Bonjour, bonsoir à tou(te)s !
Voici le nouveau chapitre, hein, vous l'aurez deviné. Les vacances touchent à leur fin pour moi, et c'est la dernière ligne droite avant la fin de l'année, et si je veux réussir mon objectif, va falloir que je mette les bouchées doubles ! Donc, peut-être que j'écrirais moins... Rassurez-vous, j'ai encore des chapitres déjà écrits en réserve, vous n'aurez pas à attendre trop longtemps pour avoir la suite de l'histoire ! ;)
Je vous souhaite à tous une bonne lecture !
Kaku ouvrit les yeux, le soleil déjà haut dans le ciel. L'horloge dans la cuisine affichait les 8h.
- Ça va, je suis à l'heure…
Le charpentier alla se doucher et s'habiller, puis il prit une pomme qu'il mangea sur la route menant au quai n°1. Les rues étaient animées, il ne pouvait le nier, mais plus que d'ordinaire.
- C'est Water Seven, après tout...
Il passa devant un kiosque à journaux et regarda la date du jour. Cela faisait presque six mois qu'il était de retour. Lorsqu'il arriva sur son lieu de travail, il n'y avait pas un chat. Étonné, il fit le tour du quai, et ne trouva personne.
- Qu'est-ce que tu fais là ? demanda-t-on sèchement.
Kaku se retourna rapidement, et croisa le regard sombre et froid de Luna. De la peinture sur le visage et les mains, elle avait les poings appuyés sur les hanches de son tablier.
- La même chose que toi je présume...?
- Tu viens peindre ?
- Travailler, plutôt.
Le jeune homme cru apercevoir un sourire amusé étirer les fines lèvres de la jeune femme.
- C'est férié aujourd'hui.
- Vraiment ?
- C'est le Festival de l'Eau aujourd'hui, tu as oublié ?
Le Festival avait toujours lieu à la mi-juillet, célébrant l'eau et tout ce qu'elle faisait dans la ville. Kaku marqua un temps d'arrêt avant de répondre. Il frappa son front du plat de la main et sourit, se trouvant idiot d'avoir oublié.
- Pauly te l'as dit hier. J'aurais cru que tu t'en souviendrais, tu avais l'air très enthousiaste hier...
- Oui, je sais... Excuse-moi ça m'était complètement sorti de la tête...
- J'avais compris, murmure Luna plus pour elle-même que son collègue.
- Mais qu'est-ce que tu fais là, alors ?
- J'ai pas de comptes à te rendre... dit-elle doucement.
Le charpentier se donna une claque mentale : ne jamais poser de question demandant une justification à Luna. Il haussa les épaules puis quitta le chantier après avoir dit au revoir à Luna. La jeune femme le regarda s'éloigner avant de regagner son atelier et continuer sa peinture.
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La fête battait son plein. Les buvettes étaient pleines, les snacks ambulants débordaient de clients, les échoppes à souvenirs de la ville aussi. Le festival de l'eau était un vrai évènement. Il y avait de la musique, des tours et des numéros utilisant l'eau. Sur la place principale, la piste de danse était pleine... Oui bon d'accord, le Festival de l'Eau était plus une BBQ party comme les Chapeau de Paille l'avait fait deux ans plus tôt. C'était l'occasion de manger, de boire, de danser et s'amuser. Bien évidemment, les artisans de Galley-La étaient de la partie. Les habitants de la métropole s'étaient accoutumés à la présence de Kaku, et vivaient avec lui comme si rien ne s'était passé. Le jeune homme se sentait bien, heureux. Il profitait bien sûr de la fête, en compagnie de Pauly et des autres contremaitres. Bien sûr, il manquait celui du dock 1. Le blond remarquait bien les regards que son jeune camarade jetait à l'entour. Lorsqu'ils aperçurent Luna seule au milieu de la piste, dansante, ils s'approchèrent. La jeune femme se mouvait avec grâce et légèreté, jouant avec sa dernière invention : des rubans d'eau. Dans un matériau résistant, souple et transparent, dansait de l'eau. Elle bougeait au rythme des mouvements du ruban, ce qui donnait une impression de dédoublement. Elle s'était changée, et portait une jupe longue noire aux reflets mauves et un simple boléro noué à la poitrine de même couleur. On aurait pu la comparer à ces femmes hispaniques dont parlaient certains livres, avec ses airs fiers. Elle dansait, ne se préoccupant que de ses mouvements, le sourire aux lèvres. Kaku ne put s'empêcher de sourire, reconnaissant la jeune fille qu'il avait connue et aimée plus de deux ans auparavant. La voir si joyeuse et souriante changeait de la face glaciale qu'elle lui offrait d'ordinaire, et sa danse changeait des sales coups qu'elle avait l'habitude de lui faire.
- Elle ne veut plus être trahie, avait dit Pauly.
Kaku comprenait bien, et puis il s'en était douté en quittant ses amis du CP9. Luna aperçut les contremaitres la fixer, et sourit davantage. Un étrange sourire étirait les lèvres du roux, un sourire qu'elle avait bien connu et qu'elle avait fini par déchiffrer. Il était heureux. Ses yeux semblaient illuminés, comme avant. Luna eut comme un coup au cœur, se souvenant qu'elle avait craqué pour ce sourire et ce regard-ci. Une réaction cardiaque qu'elle pensait disparue se créa donc, la forçant à prendre une grande inspiration tandis qu'elle tournoyait. Son esprit se fit alors à l'évidence. Tous avaient laissé une seconde chance à Kaku, pourquoi pas elle ? Elle avait longtemps souffert à cause de lui, et ne voulait plus que cela se reproduise. Voilà pourquoi elle le rejetait. De plus, son cœur et son esprit s'affrontaient dans un dialogue de sourds, la laissant tanguer entre sa haine et son affection pour Pinocchio. Une jeune femme observait Kaku, et glissa à l'oreille de son amie :
- J'avais oublié que l'ex-contremaitre du dock 1 était pas mal...
Son amie gloussa, ce qui n'échappa à Luna dont l'oreille avait capté les quelques mots susurrés. Elle fronça les sourcils, contrariée mais reprit vite sa danse. L'un des rubans alla lui-même s'entourer autour du poignet de Kaku qui, ne comprenant rien, n'eut d'autre choix que de se laisser guider par le ruban. Il regarda Luna, incrédule. La jeune femme fit un salto arrière, tirant son ruban qui fit tourner Kaku. Il alla percuter Pauly qui le poussa contre Luna qui commença à lui tourner autour, l'incitant à la suivre. Est-ce qu'il comprendrait le message qu'elle ne souhaitait pas dire de vive voix, en l'entrainant ainsi ? La jeune femme entraina ensuite quelques personnes sur la piste, et tout le public finit par se mettre à danser. Pauly dansait, restant près de Kaku et Luna. Il pouvait lire dans les yeux sombres de son amie l'évidence à laquelle elle s'était faite. Enfin, après six mois de haine et de fuite, son esprit acceptait ce que son coeur avait crier pendant tout ce temps, se livrant une bataille acharnée pour finalement se retrouver perdant, le Cœur victorieux.
- Et c'est reparti comme en 40 !
Les gens s'entrainaient les uns les autres, se prenant par le bras, valsant ou tournant ensemble, le sourire aux lèvres et la bonne humeur embaumant les cœurs. Un cri retentit, et stoppa tout le monde. Un cri dans un festival, c'est commun, mais un cri de détresse ne l'est pas. En tout cas, pas à Water Seven. Luna coinça deux extrémités du bas de sa jupe à ses hanches et fila entre les passants, suivit de près par les artisans de Galley-La. Kaku s'arrêta en apercevant les pirates qui menaçaient un vendeur et sa femme. Armés, ils menaçaient aussi quiconque osait bouger. Luna s'approcha avec une démarche féline du capitaine qui se tourna vers elle. Elle pu voir la lueur d'hésitation dans les yeux du pirate. Parfait.
- Tu oses bouger ?
- J'aime les interdits. Mais n'êtes-vous pas ce grand capitaine que la Marine recherche ? Cet homme redoutable et recherché activement sur Grand Line ? Bellamy la Hyène ?
Le pirate sourit et approcha Luna.
- Tu m'as l'air bien renseigné dis-moi...
La jeune femme sourit et arqua un sourcil provocateur.
- Le thon a mordu à l'hameçon... Oui, je m'intéresse de près à ce sujet car voyez-vous...
- Oui ?
Bellamy décolla du sol, vola par-dessus le canal et traversa le cul-de-sac dans lequel il avait filé.
- J'aime savoir qui je vais frapper.
Kaku en était bouche-bée, il n'avait aucun souvenir d'une telle force chez Luna.
- Waw !
- Tu serais surpris de voir tous les progrès qu'elle a fait, dit Lulu en aplatissant son épi.
Luna se tourna vers les pirates, un pied posé devant elle, debout sur la pointe.
- À qui le tour ? demanda-t-elle d'un ton enjôleur plein d'ironie.
Évidemment, les pirates se jetèrent sur elle. Sans attendre, Luna lança ses jambes et ses pieds contre ses ennemis qui volèrent, sous les acclamations de la foule. Voir Luna combattre était aussi distrayant que les combats des docks opposants les pirates récalcitrants aux charpentiers. En quelques instants, l'affaire était réglée, et la fête reprit. Tilestone alla prendre Luna, la soulevant et la faisant asseoir sur son épaule. Pauly gardait un œil sur Luna, la voyant plus ouverte et moins distante envers Kaku. Le jeune homme était tout de même hésitant, après tout ce temps où il a été en froid avec la jeune femme. Luna se lança un défi à elle-même : réussir à faire courir Kaku. Elle sourit en coin, lançant une œillade maligne à son pantin préféré, puis se rapprocha de lui de plus en plus, jusqu'à se coller à lui. Elle rapprocha son visage du sien et… lui vola sa casquette.
- Hé ! protesta Kaku.
Il n'eut que le rire léger de Luna en réponse, et l'observa s'éloigner à toute vitesse. Il se lança à la poursuite de la voleuse qui zigzaguait entre les passants, sautaient sur les étalages ou les murs. Elle parvint même à se hisser sur un toit avant que Kaku ne l'attrape. Il avait effleuré sa cheville, mais elle lui avait échappé tel l'image qui se reflétait à la surface de l'eau et qui s'effaçait quand on tentait de l'attraper. Elle continua sa course sur les toits quand elle entendit le jeune homme.
- Incision !
Elle se retourna tout en courant, avant de percuter Kaku et de tomber sur les fesses. Elle planta ses yeux sombres dans les siens en marmonnant.
- Tu devrais regarder où tu vas ! plaisanta Kaku.
- T'as triché, c'est pas juste !
Kaku se pencha vers Luna, et lui tendis une main pour l'aider à se relever, l'autre dans son dos tel un gentleman.
- Mademoiselle.
La jeune femme regarda son collègue quelques instants avant de lui prendre la main. Il la leva doucement, et lui sourit.
- Maintenant que je t'ai attrapé, je peux récupérer ma casquette ?
Luna soupira, gardant les mains dans le dos. Elle fixait Kaku, qui passa une main derrière elle.
- Je suis d'accord.
Le roux fronça les sourcils, ne comprenant pas. Il s'immobilisa, regardant Luna.
- Pour te laisser une chance.
- Vraiment ?
- Par contre la moindre connerie, et tu le paies cher.
La jeune femme afficha son plus beau sourire, qui révélait la menace réelle qu'elle pouvait être. Kaku baissa les yeux, tout de même heureux de ce nouveau pas vers la vie qu'il menait avant. Luna rendit sa casquette à Kaku, prenant bien soin de la lui enfoncer de manière à ce qu'il ait la vue masquée quelques instants, avant de sauter du toit. Le jeune homme alla au bord et regarda en bas. Son amie l'attendait en bas, poings sur les hanches et les yeux rivés vers lui.
- Allez viens, y'a pleins de choses à faire !
Kaku sourit en coin avant de suivre Luna. Elle le fit danser, le faisant tourner avec elle en se tenant à son bras, lui la faisant valser comme une ballerine et la ramenant toujours près de lui. Ils étaient ensemble pour s'amuser, et ils passèrent une agréable journée. La jeune femme décida de rentrer chez elle lorsque la nuit fut sombre, bien que la musique se fasse toujours entendre dans les rues, et Kaku la raccompagna. Ils discutèrent encore un peu, de ce qu'ils avaient fait pendant ces deux ans et de rien, puis Kaku décida de rentrer chez lui à son tour. Luna le regarda s'éloigner puis sourit, avant de rentrer chez elle.
- Je n'aurais jamais pensé qu'on se retrouverait…
Kaku se posa dans sa chambre, et sortit le papier se trouvant dans sa table de chevet.
- Si j'avais su… Je n'aurais pas hésité…
Luna se changea, laissant sa tenue de danse dans un coin, et elle sourit, amusée par elle-même.
- Tu me fais toujours autant d'effet… C'est bien le problème !
Kaku sourit en relisant le papier, puis le reposa.
- Au fond, si je suis revenu…
Luna regarda l'heure quand on frappa à sa porte. Prenant de quoi se défendre au cas où, elle alla ensuite ouvrir. Personne, seulement une rose posée à ses pieds. Elle la ramassa puis rentra chez elle. Elle observa la rose, emplit ses narines de son doux parfum, avant de prendre le papier qui y était accroché, sur lequel était écrit trois petits mots qui la firent sourire.
C'est pour toi.
