Ma raison de guérir

Forgiven

Il avait tant changé, son ami. En si peu de temps, en si peu…

Allen, physiquement, n'avait pas changé tant que ça. Il avait laissé néanmoins ses cheveux pousser, les laisser tomber avec volupté. Kanda le regarda dans son ensemble. Il s'habillait en bien plus sobre, tombant dans le noir funeste. Ses yeux reflétant une fatigue qui semblait tant morale que physique. Mais qu'avait-il fait… ? Il semblait si las.

« Je ne suis pas venu te faire un discours… » commença t-il. Sa voix lui semblait tellement différente. Éloignée. Elle sonnait si faux à ses oreilles. « Je devais juste reprendre quelques choses qui m'appartenaient ».

« Je ne sais pas si tu as oublié quoique ce soit » répondit le plus âgé, haussant les épaules.

« Pourquoi, tu as regardé ? » répondit, pour une fois, hargneusement Allen.

Kanda fut surpris par ce changement de ton, et se passa la main dans les cheveux, signe d'un grand étonnement. Le plus jeune ne s'excusa pas, continuant même à le fixer.

Autant Kanda était brouillé, autant Allen n'arrivait pas à se maîtriser. Tout se brouillait en lui. Il aurait voulu se calmer, s'excuser peut-être, mais seuls les mots d'aversion arrivaient à sortit. Il baissa la tête.

« J'aurai voulu m'excuser » fit Kanda, avec de grands efforts.

« Menteur » répondit immédiatement Allen. « Tu ne t'excuse jamais, parce que tu pense toujours que ce sont les autres qui ont tort », jetant un regard plein de nargue. « Tu avais raison, je n'aurai jamais du venir ici. Je n'en vois même plus le sens ».

« Je n'ai jamais dit ça ».

« Tu l'as pensé très fort, c'est vrai ».

« Mais pourquoi inventes-tu ?! Pourquoi ?» s'énerva alors le plus âgé. Il regretta la seconde d'après d'avoir haussé le ton.

« Inventer ?! Moi, j'invente ? Mais regardes-toi, Yuu ! Qu'est ce que tu fais tout le temps toi, hein ? Tout ce que tu sais faire, c'est de mentir, alors je pense que tu es mal placé pour me dire quoique ce soit ! Comment oses-tu seulement me dire ça ? Me dire une remarque ? ». Il s'arrêta pour lui jeter un regard suppliant ; il ne voulait pas faire ça… pas en arriver là… Mais il n'arrivait plus à se retenir. « Tout ce que j'aurai voulu, c'était t'avoir à mes cotés, que tu restes près de moi ! Tu le savais. Et pourtant… ».

« Et pourtant je me suis trompé. Je… J'étais soul ».

« Ca ne marche pas avec moi, Kanda… Ne t'excuse pas comme ça… ». La souffrance se lisait sur son visage, et l'horreur du plus âgé était de savoir qu'il en était la cause. « Et bien quoi ? Tu étais soul, et quoi ? Cela veut-il dire que si nous étions ensemble, je ne pourrai pas te laisser sortir ? Cela signifie t-il que chaque fois que nous serions sortis, tu te serais tapé quelqu'un ? Que tu aurais fait tout ce que tu veux ?! ».

Il aurait voulu s'excuser, mais pour quoi faire ? Le peine avait déjà été fait. A bien y réfléchir, il n'en avait même pas envie.

« Tu sais… Tu crois que c'est facile pour moi ? De te faire tout ce mal… ? ».

« Il fallait y penser avant » répondit Allen, cachant ses mains tremblantes.

« Pardon… Pour moi, il n'est rien… Lavi n'est rien, et toi, tu es tout pour moi ».

« Tu mens encore… Et puis, tout le monde vaut la peine. Et toi aussi, tu l'aimais, non ? ». Il rit amèrement. « Aimer… Dans ta bouche, cela sonne si faux. Dans ta bouche, tout ce que j'entends est un mensonge de plus… Tu dois l'aimer encore pour coucher avec. Je n'ai rien à faire là ».

Kanda ne répondit pas. Il s'assit juste, attendant que l'autre l'enfonce encore. Il ne savait même plus s'il voulait se défendre, ou s'il avait déjà abandonné. Quelque chose lui faisait mal, et c'était la première fois qu'il ressentait cette douleur, inconnue. Il se questionnait, mais sans vraiment faire attention aux réponse. Il y avait quelque chose qui le blessait, en lui. Mais l'homme avait l'impression de voir la même chose chez le plus jeune. Cela devait être son imagination, juste cela…

« Je n'en peux plus Kanda… Je voulais juste te dire ça ».

Il se releva, semblant réfléchir une seconde, puis tourna les talons.

Kanda réalisa ce qu'il se passait. Il partait. Pour toujours. Il se releva d'un bond, et attrapa l'autre par le bras. Les mots se bousculaient dans sa tête, tandis qu'il regardait Allen avec son premier regard suppliant. C'était la première fois qu'il était dans cet état, il s'en trouvait bien faible.

Le plus jeune n'existait qu'à travers le regard de l'autre, et de sa main sur son bras. Il ne pourrait jamais partir, il ne pourrait jamais vivre sans lui… Il en avait la certitude. Lorsqu'on rencontre la personne de sa vie, doit-on tout lui pardonner ?

« Pardon… J'ai été idiot. Je n'aurais jamais du. C'est tout ce que je sais faire… Te blesser, les blesser, tous. Je m'excuse. Mais je m'en fous des autres, il n'y a que toi que je veux, il n'y a que toi que je ne veux blesser. Pardon d'être comme je suis, d'être égoïste, de tout briser. Je ne souhaiterais jamais que tu me quittes, Allen… Je… C'est la première fois que je dis ça, c'est ridicule… Mais… Je t'aime, Allen. Toi, et personne d'autre. Je t'en supplie, oublie ça. Je sais, ça sera dur, mais je te promets ; jamais plus. Tu seras le seul maintenant. C'est de toi dont j'ai besoin, et pas de ces conneries. Il n'y a que toi. J'oublierai le reste, si tu me promets de ne jamais partir. J'oublierai mon ancien moi, je changerai, si tu me promets de m'aimer. Pour l'idiot que je suis, que je fais tous les jours. Pardonne moi… Allen ».

Le blandinet n'arrivait pas à articuler le moindre mot. De un, Kanda venait de faire une vraie déclaration, et de deux… Ils avaient tout les deux autant besoin de l'autre.

Allen sourit et approcha son visage de l'autre.

« Je te pardonne… Si tu me promets toutes ces choses, si tu t'y tiens… Je te pardonne bien volonté. J'ai besoin de toi. Mais je ne supporterai pas encore cela une fois ».

Le noir de cheveux acquiesça ; il ne disait pas des paroles en l'air.

« Reste » demanda-t-il.

« Je ne partirai jamais plus… Sauf si tu me fais partir ».

Kanda approcha petit à petit son visage de l'autre. Allen le regarda faire avec une expression heureuse et inquiète dans le même temps, le plus vieux lui prit les cotés du visage. Il posa son front sur celui de l'autre.

« Je ne veux pas mourir maintenant Kanda… » souffla le blandinet, avec des yeux tristes.

« Tu ne mourras pas. Pas tant que tu seras avec moi ».

« Je l'espère… ».

Le noir de cheveux posa ses lèvres sur celles de l'autre avec douceur, en attendant que l'autre lui réponde, ce qu'il fit. Kanda enchaîna avec un baiser un peu plus passionné, mais se dégagea. Tout deux se regardèrent et lurent la même envie dans les yeux. Leur rage commune.

Non, il ne partirait pas...

Et voilaaa. Hope you enjoy it. Ce chapitre est cours mais maintenant j'en suis déchargé. J'essayerais de faire l'autre le plus rapidement possible mais bon... Je ne promets rien !

Bisous, et bonne fin d'année. Et bons examens, les miens seront très importants, donc je ne serai peut-être pas mettre un autre chapitre avant septembre peut-être...