Ma raison de guérir

Folie

« Je suis fatigué ».

« Moi aussi. Et je ne me plains pas ». Il ricana avec gentillesse.

« Mouais. Mais moi c'est normal ».

« C'est ça, homme viril. Moi homme soumis ». Il pouffa.

« C'est ça, moque toi... ».

L'autre secoua une dernière fois sa poêle en main avant de déposer le contenu dans deux assiettes.

« C'quoi ? ».

« Un steak. ».

« Ah. Tout seul ? ».

« Nan. Les femmes patates sont là ».

« Yahou. Fun ».

« Je voulais pas qu'il s'ennuie ».

« J'espère qu'il a pas fait trop de cochonneries. Sinon je mange pas ».

« Pas de risques. Je le surveillais ».

Ils rirent ensemble de leur petite blague. Tandis que Allen allait s'asseoir, Kanda tapa innocemment les fesses de son conjoint ; qui se retourna, un sourire explicite au lèvres, avec : « On mange. Et c'est tout ».

« Je pourrai te manger ».

« Bien sur ».

« Bien sur ».

Et il sauta de sa chaise pour dévorer le cou de son amant de baisers.

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Il se baladait dans les rues sans but ; enfin si, il en avait un, mais loin d'être aisé. Il se demandait même s'il n'était pas fou. Il rit silencieusement de l'homme qu'il devait faire au fond de lui. Comme cela devait être amusant de le voir !

Son téléphone sonna, il l'entendait. A l'avant dernier coup, il se décida à répondre, sans grande passion néanmoins. Comme si cela avait le moindre intérêt...

Quand il eut fini, il s'assit dans un café, commanda vaguement un verre. En tournant la tête, Lavi vit une lumière déchirer le ciel, suivie par un bruit de fin du monde quelques secondes plus tard. Il s'y intéressa en prenant un gorgée de son breuvage chaud, réchauffant ses mains au passage.

« Il fait vraiment froid non ? ».

Le roux releva subitement la tête ; non ! Ça ne pouvait pas être lui. Ses doigts se calèrent nerveusement sur sa tasse avant de penser qu'il pourrait lui jeter dessus. Mais pas maintenant.

« Qu'est ce que tu fais là ? » s'exclama-t-il, réellement surpris, néanmoins la nervosité transperçait sa voix.

« La même chose que toi, je suppose. Voir les gens passer, espérer y reconnaître quelqu'un, prendre de quoi se réchauffer le cœur. Me suis-je trompé ? » fit Kanda, s'asseyant en face de l'autre.

« Peut-etre... En tout cas, y'a quelqu'un que je connais là. En face de moi ».

« Et que tu verras la dernière fois ».

Lavi releva les yeux sur l'autre ; « Pourquoi ? Non ! ». L'autre le regarda sans émotion, avant de commencer à parler :

« Je ne veux plus te voir. Je ne veux plus t'entendre. Je ne veux plus jamais avoir à faire avec toi. Que tu disparaisses de ma vie, c'est tout ce que je souhaite. Je n'accepterai pas que tu m'éloignes encore d'Allen ; c'est lui seul qui m'importe. Vas-t-en de ma vie, je n'ai plus besoin de toi. Disparais ». L'homme aux cheveux de jais prit son téléphone, le montra à son interlocuteur et supprima son numéro devant lui. « Efface toi de mon existence ». Et il se leva, laissant l'autre seul et amer.

« Pourquoi fais-tu ça... Je voudrai juste t'aimer ».

« Et moi je ne veux pas. Je ne veux meme plus te connaître, tu comprends ça ? Je ne veux pas que tu pourrisses la vie d'Allen plus que tu as déjà pourrie la mienne. Il ne le mérite vraiment pas... Pas lui. Tu peux me blesser, tu peux te venger. Mais je t'interdis de l'approcher ». Il reprit son souffle. « Je te l'interdis... » en franchissant la porte.

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This isn't a goodbye

If there only one lifetime

Now is all I have...

Hold tight baby

Timeless

« Je le hais ! Qu'il meure ! ».

L'armoire se renversa et rependit les livres sur le sol. Il se baissa et les jeta sur le mur.

« Pourquoi ? Pourquoi LUI ? ».

Il prit une chaise et la bascula en arrière, jeta un vase sur un autre.

« Et moi bordel... Et moi ? ».

Il se laissa tomber sur le sol, sans force. Un silence mortuaire remplit la pièce, tandis qu'il rassemblait ses idées.

Qu'est ce que je dois faire... Je l'aime tellement, je ne veux le voir avec personne d'autre...

Il est à moi. Juste à moi. C'est moi qui l'ai sortit de toutes ses embrouilles, c'est moi qui l'ai aidé à partir.

Quand il était seul, sans quiconque, qu'il faisait presque la rue, qui l'a aidé ?

Qui a supporté son caractère ? Qui a franchi les étapes ?

C'est moi... Il ne doit appartenir à personne d'autre...

Xx O xx O xx O xX

No, you can't let go of me

Even thought it's hard

Stay longer

If I can see you a little bit more

I'd would smile for the rest of our love

« Comment pourrai-je seulement laisser faire cela... Comment... Je ne le laisserai à personne. Je le récupèrerai. Maintenant. Je me fiche des conséquences... ».

Ses phalanges se blanchissaient sur son volant, rien qu'en entendant un klaxon à sa droite, il crut qu'il allait exploser. Il ne se connaissait pas comme ça, pas dans cet état de fureur-là. Il ne savait pas ce que c'était... Comment expliquer le trou dans son cœur, dans sa tête, dans ses pensées ? C'était sa première fois. Était-ce cela être fou d'amour...? Oui ; surement ! Kanda lui manquait à chaque seconde. A chaque minute ou son amant n'était pas à ses cotés le heurtait plus que la dernière. Il n'en pouvait plus ; cela faisait trop mal... Le mal dirigeait tout, ne laissait à Lavi aucun choix. Il ne savait même pas exactement ou il allait, quoiqu'il avait une petite idée néanmoins. Non... Il ne survivrait pas à le voir, lui... Pourtant, c'était là ou il allait, il le savait. Lai n'avait aucune idée de comment tout se déroulerait ; Allait-il le voir ? Allait-il croiser son homme...?

Xx O xx O xx O xX

Allen entendit son portable sonner, et se précipita dessus. Avec un grand sourire, il lut : « Kanda » dessus ; il décrocha.

« Allo ? ». Sa joie débordait.

« Oui, Allen. Je ne pourrais pas rentrer à l'heure habituel, aujourd'hui. On a une grande opération en préparation là... Ça va me prendre encore peut-être deux heures, si pas trois... Je serai surement là vers dix heures » s'excusa le plus vieux.

« Oh... Pas de problème. Je te souhaite que tout aille bien. Tu veux que je te garde un truc...? ».

« Hm, non. J'me ferai un sandwich, ne t'embêtes pas. D'accord ? ».

« D'accord, si c'est ce que tu veux, Kanda ! » conclut le blandinet, avant de raccrocher. Il soupira de aise.

Cela était donc ainsi de vivre en couple... ? Savoir que quelqu'un revenait à la maison ? Préparer des petits plats ? Aimer quelqu'un, l'aider et lui pardonner ?

If it's one life

It's now

En fait, ce n'était peut-être pas si mal d'être en vie...

Soudainement, il entendit une clé tourner dans la porte.

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Ses pensées s'embrouillaient, tout lui faisait mal. Pris d'un léger vertige, il se soutint la tête, puis sortit de sa voiture. Il avait raison, il était bien arrivé là ou il pensait. Chez Yuu... Cela faisait tellement longtemps. Il remarqua quelque fleurs en plus dans son parterre, un store changé, une marche repeinte... et un nouveau nom sur la boite aux lettres.

« Allen Walker ».

C'était donc son nom... Mais qu'importe. Après tout, il s'en fichait. Comme si cela allait changé quoique ce soit que ce connard s'appele Walker ou même Merde. Enculé. Qu'importe.

Il se souvint que parfois il retrouvait des clés sous une certaine fleur... Il la retrouva du regard, fouilla quelques secondes puis sourit victorieusement ; le passe était là. Parfait. Il remonta les escaliers, ouvrit la porte. Elle fit un peu de bruit, mais qui s'en importunait.

Peut-être le principal concerné.

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Quelqu'un venait d'entrer, un grand roux. Allen ne sut le reconnaître.

« Est-ce que je peux savoir qui vous êtes...? » questionna-t-il doucement.

Et pourquoi venait-il d'entrer...?

« Ah ça... C'est une surprise... Mais je sais que vous, non, je vais te tutoyer, tu es Allen Walker » murmura l'autre.

Le blandinet hocha la tête Néanmoins il commençait vraiment à ne plus aimer la situation , il s'empara de son téléphone. L'autre s'avança subitement, et le lui reprit.

« Allais-tu l'appeler...? ».

« Qui ? ».

« Lui... Yuu ».

« C'est fort possible oui. Je ne sais même pas qui vous êtes » répondit le plus jeune.

« Je suis Lavi... L'homme que Kanda a brisé, souvenez-vous de moi... ».

Allen réfléchit. Oui ! L'homme avec qui Kanda avait couché, son ex...

« Ah oui. Je vois. Mais cela ne me dit pas ce que vous venez faire ici ».

« Ce que je viens faire... Je ne sais pas. Peut-être voir ce que tu as fait à mon amour... ».

Jamais Lavi n'avait eu l'air aussi lugubre. Allen, dans un soupçon de pensée, se dit qu'il était grand temps de déguerpir. Le roux le fixait, semblant attendre quelque chose avidement.

Ni d'une ni deux, le plus jeune commença à courir vers le premier étage. Lavi, qui avait anticipé, le suivit de près, mais le fit jouer. A la dernière marche, il l'attrapa par le bras et le coinça contre le mur.

« Tu crois t'en sortir ? Tu crois que je te laisserais seulement partir sans rien te dire...? ». Lavi le replaqua au mur, plus durement, l'autre se fit mal mais ne dit rien. « Qui es-tu pour me l'avoir pris comme ça... Il était à moi... A MOI ! Tu n'es qu'une pourriture, une merde. C'est tout ce que tu es. Tu ne mérites même pas de respirer le même air que moi... Comment peux-tu toujours vivre...? C'est incroyable. Tu fais ton sage, avec ton air innocent et tes cheveux d'ange, mais tu es pire que tout... Avant on lapidait les gens comme toi... ».

Le plus jeune sentit le sang battre nerveusement dans ses veines ; quelque chose finirait mal. Il le savait...

« Je te hais toi, Allen Walker. Mais j'aime Yuu... Alors je vais l'aider... ».

« Moi aussi je l'aime ! Vous ne l'aimez pas, vous ne savez pas ce que c'est l'amour... Vous vous croyez fort mais vous êtes fou ! C'est tout ! » hurla Allen, en essayant de se dégager.

« Fou ? » répéta furieusement l'autre. « FOU ? Mais regarde toi, pauvre misérable ! Regarde toi... ». N'en pouvant plus, le roux lui mit un gauche, avant de le relever. « Regarde moi... Moi je suis tout... Ce que tu as, je vais le prendre... ».

Allen ne comprit pas.

« Je vais te voler ta vie... ».

Allen se sentit basculer en arrière. Ses bras battirent l'air vainement, il ouvrit les yeux grands. Il sentit son crane tomber en avant, s'écraser sur les marches, rebondir. Ses jambes disparaître, son sang couler. Sa vue diminuée.

Et tout devint noir.

Hold my hand

Don't ever leave...

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Et voilà ! C'est donc... l'avant dernier chapitre. OMG ! Déjà :O ? C'est passé vite enfait... le prochain chapitre, vous saurez donc le fond de l'affaire.. .(et je vous promets des rebondissements :p). voilà. Je vous souhaite bons examens à tous, et bonnes vacances !

Merci ! Et n'oubliez pas qu'une review, même d'une ligne, suffit !

Ps : les paroles viennent de « Timeless » de Zhang Yi Lin.