Hello tout le monde !
Nous revoici, nouveau chapitre en main ! Hihi, je vous remercie encore pour vos reviews et vos lectures, ça fait toujours plaisir :)
J'espère que la suite va vous plaire :D
Bonne lecture !
Le vent portait le sifflement du Puffing Ice, annonçant l'entrée en gare. Ou bien était-ce le départ ? Luna ferma les yeux. Accoudée au rebord de sa fenêtre, elle laissait l'air salé emplir ses poumons. Le jour déclinait, laissant une ligne dorée séparée le ciel et la mer. La charpentière ouvrit ses yeux sombres, pleins de mélancolie et de craintes. Ça faisait déjà plusieurs mois que Kaku était parti. Ça faisait bien trop longtemps pour Luna, qui ne supportait plus l'attente. Elle avait l'impression d'avoir les yeux bandés, et son cœur qui cognait si fort dans sa poitrine lorsqu'elle y pensait était tout simplement insupportable. Elle serra les poings, avant de se redresser en un instant et de quitter l'appartement en vitesse. Elle avait l'impression d'étouffer, qu'un poids était en train de lui écraser la poitrine. Elle devait partir, vite. En moins de temps qu'il n'en faut pour l'écrire, elle avait rejoint la mer et partait avec l'Aqua Twelve. Lorsqu'elle ne vit plus les côtes de Water Seven elle arrêta le striker et hurla. Un « ah », prolongé, mais c'était l'unique son qui lui sortait de la bouche. Elle cria, encore et encore, jusqu'à ce que le poids disparaisse de sa cage thoracique. Elle tomba alors à genoux, se sentant mieux mais aussi fatiguée, lasse. Très fatiguée. Allez savoir pourquoi (et surtout comment) ce hurlement l'avait tant épuisée. Elle se laissa tomber complètement sur le sol du striker, et sa main tomba dans l'eau.
- Pourquoi… Pourquoi je suis si faible ! Qu'est-ce qui m'arrive, bon sang !
Elle serra les poings, et se força à se relever. Mais elle ne se sentait pas bien, vraiment pas. Peut-être était-ce ses nuits sans sommeil, passées à cauchemarder, qui l'épuisaient avec le travail ? Elle ne savait pas ce que c'était, mais elle savait qu'elle serait plus en sécurité si elle s'évanouissait chez elle qu'en pleine mer. Elle reprit les commandes, et mit cap sur l'île.
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Elle avançait, mains dans les poches, et tête inclinée. Elle ne regardait pas plus loin que le bout de son nez. Elle avait la sensation qu'elle regardait à travers les yeux de quelqu'un d'autre, qu'elle était uniquement spectatrice de ses propres actions. Il n'y avait que la fatigue pour créer un tel sentiment.
- J'ai trouvé…
Alors qu'elle arrivait à quelques mètres de chez elle, Luna remarqua la silhouette qui s'avançait vers elle. Elle releva la tête, et s'arrêta sous l'effet de surprise. Il était là. Kaku, qui allait s'arrêter pour frapper à la porte du studio, regarda Luna et pressa le pas pour la rejoindre. La réaction de Luna fut immédiate : coup de poing dans l'épaule. Vous deviez bien vous douter qu'elle allait s'énerver. Non ?!
- Abruti de Pinocchio ! rugit-elle. Non mais ça va pas dans ta cervelle de pantin, hein, me faire croire que mon père est mort, et disparaitre ensuite ! Et sans donner AUCUNE nouvelles en plus ! Mais t'es vraiment malade ! T'imagine notre inquiétude, à Galley-La et moi ?! Espèce de crétin irréfléchi ! Pourquoi t'as pas donné signe de vie, hein ! T'as pas d'excuses, je m'en fous de Lucci, c'était la moindre des choses à faire !
Kaku laissait la tempête passer, tenant les poignets de Luna pour éviter qu'elle ne le frappe encore. Elle avait beau être maigrichonne et plus petite que lui, elle faisait mal quand elle le voulait. Elle continua de crier après Kaku, lorsqu'elle eut un coup au cœur, mais un bon coup au cœur. Dans le sens positif. Maintenant que son inquiétude la quittait, par les cris et par de discrètes larmes, elle pouvait enfin laisser Kaku en paix. Elle sentit ses forces la laisser, encore une fois, et elle s'appuya contre le roux qui la serra. Oh oui, elle l'aurait bien engueulé encore un peu, mais elle n'en n'avait pas l'envie, ni la force. Elle était juste heureuse de le voir, vivant et en forme.
- Je n'ai pas pu, il me surveillait en permanence. Ensuite, j'ai juste pensé à rentrer au plus vite. Pardon de t'avoir fait peur…
Luna esquissa un sourire, et s'accrocha à Kaku. Il était là, c'était tout ce qui comptait. Elle fut aveuglée par un flash de lumière blanche, qui la força à fermer les yeux. C'était persistant, mais elle sentait que quelque chose manquait. Elle se força à ouvrir les yeux, et découvrit qu'elle était seule.
Dans sa chambre. Elle s'assit dans le lit, tout en portant une main à son front en gémissant. Elle regarde autour d'elle, comme si elle ne connaissait pas l'endroit et se leva lentement. Son réveil étant hors-service depuis son dernier vol plané, elle devait aller dans la cuisine pour regarder l'horloge murale qui fonctionnait.
- Huit heures… Quel jour on est ?
Elle alla à sa porte, trouva le journal et regarda la date. Dimanche. Elle soupira, satisfaite, et reposa le tas de papier dans la cuisine avant de se diriger à nouveau vers sa chambre.
- Est-ce que j'ai rêvé toute la soirée d'hier, ou alors je suis bel et bien sortie en mer ?
Elle enleva son t-shirt et le renifla. Non, il n'avait pas cette forte odeur salée que ses collègues vêtements avaient au retour d'une virée en pleine mer. Luna se recoucha toutefois, le sourire aux lèvres.
- Crier m'a fait du bien. Je devrais faire ça plus souvent, même si ce n'est qu'en rêve !
Elle tira la couverture par-dessus sa tête, et étira machinalement son bras vers l'autre bout du lit. Vide. Il n'y avait qu'un grand vide à côté d'elle. Comme dans son cœur. Elle soupira, avant de métamorphoser ses émotions. La tristesse devint pur agacement.
- Putain, mais rentre Pinocchio !
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Elle allait le massacrer, il le savait très bien. Faire croire qu'il avait assassiné Icebarg, puis disparaitre pendant presque quatre mois sans donner AUCUNE nouvelle, ça faisait beaucoup. Beaucoup trop pour que Kaku survive à la fureur d'une certaine rouge qui s'inquiétait. Le train des mers roulait à toute allure, fendant les flots de l'océan. Et l'esprit de Kaku se posait plus d'un milliard de questions. Il était parti quatre mois, sans nouvelles, rien. Est-ce qu'il allait pouvoir reprendre sa vie comme si de rien n'était ? Ah, si Lucci n'avait pas été là, ç'aurait été bien plus facile ! Il soupira, avant de reporter son regard vers le grand bleu. Point positif, il serait bientôt à Water Seven, plus ou moins « récompensé » de son départ forcé et de ses machinations. Mais quel en serait le prix ?
Le boitier enclenché passa sous les yeux de Kaku dans un flash. Il n'avait pas à s'en faire, il n'aurait plus à s'en faire. Lucci, d'une simple pression, avait tué la jeune femme aux cheveux de sang. La principale raison de son retour à la métropole était de s'excuser pour ça auprès de tous, avant de reprendre une vie normale. Il avait cherché à protéger Luna, et il avait échoué. Il s'en voudrait longtemps, si ce n'était pas toute sa vie.
Après plusieurs heures de voyage, le train des mers s'arrêta à Blue Station. Kaku descendit à quai, et se dirigea vers l'île aux constructions. Lorsqu'il arriva sur le dock 1, tout le monde était en pause midi. Bien sûr, Luna n'était pas là. Pauly remarqua la silhouette du roux, et se leva d'un bond pour le rejoindre. Son départ précipité attira l'attention de ses collègues qui le suivirent en voyant Kaku, et ils l'accueillirent à bras ouverts, contents de le voir.
- J'en connais une qui va te massacrer ! plaisanta Zambai.
Le roux fronça légèrement les sourcils, confus.
- Bah quoi ? Tu ne croyais pas que Luna allait oublier tes petites machinations ?
- Viens, dit Pauly. Je t'accompagne, on pourra peut-être éviter le meurtre ! rit-il.
Les deux amis se mirent donc en marche vers l'atelier de peinture et sculpture, où la rouge travaillait. Elle n'avait pas fait attention à l'agitation dehors, trop concentrée à définir les lignes et les détails de la figure de proue sur laquelle elle bossait.
- Lucci a activé le dispositif d'assassinat à distance, pourtant... souffla le roux à son collègue.
- Le truc qu'elle avait dans le cou ? T'inquiète, elle l'a retiré. C'est pour ça qu'elle est toujours là.
Une fois devant la porte, Pauly laissa Kaku entrer et il l'attendit, appuyé contre un mur. L'ombre se détachant du cadre de lumière qu'était la porte ouverte attira l'attention de Luna, qui n'eut pas besoin de se retourner pour savoir qui était l'intrus qui pénétrait dans son sanctuaire.
- Tu vois ce que je tiens ?
Kaku hésita avant de répondre.
- Un cutter ?
- C'est ça. Et tu sais ce que je fais avec ?
Elle ne laissa pas le temps de répondre au roux, qui sentit la lame siffler près de son oreille avant de se planter dans les gonds de la porte. Saisi, Kaku ne pu réagir de suite. Il observa Luna se retourner d'un coup, la rage dans les yeux.
- Mais à quoi tu pensais !
Elle alla le prendre au col, le plaquant contre le mur comme elle le pouvait.
- T'as quoi dans la tête pour faire ce genre de coup ? J'ai vraiment cru que mon père était mort, et que tu m'avais encore trahi ! Si mon père ne m'avait pas expliqué ce qu'il s'était passé cette nuit-là, crois-moi mon cutter se serait logé entre tes deux yeux !
Elle continuait de resserrer sa prise sur le tissu, tandis que Kaku la regardait. La ligne blanche à son cou était très prononcée, il se doutait quelle était sa provenance, avec ce que lui avait dit Pauly.
- Pourquoi tu n'as pas donné de nouvelle ! Même pas un p'tit signe de vie, rien de rien, et maintenant tu te pointes comme une fleur ! Non mais vraiment tu fais chier, à disparaitre à chaque fois que ce con de Lucci ramène son postérieur !
Kaku nota alors les tremblements de sa compagne, dont les yeux commençaient à s'embuer.
- Pourquoi tu ne te contentes pas de le duper ou je ne sais quoi, et rester ici ?!
- Si j'avais pu, je l'aurais fais. Mais Lucci était trop dangereux pour se contenter de le tromper et disparaitre de sa ligne de mire...
- Était ?
Luna relâcha sa prise, et laissa glisser ses doigts jusqu'à ce qu'ils reviennent le long de son corps, reculant un peu comme la rage qui la quittait. Elle regardait Kaku, qui la regardait également. Perdue dans ses pensées qui se bousculaient dans sa tête, elle revint bien vite à elle quand elle sentit une caresse le long de la cicatrice blanche qu'elle avait au cou. Elle tourna les yeux vers sa cicatrice puis Kaku. Il semblait la détailler, la parcourant du bout des doigts. Une boule se forma dans sa gorge, mais il ne voulait rien laisser passer. Il se contenta de murmurer quelques mots.
- Je pensais qu'il t'avait eu...
Luna écarquilla légèrement les yeux. Elle se souvenait encore du jour où elle avait retiré la capsule de son cou, et qu'elle s'était ensuite ouverte et vidée dans la plante qu'elle avait près d'elle. Ce jour-là, Kaku avait cru qu'il ne reverrait jamais Luna à cause de Lucci. Tous ses efforts auraient été vains, ses machinations pour la sauver de l'homme-léopard également. Il était parti à contrecœur, uniquement pour protéger Luna et la ville de ce psychopathe qui, autrefois, avait été son ami. Il avait tout fait pour s'en débarrasser, et au final tout ça aurait été inutile si le brun était parvenu à ses fins. La douleur de Kaku avait atteint son paroxysme ce jour-là.
Et Luna, aussi vite qu'elle le pouvait, comprit tout cela. Lorsque Kaku tourna son regard vers elle, elle le serra contre elle. Des larmes perlèrent au coin de ses yeux, car pour une fois elle ne transformait pas ses émotions en une autre. Elle laissait son soulagement et sa joie se manifester au travers des larmes, tandis que Kaku la serrait également. Il était heureux d'être rentré, de retrouver sa vie et ses amis. Il était heureux de pouvoir serrer sa compagne contre lui, de sentir la douceur de sa chevelure et son souffle chaud dans son cou. Il n'aurait pas pu imaginer être mieux qu'à cet instant.
La jeune femme ne le lâchait pas, se sentant trop bien pour bouger. Elle était rassurée, se sentait en sécurité. Enfin, il rentrait, et il était avec elle. Elle l'avait attendu pendant quatre mois, espérant et attendant son retour, et enfin sa patience était payante. Pour l'un et l'autre, partager cette étreinte était ce qu'il y avait de mieux.
- Kaku...
Se calmant rapidement, Luna se recula un peu pour le regarder dans les yeux. Elle avait une main dans la nuque de son homme, l'autre sur sa joue. L'air sérieux qu'elle avait était plus que troublant, elle qui gardait toujours un fond de malice au fond de son regard.
- La prochaine menace, on la combattra ensemble.
Kaku esquissa un sourire, avant de chercher les lèvres de Luna qu'il trouva assez rapidement. Toutes leurs émotions, ils se les communiquaient ainsi, ce qui rendait leur baiser encore plus uniques, bien que chacun le soit. Mais là... C'était la meilleure des récompenses. La jeune femme sourit, mettant ainsi fin à cet échange amoureux, et planta son regard dans celui de Kaku. Elle se sentait tellement bien, ces semaines d'attente et d'angoisse lui avaient fait prendre conscience de la force des ses sentiments, leur réelle force, et il était temps qu'elle se traduise par quelques mots que la peur lui avait interdit de dire.
- Je t'aime.
Le cœur de Kaku fit un bond au murmure de Luna. Avait-il bien entendu ?
- Pardon ? J'ai bien entendu ?
- Oui. Je t'aime, répéta-t-elle plus fort avec un sourire heureux.
Soudain, ils entendirent des cris de joies au dehors. Les deux se consultèrent du regard avant de sortir, et ils tombèrent nez-à-nez avec leurs collègues qui s'étaient tous rassemblés. Ils chantaient joyeusement, sautaient ou dansaient en poussant des cris de joies.
- Elle l'a dit !
Pauly attrapa Kaku et Luna aux épaules, tout heureux.
- Eh bah c'est pas trop tôt frangine ! dit-il avec un sourire.
- Effectivement...
Presque un an, et ces trois mots n'avaient encore jamais franchi les lèvres de la rouge. Les sentiments étaient bel et bien là, ils l'avaient toujours été. Mais avec eux, la peur de voir une nouvelle trahison les poignarder avait empêcher ces deux mots, qui pourtant signifiaient tout. Luna sourit, s'appuyant sur Kaku qui la tenait contre lui.
- Il était temps.
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La sensation de chute qu'elle subissait réveilla Luna en sursaut. Elle referma bien vite les yeux, aveuglée par la lumière du jour que la fenêtre en face d'elle lui balançait, et se retourna. Elle ouvrit un œil et étira son bras. Rien, le vide, le froid.
- J'ai encore rêvé...
Elle soupira, puis se résolut à se lever. C'est en passant devant son miroir de pieds qu'elle remarqua sa tenue qui était, comme Pauly le disait souvent, indécente. Mais là, vraiment indécente ! Elle prit une culotte dans la porte droite de l'armoire, enfila un short et un t-shirt de Kaku, encore pendu là. La jeune femme s'attarda une seconde sur son reflet que lui donnait le miroir. Ses cheveux étaient visiblement emmêlés, et elle faisait toute maigre dans le t-shirt d'homme qu'elle portait.
- Je flotte dedans...
Elle quitta la chambre, et se dirigea vers la cuisine en s'étirant. Une odeur sucrée parvint aux narines de Luna qui écarquilla les yeux en voyant qu'il y avait quelqu'un dans sa cuisine. Mais pas n'importe qui. Comme une enfant curieuse, la jeune femme s'approcha à pas de velours.
- Si tu essaies de me faire peur, c'est raté.
Kaku se retourna et Luna s'immobilisa. Face à l'expression de sa compagne, le charpentier fronça légèrement les sourcils, inquiet.
- Ça ne va pas ? Tu fais une drôle de tête.
Le cerveau encore endormi de Luna traita rapidement les informations qui lui parvenaient, et il donna des ordres en conséquence. Un sourire de bonheur étira les lèvres de la rouge, qui alla entourer la taille de son compagnon avec ses bras.
- Ça va, tout va bien...
Kaku sourit, avant de déposer un baiser sur le front de sa belle.
- T'as fais du pain perdu ? constata-t-elle avec plaisir.
- Oui, ça te va comme petit déjeuner ?
- Bien sûr !
Elle s'empara d'une tranche de pain et l'engloutit aussitôt. Y'a pas à dire, c'est vraiment ce qu'elle préférait ! Elle n'attendit pas plus pour manger avec Kaku, partageant un instant qu'ils attendaient tous les deux depuis un moment : se retrouver, tranquilles, avec personne pour les déranger.
Voilà, Kaku est rentré, HOURRA ! :D
Si vous voulez donner votre avis, c'est dans le petit truc, là, juste en dessous ;)
A la prochaine ! :)
