Ma raison de guérir
Ignorance
Yuu conduisait. Une main soutenait son menton, l'autre le volant. Il avait fait une connerie, et réfléchissait.
Soudain, il vit une tête blanche, de dos. Il étira les coins de sa bouche en pensant à Allen, qui devait l'attendre chez eux. Il ne savait pas encore comment il allait régir avec son amant, mais Lavi n'allait sûrement pas débarquer chez lui, avec comme idée une soirée romantique. Il n'était pas si débile que ça… Du moins l'esperait-il. Après tout, hier, Yuu ne lui avait même pas dit qu'il l'aimait. Ca faisait deux ans qu'il ne l'aimait plus…
Le médecin soupira à toutes ces choses qui lui encombraient l'esprit.
Il gara sa voiture, avant d'apercevoir quelque chose sur le perron. Il haussa un sourcil en sortant de sa voiture, et la fermant à clé.
Un pull. Il réfléchit à savoir ce qu'un pull faisait là. Drôle d'endroit, se dit-il en haussant un sourcil. Soudain il se rappela que ce pull appartenait à Allen, il se questionna alors mentalement, mais ouvrit la porte, le vêtement en main. Il referma derrière lui, jeta un coup d'œil à l'intérieur.
« Allen ? » appela-t-il. Pas de réponse, conclut-il.
Il vit son téléphone sur la table, ses sourcils s'arquèrent. Il le prit en main, et regarda ce qui s'affichait à l'écran.
Ses yeux lisaient avec une rapidité rare.
Il tapa du poing sur la table.
« Ce n'est pas vrai… » murmura t-il, les yeux écarquillés.
Allen était sûrement tombé sur le message. Vu qu'il avait été longtemps absent, même au travail, sûrement avait-il cru que… Kanda s'assit à une chaise, la tête entre ses mains, expirant profondément. Mais pouvait-on le blâmer de croire la vérité ?
Un éclair de souffrance passa dans ses yeux alors qu'il avait une idée. Il rappela Lavi.
« Allo ? » fit l'autre, étonné.
« Tu es seul ? ».
« Oui. Attends, je vais fermer la porte… ». Yuu entendit le son. « Voila. Tu voulais parler de hier ? ».
« Ca dépends… De hier et d'aujourd'hui… Tu es complètement malade ! » cracha-t-il, en haussant la voix.
« De quoi parles-tu ? » questionna le rouquin avec une voix blanche.
« Espèce d'abruti ! Tu ne t'es pas douté que quelqu'un d'autre tomberait sur ton message avant moi ? Tu ne t'es pas douté que je n'étais plus seul ? » hurla t-il presque.
« Je… non ! Comment aurais-je pu le savoir ?! Tu m'as quitté en me disant : « Attends ». Attendre quoi, Yuu ?! Que tu l'aies suffisamment sauté, que tu te sois lassé de lui ? Comme ça tu reviendras auprès de moi, et tu auras tout gagné ?! Attendre ça, Yuu ?! » s'énerva Lavi, commençant à lui aussi hausser la voix.
« Pardon ?! Ne parle pas comme ça d'Allen, abruti ! Que sais-tu de lui, hein ? Toi, t'es juste bon à faire tes petites sauteries, à t'en mettre plein le nez ! Tu te le feras péter, et tu crèveras comme ça, espèce de chien ! Allen n'est pas comme toi ! ».
« Allen par ci, Allen par là ! Ton pigeon a même un nom tiens ! Dis moi, avant-hier, comment tu te l'es fait ? Comme notre première fois, tu te souviens, Yuu ?! Comme ça ? Ou peut-être as-tu innové… ? ». L'autre allait répondre, mais il l'a prit de vitesse : « Et comme ça je ne suis bon que m'en mettre le nez ?! C'est CA que tu penses de moi, Yuu ?! ».
« Allen t'emmerde ! Allen est bien mieux que toi, parce que lui il a trouvé une raison de vivre, et me fait vivre moi aussi ! Toi, tu ce que tu as su faire, c'était être faible ! Encore et encore ! Mon père me manquait à moi aussi, mais moi, je ne pleurais pas ! ».
« Tu aurais du ! ».
« Non ! Parce que moi, je suis fort, pas comme toi ! Tu es un incapable, Lavi… ! ».
« Tu te crois mieux que moi ?! Toujours à te rompre des autres, de leurs faiblesses, toutes ces choses, pour ne pas ouvrir les yeux ! Tu n'as jamais su accepter ce que tu étais, non ! Toi, tu voulais toujours être plus fort que moi, que tout le monde ! Bien sur, c'est toi le plus puissant, le meilleur ! C'est tout ce que tu n'as jamais su penser ! Tu ne t'es jamais limité qu'à ça… ! ». Il soupira. « C'est ce que tu avais à me dire ? Tu as fini ? » siffla t-il.
« J'ai fini… ».
« Alors tant mieux. Va en enfer ».
« C'est ça… Dégage, sale gay ».
Heureusement l'autre avait déjà raccroché.
Il laissa tomber son téléphone sur la table, il n'y croyait pas. Comment… Comment était-ce possible ? Allen n'aurait pas pu partir, pas comme ça, pas sans explications. Il connaissait son amour pour lui, or toute personne amoureuse demanderait pourquoi. Mais pas lui. Il ne l'avait pas fait. Tout ce qu'il avait fait, c'était prendre un sac, enlever un pull, et partir. Partir ou, en fait ? Chez lui, sûrement. Il n'avait pas de famille, du moins il n'en avait jamais vraiment parlé. Kanda tiqua. Allen ne parlait jamais vraiment de lui. Et les moments qu'il évoquait semblaient empreints de beaucoup de respect, de satisfaction d'avoir au moins connu quelques instants qu'il osait définir heureux. Allen se contentait souvent d'écouter Yuu, avec une moue entre inquiète et heureuse. Ca avait été comme ça depuis le début.
Mais, alors…
« Je ne comprends pas… » fit Yuu, se lançant dans un monologue. « Comment cela se fait-il… Pourquoi ne pas m'avoir attendu ? Pourquoi ne pas m'avoir téléphoné ? Pourquoi ne pas m'avoir adressé un mot, et partir comme ça… ? Il savait bien que je ne ferai jamais ça… ».
Jamais ? Pas si sur. Il ne lui avait jamais parlé d'amour, ni dit qu'il l'aimait vraiment. Comment Allen aurait-il pu au moins le savoir ? Comment une personne n'exprimant que très peu ses sentiments, et une autre aimant les afficher grand sur son visage, auraient-ils pu s'aimer ? Cohabiter, déjà ?
Comment Kanda avait-il pu seulement y croire Etait-il si idiot ? Non, était-il…
Amoureux ?
Amoureux d'Allen ?
C'était la seule possibilité. Sinon, il n'aurait pas un jour imaginé un futur avec lui. Sinon il ne serait pas peiné comme il l'était à l'instant. Mais Allen était parti.
C'était de sa faute, il l'avait trompé… ? Oui, c'était ça. Il avait eut tort, mais il ne pouvait le reconnaître. Pour lui, ce n'était rien. Lavi n'était rien. Mais pour Allen… ? Il avait ses valeurs, et aimait les respecter. Yuu n'avait pas souvent de doutes, mais pas le jeune homme. Il en était rongé, et l'homme le savait.
Il n'avait donc aucune excuse. Il ne pouvait s'en prendre qu'à lui-même…
Il avait tout brisé. Comme toujours, il avait possédé les cartes en mains. S'étant amusé moyennement avec, s'étant ennuyé à force. Et c'est ainsi que le méchant Kanda détruit le château de carte illusoire, d'un coup dans les bases pour tout détruire d'un coup, avec un grand sourire malsain. Les cartes voletaient, semblant se perdre, semblant chercher une échappatoire, pour pourtant s'échouer tristement sur la table, seules. Oh, un as de cœur. Oh, une pique dans le cœur, le sang qui chauffe, les larmes qui coulent. Oh, un roi de trèfle…
Il se félicita lui-même de la facilité avec laquelle il pouvait toujours tout modeler, à sa guise. Si quelque chose ne lui plaisait pas, il suffisait qu'il détourne la tête, et si quelque chose l'intéressait, il se l'accaparait. C'était si facile d'ignorer les autres et leurs règles.
~x~o~x~o~x~o~x~
« Je… souhaiterais ceci ».
« Bien, cela fera… ».
Il tourna les talons, le paquet en main.
Mon Dieu. Que le temps passe et nous dépayse.
One month or two
I miss you
But what will stay my love
What will stay...
Il regarda les vitrines éclairer la soirée. Il cherchait un qualificatif afin de décrire où il se trouvait, et où il allait. Place Cathédrale, un 21 décembre, vers 19 heures. C'était beau, mais le mot manquait de… pétant ? Les vitrines étaient éclairées, certaines en rouge, d'autres en vert, parmi d'autres. Ici et là, les gens mettaient leurs doigts sur la vitre, avec quelques phrases. Quelques flocons tombaient silencieusement, rendant à la ville sa beauté. Dire qu'il fallait attendre douze mois de l'année pour voir ceci. Il tourna alors la tête vers un couple qui attirait son attention.
« Mais ! ».
« Enfin, chou, tu sais bien que je rigole » fit le jeune homme.
« Pas moi ! Allons-y, si je suis si nulle que ça… ».
Il rigola de la jeune fille qui s'égosillait si vite.
« Mon cœur, enfin ! ». Même le jeune rigola, et l'embrassa délicatement les lèvres. « Tout va bien. Tiens ton cadeau. Tu m'aimes ? ». Il mit son front sur le front de l'autre, qui ferma les yeux, semblant vaincue.
« Allez viens ». Il la prit par la taille tandis qu'elle semblait lui dire quelque chose à l'oreille, il lui retourna un sourire.
Allen serait-il un jour comme ça ? Malgré la véhémence de la jeune fille, ils semblaient bien. Elle avait un collier en forme de cœur au cou, et les yeux du garçon la protégeaient.
Kanda ne l'a-t-il jamais regardé ainsi ? Ne lui avait-il jamais dt : « Je t'aime, toi. Tout ce que tu es, et pour tout ce que tu seras » ? Non. C'était impossible pour l'autre, il n'avait jamais aimé personne ; il l'avait lui-même dit ! Kanda était l'un de ses hommes solitaire, n'ayant besoin de personne pour vivre. Leur situation ne pouvait que le prouver ; se cacher derrière le fait d'être un médecin afin d'éviter de se faire juger, d'éviter tout en fait. C'était facile ; quelques sourires faux par moments, une allure fière et un beau parcours, tout s'arrangeait ensuite afin de tracer la meilleure voie. Seul, peut-être, mais l'ayant décidé par facilité. S'enfermant pour peut-être ne plus entendre les supplications des autres, pour éviter les situations comme celle ci.
En fait, Allen le haïssait d'avoir choisit cette voie ; le mensonge permanent, dominer. S'amuser des autres, des marionnettes qu'il avait en main, puis les faire chuter aux yeux de tous, que c'était bon ! Les jeter.
If i'm a bad person, you don't like me
Well I guess I'll make my own way
You're not a judge but if you're gonna judge me
Well sentence me to another life.
Je ne veux plus entendre tes tristes paroles, je ne veux pas ressentir ta peine... Quand tu jures que tout es de ma faute, parce que nous ne sommes pas pareils. Non, nous ne le sommes pas. Nous étions ces amis ensemble, nous étions ces amants ensemble. Ignorance est ta nouvelle dulcinée.
Il regarda ce qu'il avait acheté. De quoi manger à noël, tout seul. C'était navrant de manger seul un jour ainsi, un jour de fête, ou normalement toute la famille se réunissait autour d'une dinde (le fameux mythe…), riait. Normalement, cela se passait toujours comme ça. On essayait d'oublier les rancœurs d'une année pour un jour, on buvait plus par bonne humeur que par pure envie de ne pas se souvenir, les adolescents riaient ensembles et semblaient oublier leurs soucis. Le pouvoir des fêtes pouvait tout dissoudre.
Mais était-ce la réalité seulement ? Aux fêtes, tout le monde se mentait afin de pouvoir profiter. Les jeunes sortaient tous ensembles pour mieux se couler. Le temps passait lentement. Allen détourna des yeux ; a quoi pensait-il ?
Lui, Kanda, devait sûrement être chez lui, ou avec ce Lavi, en train de faire Dieu sait quoi.
Et lui, il était comme un chien abandonné dehors, sous la pluie, en train de se demander quoi faire, comment. Pouvait-il remarquer la lumière illuminant faiblement le ciel ?
Il avança le pied gauche, puis le droit. Où allait-il ? Pour faire quoi ? Etait-ce seulement important… Il mit sa capuche, releva la tête. Dans ses yeux, une flamme s'alluma. Elle n'allait pas s'éteindre, pas maintenant. Il pressa le pas. Sa tête le tournait, il n'avait rien à faire là, non, il devait partir. Et il savait ou. Un large sourire triste brouilla son visage. Ses idées, ses paroles, tout s'embrouillait, pour former une chose sans nom, une chose qui le mangeait à chaque pas qu'il faisait. Il ne savait se contenir, il allait exploser si… si…
Les flocons tombaient sur lui, le ciel s'obscurcissait.
~x~o~x~o~x~o~x~
Encore une soirée seule. Vraiment seul. Personne dans le lit, personne qu'il ne quitterait le lendemain, personne à qui il mentait depuis trop longtemps. Une bouteille de whisky sur la table et deux autres au frigo. La météo était horrible, enfin, belle pour ses flocons, mais il n'était pas d'humeur à l'apprécier. Peut-être même aurait-il pu avoir un typhon, peut-être n'aurait-il pas fait plus attention que ça. « Et merde » était tout ce qu'il se disait.
Il se félicitait, lui-même de tout son travail accompli. Il avait réussi, il avait gagné. Il avait écarté tout le monde, et maintenant, tellement seul qu'il n'avait personne avec qui partager noël. Tous étaient partis. C'était tout ce que il avait toujours voulu, alors pourquoi rechigner ? Pourquoi s'attrister de tout cela, alors qu'il avait enfin réussi à atteindre son but ? Il l'avait cherché, sa vie avait même été tracée pour y arriver. Mais devait-il en être fier ?
I'm not so hard than you thought
I'm not making my own way
And I'm trying to lie to believe
I don't want it all
Il se prit la tête entre les mains en se demandant ce qu'il avait fait. Mais qu'avait-il fait, bon Dieu…
Il reprit un verre d'alcool. Tandis qu'il allait le porter à ses lèvres, la sonnerie retentit. Il haussa un sourcil ; qui pouvait venir à 20 heures un jour de noël ? (à peu près la majorité des gens à vrai dire). Sans grandes convictions, il reposa son verre et s'en alla ouvrir. Plein de bonne volonté, il ouvrit.
« Bonsoir ».
Allen.
Il était là, en face de lui, stoïque.
« Qu'est ce que tu fais là… ? ».
L'autre haussa les épaules en silence. Il fit un geste nonchalant de main. S'il savait.
« Ah, je… ». Avec l'alcool, Kanda pouvait devenir plus hésitant. « Entre » fit-il.
Allen releva la tête, et entra. Le plus âgé le suivit de yeux. Il referma ensuite la porte. Le bruit claqua dans le silence religieux de la pièce.
L'homme rejoint l'autre dans le salon. Le blanc de cheveux, assis, releva la tête vers lui.
-END-
Joyeux noeeel : D Joyeuses feteees : D Bonne année 2010 : D. Bon,c a c'est fait u_u… XD. Nan, mais vraiment, je vous souhaite une merveilleuse année 2010 ( qui pour moi risque d'être.. huhu : D). Enfin, pour bien finir l'année, ENFIN le chapitre 4 ! (oui, je suis très lente…).
Veuillez m'excuser pour le retard, mais bon, maintenant je suis dans le supérieur (donc en seconde chez les français… ? XD). Et bon, niveau travail, on chôme pas… Du moins moi lol. Donc bon, heureusement, j'ai travaillé comme une dingue pendant un mois, et maintenant, j'ai les vacs tranquille n_n (à part un peu étudier néerlandais lol). Puis bon, étant en…couple (lol), voulant profiter de la ville aussi, je sors plus (et non je ne bois pas !), donc bon… forcément lol.
Enfin voila, j'espère que vous aimerez ce chapitre ci ! Pour faire une estimation de la fin de cette fic… hmm… 2-3 chapitres ? Ouais, je sens plus 3-4 qu'autre chose en fait lol. Bah, on verra bien !
Je vous souhaite encore une bonne année, vous remercie de vos reviews et de me suivre !
Bisouus :D
