Salutations à tous et toutes !
Nous revoilà pour un nouveau chapitre, j'espère qu'il vous plaira !
Bonne lecture ;)
- Alleeez…
- J'ai dit NON !
- S'il te plait…
Pauly ne bougeait pas de sa caisse, observant la scène de ménage à laquelle il assistait avec les autres charpentiers. Un vrai repas-spectacle. Luna, assise, bras croisé et cheville posée sur un genou, gardait la tête tournée à l'opposé de Kaku qui se penchait un peu en avant pour voir son visage.
- Et pourquoi non ?
- Ce sont des assassins.
- Je n'en suis pas un, peut-être ?
- C'est pas pareil !
Le blond sourit, amusé. Voir Luna à cours d'argument était très distrayant. Kaku lui lança un regard par côté. Les deux hommes échangèrent un regard entendu, et Kaku sourit à son tour. Il reporta son attention vers la rouge qui s'obstinait à ne pas le regarder.
- Aurais-tu peur d'eux, par hasard ?
Luna tourna aussitôt la tête et incendia Kaku du regard. Gagné.
- Et puis quoi encore ?! Il est pas né celui qui me fera peur !
- Donc tu viens avec moi ce soir.
Luna soupira, avant de se lever et de s'étirer.
- Ouais.
Kaku sourit, lui attrapa le poignet et l'attira contre lui. Se sentant tomber, Luna laissa un léger cri de surprise lui échapper, et se laissa partir en arrière. Elle bascula la tête en arrière, sur l'épaule de Kaku qui l'enserrait de ses bras. Le roux posa ses lèvres sur l'épaule dénudée de sa petite-amie qui sourit.
- Tu m'énerves, dit-elle sur un ton amusé.
- Pour une fois que c'est moi qui gagne…
Pauly éclata de rire, ce qui lui valut les regards interrogateurs de ceux qui l'entouraient.
- Kaku t'es un soumis !
- Mais n'importe quoi !
- De toute façon, vous êtes tous des soumis, déclara Luna. Y'a qu'à voir comme je vous fais tous courir. Le sexe fort, c'est la femme !
Après quelques mots de plus, chaque charpentier retourna au travail. Luna examinait le dernier cahier des charges reçu, se demandant comment le travail serait organisé.
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Ça faisait plus d'un mois que les ex-membres du CP9 créchaient chez leur jeune ami, le mois de novembre étant particulièrement chaud. L'appartement était juste assez grand pour accueillir les six personnes.
- Je comprends pas que cette minette refuse de nous voir, fulmina Jabura.
- Peut-être parce que c'est toi qui a proposé cette idée ! lança Kalifa.
- Elle veut pas te voir non plus j'te signale !
- Notre cas est explicable, avec Kalifa. Nous avons trahis l'île entière, il est logique que Luna ne veuille pas nous voir, dit Blueno. Quant à vous trois… Il me semble que tu n'as pas été tendre avec elle, Jabura.
L'homme-loup soupira. Il lui avait donné un coup dans les côtes, mais c'était pas bien méchant !
- En attendant, on est toujours confinés ici ! – chapapa !
- C'est mieux, je ne pense pas que la ville soit prête à accueillir chaleureusement des traitres et des assassins.
- Au moiiins Kaku s'est bien intégrééé ! hurla Kumadori.
- Mets-la en sourdine !
Alors que les amis discutaient, Kaku quittait le chantier avec Luna. Il parla de ses amis à la jeune femme qui l'écoutait. Lorsqu'il n'eut plus rien à dire, elle dit d'un ton nonchalant :
- Je ne comprends pas pourquoi tu tiens tant à ce que je les rencontre. Enfin, il n'y en a que trois que je ne connais pas.
- Ce sont mes amis, répondit Kaku après un soupir. Je les connais depuis le début de mon entrainement, disons que… C'est un peu ma famille.
Luna se mordilla la lèvre, ses yeux semblant dirent « ouais bon ok, mais encore ? ».
- Tu verras, ils ne sont pas méchants.
- Qu'ils le soient ou non, je m'en fou. Par contre je compte bien rendre son coup à l'autre clébard !
- T'en veux encore à Jabura ?!
- Et comment ! Il m'a cassé trois côtes, j'ai pas pu bosser pendant deux semaines, et je m'ennuie quand je bosse pas ! J'ai seulement aidé un peu aux travaux de réparation après l'Aqua Laguna.
Kaku rit doucement, avant de ramener Luna contre lui. Ils continuèrent de marcher en discutant, jusqu'au domicile du roux qui se retourna vers elle, la main sur la poignée de porte.
- Si tu pouvais l'envoyer dans le canal…
- Pas de problème.
Ils entrèrent, et immédiatement les têtes se trouvant dans le salon se tournèrent vers eux.
- Aaah enfin !, dit Jabura qui s'approcha alors. T'étais long Ka…
L'homme-loup ne put terminer sa phrase à cause du coup de pied que Luna lui asséna. Il vola jusqu'au canal, dans lequel il tomba. Tous éclatèrent de rire en entendant le cri de surprise de Jabura. Luna, elle, se contentait d'un sourire satisfait.
- Tu n'as pas changé, dit Kalifa en riant.
- Dur de changer les bonnes habitudes tu sais, répondit Luna sans une once de « distance ».
Kaku et elle passèrent donc au salon, et s'installèrent avec les autres.
- Tu as un douriki très élevé, pour quelqu'un d'ordinaire ! – chapapa
La jeune femme haussa un sourcil sans trop comprendre, et se contenta de hocher la tête. Kumadori se jeta à ses pieds soudainement, ce qui la fit sursauter.
- Mais ils sont barges ?!
- Youyouy ! Tu es bien Lunaaa ? Ceeelle d'Enies Looobyyy ?
- Euh… Oui, je crois bien… Mais…
- Je te remerciiiie !, coupa l'homme aux cheveux roses.
- Mon dieu, c'est un échappé d'asile psychiatrique !
- Notre petit Kakuuu est heureuuux enfiiin, tu contribuues grandement à ce bonheeeur ! Merciii !
Luna écarquilla les yeux, un sourire amusé étirant ses lèvres. Elle se tourna vers Kaku, qui regardait ailleurs, mais dont les joues étaient légèrement rosées. C'est un homme, et il a tout de même un orgueil certain.
- Ah bon ? fit-elle innocemment.
Le regard par côté que lui lança Kaku la fit doucement rire, puis elle se retourna de nouveau vers Kumadori.
- Il n'y a pas de quoi. Ça me fait plaisir d'aider, dit-elle avec un sourire. Et puis, c'est pas comme si ça fonctionnait à sens unique…
Elle recula un peu sa main, que Kaku saisit. Ils se comprenaient bien, quand ils en disaient peu pour dire beaucoup. Luna avait décidé de faire un effort, de mettre ses opinions pré-faites de côté pour s'en faire de nouvelles, en découvrant les amis de Kaku. Pourquoi il lui mentirait, de toute façon ? Jabura tira la gueule toute la soirée, contrarié par la petite vengeance de Luna. Les autres discutaient, découvraient, et même appréciaient Luna. En même temps, elle avait toujours le sourire, elle plaisantait et son caractère spécial plaisait bien. Kalifa était contente de voir que la fillette qu'elle avait connue il y a sept ans avait continué dans sa lancée, pour devenir une femme bien. Elle se souvint des rires et des sourires de Luna, de l'évolution qu'elle avait accomplie pendant ses années de présence à Water Seven. Blueno, lui, était satisfait de retrouver la présence de cette gamine qui égayait le bar les jours mornes. Kumadori aimait bien Luna pour les questions dont le genre se rapprochait des siennes, Fukuro parce qu'elle n'avait pas la langue dans sa poche. Ils ne virent pas le temps passer, par chance le chantier était fermé le lendemain car c'était dimanche. Même lorsque certains dormaient, d'autre parlaient doucement. Luna fit nuit blanche, discutant avec Kalifa alors que les hommes étaient tous allés dormir.
- Repartir ? demanda doucement Luna.
- Oui. Nous n'avons pas d'autre option tu sais.
- Vous pourriez restez, rétorqua la plus jeune après un silence.
Kalifa eut un hoquet de surprise, et fixa Luna avec des yeux ronds. La rouge, assise dans le canapé, jambes croisées, un coude sur le genou et sa tête reposant dans sa paume, elle fixait la femme en face d'elle. Elle était sincère.
- Il y a du travail, des logements à prendre… De quoi faire sa vie.
La blonde sourit légèrement, et releva ses lunettes. Ses yeux mauves s'étaient emplis d'une certaine nostalgie, mélangée à une joie indéfinissable. Luna jeta un œil à Kaku, toujours dans le canapé avec elle, endormi. Du moins, c'est ce qu'elle croyait. En entendant les deux femmes parler, il s'était imaginé tous les sujets qu'elles pouvaient aborder entre elle. Curieux, il avait décidé d'écouter, en faisant semblant de dormir. Les mots de sa belle l'avaient assez surpris, mais au fond ça ne l'étonnait pas plus que ça. Elle avait été capable de le pardonner, alors qu'il lui avait fait le plus de mal. Kalifa et Blueno seraient pardonnés plus vite, quant aux trois autres… Elle ne les connaissait pas, ils n'avaient rien fait à part la bloquer à Enies Loby.
- Tu penses vraiment qu'on pourrait rester ?
- Bah oui. Toute l'île a bien accepté Pinocchio, pourquoi pas vous ?
- Pinocchio ?
- Kaku si tu préfères, souffla Luna dans un sourire amusé.
- Pourquoi Pinocchio ?
- Il lui ressemble. Il est carré comme un pantin, et puis il nous a menti. De base, c'était pour ça qu'on l'appelait ainsi.
Elle se tourna légèrement pour regarder son amant endormi.
- Maintenant c'est un surnom comme un autre, sans trop de signification...
Elle se tourna ensuite de nouveau vers la blonde, reprenant le sujet initial de discussion.
- Après, vous faite comme vous voulez.
Elle se leva à ses mots, salua Kalifa et rentra chez elle. Les neuf heures sonnaient à l'horloge de la ville, tandis qu'elle avançait dans les rues qui s'animaient déjà. Kalifa resta immobile quelques instants, songeuse.
- Pinocchio… souffla Kaku.
Son amie sursauta et posa les yeux sur lui.
- Tu es réveillé ?
- Depuis un moment, oui… Tu veux rester à Water Seven ?
- Je ne sais pas encore…
- D'accord.
Le silence s'installa, les deux amis regardant chacun dans une direction opposée.
- Franchement… ça te va bien, Pinocchio.
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Icebarg détailla sa fille de la tête aux pieds, avant de mettre sa main sur son front.
- Et tu n'as pas de fièvre… C'est vraiment étrange !
Luna soupira avant de retirer la main de son père.
- Papa, si je te demande ça c'est pas parce que ça me fait plaisir, mais parce que ça m'arrange. J'ai pas le temps d'être au chantier, et à la comptabilité de la compagnie. De plus, Kalifa a été ta secrétaire, elle saura exactement quoi faire pour te satisfaire.
Icebarg se tut, se contentant d'observer sa fille. Il alla s'installer à son bureau sans un mot, avant de regarder à nouveau Luna.
- Ils veulent rester, pas vrai ?
- Oui. Autant les aider, comme ça ils ne traineront pas dans les pattes des gens.
- Hein hein… Soit. Si tu croises Kalifa, tu lui diras de venir me voir.
- Ok !
Sur ce, la jeune femme quitta le siège de la compagnie. Une fois dehors, elle observa le ciel se couvrir quelque peu.
- Encore un orage… C'est vraiment pourri l'automne.
Sans plus s'attarder à penser, elle alla au bord de la mer. Le grondement des vagues la berçaient, lui murmurant une histoire qu'elle ne connaissait pas. Elle ferma les yeux, et ne sentit pas le sommeil la gagner.
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- Marre, marre, marre, j'en ai marre !
Voilà ce que pensait le petit garçon qui courait vers la mer déchainée. Les gouttes de pluie sur sa peau étaient comme des lames, le blessant et le stimulant en même temps. La mer murmurait quelque chose, un avertissement que seule Luna put entendre. La jeune femme ouvrit les yeux avant de se redresser.
- Mince, je me suis endormie on dirait…
Elle se leva, se trouvant pile sur la trajectoire du gamin qui la percuta. Elle ne bougea pas, alors que lui tombait sur son postérieur.
- Aïe ! lâcha-t-il.
- Oh pardon !
Luna s'accroupit à la hauteur de l'enfant, visiblement sonné.
- Est-ce que ça va ?
Il secoua la tête, et se mit à sangloter. Surprise, Luna chercha immédiatement du regard l'endroit qui pouvait le blesser.
- Je veux mourir…
La jeune femme eut un hoquet de surprise, tandis que cette phrase faisait écho dans sa tête.
La pluie tambourinait sur les vitres. Un coup de tonnerre fit sursauter la fillette dont les larmes coulaient abondamment. D'ordinaire, sa mère serait venue la rassurer, mais elle n'était plus là.
- Je veux mourir…
Le garçon enfouit sa tête dans ses mains, et Luna eut un coup au cœur. Elle posa sa main dans le dos de l'enfant et le frotta doucement, sachant l'effet que ça pouvait avoir.
- Pourquoi tu ne veux pas vivre ? demanda-t-elle doucement.
- Ma maman n'est plus là… Et mon papa ne m'aime plus parce que c'est ma faute !
Il pleura de plus belle, devant Luna qui se sentait plus qu'impuissante. Cette année, l'Aqua Laguna avait emporté une femme. Ce que disait les journaux était loin de la vérité, cette femme avait cherché son enfant, ne l'avait pas trouvé, et s'était faite fauchée par la vague alors qu'elle était dans les escaliers nord.
Elle le regardait à travers l'entrebâillement de la porte, la lampe de son bureau comme unique source de lumière. Il dessinait encore. Il dessinait toujours, ou traitait différent document administratif, en tout cas il ne restait jamais sans rien faire. Il faisait tout, sauf s'occuper de sa fille qui l'observait avec quelques larmes. Il avait l'air si calme, comme s'il n'y avait rien. Mais elle savait qu'il ne voyait que l'assassin de sa femme, lorsqu'il la regardait.
- Luna, viens voir une seconde.
La jeune femme releva doucement la tête du petit garçon, dont le visage était rougis par les larmes et le froid.
- Je sais ce que tu ressens.
- Vraiment ?
- Eh oui… Quel âge as-tu ?
- Huit ans…
- Alors tu étais trop jeune pour pouvoir te souvenir de l'Aqua Laguna qui a emporté la femme du maire.
- Ma maman m'en a parlé un jour, pour que je reste près d'elle quand la vague venait !
La jeune femme esquissa un sourire.
- Elle a bien fait.
- Tu es la fille de monsieur le maire ? comprit enfin le garçon.
Luna hocha la tête.
- Moi aussi, j'ai cru que mon père ne m'aimait pas, qu'il me détestait parce que j'avais causé la mort de ma mère. Mais je me trompais…
Luna sursauta. Il l'avait repérée. Icebarg leva alors le nez de ses plans et regarda la petite forme qu'on distinguait à peine dans l'entrebâillement de sa porte.
- Allez, approche.
Elle sécha ses larmes d'un revers de manche, obéit et se plaça aux côtés de son père. Il lui montra ses plans, les détailla, répondait aux questions de sa fille. Ils se retrouvaient dans la charpenterie, chose qu'ils aimaient tous les deux.
- Papa ? Tu crois vraiment que c'est possible ?
- Rien n'est impossible quand on y croit...
La jeune femme esquissa un sourire, la main derrière la tête du garçon.
- Par moment, il me montrait qu'il m'aimait et que je me faisais des idées. Il avait souffert, et savait que c'était également mon cas. Il ne m'en voulait pas, pour lui ç'aurait été impossible de vivre si la vague avait pris ma mère et moi. Par chance j'avais été épargnée. Ton père doit être heureux de t'avoir, sinon il se serait laissé partir…
- Tu penses ?
Luna hocha la tête avec un sourire, puis se leva. Elle tendit sa main à l'enfant qui la prit, puis elle le leva.
- Allez, ton père doit s'inquiéter.
Luna raccompagna le petit garçon jusque chez lui. Arrivés, elle frappa à la porte. Un homme lui ouvrit, un Den Den Mushi sur le poignet.
- Une seconde monsieur l'agent ! dit-il avant de se retourner vers la rue.
- Bonsoir monsieur.
- Hiro ! Oh, mademoiselle Luna ! Il vous a importuné ? Oh, je…
La jeune femme fit taire l'homme en lui montrant sa paume et en baissant un peu la tête. Elle baissa la main puis adressa un sourire chaleureux au papa.
- Nous avons discuté, c'était très intéressant. Pour un enfant de son âge, il est bien en avance pour comprendre les choses. J'espère ne pas vous avoir inquiéter ? Je l'ai un peu retenu…
- Oh ne vous en faites pas ! Vous me l'avez ramené, je suis soulagé !
Il s'adressa ensuite au Den Den Mushi, assurant qu'il n'avait plus besoin des services des forces de l'ordre, car Luna lui avait ramené son fils. La jeune femme salua l'homme et son fils avant de partir. Elle s'arrêta sur la place principale, et regarda l'heure sur le cadrant du clocher.
- Déjà dix-sept heures ?! Mais j'ai dormis combien de temps ?! Attends… Je suis partie de chez Kaku vers neuf heures, ensuite j'ai quitté le siège à dix heures… Le temps de descendre à la crique, dix heures trente… J'ai dormi six heures et demies ?! Oh la la, mais quelle feignasse !
Elle secoua la tête, et décida de rentrer chez elle. La surprise fut grande lorsqu'elle trouva un intrus dans son salon, accompagné d'une forte odeur d'alcool. La jeune femme soupira, tandis que l'intrus lui tombait dessus, ivre, et désespéré.
- Elle m'a larguééé ! pleurait Pauly.
