Bonus

Aveline observa le disque devant elle, alors que ce dernier émettait les dernières lumières avant de s'éteindre. Les paroles qu'avaient prononcés les êtres… fantômes ?... l'avaient convaincue que ce qu'elle faisait était la bonne chose à faire. Et elle avait senti ses doutes s'envoler.

Habituée à avoir conscience en permanence de son environnement, elle sentit tout de suite la présence de quelqu'un derrière elle. Se retournant, elle eut un léger sourire en voyant Gérald. Son ami l'observait avec une lueur d'inquiétude dans le regard, mais aussi du soulagement.

- Tout est fini annonça Aveline, rentrons.

Le jeune homme acquiesça sans un mot. Il laissa son amie passer devant lui avant de la suivre. Gérald avait lui aussi subi l'entraînement des Assassins même s'il n'était pas aussi doué qu'Aveline, il lui arrivait malgré tout de pouvoir déchiffrer les gestes et la posture de son amie. Il voyait bien que la jeune femme était épuisée, tant physiquement que mentalement. S'approchant d'elle en quelques enjambées, il vint délicatement lui prendre le bras pour la soutenir et, aussitôt, il sentit la jeune femme s'appuyer un peu plus contre lui.

- Est-ce que ça va aller ?

Gérald était inquiet pour Aveline, entre son combat contre Agaté et l'assassinat de sa belle-mère… Ça faisait beaucoup pour la jeune femme même si elle était un assassin.

- Oui, le rassura Aveline, j'ai juste besoin d'un peu de repos.

Puis elle se tendit brusquement alors qu'une pensée lui traversait l'esprit.

- Je n'ai plus rien, murmura la jeune femme.

Elle sentit aussitôt la prise de Gérald se raffermir sur son bras. Ils savaient tous les deux qu'Aveline ne pourrait pas hériter de Madeleine, comme elle n'avait pas pu hériter de son propre père et, n'étant pas mariée, l'héritage ne pouvait même pas revenir à son mari.

- Veux-tu conserver la maison de ton père, ou bien est-elle remplie de trop de souvenirs ? demanda Gérald.

- Je… j'aimerais la garder, avoua la jeune femme dans un murmure.

- Alors, dès demain matin, j'irai l'acheter.

- Gérald ! Ça va te coûter une fortune, je ne peux pas te demander ça.

- Ne t'inquiète pas, assura le jeune homme. J'ai suffisamment d'économies pour me le permettre et avec le négoce…

- Je te rembourserai, assura Aveline.

- Je sais, affirma le jeune homme.

Il guida ensuite son amie dans les rues de la Nouvelle Orléans, jusqu'à une maison blanche bien connue des deux assassins. Gérald l'aida à monter les marches en comprenant que son amie était trop épuisée pour le faire puis il la mena doucement vers sa chambre. Ouvrant la porte, il la dirigea vers l'un des fauteuils présents dans la pièce avant de s'agenouiller devant elle.

- Est-ce que tu as besoin de quelques choses ? Je peux t'apporter à manger.

- Non merci, Gérald, assura doucement la jeune femme avec un fin sourire.

Mais celui-ci s'effaça bien vite alors que son ami s'était relevé et s'éloignait.

- Gérald ?

- Oui ?

- Est-ce que … Est-ce que tu pourrais rester ici cette nuit, s'il te plaît ?

Le jeune homme observa avec surprise les joues de son amie rosirent doucement. Puis il prit alors conscience de ce qu'elle lui avait demandé et rougit à son tour.

- Aveline…

- Je… Je ne veux pas rester toute seule ce soir. Il y a des chambres à l'étage au dessus, tu pourrais en prendre une, proposa la jeune femme.

Gérald l'observa et il retint un soupir. Aveline semblait réellement épuisée et, avec tous les événements de la journée, il y avait de fortes chances pour qu'elle fasse des cauchemars.

- Très bien, accepta le jeune homme, je reste.

Il vit alors son amie se détendre légèrement. Puis il quitta la chambre pour la laisser se reposer. Descendant d'un étage, il observa autour de lui et son regard se posa sur la porte de la chambre de Madeleine. Il y avait peu de chances pour qu'elle ait laissé des informations sur leur ennemie. Mais il devait vérifier et en être sûr.

Ouvrant doucement la porte, il entra dans la pièce. Cette dernière était meublée avec goût. Il s'avança vers la fenêtre pour fermer les rideaux et ainsi avoir un peu d'intimité dans sa fouille, puis il alluma plusieurs bougies pour y voir plus clair.

Regardant autour de lui, il repéra le petit bureau où plusieurs papiers traînaient. Il s'en approcha donc et s'installa derrière pour mieux analyser les documents. Rien de bien passionnant, principalement des lettres envoyées à des amies pour organiser telle ou telle réception, des invitations, et même une proposition pour un mariage de convenance. Gérald tria les papiers avant d'ouvrir les tiroirs du bureau. À l'intérieur, rien qui ne sorte de l'ordinaire : du papier vierge, des flacons d'encre et des plumes. Une fois sûr que les tiroirs étaient vides, il se mit à chercher après des compartiments cachés mais n'en trouva aucun.

Avec un soupir déçu, il observa autour de lui et se leva, il avait encore une armoire, une commode et le lit à vérifier.

Il était en train de regarder s'il n'y avait pas un compartiment caché dans le fond de l'armoire lorsqu'il entendit le cri d'Aveline. Il se précipita alors dans les escaliers et entra en coup de vent dans la chambre, inquiet à l'idée que l'on attaque son amie. Mais Aveline était seule dans la chambre, seule avec ses cauchemars.

Entrant dans la pièce, Gérald alluma rapidement quelques bougies, puis il s'approcha du lit d'Aveline et posa une main sur son épaule. La réaction de la jeune femme le prit totalement au dépourvu malgré son entraînement d'assassin. Elle agrippa son poignet et, d'un mouvement vif, le projeta sur le lit avant de rouler pour se placer à califourchon sur lui. Peut-être qu'il aurait dû s'assurer qu'elle n'était pas armée avant de l'approcher dans son sommeil, songea le jeune homme en baissant les yeux sur la lame pressée contre sa gorge.

- Aveline, réveille-toi.

La jeune femme cligna des yeux et sembla prendre conscience de son environnement.

- Gérald ?

- Tu faisais un cauchemar, expliqua le jeune homme.

Aveline observa autour d'elle et remarqua qu'elle était bel et bien dans sa chambre.

- Tu peux enlever le couteau de sous ma gorge, s'il te plaît ? demanda doucement Gérald.

La jeune femme baissa alors les yeux sur sa main et fut surprise d'y voir une arme. Aussitôt, elle l'enleva de là avant de se pencher pour la poser sur la table de chevet. Gérald s'aperçut alors que son amie tremblait et que des larmes remplissaient ses yeux, sans pour autant couler. Elle s'écarta ensuite, permettant à son ami de se relever.

- Tu veux en parler ? Offrit le jeune homme.

Aveline se réinstalla dans le lit et observa son ami. Elle avait toujours pu compter sur Gérald, peu importe les décisions qu'elle prenait, il était toujours là pour elle. Et elle… elle n'en avait toujours fait qu'à sa tête, sans penser aux conséquences de ses actes, elle fonçait avec une ébauche de plan qui, en général, tournait assez mal. Mais le pire était sans doute qu'elle savait que Gérald avait des sentiments pour elle et pourtant elle le repoussait. Utilisant comme excuse le fait qu'elle ne pouvait pas se laisser distraire de sa mission. La vérité était qu'elle ne voyait le mariage que comme une chaîne qui la lierait à vie à un homme. Et en tant que fille d'ancienne esclave, elle ne voulait pas être privée de sa liberté. Puis, jetant un autre coup d'œil à son ami, elle nota alors l'inquiétude dans son regard.

- Ça n'est rien, juste… Les dernières semaines ont été difficiles, soupira Aveline. Et j'ai pratiquement tout perdu, sanglota la jeune femme, mon père, notre mentor, Madeleine… J'ai même douté de la justesse de notre combat, Gérald.

Ce dernier remarqua que finalement les larmes commençaient à couler le long du visage de son amie. Il passa alors un bras autour des épaules de la jeune femme. Il pouvait sentir le regard surpris d'Aveline sur lui. Mais il n'y prêta pas attention. Il offrirait à la jeune femme le réconfort dont elle avait besoin et qu'elle méritait, qu'importaient les convenances.

- Tu n'es pas seule et si tu t'égares, je serai là pour t'indiquer le bon chemin, promit Gérald.

Aveline se détendit à ce moment-là et décida d'accepter le réconfort que Gérald lui offrait. Elle se blottit contre son flan et ferma les yeux, appréciant de se savoir soutenue dans ces moments difficiles. Maintenant que son combat était fini, elle ne pouvait plus tenir éloignés les souvenir de son père, elle ne pouvait plus ignorer la déception dans le regard d'Agaté et son désespoir lorsqu'il s'était donné la mort. Elle ne pouvait plus feindre d'oublier qu'elle avait failli passer à l'ennemi. Mais ça n'avait pas d'importance si tout lui revenait d'un coup maintenant que son esprit n'était plus occupé, parce qu'elle n'était pas seule. Ainsi resta-t-elle blottie contre Gérald à sangloter pour tout ce qu'elle avait perdu ces dernières semaines. Et Gérald la garda contre lui pendant tout ce temps.

Lorsque les lueurs de l'aube éclairèrent finalement la chambre, Aveline s'était endormie, épuisée. Gérald observa le lever du soleil un instant avant de s'écarter d'Aveline et de se lever, la rallongeant en douceur, pour aller fermer les rideaux. Il aurait voulu rester auprès d'elle, mais l'annonce de la mort de Madeleine allait rapidement faire le tour de la ville et de nombreux acheteurs paieraient cher pour acquérir la maison. Il sortit donc de la chambre et descendit en direction de la cuisine. La servante qui était là venait tout juste d'allumer le feu. Elle sursauta en voyant le jeune homme à la porte.

- Je suis désolé, monsieur, le petit déjeuner n'est pas prêt, s'excusa-t-elle.

- Ça ne fait rien, je dois partir. Mademoiselle Aveline viens juste de trouver le sommeil, je vous serais gré de la laisser dormir.

- Bien, monsieur.

Gérald salua ensuite la servante et quitta la demeure pour rejoindre le cabinet du notaire de la famille.

Lorsqu'Aveline ouvrit les yeux, une légère lueur venant des lourds rideaux de velours mal fermés, éclairait faiblement la pièce. Elle regarda autour d'elle, surprise d'être seule, elle s'était pourtant endormie alors que Gérald était avec elle. Au souvenir de ce qui s'était passé la veille au soir, elle rougit fortement. Son père, ou même Madeleine, aurait désapprouvé qu'elle dorme avec un homme qui n'était pas son mari. Elle se leva finalement, repoussant les lourdes couvertures de laine. Elle se rendit près de sa commode où l'attendait une cruche d'eau et une bassine en fine porcelaine blanche. Elle fit ses ablutions rapidement et se dirigea vers son armoire pour se choisir une tenue pour la journée. Son regard se posa sur ses vêtements d'assassin, elle se sentait à sa place avec, s'était ce qu'elle était. Mais Aveline savait aussi que si elle voulait sortir, elle ne pourrait pas le faire dans une telle tenue. Pas sans avoir d'ennuis avec la garde et Aveline ne voulait rien d'autre que passer une journée calme. Avec un soupir, la jeune femme s'empara donc de l'une de ses robes en velours vert. Elle réussit à s'habiller sans aide, ce qui était rare avec ce genre de robe.

Puis elle descendit dans la cuisine où un bon petit déjeuner l'attendait. Elle mangea avec appétit, affamée après ses dernières mésaventures. Elle finissait une tartine de confiture lorsque Gérald entra dans la pièce avec des papiers à la main. Le jeune homme se figea en voyant son amie. Cette dernière avait un restant de confiture sur le coin des lèvres. Il cacha difficilement un sourire derrière sa main, de toute évidence la jeune femme n'avait pas conscience de la tâche qu'elle avait au visage. Une fois à ses cotés, il s'empara d'une serviette qu'il alla humidifier dans un seau d'eau claire avant de revenir près de son amie.

- Tu permets ? demanda-t-il dans un murmure.

Aveline s'arrêta de manger sans comprendre jusqu'à ce que Gérald attrape délicatement son visage dans sa main et essuie la confiture de la joue de son amie. En voyant cela, Aveline rougit violemment. Avant de se reprendre. Elle avait passé des jours difficiles, elle avait bien le droit de se détendre un petit peu et de ne plus être parfaite pendant quelques temps.

La servante se fit alors connaître en apportant une tasse de thé à Gérald, ce dernier l'accepta avec un léger sourire et s'assit en face d'Aveline.

- Je suis allé voir le notaire ce matin, malheureusement je n'ai pas pu acheter la maison à ton nom, elle est donc au mien. Mais que cela ne t'empêche pas de te sentir chez toi ici, bafouilla le jeune homme.

Aveline se leva alors, elle déposa son bol dans l'évier avant de s'approcher de son ami et de doucement l'embrasser sur la joue.

- Merci, murmura-t-elle ensuite en se redressant.

- Je t'en prie, répondit le jeune homme les joues légèrement rouges.

Aveline soupira alors en observant autour d'elle. Elle savait qu'elle allait avoir du travail dans cette maison, elle allait devoir faire le tri dans les affaires de Madeleine et puis il y avait ses missions d'assassin et le négoce à gérer… Elle qui ne voulaient qu'un peu de détente. Voyant son air affligé, Gérald se leva pour lui faire face. Il hésita un instant avant de parler, gêné à l'idée de lui avouer ce qu'il avait fait la nuit dernière.

- Tu devrais prendre ta journée, proposa Gérald, doucement. Tu as besoin de te détendre.

- Non, c'est gentil, Gérald, mais j'ai encore beaucoup de choses à faire.

- Je n'ai rien à proposer à l'assassin, remarqua Gérald, pour le moment les bateaux sont en mer donc il n'y a rien que l'on puisse faire.

Aveline l'observa un instant, hésitante. Elle se mordait doucement la lèvre.

- Je dois encore trier les affaires de Madeleine. Qui sait ce que renferment les documents qu'elle a dans sa chambre ?

- J'ai déjà commencé, avoua finalement Gérald, pour le moment je n'ai rien trouvé d'utile. Mais je vais continuer à chercher… Enfin si tu me le permets.

Aveline acquiesça doucement avec un léger sourire.

- Bien, dans ce cas, il ne te reste plus qu'une chose à faire… nota Gérald amusé.

- Quoi donc ?

- Te changer et rejoindre tes amis du bayou.

Aveline lâcha un petit cri de joie avant de remercier Gérald puis elle monta en courant dans sa chambre. Essayant de ne pas marcher sur sa robe dans sa précipitation. Puis, elle se changea, enfila sa tenue d'assassin avec un réel plaisir. Lorsqu'elle redescendit, Gérald était toujours dans la cuisine. Il examinait des documents avec un air concentré très mignon de l'avis d'Aveline. La jeune femme se mordit la lèvre à nouveau. Peut-être qu'elle devrait laisser à Gérald une chance de lui prouver qu'il pouvait être bon pour elle ? Peut-être devrait-elle lui laisser la chance de la courtiser ? Après tout, Gérald la connaissait très bien et il avait conscience des limites à ne pas franchir.

Aveline s'avança alors sur la pointe des pieds avec un léger sourire, mais avant qu'elle ait pu s'approcher à moins de deux mètres de son ami, elle vit les épaules de Gérald se tendre. Il l'avait repérée. Le jeune homme n'était peut-être pas du genre à cavaler dans tout le bayou, mais il n'en était pas moins un bon assassin. Elle s'approcha jusqu'à être à sa hauteur et lui offrit un sourire amusé.

- J'y vais, annonça Aveline.

- Sois prudente, recommanda simplement Gérald.

La jeune femme acquiesça doucement avant de se pencher avec hardiesse vers son ami et de poser ses lèvres à la commissure de celles du jeune homme. Gérald se figea sur sa chaise et lorsqu'Aveline s'écarta, il put voir l'amusement dans son regard mais aussi de la timidité, ce qui contrastait beaucoup avec son geste.

- Je te vois plus tard.

L'homme acquiesça lentement, encore abruti par l'audace de son amie. Puis, l'observant quitter la maison par le jardin de derrière, il eut un sourire de plus en plus large. Peut-être qu'elle allait enfin accepter son affection pour elle. Peut-être qu'elle le laisserait l'aimer. Son sourire disparut aussi vite. Il ne devait pas prendre les choses trop vite, sinon Aveline pourrait se détourner de lui. Et puis, peut-être qu'il avait mal interprété son geste. Il ne devait pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué.

Lorsqu'Aveline revint ce soir-là à la maison, la nuit était tombée depuis longtemps. Elle escalada le mur de derrière pour rejoindre sa fenêtre et s'engouffra à l'intérieur. Aveline fut aussitôt frappée par le doux parfum qui embaumait sa chambre. Fermant les rideaux et allumant une bougie, elle se figea en voyant les bouquets présents dans la pièce. Il y en avait sur chaque surface plane : sa table, son bureau, sa commode, sa coiffeuse. La jeune femme eut un sourire en s'approchant. Gérald avait donc décidé de commencer sa cour et il commençait fort. Avec un léger rire, elle rejoignit le paravent un peu plus loin. Elle ôta sa tenue d'assassin avec un léger soupir d'aise avant de rejoindre sa coiffeuse où une carafe et une bassine l'attendaient. Elle fit sa toilette rapidement, épuisée par sa journée à parcourir le bayou pour en chasser les derniers concurrents d'Élise.

Aveline finissait tout juste de se préparer pour la nuit lorsqu'elle entendit des coups frappés à sa porte. Intriguée, elle s'empara d'une petite dague qu'elle dissimula dans son dos avant d'autoriser la personne à entrer. C'était Gérald qui semblait soulagé de la voir rentrée.

- Il est tard, se justifia le jeune homme en rougissant, je commençais à m'inquiéter.

Aveline eut un sourire mi tendre, mi amusé avant de s'approcher de son ami, le faisant rougir encore plus. En chemin, elle posa la dague sur la table basse. Une fois devant lu, elle se pencha alors et l'embrassa délicatement sur la joue.

- Merci pour les fleurs.

Gérald rougit encore plus si s'était possible et balbutia un « ce n'est rien » qui amusa grandement Aveline. Elle s'approcha encore plus de son ami et, en dépit des convenances, passa ses bras autour du cou de Gérald pour l'étreindre doucement. Elle perçut sans mal l'hésitation du jeune homme avant de sentir ses bras l'entourer à son tour.

Blottie dans ces bras forts, elle se laissa aller, faisant tomber le masque d'assassin ou de dame qu'elle devait porter presque en permanence.

- Gérald ?

- Oui ?

-Promets-moi que tu ne m'abandonneras jamais.

Ça sonnait affreusement niais comme demande mais après avoir perdu son père, son mentor et sa belle-mère, Aveline estimait avoir le droit de faire une telle requête. Elle sentit les bras de Gérald raffermir leur prise autour d'elle.

- Tant que je vivrais, je te promets de rester à tes cotés, murmura le jeune homme.

Aveline enfouit un peu plus son visage dans le cou de son ami. Peu importait les convenances ce soir, elle voulait juste profiter du réconfort d'un ami qui risquait de devenir plus que ça avec le temps. Et peut-être se berçait-elle d'illusions, mais là, dans les bras de Gérald, elle voyait un avenir, son avenir, qui ne semblait plus aussi sombre qu'elle l'avait cru. C'était là, un fol espoir, mais un espoir auquel elle s'accrocherait et pour lequel elle se battrait, comme elle se battait pour faire libérer les esclaves.

Car c'était ce qu'elle faisait, elle se battait dans l'ombre pour faire régner la lumière. Elle était un Assassin.

X

Fin