souris 45.236.89 pour Kirke aujourd'hui treize heure…, répéta-il avec un air las. Et au fait, avant que tu ne continues à t'abîmer les oreilles, il y a une nouvelle.
- Oui bah c'est bon Neal, pas la peine de prendre cet air. J'aurais bien fini par la voir… De toute façon, elle est en plein milieu du chemin, elle m'aurait gênée pour apporter tes fichues souris au troisième, rétorqua la jeune femme et enlevant son deuxième écouteur.
- Karine, un peu de tact ne te tuera pas, tu sais…, soupira ledit Neal.
- Non, en effet, peu de choses le pourront maintenant que ma transformation est totale et stable, répondit stoïquement la femme en allant étiqueter une nouvelle cage.
Le spectre sur pattes soupira de nouveau.
- Ne fais pas attention à Karine, elle est toujours d'une humeur… charmante... enfin, disons-le de cette manière ! », déclara-t-il à mon égard avant de disparaître dans le couloir.
Il y eut un court silence, juste le temps que ma nouvelle collègue finisse sa besogne, puis elle se tourna vers moi, me tendit une main pâle, et se présenta.
« - Karine Atherton, assistante technicienne de laboratoire, chargée de faire les analyses sur les souris atteintes de vampirisme et, accessoirement, vampire moi-même depuis un peu plus de soixante-dix ans.
- Enchantée, Wilhenina Johnson, vampire depuis, commençais-je en lui serrant la main et en regardant ma montre, je dirais 9h et n'a aucune idée de la tâche qui doit lui être confiée. »
J'avais répondu avec mon aplomb habituel, ce qui fit sourire Miss Karine.
« - Et bien Wilhemina… démarra-t-elle en attrapant un pot ensorcelé.
- Mina, la rectifiai-je machinalement.
- Parfait ! Alors Mina, tu vas commencer par nourrir les souris du patient 89.658.78, et ensuite tu attraperas 30 souris du patient 45.236.89 et tu les mettras dans une cage à part avec les copeaux au fond et un biberon plein de sang frais. Bien sûr, tu n'oublieras pas de les monter à cette andouille de Dr Kirke pour 13h, voir 12h55, il déteste que ses rongeurs soient en retard, ce sadique… Et si j'ai le temps, je te montrerai comment faire les préparations microscopiques, m'indiqua t-elle sans me laisser réellement le choix.
- Bah, ya plus qu'à… furent les premiers mots qui me vinrent.
- Exactement, tu verras, faire le sale boulot des autres, c'est pas si terrible que ça », m'assura Karine en me mettant un poche de sang dans les mains.
Les rongeurs à nourrir étaient posés sur une paillasse proche de la porte. A peine avais-je versé une goutte de sang dans le biberon que les bestioles démoniaques se ruèrent vers le trou de la tétine… Elles avaient limite la bave aux babines. J'eus un petit gémissement d'effroi et un mouvement de recul. Mais je repris vite le dessus.
« - Miss Atherton, juste une question… Par pure curiosité, ça fait combien de temps que vous n'avez pas nourri ses bêtes ? questionnai-je en finissant d'installer l'abreuvoir sur la cage.
- Faut pas faire tant de cérémonie, ça me suffit largement qu'on m'appelle par mon prénom. Par contre, ne t'avise jamais de me donner un surnom…, m'informa-t-elle avant de continuer. Pour ce qui est des souris, ça fait une semaine qu'elle n'ont pas été nourries, à la demande de Lowel, le chercheur du deuxième. Il voulait voir l'effet d'un manque de fer sur le métabolisme de ces rongeurs. »
Une semaine sans nourriture, tu m'étonnes que les pauvres bêtes se précipitent ainsi sur leur dîner…
En moins de dix minutes, les quinze souris du bocal avaient vidé la moitié d'un biberon d'un demi-litre. Assez impressionnant…. Enfin, j'avais d'autre chat à fouetter.
Après avoir cherché un petit bout de temps la cage et les copeaux, je préparai la nouvelle résidence pour trente des souris du patient 45.236.89. Il ne me restait plus qu'à attraper lesdites souris et à les emmener au labo de recherche. Plus facile sur le papier qu'en pratique… Je préfère passer sous silence le passage relatant la capture des agiles rongeurs, mon orgueil ne supporterait pas que cette affaire soit étalée au grand jour.
Il était midi trente-cinq quand j'eus fini de réunir la commande du Sieur Kirke. Après m'être assurée qu'il fallait bien livrer le bocal au troisième étage, je partis à l'assaut des couloirs.
Dans mon périple, je me remémorai la nuit précédente. Je n'avais plus de souvenirs. Enfin si, mais rien de construit, juste quelques lambeaux, des sensations, des impressions. C'était troublant d'avoir une partie de ma vie qui avait été gommée ainsi.
Je me rappelais pertinemment des trois mois qui précédaient, ceux depuis que Dave m'avait aidée à rattraper ses fichues souris que j'avais laissé s'échapper. Ces trois mois où lui et moi avions passé beaucoup de temps ensemble. J'aimais sa compagnie, c'était un homme calme, posé et qui avait toujours des histoires formidablement intéressantes à raconter…
Je me rappelais également l'avoir rencontré la veille au soir en revenant de chez une amie. Il semblait un peu blafard, je lui avais donc proposé de venir prendre un thé chez moi. Je me voyais lui ouvrir la porte et l'installer sur mon vieux canapé. Sam avait craché et s'était sauvé en le voyant, mais ça n'avait rien d'étonnant vu le niveau de stupidité de ce chat… Puis plus rien.
Si, la sensation qu'on me portait, mais rien d'autre.
J'arrivai au troisième, et je n'avais toujours pas retrouvé une seule image de la suite de cette soirée. Je déposai les rongeurs dans la petite pièce annexe au laboratoire prévue à cet effet. Puis j'entrepris de redescendre.
Mon itinéraire de retour me faisait passer devant la chambre de Dave. Mais il n'y était pas. Gwendolyne, une de mes désormais anciennes collègues, passa au même moment dans le couloir.
« Gwendolyne, tu ne saurais pas où est le patient 22.111.991 par hasard ?
- Si, bien sûr, il est chez lui, il a demandé à réintégrer son domicile ce matin. Mais il se tient à la disposition de l'institut si une potion est prête pour un test. Pourquoi, tu avais des résultats à lui donner ? questionna t-elle.
- Ah, oui, mais visiblement je vais devoir envoyer un hibou… » mentis-je avec un sourire.
Je repris ma route. Gwendolyne n'était pas au courant que j'avais changer de service. En même temps c'était récent… Très récent. Mais le fait qu'elle n'en sache rien voulait dire que Granger avait gardé pour elle mon état, m'évitant ainsi une honte monumentale… Décidément, Hermione m'étonnait de plus en plus.
L'après-midi fut très… instructive. Karine me fit exécuter une multitude de préparations me les faisait recommencer jusqu'à ce qu'elles soient parfaites. Un moment, j'ai cru que j'allais lui renverser un pot de colorant sur la tête, mais je me retins. Je ne tenais pas à perdre mon pitoyable salaire.
En sortant de l'institut, je regardai mes mains, maculées de taches colorées… Le soleil était couché, mais la lumière de la lune me sembla plus chaleureuse que d'habitude.
En arrivant sur mon palier, j'eus la désagréable surprise de voir que les mégères de l'immeuble était installées devant ma porte.
« Ah, Miss Johnson. Justement on parlait de vous… commença Mrs Grint, la voisine du dessus. Ces paroles me firent tressaillir. Ce n'était jamais bon quand les mégères parlaient de moi… Un jeune homme est passé il y a peu. Visiblement, il voulait s'assurer que vous alliez bien.
- Oui, un gentleman brun, l'air un peu négligé, mais des manières si distinguées… ça doit vous changer du gros rustre qui vous accompagne d'habitude, ajouta Mrs Loyer, la voisine d'en-dessous.
- D'ailleurs, est-ce que le primate sait que vous allez le quitter pour un autre ? » questionna Mrs Robertson.
Je me contentai de leur adresser un sourire un brin condescendant, et je pris la parole.
« Mrs Loyer, ce n'est pas votre mari que j'ai vu sortir du cinéma et embrasser passionnément une jeunette ressemblant fort à la jeune fille au paire que vous hébergez ? Si, une jolie blonde bien roulée, du genre à vous affoler les hormones de tous les mâles à dix lieues à la ronde avec un seul battement de cils…
- Ca m'étonnerait fort, Roger était au bureau toute la journée, et Erika était à la maison avec moi, elle surveillait les enfant pendant que je repassais… tenta de contrer la mère au foyer, sentant tous les regards posés sur elle.
- Mais qui a dit que je les avais vu aujourd'hui ? » minaudai-je en me faufilant entre les hyènes domestiques pour atteindre la porte de mon appartement.
La honte clouait le bec de la trompée et la stupéfaction d'avoir manqué un scoop pareil paralysait ses compères. Je rentrai donc dans mon cagibi sans encombres… Je jetai un œil à mon lit. La tache de sang était encore là, encore plus séchée et difficile à enlever que ce matin. Dans un geste de rage, j'enlevai les draps, les jetai dans ma baignoire avec de l'eau bouillante, toutes les potions détergentes de mes placards et un kilo de sel (pour les novices pur beurre, sachez que l'eau salée aide à enlever les taches de sang).
Je laissai ma tambouille infâme mariner et allai m'affaler sur mon canapé… C'est le moment que Sam choisit pour se pointer. Ce gros matou voulait sûrement sa ration de croquettes de la soirée. Et bien, il allait attendre, je n'étais pas d'humeur, j'avais plus envie d'un câlin…
Quand le félin passa à une longueur de bras, je l'attrapai. La réaction se fit sans attendre, le Sac à Moustache se mit à se débattre et me griffa pour s'échapper. Je laissai mon tigre de salon s'en aller. Perplexe, je le regardai s'éloigner, l'ingrat animal avait réagit de la même façon qu'avec Dave.
Les animaux ne se trompent jamais sur la nature des gens… Ce qui m'arrivait n'était donc pas un mauvais rêve. Dave Jenning avait enfoncé ses crocs dans mon épaule et fait de moi une vampire.
Pourquoi, je l'ignorais, et j'avoue qu'à cet instant, ses raisons m'étaient bien égales.
Fin !
La suite au prochain chapitre ...
vos impressions ?
