Bonchouuur !

Voici le nouveau chapitre, Tadaaa :3

J'ai eu des mails pour me prévenir des reviews, et des followeurs etc... Je suis vraiment contente de retrouver encore des lecteurs/lectrices de mon ancienne fic' Fisher Raven :D (HS : après de nombreuses recherches, relectures ET réécritures, je tiens à vous dire que la fin de Fisher Raven a été modifiée et postée, car je l'admets volontiers, c'était de la merde ! Bon, cette fin-là n'est pas plus longue, mais bon j'espère que ça vous conviendra mieux...)

Merci de suivre cette fanfic' et sur ce, je vous abandonne... A la lecture ! :D


Luna frémit. Sa gorge se noua sans qu'elle sache pourquoi, puis elle se leva. Prise d'un étrange sentiment, elle sortit de la maison et se mit à courir contre le vent, en direction de chez elle. Au bout de quelques pas, elle s'arrêta. Dans le ciel menaçant, se détachait une forme sombre et difforme. Luna reconnut aussitôt la fumée noire, le genre de fumée qui se dégage d'un incendie. Elle reprit sa course, plus rapide que jamais.

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Les quatre membres du CP9 avaient terminé leur travail. Les pirates avaient été battus, Pauly et Icebarg étaient attachés ensemble, au milieu d'une pièce en flamme. Et eux quatre observaient le brasier qu'était le siège de la compagnie. Chacun vivait ce moment à sa manière. Blueno s'en fichait complètement, Lucci était satisfait, Kalifa restait interdite, et Kaku ne montrait rien. Debout sur un toit, ils ne disaient rien. Seul Lucci avait la parole, tandis qu'Hatori regardait les flammes de ses yeux vitreux.

- Nous avons effacé toutes nos traces, ce n'est qu'un simple accident. Et personne ne croira des pirates. Allons-y, nous devons maintenant trouver le second apprenti de Tom, Franky. Ou plutôt Cutty Flam, et les plans qu'il a en sa possession.

Bien qu'ils soient éloignés de la cour, Kaku pouvait voir les charpentiers s'affairer autour du feu. Un cri groupé retentit, et Lucci sourit. Kalifa écarquilla les yeux, tandis que le roux serrait les poings.

- M. Icebarg a été suffisamment intelligent pour ne pas mettre sa fille en danger…, dit Lucci. Dommage, c'est elle qui fonce tête baissée.

Luna ouvrit la boite qu'elle avait dans les mains, et trempa le contenu dans un seau d'eau. Les agents du gouvernement se tournèrent alors vers Kaku, qui feignait la surprise.

- C'est elle que tu as perdu dans les rues ?, s'exclama Kalifa.

- Je ne la savais pas si agile…, grogna Lucci. Et toi si idiot !

Kaku se contenta de baisser la tête et de croiser les bras. Il ne voulait pas voir Luna, capée et masquée comme cette mystérieuse personne dont personne ne connaissait l'identité, s'engouffrer dans les flammes.

- Partons, ordonna Lucci.

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Luna avait rejoint Chopper, avait porté son père et était passée par la fenêtre avec le renne et Pauly. Tous sauvés, bien que faibles pour la majorité, certains charpentiers s'occupèrent de trouver un médecin, tandis que d'autres tentaient d'éteindre le feu. Icebarg s'isola avec Nami, lui racontant ce qu'il savait sur Robin. La navigatrice sembla plus que soulagée, avant de se lancer dans un monologue qui finit en plan. Elle se retourna ensuite vers le maire qui lui donna l'heure.

La rousse se mit aussitôt à paniquer. Le dernier train des mers partait à 23h, ce qui ne laissait donc qu'une demi-heure aux pirates pour rattraper Robin.

- Chopper, Luffy et Zoro sont partis par ici ! Essaie de les retrouver, moi je file à la gare. On se retrouve là-bas.

Pauly, tout près, se leva et demanda aux charpentiers d'aider Nami à retrouver ses amis et à arrêter Robin. Ces derniers protestèrent, rappelant au contremaitre que c'était ces pirates qui avaient tenté de tuer leur patron. Le blond éclata.

- Les pirates au Chapeau de Paille ne sont pas des assassins ! J'vous assure qu'ils sont innocents ! Ils ont été piégés par les véritables assassins, nous avons eu tort de croire qu'ils étaient coupables !

Luna, qui pliait ses affaires plus loin, s'approcha en entendant la voix raillée de Pauly qui s'énervait.

- Je ne sais pas qui était ces criminels masqués, mais les pirates et le chapeau de paille les ont combattus, COURAGEUSEMENT !

La rouge observa Pauly qui lui tournait le dos. Avant d'intervenir, elle préférait le laisser finir sa déclaration.

- Vous ignorez aussi que sans eux, Icebarg et moi ne serions plus en vie à l'heure qu'il est. Alors tout ce que j'ai à vous dire, c'est que vous perdez votre temps à chercher Lucci et Kaku. Vous ne les reverrez surement plus jamais !

- Quoi ?, demanda un artisan. Si vous savez ce qu'il leur est arrivé, alors racontez-nous tout !

- Ils sont simplement rentrés chez eux…, dit Pauly en tournant le dos à ses camarades.

Il croisa alors le regard indécis de Luna, tandis que les ouvriers contredisaient le blond. La jeune fille tourna la tête vers Icebarg, qui serra les dents dans une expression de regret et de douleur et détourna la tête. Luna ne comprenait vraiment pas, et quand Pauly proposa d'accompagner Nami à la gare, elle se proposa également.

- Qu'est-ce qui vous arrive M. Pauly ? Mademoiselle Luna !

- Vous êtes sûrs de ne pas vous trompez ?, demanda un charpentier à Pauly.

- Cessez de gémir et regardez la vérité en face !, cria-t-il, hors de lui. Continuez et vous allez déshonorer Galley-La Company !

- A vos ordres contremaitre !, dirent-ils tous.

Luna vint près de Pauly, tandis qu'on s'excusait auprès de Nami qui s'enthousiasmait de l'aide soudaine qu'on leur apportait.

- Alors, ils sont rentrés chez eux ?, dit Icebarg en se mettant à l'épaule du contremaitre.

- Je ne crois pas que c'était le moment de leur raconter autre chose… Je ne souhaite vraiment à personne, de traverser les épreuves que nous avons vécu tous les deux.

La rouge observa les deux hommes à tour de rôle, ne comprenant rien à ce qu'il se passait. Ses yeux transcrivaient ses sentiments, alors qu'Icebarg et Pauly la dévisageaient. Le vent commençait à souffler de plus en plus fort, faisant voler tout ce qui était suffisamment léger pour. Des mèches se plaçaient devant les yeux de Luna qui prit le poignet de Pauly. Ce dernier l'entraina à l'écart, suivit d'Icebarg, la mine sombre.

- Vous savez quelque chose, n'est-ce pas ? Et ça concerne Lucci et Kaku, pas vrai ?

Les deux hommes se consultèrent du regard. Ils ne savaient pas comment annoncer ça à Luna, elle qui était si innocente et joyeuse. Elle n'avait connu que la mort de sa mère comme choc réel, et maintenant elle devrait faire face à une trahison.

- Vous savez où ils sont.

Pauly soupira, et tourna ses yeux tristes vers sa "sœur". Devant cette expression, Luna sentit son cœur se serrer et manquer quelques battements.

- Effectivement, nous savons où sont Kaku et Lucci... Ils sont avec Kalifa et Blueno aussi.

- Où ça ?

- Dans le train des mers pour Enies Loby, répondit Icebard.

Luna en restait sans voix, puis fronça les sourcils.

- Qu'est-ce qu'ils font là-bas ?

- Ce sont eux qui ont tenté de m'assassiner.

Le blond prit le poignet de son amie qui reculait, les larmes aux yeux. Elle ne voulait pas y croire, pourtant elle y serait obligée.

- Ils nous ont trahit Luna. Ils ne voulaient qu'une chose, les plans que ton père pouvait détenir. Ceux de l'arme antique nommée Pluton.

Les larmes se mirent à couler des yeux de la rouge qui serra les poings. Pauly ne lâcha pas sa prise, et Icebarg observait sa fille qui tremblait. Le blond se contentait de baisser les yeux, attendant que la tempête passe, impuissant pour calmer son amie. Il savait. Il n'avait pas besoin qu'elle le lui dise, il savait tout. La rage envahit Luna, lui donnant la force nécessaire pour se libérer de Pauly.

- Ils vont payer !

Icebarg écarquilla les yeux. Il n'avait jamais vu Luna dans un tel état de rage.

- Je leur ferais payer moi-même ce qu'ils ont fait !, cria-t-elle. Ils ne s'en tireront pas si facilement !

Pauly observa Luna dont les larmes avaient disparues, une boule dans la gorge. Elle agissait ainsi pour voiler sa tristesse et sa douleur. Ses émotions qu'elle considérait comme signe de faiblesse, elle les transformait en rage et haine, ce qui souvent lui avait attiré des problèmes étant plus petite.

- Je peindrais ma prochaine figure de proue avec leur sang ! (oui, elle a vraiment la rage...)

- Luna…, commença Icebarg.

- On y va, trancha la jeune fille.

Elle se dirigea sans plus attendre vers la sortie du chantier, là où les yagaras attendaient dans le canal.

- Dépêche-toi Pauly !

Le blond grogna, et adressa un hochement de tête respectueux à son supérieur. Il suivit son amie, et embarqua avec elle et Nami. Les yagaras filaient à toute allure vers la gare, malgré le temps qui devenait de plus en plus menaçant.

- Allez courage, il faut qu'on y arrive !, dit Nami.

- On y arrivera, ne t'en fais pas !, s'écria Luna pour la rassurer.

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Ils avaient pris place dans le train, et n'attendaient plus que le départ. Les quatre membres du CP9 s'étaient séparés, chacun sur une banquette. Bien qu'ils s'entendent, ils n'avaient nul besoin d'être ensemble. Pendant cinq ans, ils avaient connus une trop grande proximité à laquelle ils s'étaient accoutumés. Mais, chaque chose a une fin. Pour eux, c'était la vie à Water Seven.

- Monsieur Lucci, la marée monte plus vite que prévu, annonça un technicien. Si nous voulons partir, nous devons avancer le départ. Nous n'attendons que votre signal.

- C'est bon.

Le technicien partit, et Lucci appuya sa tête sur sa main.

- Je vis à Water Seven depuis cinq ans, et je pars sans aucun regret. Rien de ce que j'ai vu dans cette ville ne me manquera.

- Tu es bien le seul à n'avoir aucune conscience véritable on dirait…, souffla Kalifa.

- C'est notre travail, dit Blueno. Nous avons une mission à accomplir, et une fois celle-ci faite nous repartons. Te serais-tu attachée à l'endroit, Kalifa ?

- Pas au point d'avoir des regrets…

- Et toi, Kaku ?, demanda Lucci.

Le jeune homme regardait la station par la fenêtre. Ce serait la dernière fois qu'il la verrait. Il ne prit pas la peine de répondre, un simple « non » aurait soulevé des questions de la part de ses collègues. Kaku ne regrettait pas sa vie d'assassin, d'agent du gouvernement. Il n'avait jamais éprouvé de regrets qui auraient pu le mettre en doute. Mais il n'était jamais venu à Water Seven, il n'avait jamais passé autant de temps quelque part, et il n'avait jamais eu de véritable ami comme il en avait sur le chantier. Sa couverture était devenue une partie de lui, et il est toujours difficile d'abandonner une partie de soi-même. La douleur le réduisait donc au silence, afin d'éviter que ses collègues remuent le couteau dans la plaie.

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Luna sursauta en entendant siffler.

- Vous aussi vous avez entendu siffler le train ?, demanda Nami.

- Ouais !, dit Pauly. C'était bien le train des mers !

- Mais il n'est que 23h47 !, dit Luna en regardant sa montre. Il n'est pas censé partir maintenant !

- N'oublions pas que ces wagons sont réservés aux agents du gouvernement, dit Pauly. Ils ont probablement avancé le départ à cause du mauvais temps.

- Alors dépêchons-nous !, s'exclama Luna en apercevant le toit de la gare. On est presque arrivés !

Nami fit arrêter le yagara et sauta à quai avec Luna qui la guida jusqu'à l'embarquement.

- Attends-nous Robin ! Quel que soit ton adversaire on va se battre pour toi !

- Garde ton souffle pour courir !, ordonna Luna qui traçait en tête.

Si Nami ne pouvait pas aller plus vite, elle oui. Si elle en était capable, elle arrêterait le train des mers. Mais la machine roulait déjà.

- Arrêtez le train !, hurla Luna en arrivant sur le quai d'embarquement.

Les contrôleurs se retournèrent vers Luna qu'ils tentèrent d'arrêter, mais elle n'écoutait rien. Elle continua à courir après le train et tenta d'attraper la barrière de la passerelle arrière. Elle se retourna, et observa la gare qui s'éloignait peu à peu.

- Merde, je croyais que Nami allait suivre…

- Bonjour jeune demoiselle…

Luna se retourna en sursaut, ne remarquant que maintenant la présence du blondinet qui se trouvait lui aussi sur la passerelle.

- Qui es-tu ?, demanda-t-elle.

- Mon nom est Sanji. Et vous ?

- Luna. Attends… T'as dit Sanji ? T'es un des pirates au Chapeau de Paille.

- D'où tiens-tu cette information ?

- De Nami. Avant qu'on ne parte pour rattraper votre amie Robin, elle a donné tous vos noms à Chopper.

Luna se tourna vers la porte du compartiment. Ses cheveux volaient rageusement dans le vent marin.

- Il faut que je rentre dans ce train, dit Sanji.

- Moi aussi.

C'est alors qu'un homme sortit, tenant son chapeau. Tout en noir, c'était sans aucun doute un agent du gouvernement. Sanji le fit valser d'un coup de pied, et le cliquetis des armes prêtes à tirer attira l'attention de Luna. Le cuistot entra dans le wagon, suivit de Luna. Tous les tenaient en joue, tandis que d'autres parlaient entre eux.

- Allons prévenir M. Lucci !

Luna se braqua immédiatement.

- Attendez !, cria un homme. Quelle que soit la force de cet homme, vous ne craignez rien. Ne vous en faites pas, je vais vite régler ce petit problème.

L'homme toussa, le visage dans la fumée de la cigarette de Sanji. Il était si grand que, même plié en deux, il touchait le plafond.

- M. Jerry !

Luna détailla le susnommé, retenant un rire. Elle le trouvait plus que ridicule.

- Je suis un pro du combat, dit-il à Sanji. Oui, je suis originaire d'une île de South Blue où le karaté est le sport favori. Et malheureusement pour toi, je suis champion de boxe !

- Et pourquoi pas de karaté ?, demanda Luna.

- Oooh, tu vas regretter ton insolence, une fois que tu auras vu mon coup de poing !

- Je m'en charge, dis Sanji. Toi, essaie de passer.

- Ok.

Luna esquiva l'attaque dudit Jerry qui frappa dans tout le wagon, et attendit qu'il se calme. Ayant assommé ses collègues, la voie était donc libre pour passer la porte qui se trouvait derrière Luna.

- Sauf que je ne suis pas censée être dans ce train…, songea-t-elle. Il n'y a que des agents du gouvernement ici…

Elle jeta son regard sur l'un des assommés, et se détailla elle-même. Son pantalon était aussi noir que celui des agents présents, et son haut blanc n'était taché que sur le ventre. Avec une veste, elle passerait sans problèmes. C'est donc ainsi qu'elle dépouilla un homme de son chapeau, de sa veste et de ses lunettes. Elle prit soin d'attaché ses cheveux et de les dissimulés sous le chapeau, puis boutonna bien la veste avant de poser les lunettes noires sur son nez. Elle passa ensuite la porte, se retrouvant ainsi dans le sixième wagon. Lorsqu'on l'arrêta, elle prétexta un « petit creux » qui l'obligeait à se déplacer jusqu'au quatrième wagon, là où se trouvait le cuisinier. Elle connaissait par cœur le train et savait que le wagon-cuisine était le quatrième en partant de la locomotive. L'agent la laissa donc passer, et elle traversa la voiture. Elle avança jusqu'à la porte puis s'immobilisa, et se tourna sur sa droite. Deux hommes étaient ligotés dans une espèce de sac en toile. Elle les reconnaissait, mais braquait son regard sur celui qui avait le plus la bougeotte.

- Franky…, souffla-t-elle.

Sanji passa alors la porte, et étala les agents qui lui sautèrent dessus en ne le reconnaissant pas comme l'un des leurs. Il se tourna ensuite vers Luna et sourit.

- Ingénieux, le vol de costume…

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Entre la Franky Family, les contremaitres de Galley-La et les Mugiwaras, on aurait pu croire que le Rocket Man aurait vite déraillé à cause de l'ambiance. Mais ce n'était pas le cas.

- Ce que je peux vous dire, commença Pauly, c'est que les gars qui ont enlevé Nico Robin et qui ont tenté d'assassiner M. Icebarg sont les mêmes. Et bon sang j'ai hâte de pouvoir balancer à ces salauds tout ce que j'ai sur le cœur.

- Hé Pauly, t'es pas le seul à jouer au héros !, lança Tilestone. Tu sais quoi, on était sûr en te suivant que tu nous conduirais aux agresseurs d'Icebarg. Alors on s'est planqué dans le wagon à charbon.

- Et apparemment, on a eu le nez creux sur ce coup-là…, lâcha Lulu.

- Et on sait que ce sont eux qui ont enlevé Franky !, déclara Zanbai.

Luffy ne faisait pas attention, trop occupé à manger sa précieuse viande. Pauly lâcha l'identité des pseudo-assassins, et ses collègues furent plus surpris que prévu.

- Ah ça fait du bien d'manger !, lança joyeusement Luffy vers qui les têtes se tournèrent. Ça y est, j'ai enfin l'estomac plein ! Bon écoutez-moi. On s'est tous un peu frittés en ville, mais il faut oublier ça car on a tous un ennemi commun ! Ces types sont de vrais durs, et j'ai l'impression que le plus costaud d'entre eux, c'est le gars avec le pigeon. Celui-là j'vous promets que j'vais me le payer en beauté.

- Bien parler Luffy, dit Zoro. On va se battre contre ces salopards qui nous ont tous piqués quelqu'un.

- A partir de maintenant, on se battra ensemble !, reprit Luffy. On a tous quelqu'un à bord du train qu'on pourchasse, le moment venu on pourra compter sur eux comme renforts. On va récupérer nos amis !

- OUAIS !

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Luna observait l'océan autour d'elle. Debout près de Sanji qui escargophonait, ils s'étaient installés sur le toit du sixième wagon. Ils avaient libérés Franky et Usopp, les deux étant près d'eux.

- Bon, Luna tu veux pas retenir ces deux crétins ?

- Luna ?, s'écria Nami au bout du fil. T'es dans le train ?!

- Bah oui, tu croyais que je m'étais volatilisée ?

La jeune fille alla attraper Franky et Usopp aux bras, les empêchant de voler. Elle ne prêta plus attention à la conversation, regardant la cheminée de la locomotive. Sa voix résonnait dans son esprit, et elle était en proie à un monologue interne. Kaku était plus près d'elle que ce qu'elle imaginait, il était à portée de main.

- Non seulement, ils nous ont trahis, mais en plus ils ont tenté de tuer mon père. Ils ont enlevés Franky et ce pauvre Usopp qui n'avait rien fait. On croyait les connaitre, mais en fait on se trompait. Mais est-ce que tout ça était de la comédie ? Non, c'est impossible. En cinq ans, on mène sa vie en parallèle, ils n'ont pas pu faire ça sans une once de regret. A moins qu'ils n'aient aucune pitié et conscience. Pourtant…

Luna ferma les yeux, revoyant la bande des cinq contremaitres. Pauly riait, Lucci souriait, Tilestone beuglait pendant que Lulu recoiffait son épi rebelle, et Kaku riait aux larmes. Pour quelle raison déjà ? Une bêtise qu'elle avait dut dire, sans doute, ou Kalifa qui s'était énervé après quelqu'un…

- Je ne sais plus quoi penser. Pourquoi j'ai réussi à cerner Kaku, et pas les autres ? Pourquoi c'est lui que je connais le mieux, au point d'imaginer qu'il était sincère ? Si c'était le cas, il m'aurait dit ce qu'il trafiquait. A moins que ce ne soit trop dangereux pour lui ? Arrête ton délire Luna, il n'a fait que ce qu'il voulait, il s'est servi de toi. C'est tout.

Elle lâcha un long soupir, puis s'avança.

- Hé Luna, où tu vas ?, demanda Franky.

- Chercher les traitres.

- Quoi ? Ils sont trop balèzes, tu vas te faire laminer !

- Je ne compte pas me battre.

Elle descendit du toit et passa au wagon suivant. Trempée, elle attira l'attention des soldats. Elle sortit à nouveau son excuse de faim, et passa tranquillement. Ç'aurait été plus simple de passer par les toits, mais avec les bourrasques, c'était risqué d'avancer. Une fois en cuisine, elle traversa sans se préoccuper de Wanze qui cuisinait.

- Hé là !, fit le cuisinier. Où allez-vous comme ça, jeune demoiselle aux cheveux rouges ?

- Je dois voir M. Lucci. Des choses terribles se sont produites dans les voitures 6 et 7 !

- D'accord !

Luna s'empressa de passer dans la voiture suivante. Bien sûr, ç'aurait été trop beau de passer sans encombres jusqu'au bout. Elle avait oublié Corgi. Ce dernier la reconnu aussitôt.

- Tieeeeens, la fille d'Icebarg. Tu joues les agents du gouvernement ?

- J'suis grillée !

Corgi ordonna à ce qu'on l'attrape, chose qui fut facile une fois que Luna perdit ses ciseaux de charpentier.

- On va allez voir tes copains, hein ? Qu'est-ce que t'en penses ?, fit Corgi en ricanant.

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La mer était déchainée. Kaku était bien content de ne pas être dehors, à se tremper et à grelotter de froid à cause du vent. L'Aqua Laguna avait déjà dut s'abattre sur la métropole. Etrangement, son esprit ne pensait pas à quoi il s'attendait. Il pensait qu'il allait se sentir coupable, mais il n'y avait rien pour le lui rappeler à part ses collègues. La porte du wagon s'ouvrit sur Corgi et un agent.

- M. Lucci, excusez-moi de vous déranger mais vous avez de la visite…

L'homme à cicatrice retira le chapeau et les lunettes de l'agent, qui était attaché. Kaku eut un hoquet de surprise. Ses cheveux rouges, ses yeux dont la couleur n'est définissable que par sa teinte sombre, et cette étincelle rageante au fond du regard. Il n'y avait qu'une femme ayant une telle apparence, et Kaku ne la connaissait que trop bien.

- Luna !

Et là, le sentiment mordant de la culpabilité envahit le jeune homme.