« dialogues »

pensées.

narration en point de vue interne

« Alors comme ça tu aimes les hommes ? »

Oui et alors ?

La voix de mon père gronde dans la chambre.

« Tu ne pouvais pas être normal ? Comme tout le monde... »

« Tout le monde n'est pas hétéro... »

Une gifle. Une parmi tant d'autres, c'est pas si grave. Bon suffisamment forte pour que j'atterrisse au sol. Je sens dans son geste toute sa colère et sa déception.

« C'est pitoyable... »

Je n'ai pas le temps de répondre qu'il me frappe. Un bruit de glissement, quelque chose fouettant l'air. Il a sortit sa baguette. Mon corps se redresse, je ne le contrôle plus. Son maître lui a appris ce petit tour pour contrôler les corps.

« Alors comme ça tu aimes les bites. Que penses-tu de celle-là ? »

Je vois avec horreur qu'il s'est exhibé. Mon corps se met à quatre pattes et avance vers lui. Je me dégoute.

Pourquoi est-ce que je n'arrive pas à vomir ?

Je ferme les yeux, d'où quelques larmes s'échappent. Je ne voulais pas voir ça. Mais je le sentais. Je la sentais dans ma bouche. Je sentais ma langue la titiller , la stimuler. Je la sentais gonfler de désir, mais je ne pouvais rien faire. Il enfonçait sa baguette dans mon dos, me faisant mal. Il avait toujours eu cette envie de faire mal aux autres... Il aimait détruire. Ce soir là, c'est moi qu'il détruisait.

« Alors, tapette, elle est bonne ? »

Je levai des yeux larmoyant vers lui.

« Ce n'est pas la peine d'essayer de m'attendrir. Les pédales me répugnent. »

Il me frappa encore. Puis il se vida dans ma gorge et me força à avaler. Sitôt fait, je vomis sur le sol. Habituellement je n'aimais pas ça, mais à ce moment, c'était pire. Il m'expulsa d'un sort, au travers de la pièce. J'atterris douloureusement contre le mur. Je ne voyais plus rien à cause du choc, mais surtout à cause des larmes. Je l'entendis invoquer des liens pour me maintenir. Il me fit mettre à quatre pattes. Il était derrière moi mais je devinais facilement ce qu'il s'apprêtait à faire. Un nouveau sort me bâillonna. Puis une douleur vive et brulante me prit dans le bas du dos. Il y avait enfoncé ses doigts pour me bloquer. Sans prévenir il me pénétra, violant mon intimité vierge. Me violant moi. J'avais mal. Autant physiquement que mentalement. Il me tambourinait sans aucune douceur, sans aucune volonté de plaisir. Juste un mouvement frénétique pour libérer sa colère.

Mère, Potter, quelqu'un... faîtes que ça s'arrête...

'Quelqu'un' semblait m'avoir entendu. Je sentis quelque chose de liquide se déverser en moi. En même pas une heure il m'avait marqué, empoisonné et détruit. Je tombai sur le côté, le regard vide baignant dans les larmes et le sang. Je ne me faisais aucune illusion concernant sa provenance. Je le distinguais qui se rhabillait. Puis il cracha :

« Tu ne me sers plus à rien. Avada Kedavra »

Une lumière verte. Puis plus rien

La délivrance