- T'es sûr de vouloir le faire ?

- Ouais, j'ai rien à perdre.

Jabura avala sa bouteille d'eau, sans prêter attention à Kaku qui le fixait. Kumadori savait enfin ce qu'il voulait faire, et pour ça il quittait Water Seven. L'homme-loup s'était décidé à se joindre à lui, espérant qu'il trouverait sa place quelque part, en faisant le tour du monde.

- C'est bête, mais... Tu vas me manquer, sale cabot.

- Pas toi, espèce de girafe herbivore.

- Pour la dernière fois, je préfère la viande !

Jabura esquissa un sourire, avant de poser ses yeux sur son cadet. Cet espèce de pantin, qu'il avait souvent vu comme un rival, l'avait aidé et hébergé pendant tout ce temps. Presque sept mois quand même ! Il se demandait quand même si cette tête rousse n'allait pas lui manquer... Non, bien sûr que non !... Ou si ? Après tout, ils avaient traversé pas mal d'épreuves, tous ensembles, et même Jabura s'était rapproché du plus jeune. Le Puffing Ice siffla, annonçant son départ imminent. Kumadori discutait avec Luna, un peu plus loin, et il monta après avoir fait signe à Jabura de le rejoindre. Le brun regarda Kaku, puis observa Luna approcher. Au final, il s'entendait bien avec elle, surtout pour les blagues et les sales coups, ils s'accordaient bien sur ce sujet. Mais derrière cette facette de rigolade et de plaisanterie, Jabura avait bien sentit ce qu'elle avait traversé. Rien de trop compliqué, il avait simplement sentit le deuil qu'elle avait eu du mal à faire, et la trahison qu'elle avait mal digérer. Elle avait été brisée et anéantie, mais elle s'était refaite seule. Malgré tous ses efforts, elle n'en restait pas moins fragile, et c'est ça que le loup avait sentit. Il regarda Kaku et plongea son regard dans le sien, avant de dire le plus sérieusement du monde :

- Prends soin d'elle.

Kaku hocha la tête, et regarda son ami s'éloigner. Il croisa Luna qui lui tapa dans la main.

- Tu feras chier Pinocchio pour moi, ok miss ?

- Mais oui, t'inquiète mon loup. Bon voyage, et n'oubliez pas de donner des nouvelles, hein ?

- Promis Ketchup.

Elle sourit, et il embarqua. Le train se mit en marche, et les deux amants l'observèrent s'éloigner. Kaku avait le cœur serré de se retrouver à nouveau séparé de ses amis, sa famille, mais il savait qu'au moins ils seraient heureux. Les derniers étaient partis, il ne pouvait être que content pour eux. Une espèce de vide se faisant en lui, comme si la solitude creusait sa poitrine. Luna posa sa tête sur son épaule, et il entrelaça ses doigts avec les siens. Il sentit soudain le creux se refermer, au rythme du souffle de Luna qu'il sentait sur sa peau.

Non, il n'était pas seul. Elle était là.