Rituel et adoption, chapitre 4

Après une bonne nuit de sommeil, les quatre mages payèrent leur chambre, puis repartirent afin de trouver de quoi construire leur école. Alors qu'ils se promenaient dans les rues de Londres, ils arrivèrent à une grande foire et là, Rowena tomba en extase devant le travail d'un tailleur de pierre. L'homme d'une vingtaine d'année montrait son travail et celui de ses ouvriers. Rowena se tourna vers ses trois amis et leur dit :

-Regardez ce que cet homme fait, c'est vraiment magnifique.

Les trois autres mages regardèrent les pierres taillées, puis Godric dit :

-C'est vrai, c'est magnifique. Je ne pensais pas qu'il était possible d'avoir des pierres aussi droites, aussi rectilignes aussi parfaites. Salazar, je veux ces pierres. Elles seraient parfaites pour concevoir l'école d'Ara.

Salazar regarda avec attention les pierres faisant trembler les moldus, car son pouvoir était perceptible. Salazar toucha les pierres, puis dit :

-Le lion a raison. Votre œuvre est digne de notre but. Elles seront parfaites je sens le fluide de la Magie circuler dans les pierres. Vous avez un don, offert par la magie.

Le moldu le regarda avec curiosité et demanda :

-Qu'êtes-vous ?

-Nous sommes des mages. Ce que je voulais dire, c'est que Dieu vous a donné un don.

Le moldu eut un grand sourire et dit :

-Ce que vous me dites me fait plaisir. Alors c'est vrai que Dieu vous l'appelez Magie ?

-Oui. Pour nous Mages, la Magie est créatrice de toute vie. Mais si pour nous elle est femme, pour vous elle est homme.

-Oui, c'est vrai. Que puis-je faire pour vous, Mages ?

-Nous voudrions construire une école pour Mages et il nous faut des pierres aussi parfaites que les vôtres.

-C'est un honneur que vous nous faites. Mais pourquoi ne pas utiliser la magie ?

-Parce que la Magie est un don et parce que vous faites des choses que les mages et les sorciers sont incapables de faire. Nous manipulons le pouvoir soit, mais nous ne pouvons tailler des pierres avec autant de dextérité que vous. Oh ! Cela me fait penser que nous aurions besoin aussi de sculpteur pour les statues et les gargouilles.

-ça doit être possible. Mais où se trouverait le chantier ?

-Dans les hautes plaines de Calédonie, répondit Rowena.

Là, le moldu eut l'air beaucoup moins enthousiaste.

-Mais, c'est le territoire des pictes. Ce sont des démons, personne ne voudra aller là-bas.

-Alors comment faire ? songea Rowena.

-C'est pourtant d'une simplicité enfantine, rétorqua Godric.

-Ah oui ?

-Bien sûr, les tailleurs de pierres travailleront ici et par la grâce de notre mère la Magie, les pierres et les statues terminées apparaitront à Ara.

-C'est une excellente idée, s'exclamèrent les trois autres mages.

-Bien, nous allons pouvoir discuter de la taille du bâtiment que vous voulez construire, dit le moldu.

-J'ai mieux.

-Ah oui ?

-Oui, les plans, dit Helga avec un doux sourire.

Salazar montra les plans et l'homme bava sans aucun sur les plans magnifiques. Chaque plan montrait un étage différent, il y en avait plus de quatorze en comptant les différents sous-sols, une pièce à part et les tours. Cela allait être un travail incroyablement dur, mais avec la Magie cela allait être possible. Le moldu regarda les mages et leur dit :

-C'est d'accord.

-Merci.

Salazar sortit une bourse et dit :

-Voici deux cent livres, cela permettra d'engager les ouvriers dont vous aurez besoin et les pierres nécessaires à la construction.

-Je vais commencer immédiatement, il y a de nombreux ouvriers qui aimeraient travailler sur un tel ouvrage. Oh ! Comment puis-je garder contact avec vous ?

Le moldu sursauta quand il entendit la voix du mage lui dire dans sa tête :

-« Maintenant, nous allons pouvoir discuter sans être l'un en face de l'autre. »

-C'est une excellente idée. Merci. Je vous contacterai quand les pierres seront prêtes.

-Merci, maître tailleur, lui dit Salazar avec un grand sourire.

Les quatre mages saluèrent le tailleur puis reprirent leur marche dans la rue sans voir que les moldus les regardaient avec respect et admiration. Cependant alors qu'ils allaient quitter la rue, ils découvrirent face à eux une dizaine de sorciers qui les observaient avec haine et dégoût surtout quand leurs regards tombèrent sur les bâtons des mages, preuve de leur pouvoir et de leur appartenance à la caste des mages. Salazar souleva un sourcil et demanda avec mépris tandis que les moldus s'écartaient rapidement des deux groupes sentant qu'il risquait d'y avoir du grabuge :

-Que voulez-vous, sorciers ?

Les moldus discutèrent entre eux et certains apprécièrent le mépris dans la voix du mage.

-Nous sommes des mages comme vous, s'indigna l'un des sorciers imbus de lui-même et intolérant.

-Vous, des mages ? répéta un moldu interloqué.

Salazar s'esclaffa bruyamment et lança :

-Vous, des mages ? Vous n'avez aucun respect envers la Magie et la nature. Pour vous, tous ceux qui sont différents de vous ne méritent que votre mépris et votre haine. Vous les traitez comme des inférieurs alors qu'ils sont cent fois plus puissants que vous. Vous êtes pathétiques et méprisables.

Rowena tout à fait d'accord avec son meilleur ami leur dit :

-Si vous ne changez pas, vous serez détruits par un mage rendu noir par votre folie.

-Nous n'avons que faire des paroles d'une donzelle, cracha l'un des sorciers méprisant qui lança en la regardant avec haine : Nous sommes des mages plus puissants que vous autres pouilleux.

-Alors si vous êtes des mages, vous pouvez supporter la puissance des mages, susurra Godric avec un sourire satanique.

-Aucun problème, renifla froidement le sorcier.

Les quatre mages se regardèrent, pointèrent leurs bâtons vers les sorciers et lancèrent des experlliarmus informulés. Les sorciers sentirent une poussée terrible les projeter dans la tamise, cent mètres plus bas devant des moldus hilares qui n'avaient jamais vu de sorciers volant. L'un d'entre eux s'esclaffa :

-Tudieu, jo gaimante issi d'estre appressé. Des advineors facer losturgnes, jo avois ja esgardé iceo.

Alors que la foule se rapprocha, tous virent les sorciers sortir de l'eau boueuse. Les sorciers voyant les moldus rire de leur déconvenue, sortirent leur baguette et lancèrent des sorts vers les passants, cependant les rayons lumineux s'arrêtèrent à quelques centimètres des moldus puis firent demi-tour et frappèrent les sorciers avec une violence terrible. Godric qui avait bloqué les sorts siffla fou de rage :

-Vous êtes méprisables. Vous attaquez des gens qui ne peuvent se défendre face à la magie. C'est… C'est… il n'y a pas de mot pour vous nommer. Vous êtes des monstres. Rowena, Helga, Salazar. Ils doivent être punis et faire que tous les sorciers sachent ce qu'il se passe quand on s'attaque à des gens sans défense.

Les trois mages se regardèrent, puis en même temps répondirent :

-Tu as tout à fait raison. Nous sommes d'accord.

La puissance que dégageaient les quatre mages était telle que même les moldus la ressentaient. Si les quatre mages étaient unis face aux sorciers, ce fut le doux Godric qui lança le rituel. Il lança un regard terrible vers les sorciers puis s'écria en levant les bras vers le ciel comme une supplique :

-Je t'appelle Ô Phénix maître du temps et gardien des Portes du Royaume du Sud ! Je t'appelle Ô Dragon maître de la sagesse et gardien des Portes du Royaume de l'Est ! Je t'appelle Ô Licorne maîtresse de la générosité et gardienne des Portes du Royaume du Nord ! Je t'appelle Ô Griffon maître du courage et gardien des Portes du Royaume de l'Ouest !

Tous observaient le mage se demandant ce qui allait se passer, mais rien n'arriva. Cependant, Godric avait toujours les bras levés vers le ciel. Les sorciers regardèrent avec mépris les mages et se moquèrent d'eux.

-Et ça se fait appeler Mages !

-Vous êtes vraiment pitoyables ! lança Salazar en les regardant avec condescendance.

Godric ferma un instant les yeux, puis commença la deuxième partie du rituel :

-Ô esprit millénaire, Ô esprit du temps, Ô esprit de sagesse, Ô esprit de générosité, Ô esprit de courage ! Je vous dis, je vous demande, je vous conjure, je vous supplie ! Lisez, écoutez, sentez, parlez ! Réfléchissez, observez, délibérez, jugez ! Condamnez !

Dans un silence assourdissant, une bourrasque d'une violence inouïe se leva brusquement et n'importuna que les sorciers. Une voix calme s'exclama :

-Tu as dis ? J'ai lu et j'ai réfléchi !

Une voix sage lança :

-Tu as demandé ? J'ai écouté, j'ai observé !

Une voix douce continua :

-Tu as conjuré ? J'ai senti et j'ai délibéré !

Une voix chaude reprit :

-Tu as supplié ? J'ai parlé et j'ai jugé !

Les quatre voix conclurent :

-Nous condamnons ! Malheur éternel sur les maudits ! Quand mille ans seront passés, d'un combat de titan créera un nouveau monde où les anciennes pratiques seront remises à jours et humains enfin grandiront.

Les sorciers étaient fous de rage. Ils allaient s'insurger quand les voix reprirent :

-Vous, êtres maudits ! Vous êtes condamnés à voir votre pouvoir disparaître ! Seul le sacrifice ultime pour une noble cause ou pour servir la Magie pourra briser ce cercle maudit. Tel est notre jugement. Quant à vous maudits ! Soyez soumis au jugement implacable du feu par des mains innocentes.

Les sorciers allaient parler quand un petit garçon descendit la grand' rue avec un tonnelet rempli d'huile de bœuf. L'enfant trébucha soudainement et le tonnelet tomba sur le sol. Sous l'impact, le tonnelet explosa et l'huile éclaboussa les sorciers. Alors que ces derniers allaient hurler de rage, un éclair survint de nulle part et toucha l'huile qui s'enflamma avec violence, immolant les sorciers. Leurs hurlements d'agonie résonnèrent dans tout le quartier faisant grimacer tous ceux qui étaient présents, puis au bout de quelques minutes, il n'y eut plus un bruit. Tout ce qu'il restait des sorciers était une noire fumée intense, mais rapidement un coup de vent chassa la fumée dévoilant un trésor. En effet, il y avait un enfant d'à peine quatre ans aussi roux qu'un renard qui tenait un petit chat dans ses bras. Tous l'observaient avec stupeur, le feu ne lui avait rien fait, preuve qu'il n'était pas un sorcier ou alors qu'il était totalement innocent. Le petit garçon tremblait de peur, ses parents venaient de s'éteindre. Rowena s'approcha de l'enfant et lui demanda gentiment :

-Bonjour mon enfant. Comment t'appelles-tu ?

-Je… Je m'appelle monstruosité. C'est comme cela que mon papa et ma maman m'appelait.

Les mages et les moldus étaient horrifiés par ce que venait de dire l'enfant. Salazar s'agenouilla devant lui et lui dit :

-Ce n'est pas un beau nom pour un beau petit garçon. Cela te dirait d'avoir un papa et une maman qui t'aimeraient ?

-C'est quoi aimeraient ? demanda l'enfant.

-C'est le plus beau des sentiments, murmura Helga avec douceur.

-Alors la petite voix avait raison ? Mon papa et ma maman étaient pas gentils ?

-Oui, ils étaient très méchants. De plus, la voix que tu as entendue ne ment jamais. Elle est notre mère à tous. Si les humains sans pouvoir magique l'appellent Dieu, nous l'appelons Magie, murmura Salazar. Il répétait toujours cela afin que les moldus se rendent compte que les mages avaient les mêmes croyances qu'eux.

Les moldus présents comprirent que les sorciers étaient des hérétiques qu'ils devaient être hors d'état de nuire. Mais pour l'instant, il y avait le cas de l'enfant. Il était un futur mage. Un couple d'aubergistes aurait bien voulu l'adopter, mais comment élever un mage :

-Avec amour, répondit Godric.

Le couple sursauta violemment en se rendant compte que grâce à la Magie, les mages pouvaient écouter leurs pensées. Helga leur dit avec un doux sourire :

-La magie vous a choisis afin de l'élever au mieux.

L'homme et la femme qui ne pouvaient avoir d'enfant se jetèrent sur l'enfant et le serrèrent contre eux. Le petit garçon sentit une chaleur intense et bénéfique l'entourer et le réconforter. Il aimait cela et son chaton aussi. La femme embrassa le petit garçon de même que l'homme. Quand les deux adultes le relâchèrent, la magie avait fait son œuvre. De roux, l'enfant était devenu blond comme les blés. Salazar demanda à l'homme :

-Comment vous nommez-vous ?

-Je me nomme Godfrit Malefoy, j'ai fait partie de l'armée d'Olaf Trygvasson. Et quand l'armée saxonne a perdu à la bataille de Maldon, j'ai décidé de m'installer ici. J'ai rencontré ma douce Yseult et je l'ai épousée. Malheureusement, depuis la bataille, je ne peux plus faire d'enfant à mon épouse, mais je peux l'honorer. Ce sera pour nous l'enfant que nous ne pourrons jamais avoir. En tant que père, je souhaite lui donner un nom digne, mon fils s'appellera dorénavant Edmond.

-C'est un nom magnifique, murmura Helga.

-Pourquoi m'avez-vous demandé mon prénom ? demanda Godfrit à Salazar.

-Parce que vous ressemblez à un homme que j'avais connu il y a quelques années.

-Oh ! D'accord. Il se fait tard, notre fils doit aller se coucher, murmura Godfrit.

-Tu viens mon poussin ? murmura doucement Yseult en tendant la main vers son nouveau fils.

L'enfant attrapa la main de sa mère et suivit ses nouveaux parents vers sa nouvelle maison, une auberge, « le relais de la Licorne ». Les quatre mages étaient heureux pour l'enfant, il allait avoir une belle vie maintenant. Les moldus se mirent à prier Dieu, le remerciant pour ce miracle et pour avoir envoyé des mages les sauver des suppôts de Satan, ces sales sorciers.

A suivre