Salut tout le monde !
Alors voilà, le nouveau chapitre ! La première partie est un OS (dont je me suis inspiré pour écrire la fin du chapitre précédent, apparemment ça vous a surpris que Pauly ne soit pas célibataire xD), la suite a été écrite dans les derniers jours :)
Encore merci pour vos lectures et reviews, sans vous je n'avancerais pas :) J'espère que le chapitre vous plaira !
Bonne lecture ;)
Ses cheveux étaient noués en un chignon confus, et ses yeux étaient perdus dans l'horizon. Elle attendait, tout simplement. Et pendant cette attente, elle se rappelait de tout. Elle était arrivée sur l'île pendant la mauvaise période, était restée dehors pendant l'Aqua Laguna. Elle ne savait pas ce que c'était, lui si. Il l'avait trouvé dehors, assommée par un volet mal protégé et qui avait fini par s'envoler. Il l'avait sorti de dessous, l'avait trouvé inconsciente et sans respiration. Il avait tout fait pour la ramener à elle, quitte à lui faire du bouche-à-bouche. Pouvait-on considérer ça comme un baiser ? Il aurait été le premier d'une longue série. Oui, car après l'avoir secourue il l'avait aidé à s'installer quelques temps, elle était restée. Elle qui voulait repartir, c'était raté. Ils avaient fait ami-ami, compagnons de beuverie qu'ils étaient. Et une nuit, ils étaient complètement saouls, plus que d'habitude et il lui avait dit deux mots, sept lettres, qui l'avaient fait craquer.
Je t'aime.
S'en était suivi une nuit que même l'alcool ne leur avait pas fait oublier. De cette nuit était née une véritable étincelle qui était devenue un brasier de sentiments. Il ne se passait plus un jour sans qu'ils se retrouvent, qu'ils passent la nuit ensemble. Elle avait besoin de lui et réciproquement. Elle se rappelait de chaque étreinte, si forte et rassurante. Elle sourit. Ses bras sculptés par le travail, ceux dans lesquels elle aimait se réfugier, et qui l'avaient si souvent soulevée du sol et serrée en lui procurant une sensation de sécurité. Elle se souvenait de chaque baiser, qu'elle ne craignait pas malgré sa légère barbe, au contraire elle aimait bien ce côté piquant. Non, décidément elle aimait tout chez lui.
- Il faut qu'on parle…
Bien sûr qu'elle avait entendu Pauly arriver derrière elle, elle savait qu'il l'aurait serré contre lui comme tous les soirs depuis des mois. Mais elle n'en n'avait pas envie ce soir-là.
- Que se passe-t-il ? demanda l'artisan, visiblement inquiet.
Elle soupira et se retourna vers lui. Ses yeux portaient toute la tristesse de Grand Line, et les regrets les plus profonds.
- Je repars.
Le cœur de Pauly fit un bond. Oui, il savait qu'il aurait dû s'y attendre, il s'y était préparé dès la première nuit qu'il avait passé avec elle. Il se souvenait encore du jour où il l'avait rencontré, pauvre petit être fragile que le vent avait plaqué au sol avec un volet. Il l'avait ramené à elle, l'avait aidé à s'installer, il était devenu son ami. Il savait que son travail était toute sa vie, et que rester presque un an était énorme pour elle. Il avait beau s'être préparé, la douleur lui cuisait la poitrine.
- Quand ?
- Dans la nuit.
Elle mentait. Elle prendrait le prochain train, mais elle ne voulait pas rendre les choses plus difficiles. Il la connaissait trop bien pour ne pas voir le mensonge dans ses yeux, mais il savait qu'elle voulait le préserver.
- Arrête de mentir.
- Quoi ? Même si je partais demain, qu'est-ce que tu voudrais faire ?
- Rester avec toi.
- Pour que tu en souffres davantage ? Arrête Pauly. On savait très bien comment ça finirait…
Elle détourna les yeux, où des larmes commençaient à affluer. Il se contentait de la regarder, le cœur serré. La douleur prenant toute place dans le cœur de la jeune femme, elle articula lentement, hachant ses mots qui étaient comme des coups de poignards pour Pauly.
- Je ne veux plus rester une seconde de plus avec toi.
Elle gardait les yeux tournés, et lui continuait de la regarder. Il ne pouvait pas la retenir, il le savait très bien. Il ne pouvait qu'accepter.
- Très bien.
Il tourna les talons, sa gorge se resserrant à chaque pas qui l'éloignait d'elle. Elle s'appuya contre un mur et pleura en silence, la douleur étant sa seule compagne.
Pauly rentra chez lui et ouvrit une bouteille de saké. Il en bu une gorgée et la regarda avant de souffler quelques mots, lasse.
- Toi tu me feras jamais souffrir…
L'artisan noya son chagrin dans l'alcool, tandis que la cartographe pleurait toutes les larmes de son corps, dans ce train qui l'éloignait du seul qu'elle avait aimé.
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Tous écoutaient attentivement la lecture que faisait Zambai. Un article du journal avait particulièrement retint l'attention des artisans, relatant un fait datant de deux jours plus tôt. Luna, calée contre le torse de Kaku, écoutait son compagnon.
- La jeune femme apaisa les inquiétudes de notre concitoyen en ramenant l'enfant à son domicile. Un sauvetage d'une tempête menaçante. Une fois de plus, mademoiselle Luna nous a montré son grand intérêt pour ses concitoyens.
- Tu parles d'une tempête, c'était à peine un orage ! grommela la concernée.
Kaku rigolait doucement, la tête posée sur celle de Luna. Elle n'aimait pas faire parler d'elle, sauf quand ça touchait au monde de la charpenterie navale. La jeune femme gonfla ses joues comme une enfant, ce qui fit rire Zambai qui connaissait bien cette tête de "ça me gonfle".
- Allez, on a du travail ! beugla Tilestone.
- Go !
Luna se retourna vers Kaku et lui sourit tendrement.
- On se retrouve à la pause de midi ?
- Bien sûr. T'as pas intérêt à peindre !
Elle rit légèrement, et Kaku sourit. Il l'embrassa rapidement, et ils allèrent chacun à leur travail. Luna travaillait sur la réparation d'un navire pirate arrivé récemment, donc la coque était éventrée. Pour de simples artisans, la réparation aurait duré des mois. Pour Galley-La, une quinzaine de jours suffirait amplement. Et enfin, la réparation touchait à sa fin. Après plusieurs heures de travail, la coque resplendissait. Les artisans laissèrent donc le navire et s'attelèrent à d'autres tâches. Luna alla voir Lulu qui découpait des pièces dans le bois, et elle l'aida afin d'augmenter la production.
- QUOI ?! hurla le capitaine pirate en voyant la facture.
- Vous ne vous attendiez quand même pas à un prix faible avec les dégâts ? interrogea faussement Zambai en relevant le menton.
Luna entendit les protestations des pirates, et abandonna Lulu pour rejoindre son compagnon de bêtise. Quelques pirates s'étonnèrent de la voir sur le chantier, puis ils se remirent à protester.
- Y a-t-il un problème messieurs ?
- Je veux voir le responsable des réparations !
- Vous l'avez devant vous, déclara Zambai en désignant Luna.
Le capitaine écarquilla les yeux puis se mit à rire, visiblement de meilleure humeur. Luna haussa un sourcil interrogateur, les mains sur les hanches, et attendit que le calme reprenne le capitaine.
- Une femme ! Ça ne m'étonne pas que le prix soit si élevé ! Ce sont toutes des voleuses ! dit-il, rieur.
- Désolée, mais je ne comprends pas où votre remarque misogyne veut nous mener.
Le pirate plaqua la facture sous le nez de Luna, qui restait de marbre, et se remit à protester.
- Le prix de la réparation est trop élevé, je refuse de payer !
- Vous avez de la chance qu'on ait pu réparer votre rafiot, avec une coque éventrée c'est dur de naviguer...
Elle baissa les yeux vers la lame reluisante du capitaine qui la menaçait.
- Joue pas au plus malin, miss.
- Je ne vois pas de quoi vous vous plaignez en fait. On a réparé votre bateau, c'est une vraie chance. Sans ça vous auriez dû investir dans un navire neuf, je n'ose même pas imaginer votre réaction face aux prix. Et arrêtez votre cirque, nous n'aimons pas la provocation à Galley-La...
Le tranchant froid du sabre s'appuya sur la base du cou de Luna qui ne laissait rien transparaitre.
- Ecoute, on va pas payer, et ça vous conviendra bien. A moins que vous ne vouliez qu'on vous montre de quoi nous sommes capables ?
La jeune femme soupira avant de reculer, et d'écarter la lame du bout des doigts.
- Je vous aurais prévenu.
Le capitaine fronça les sourcils, quand quatre de ses hommes tombèrent en criant, un couteau de charpenterie dans le bras ou l'épaule. Les pirates sortirent les armes, et une poutre les balaya. Luna leva la jambe en hâte, projetant son pied dans le menton du capitaine qui décolla. Il reçu ensuite un couteau de charpenterie qui le cloua au sol. La rouge se retourna et lança un sourire provocateur à Kaku qui faisait tourner l'une de ses armes et outils entre ses doigts.
- Ça t'amuses de provoquer des minables ? demanda le roux.
- Oh si tu savais !
Elle lui fit un clin d'œil lorsqu'il fut à ses côtés, alors que la poussière des combats montait.
- On a bien le droit de s'amuser de temps en temps. Celui qui en bat le plus obtient ce qu'il veut du perdant.
- Vendu.
- Prépares-toi au pire chéri !
Ils se séparèrent. Kaku récupérait ses couteaux au fil des combats, Luna logeait ses pieds ou ses jambes dans les côtes ou la tête de ses ennemis. Lorsqu'enfin, les pirates furent vaincus, les charpentiers firent le ménage et les dégagèrent. Luna compta ses "victimes" avant d'aller voir Kaku.
- Huit pour moi ! annonça-t-elle fièrement.
- Egalité alors, répondit Kaku avec un sourire.
La jeune femme fit la moue, mécontente.
- C'est pas drôle, j'avais plein d'idée de torture...
- Comme ?
- Te faire manger de la salade, comme la bonne girafe que tu es !
Les douze coups de midi retentirent, et Luna fila le plus vite possible avant que Kaku ne réagisse. C'était un sujet de plaisanterie que Jabura lui avait refilé, et elle adorait embêter son homme avec ça. Mais elle le savait, s'il trouvait une vengeance, elle serait terrible...
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La lumière du bureau était toujours allumée, bien que plus personne ne travaille. Icebarg s'était endormi sur ses plans, les cernes bien visibles sous ses yeux clos. La double porte s'ouvrit de moitié et laissa un coup de vent entrer dans la pièce. Le maire frissonna, les feuilles volèrent légèrement. La lumière s'éteignit, l'interrupteur ouvert. Luna, qui était restée tard sur le chantier, passa pour dire au revoir à son père. Lorsqu'elle entra, elle distingua clairement une silhouette qui se reflétait dans les carreaux de la fenêtre. Grande, et postée près d'Icebarg, cela ressemblait à un humain avec une auréole rouge tout autour de la tête. Bien vite, la jeune femme se convainquit que ce n'était que son reflet, flouté à cause de la distance entre la fenêtre et la porte. Elle prit place aux côtés de son père, et tira doucement les papiers. Les plans semblaient à moitié terminés.
- Patience, je suis certaine que tu atteindras ton objectif papa...
Elle reposa les plans après les avoir longuement détaillés, puis elle prit une couverture dans l'un des placards qui composaient le bureau d'Icebarg. Une fois la couverture en main, elle se retourna vers son père qui soupira dans son sommeil.
La lumière d'un éclair illumina le bureau. Icebarg ne tressaillit pas une seconde lorsque le tonnerre tomba. Luna, elle, sursauta et se cacha sous sa table. Etonné, son père alla la trouver.
- Tu as encore peur de l'orage ?
Bien sûr, elle avait toujours eu peur de l'orage. Davantage depuis la dernière Aqua Laguna qui avait emporté sa mère qui l'avait toujours apaisée. Icebarg soupira, et regarda le travail théorique de sa fille.
- Tu en as assez fait pour ce soir. Va te reposer.
- Je peux rester avec toi ?
Il n'y avait qu'une petite tête qui sortait de dessous la table. Elle était terrifiée, et ne savait pas comment se calmer.
- Si tu veux, installe-toi dans le sofa, tu seras mieux que sur ta chaise.
L'adolescente acquiesça et se posa dans le grand sofa. Icebarg se remit au travail, ne prêtant aucune attention à la météo perturbante. La fenêtre s'ouvrit soudainement, laissant gouttes de pluie et vent s'engouffrer dans le bureau. Luna cria en sursautant, et son père s'empressa de refermer la fenêtre, non sans peine. Lorsqu'il se retourna, sa fille avait disparu de son champ de vision. Il s'approcha de son bureau, où nombreux étaient les papiers absents. C'est à ce moment-là que Luna se releva, une pile de fiches dans les mains qu'elle déposa sur le bureau.
- Merci princesse...
- Avec tout le travail que tu me donnes j'ai l'impression d'être Cendrillon !
- Mais Cendrillon est une princesse.
L'adolescente se tut avant de marmonner en boudant, ce qui fit rire son père. Lorsqu'il remarqua ses tremblements, il se dirigea vers l'unique placard qui se trouvait dans le bureau et en sortit une couverture qu'il posa sur les épaules de sa fille.
- Allez, maintenant repose-toi...
En revoyant ces images venant de son passé, Luna sourit doucement. Elle alla poser la couverture sur son père, prenant soin de ne pas le réveiller, puis l'embrassa doucement sur la joue.
- Bonne nuit papa... murmura-t-elle.
La rouge quitta le bureau, et se dirigea vers l'entrée du bâtiment. Une fois la porte franchie, Luna s'arrêta pour profiter du vent frais de la nuit. Elle se mit soudainement à courir, à grimper sur les toits, à filer vers la mer. En quelques minutes, elle fut arrivée devant l'immensité bleue. Un murmure semblait s'adresser à elle. Elle sourit, et s'allongea sur le ventre, la tête au-dessus de l'eau. Elle laissa ses doigts vagabonder à la surface de l'eau, le sourire toujours pendu à ses lèvres. Un murmure passa à travers ses lèvres, tandis qu'elle partait dans ses songes.
- Dis-moi, maman...
