Ma raison de guérir
Ma faute
« Hey, ça te dirait de venir avec moi ? ».
« Ou ça, Yuu ? ».
Il soupira : « Au congrès des médecins, enfin tu sais, la connerie du genre. Je me demandais si tu voulais sortir ».
« Oh non, je suis fort casanier, tu sais ». Allen sourit à son interlocuteur. « Mais vas-y, je crois que c'est trop… bling bling pour moi. Pas de bêtises ».
« Mais bien sur… Ne m'attends pas, je ne sais pas si je rentrerais tôt, ou même si je rentrerais. Allez, à tantôt, Moyashi » fit Kanda, dans l'embrassure de la porte.
« Arrête de m'appeler comme ça ! » hurla le plus jeune, se retournant pour lancer son coussin de la place d'où il était, c'est-à-dire le sofa. Trop tard, l'autre était déjà sortit avec un rire moqueur.
« C'est encore un enfant… » soupira Yuu, en démarrant sa voiture.
Ce soir, il ne rentrerait pas à la maison, il le savait bien, rien qu'en partant.
Il n'avait pas dit complètement la vérité à son amant du moment : Certes, il allait à cette idiotie de congrès, ou chacun se pavanait avec ce qu'il avait fait, qui il avait sauvé, et patati, et qu'est ce que vous avez fait vous ?.... Oh seulement… Vous savez, j'ai… Ce fut dur, mais j'ai réussi… Ah, si vous saviez comme c'est stressant… Ah c'est sur que vous ne connaissez pas… Pardon ? … Oh, j'ai un ami aussi qui…
Dieu que Yuu détestait ça. Des gens pitoyables qui se permettaient de te juger sur un soir, sur tes dires, alors qu'ils avaient plus bu que toi, et sauteraient sûrement leurs femmes en rentrant, en bousculant le gamin.
Enfin, il pouvait parler lui.
Lavi l'avait invité à une de ses petites 'fêtes'. Histoire de le narguer et de lui montrer qu'il n'a besoin de lui pour avoir quelqu'un dans son lit. Bien sur, Komui aurait encore foutu quelque chose dans les verres, et encore cela se terminerait en grosse connerie ou tout le monde se réveillait le lendemain chez lui, en se disant qu'il ne se souvenait pas de hier, mais que s'il ne se souvenais pas, ce n'était pas bien grave. Voici comment étaient habituellement les fêtes de Lavi.
Il soupira rien qu'en y repensant. Le rouquin ne savait pas trop bien se gérer, même s'il avait une situation plus qu'excellente. Comme quoi les meilleurs sont toujours ceux qui cachent le plus de choses. Lavi et ses sauteries, lui et ses mensonges.
Il se souvint alors, étrangement, de cette ville, ou il s'était rencontré. Londres.
Kanda était avec ses parents. Il avait toujours promis un voyage dans la ville de leur choix, comme récompense, comme merci, pour tout ce qu'il avait fait.
Il se baladait dans Oxford Street, en regardant les vitrines mais sans vraiment chercher. Soudain, il remarqua une chemise, il se souvient, elle était bleue et blanche. Il ne la trouvait pas laide, et décida de l'acheter. Il rentra dans la boutique, et vit qu'il n'en restait plus que deux. Une à sa taille, et une autre légèrement plus petite. Il alla prendre la première, quand une main se glissa sur la sienne, pour prendre celle de derrière. Il se retourna, un sourcil haussé.
« Pardon, mais j'aimerais bien prendre une chemise aussi » plaisanta l'autre, en anglais, mais avec un fort accent français.
Yuu lui répondit dans sa langue : « Vous me prenez ma main, et vous dites que je vous gène ? ». Il esquissa un sourire moqueur.
« Désolé, elle a glissé toute seule… ».
« Mais bien sur… Et c'est vos yeux qui fixent mes lèvres, et pas vous ? ».
« Que voulez vous ? Le corps est incontrôlable… » répliqua dans un murmure le rouquin.
Yuu vit le visage de l'autre descendre vers lui. Il se laissa embrasser. L'autre se retira rapidement.
« Pourquoi me laissez-vous faire ça, si vous n'y répondez même pas… ? » questionna le plus petit, étonné.
« Parce que ce serait bien trop facile… » répliqua Yuu, avec une moue égale.
« Oh… C'est vrai, vous ne connaissez même pas mon nom. Je suis Lavi ».
« Kanda, mais vous pouvez m'appeler Yuu ».
« Alors… Yuu, me permettez-vous de vous tutoyer ? ». L'autre haussa les épaules. « Bien. Alors, je suis de passage ici, toi aussi je suppose. Je te propose qu'on se revoie… Si bien sur cela t'intéresse, si tu n'as pas d'autres plans ». Yuu répéta le même geste, mais ces yeux démontraient un certain intérêt. « Okay. J'habite à Bruxelles, et toi ? ». L'autre hocha la tête.
Sur ces paroles, ils fixèrent un rendez-vous, à une terrasse d'un café. Ils le marquèrent tout les deux sur leur agenda, assez rempli, ou moins.
C'était quand même idiot comment il s'était rencontrés.
Yuu tourna à droite, et arriva au congrès. Il laissa échapper un soupir en pensant qu'il devrait se forcer de faire le bon con cette soirée.
~x~o~x~o~x~o~x~
We're beautiful dirty rich
No money ? Whatever
All we do is party
Daddy I'm so sorry
Un air de pop diabolique passait. Yuu se fraya un passage jusqu'au boissons. Il tiqua au mot 'daddy', mais se passa la main dans les cheveux, afin de se calmer.
Il avait été au congrès, s'était emmerdé, et était chez Lavi.
Do you love me ?
It's not writed on a paper
You are the one
Come on
Certains étaient déjà bien arrangés. Les autres se trémoussaient ensemble, en se frôlant avec une rapidité réduite comme jamais.
I wanna have fun
Will you be the next ?
How many more ?
Don't even ask
Kanda soupira ; ça devait être celui qui était dans le meilleur état. En même temps, il était toujours sobre. Il aperçut Lavi, sous un autre homme, près de la porte de sa chambre. Il le vit aussi, et sourit. Et il changea du tout au tout. Le rouquin se pencha à l'oreille de l'autre, et la mordilla, avant d'enlever la chemise de l'autre, sans préavis.
Yuu détourna les yeux en traitant mentalement Lavi.
We're beautiful dirty rich
We saw so many things
We forget them in party
I'm so sorry, Daddy
~x~o~x~o~x~o~x~
Ton visage se dessine dans le moindre detail
Un peu sonné par cette foutue bataille
Je m'accroche à tes mots dans le moindre détail
Mon ventre se tord avant de te dire bye bye
Un peu sonné par ces foutus détails
Ta voix résonne au fond de mes entrailles…
Je n'en peux plus d'attendre !
Tu m'avais dit que tu reviendrais. Tu l'avais promis.
Et pourtant…
~x~o~x~o~x~o~x~
Il ne revint pas ce soir là
Allen commençait à s'inquiéter ; l'homme était parti hier soir, et il n'était toujours pas là. Nous etions début de l'après-midi. Angoissé, il téléphona.
Après tout, Kanda avait dit qu'il ne rentrerait pas le matin, mais il n'était même pas à l'hôpital pour travailler… Le jeune homme pria timidement dans sa tête en espérant que rien de grave ne soit arrivé.
Il appuya sur le numéro du médecin… Et une sonnerie venant de la chambre lui répondit. Il se précipita, au cas ou Yuu serait rentré par la fenêtre, qui sait ! Peut-être aurait-il voulu faire une surprise !
Quoique il voyait mal le médecin agir comme ça… Enfin. La pièce était vide.
Allen soupira, et prit en main le téléphone de l'homme. Cette pièce était bien trop vide sans lui… Il lança un regard autour de lui.
La chambre restait dans les tons sombres, fort classiques. Il n'y avait pas extrêmement de meuble, le nécessaire : un lit, deux commandes, deux étagère et une garde robe. Le jeune homme avait installé quelques unes de ses affaires dans une étagère. Il y avait aussi un miroir, près de la porte. La télévision se trouvait en bas. Souvent le médecin se levait plus tôt que lui, alors il descendait, allumait la télé, afin de ne pas déranger la 'marmotte blanche', comme il disait. Il préparait une bouteille d'eau et un bol pour Allen, et lui se faisait à manger. Il n'aimait pas les Corn Flakes, rien de meilleur que 'sa' cuisine, bien asiatique, pour lui. Le jeune homme haussait souvent les épaules en riant, à cette remarque de son aîné. Parfois, le blanc de cheveux aidait à préparer à manger, et Yuu, taquin, l'ennuyait, soit en soupirant gentiment, soit en le déconcentrant totalement de la tache dans laquelle il s'était lancé. Allen le repoussait gentiment, mais avec un grand sourire, et lui disait : « Manger est plus important ! ». Il avait l'air d'un enfant typique parfois. Yuu haussai alors les épaules, en répondant : « Comme tu veux, moyashi ! Ne viens pas te plaindre plus tard ! ». Alors Allen le regardait, outré, et Kanda riait doucement à ça. A toute cette innocence. Le plus jeune le prenait par la main, ou parfois se collait à lui. Le docteur restait sans mots quelques instants, avant de mettre sa min dans les cheveux dans l'autre. « Pardon » murmurait le malade, « Ce n'est rien » répondait l'autre.
Il y avait quelques petites choses comme ça, qui leurs étaient typique.
Allen allait-il mourir ou pas ? C'était ça le plus dur… Si seulement ils pouvaient savoir, quand tout s'arrêterai. Leur couple, sa vie. Mais s'il ne s'était pas rencontré ? Que se seraient-ils passés ? Allen aurait-il vécu des mois merveilleux ? Autant ? Pourrait-il savoir déjà à ce moment comment cela se terminera ? Sa vie… Le destin ne disait rien, ne prédisait rien. Pas de dates… Et il avait mal, à cause de ça. Est-ce que tout ceci, n'était qu'un mensonge ? Est-ce qu'il était gravement en danger ? Il ne pouvait que blâmer le destin, lui remettre la faute dessus.
Si seulement il avait su…
Allen sourit douloureusement.
« Que nous restera-t-il… » murmura t-il.
Une larme coula le long de sa joue, il baissa la tête.
Allen ne chercha pas à se relever, il regarda le téléphone du médecin. Il savait que c'était mal de regarder dedans, mais peut-être quelqu'un répondrait-il, et lui dirait ou était son amant. Il chercha dans le répertoire, quand soudain le téléphone vibra : un message. Il se concerta pour savoir si c'était bien ou pas, mais ouvrit. Après tout, il pourrait répondre à l'autre qu'il s'inquiétait, et que justement le téléphone avait sonné, alors il avait cru… C'était un peu vrai.
Le nom Lavi s'afficha à l'écran. Justement, il lui semblait que Kanda lui avait dit un jour ce nom… Oui, c'était de son ex ! Il déglutit.
« Hey Kanda !
Merci d'être venu hier, à ma… fête ? Komui avait encore abusé je crois ! Encore…
En tout cas, cette fois, ça t'a amoché… Sinon tu ne m'aurais pas embrassé, n'est-ce pas ? Où est-ce que tu m'aimes encore ? Tu ne me l'as meme pas dit… Tu me détestes, peut-être qui sait…Mais est-ce que ça veut dire qu'on va être de nouveau ensemble ? Tu te souviens, au café, tu avais dit que tu attendais quelque chose… Est-ce que ce temps est passé ? Je t'aime toujours autant, tu sais… L'homme avec qui j'étais, hier, si tu savais comme je m'en fiche, Yuu !
Mais… Pourquoi ? Pourquoi tout ça hier, si tu ne m'aimes pas ? Ou est-ce à cause de Komui… Ou de la jalousie, je ne sais pas…
Je t'aime.
Ps : Je t'envoie ce message alors que tu quittes de chez moi. Comme ça, tu tomberas dessus en rentrant ! »
Le téléphone tomba sur lit.
Et soudain, une plainte, longue. De rage ? Non… De douleur. Par amour.
Les larmes coulaient sur son visage, sans s'arrêter. Etait-ce sa faute ? Avait-il fait une bêtise, et c'était sa punition… ? Non… Avait-il été trahi… ?
Il tenta de se relever, mais n'y arriva, et tomba par terre. Il se mit en position presque fœtale, le téléphone en main. Il renifla, une fois, deux fois, plus fort. Allen voulut se relever, prouver qu'il était un homme, mais il n'y arrivait pas…
Etait-ce le goût de la trahison ? Etait-ce la blessure faite par l'amour ? Ca faisait si mal… Si mal ! Ca brisait, ça serrait son organe, dans sa poitrine. Ca détruisait tout. Aurait-il pu hurler, cela n'aurait rien changé. La douleur avait beau ne pas être vraiment physique, il pleurait de douleur. Il n'avait jamais connu un ravage pareil, enfin presque. Son père, mais c'était sa famille… Yuu, lui, était son homme, son unique. C'était différent…
Il parlait, sans raison, nouant des phrases qui n'avaient aucun rapport l'une entres elles, mais pour lui si. Parfois, il articulait un mot, comme : « Désolé ». Il ne savais pas pourquoi il s'excusait, mais il ne savait pas ce qu'il faisait en ce moment. Il avait rendu les armes, et laissait le chagrin creuser son chemin en lui. Il prenait toute la douleur de front.
Il avait mal.
Cinq longues minutes passèrent ainsi, recroquevillés.
Puis il inspira profondément. Il essaya de se mettre sur ses genoux, et y arriva.
Il devait partir d'ici. Très loin du médecin. Très loin de la douleur, de tout ces hommes vils.
Il soupira, et prit son sac qu'il avait emporté pour venir ici. Allen ramassa à la va-vite ses affaires, mais néanmoins calmement. Ses yeux gris cristallins n'exprimaient rien, et leurs contours rouges commençaient à se marquer. Il avait fini.
Le jeune homme mit le téléphone, avec le message, bien en évidence, sur la table à manger. Il jeta un œil au parking, personne. Il fut, sans savoir pourquoi, rassuré. Ca l'aurait encore plus blessé de partir, et que le médecin sois là. Il ouvrit un tiroir, et y sortit ses clés de maison.
Il regarda une dernière fois derrière lui, versa une larme, sans le vouloir, ouvrit la porte, et sortit. Il se souvint qu'il avait un pull au docteur, et l'enleva. Il le déposa, plié, sur le bas de la porte.
Il descendit les petits escaliers, marcha jusqu'au trottoir.
Une douleur sourde à la poitrine, au cœur précisément, un sac en main, un t-shirt sur les épaules, Allen marcha. Longtemps.
-END-
Ahahah, enfin j'ai posté ce chapitre :D 8D. Je suis encore désolée de ne pas publier plus tôt, mais cette année, je travaille très sérieusement à l'école, et donc bon… Cela réduit considérablement mon temps libres entre mes 'sorties', mes devoirs (prépas), mes cours et éventuellement mon copain :s. Désolée, pardonnez moi TT.
Je tiens aussi à dire que le prochain chapitre d'Endlessly… Bah… Il n'est pas encore ecrit du tout ! Donc bon... Pour parler en gros mots, n'attendez rien avant la fin d'année :s. Je sais c'est long mais bon… Exams et tout quoi… Même pendant ma semaine de congé à Toussaint (qui arrive dans 2 semaines) je devrais travailler l'après-midi… Pour Hopeless Love… Je préfère ne même pas en parler, je n'en sais absolument rien de quand je vais la publier. Et pour Reflection… Même constat xDD.
Enfin, désolée encore de vous ennuyer avec tout ça :s. Voila, merci d'avoir lu, de reviewer (il ne faut pas spécialement écrire des lignes et des lignes ! quelques mots ça suffit ! : )) et de me suivre. Merciii ! A bientôt !
