Bonsoir tout le monde !
Déjà, pardon de cet énooorme retard ! J'ai été atteinte du syndrome de la page blanche, dios mios quelle horreur ! C'est frustrant au possible !
Bref, ce passage est terminé, et comme vous pourrez le constater : l'imagination était au rendez-vous pour ce chapitre ! (plus 4000 mots, mon record :D) Je vous rassure, j'ai fais des réserve, j'ai écris les chapitres suivants d'un coup ! Mais je vais pas les poster tout de suite hein... Oh, quoique, un de plus vous ferait-il plaisir ?
En attendant vos réponses, je vous abandonne à la lecture ! :D
P.S : Encore désolée du retard T.T
L'automne était arrivée, et une année s'était écoulée depuis le retour de Kaku qui avait rendu l'équipe de Galley-La complète. Ils n'avaient pas eu trop de travail, les charpentiers, ce jour-là, mais une drôle de visiteuse.
- Désolée, mais Chimni reste avec moi.
- Ooh... soupira Kiko
- Pourquoi ? demanda Toshi.
Chimni tourna la tête vers Luna qui croisa son regard triste.
- Ta grand-mère t'a mis sous ma responsabilité. S'il t'arrive quelque chose, c'est moi qui vais avoir des ennuis...
La jeune fille baissa la tête, déçue. Elle avait vraiment envie de passer la journée avec ses amis Kiko, Toshi et Chin. En même temps, elle comprenait Luna, mais bon...
Elle avait désobéit, et s'était éclipsée à la première occasion pour rejoindre ses amis. Il n'y avait rien à faire en ville, à part protéger et barricader les habitations en prévention de l'Aqua Laguna, qui était prévue pour la fin d'après-midi. Jamais elle n'avait été aussi tôt. Chin, passionné par la vie maritime et l'océan en général, proposa une idée complètement folle. Depuis leur naissance, le petit groupe n'avait jamais vu la véritable force de la vague, sauf Chimni qui avait accompagné les Mugiwaras. Qu'il y avait-il de si dangereux dans une grosse vague qui balayait chaque année la ville basse ? Pour être certains d'être tranquilles, ils se cachèrent dans les débris de la décharge. La météo se mettait à changer, le vent devenait violent, la pluie tombait telle une lame acérée, on entendait la nature gronder. Enfin, le grognement menaçant se fit entendre. Les quatre amis observèrent l'énorme vague s'élever au loin. Chimni tira la manche de ses amis, angoissée.
- Filons de suite ! C'était vraiment pas une bonne idée !
- Ça va Chimni, regarde comme elle est loin ! souffla Toshi.
- Bordel comment j'ai pu la perdre de vue ?!
Rageant après elle-même, Luna continuait de courir à travers les rues, alors que des cris parvenaient à ses oreilles. Elle se dirigea vers eux, et se stoppa au sommet de l'escalier qui menait à la ville basse. Kokoro appelait désespérément sa petite fille qui ne semblait pas l'entendre. Le vent sifflait dans les oreilles de Luna tandis que la pluie la trempait. Elle tourna les yeux vers Kokoro, la vieille femme désespérée et aussi énervée. Luna se mordit la lèvre.
- Pardon grand-mère...
Enfin, les enfants prirent conscience du danger, et se mirent à courir en voyant la vague grossir au fur et à mesure qu'elle avançait.
Pauly et Kaku arrivèrent, au moment où Luna sautait dans les marches. Il était déjà trop tard, pourtant les enfants continuaient de courir vers l'escalier. Luna passa à toute vitesse à côté de Chimni qui freina d'un coup et se retourna vers elle.
- Luna !
- Continuez de courir !
La jeune femme continuait sa course, entendant bien les appels des gens qui étaient à l'abri, hors de portée de la vague. Elle s'arrêta à mi-chemin entre la mer et l'escalier et fixa la vague qui faisait tout juste le gros dos au large.
- Je dois tenter le tout pour le tout.
Elle se concentra un maximum et écarta les bras devant elle. Les yeux fermés, elle écoutait le bruit du vent et le grondement de la vague. Kaku et Pauly étaient retenus chacun par deux hommes, et mais s'ils avaient pu sauter dans l'escalier, ils seraient déjà en bas. Ils ne réfléchissaient plus, ils voulaient la même chose : protéger Luna.
Enfin, Luna ouvrit les yeux. Ils avaient pris leur teinte bleu ciel, et une espèce de flux, qu'elle seule voyait, de la même couleur apparu autour des mains de Luna. Avec toute la volonté du monde, la rouge dirigea ce flux à deux ou trois centaines de mètres du large, créant un mur translucide sur lequel la vague vint s'appuyer Bien sûr, le mur n'était pas suffisamment large pour protéger toute l'île de la puissance dévastatrice de la vague, mais il l'était suffisamment pour protéger Luna et l'escalier. L'assistance cria sa surprise.
- Elle... Elle...
- L'Aqua Laguna...
- Mademoiselle Luna a stoppé l'Aqua Laguna !
Les deux charpentiers, qui connaissaient les limites des pouvoirs de Luna, n'en crurent pas leurs yeux. Une véritable ovation s'éleva dans l'ouragan.
- C'est impossible... souffla Kokoro.
- Cette gosse m'étonnera toujours ! clama Pauly.
La jeune femme sentait toute la force de la vague, qui forçait sur le mur bleu translucide, et elle peinait à tenir bon. Même, elle se sentait pousser. Ses pieds glissaient dans la terre de l'île, et elle serrait les dents en se motivant.
- Je peux le faire... Non, je DOIS le faire !
Du sang se mit à couler de ses narines et de ses oreilles, tandis qu'elle se concentrait davantage et mettait toute la volonté du monde dans la résistance du mur. Chimni, bouche bée, parvint à crier par-dessus la tempête.
- Nous sommes en sécurité !
Luna esquissa un sourire, avant de se mettre à tousser. Un goût métallique emplit sa bouche, pendant qu'elle se mettait à crachoter un liquide épais dans sa toux.
- Je vais pas tenir longtemps...!
Enfin, la vague se retira pour préparer la deuxième manche. Luna se mit à marcher à reculons, maintenant toujours le mur qui ne subissait plus aucune pression.
Pauly se libéra et courut dans les escaliers avant de crier à Luna de courir. La jeune femme obtempéra, et rassembla toutes les forces qui lui restaient pour aller plus vite que le vent. Elle gravit un temps les marches quatre à quatre avant de s'écrouler. La vague revenait, inondant déjà la décharge. Pauly n'attendit pas plus longtemps pour utiliser ses cordes et ramener Luna à lui, à l'abri dans la partie supérieure de l'escalier. Il se dépêcha de retourner avec la foule en portant Luna avant que l'eau ne touche les marches et ne les fasse trembler. La jeune femme, épuisée, avait du mal à respirer et continuait de tousser du sang. Il n'y avait que des traces rouges encore fraîches au niveau de son nez et de ses oreilles, et elle n'avait plus aucunes forces. Lorsque Pauly la reposa au sol, sa vue se troubla et elle n'eut que l'impression de voir Kaku se précipiter vers elle, avant que le noir n'envahisse sa vision.
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Personne n'avait la force de travailler, dans l'île aux constructions. La nouvelle les anéantissait, ils ne pouvaient y croire. Zambai avait les yeux dans le vague, et rien ne s'y reflétait. Tilestone avait la tête basse, et gardait un silence de mort. Quant à Lulu, il ne faisait même plus attention à son épi, qui pourtant le dérangeait sous son œil droit. Pauly, lui, était aux abonnés absents. Il était avec Icebarg et Kaku, à l'hôpital. Les médecins avaient été clairs.
- Elle ne pourra s'en sortir, c'est déjà un miracle qu'elle ait survécu jusqu'à ce matin. Elle ne passera pas la journée. Nous sommes désolés...
Luna était reliée à de nombreuses machines pour la maintenir en vie un peu plus longtemps, mais il n'y avait là aucune utilité à l'inévitable. Icebarg restait seul dans la chambre de Luna qui était inconsciente. Pauly et Kaku restaient dehors, l'un pour fumer et l'autre pour l'accompagner, ce n'était pas le moment de rester seul, divisé.
- C'est pas possible… murmura Pauly en laissant un nuage de tabac s'envoler.
Kaku ne répondit pas, mais il n'en pensait pas moins. Icebarg, assis sur le bord du lit de sa fille, lui tenait la main et la regardait, des larmes dans les yeux. Seul, il craqua et laissa couler ses larmes, appuyant son front contre celui de sa fille qui était inerte et sans aucune réaction. Il lui avait parlé tellement longtemps, mais l'encéphalogramme ne notait aucune réaction, de même pour Kaku et Pauly. Icebarg avait le choix : attendre que sa fille meure seule, souffrant peut-être des lésions internes qui la condamnaient, ou bien l'aider à partir et achever ses éventuelles souffrances. La première option laissait une espérance, une chance pour qu'elle se réveille. La seconde était celle qui correspondait le mieux à un père qui voulait éviter toute souffrance à son enfant. Icebarg dû se résoudre à prendre une décision qui lui déchirait le cœur, mais qui était sans doute la meilleure qu'il pouvait prendre. Il quitta la chambre, laissant sa fille seule dans le silence troublé par l'électrocardiogramme et ses petits "bips" qui résonnaient dans la pièce. Le maire alla trouver les médecins, les informa de sa décision qu'ils respectèrent, puis il alla voir Kaku et Pauly. Les deux artisans se regardèrent, choqués des paroles de leur patron. Mais ils ne pouvaient rien faire contre, mis à part respecter le choix d'Icebarg même si cela les tuait.
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Ils s'avancèrent ensemble vers le lit, et elle s'assit sur le bord. Elle passa ses doigts entre les mèches rouges de Luna, un léger sourire aux lèvres.
- Elle est incroyable… souffla-t-il.
- Oui.
Il posa une main sur son épaule, comme pour la réconforter. Elle savait qu'un jour, Luna trouverait cette puissance éphémère pour stopper la vague, et elle savait que ça la tuerait. Des larmes, gouttes d'argent pur, se mirent à couler le long de ses joues pâles et lumineuses.
- Regarde-toi, dit-elle à l'attention de Luna. Tu parais bien faible et fragile, tout d'un coup… Il n'y a que quand tu dors que tu laisses tes faiblesses se montrer…
Luna ouvrit doucement les yeux, et les posa sur la femme assise à côté d'elle. Il rit, avant d'ébouriffer les cheveux de la jeune femme qui semblait perdue.
- Tahaha, tu ouvres les yeux ! Merveilleux ! Cela veut dire que tu ne vas pas mourir !
Luna était muette. Elle voulait parler, mais aucun son ne sortait de sa bouche, et sa gorge la faisait souffrir.
- Bonjour mon trésor… dit la femme en lui caressant la joue. Tu as donc trouvé la force de la vague, hein ? Et c'est ça qui te met dans un tel état.
Les yeux de Luna se mouillèrent, et la porte de la chambre s'ouvrit. Tous trois tournèrent la tête, et regardèrent Pauly s'avancer vers le lit puis prendre place. Il garda le silence quelques instants, et fondit soudainement en larmes. Luna écarquilla les yeux, et tenta de lever sa main pour prendre celle de Pauly, mais elle était comme paralysée. Elle lança un regard paniqué vers ses deux compagnons, que Pauly ne semblait pas avoir remarqué.
- Pourquoi… gémit-il. Pourquoi t'as fais ça, hein ? Pourquoi tu t'es jeté dans les bras d'la Faucheuse ? T'es complètement cinglée, la vague aurait pu t'emporter et pourtant t'es parvenu à l'arrêter ! T'es complètement timbrée !
Luna regardait Pauly, toujours muette et paralysée. Il marquait un temps de pause, les yeux rivés sur le plancher. Il les releva ensuite et les posa sur Luna.
- C'était merveilleux, c'que t'as fait. Incroyable. Mais c'est la dernière chose que t'auras faite.
Il se leva, et déposa une bise tendre sur le front de son amie qui ne pouvait toujours rien faire.
- Tu vas me manquer frangine… Tu vas me manquer…
L'artisan se ressaisit, et quitta la chambre avec dignité. Luna tourna ses yeux vers les deux visiteurs.
- Maman… Tom…
- Ton esprit est réveillé, mais prisonnier de ton corps. Tu vois, tu sens, tu entends, mais tu ne peux pas réagir… souffla Nina.
Tom partit dans un fou rire en voyant Kaku entrer.
- Qu'il est étrange, ce garçon avec son nez ! Tahaha !
Le jeune homme semblait encore plus abattu que son ami qui venait de passer. Il s'assit au bord du lit, et prit la main de Luna dans la sienne. Son regard se fixait sur elle, souvent troublé par des clignements frénétiques pour ravaler ses larmes qui menaçaient de couler. Il ne disait rien, se contentait de rester auprès de Luna qui sentait les larmes lui piquer les yeux. Elle le voyait, le sentait, mais ne pouvait pas lui parler, ni quoi que ce soit d'autre. Après de longues minutes passées à ses côtés, Kaku la quitta dans un silence de mort.
- Il n'a rien dit, c'est bizarre, lâcha Tom.
Luna n'avait pas eu besoin d'entendre Kaku. Elle avait tout vu dans ses yeux, tout ce qu'il aurait voulu dire mais qui n'était pas sorti, parce que sa gorge était trop serrée pour laisser passer ne serait-ce qu'un murmure. Enfin, Icebarg revint. Comme Kaku, il s'assit à côté de Luna et lui tint la main.
- On te croirait endormie… Si seulement ce sommeil ne cachait rien…
Des larmes se mirent à couler des yeux d'Icebarg.
- Oh, allons Icebarg ! fit Tom. Ta fille est une dure à cuire, elle ne va pas mourir !
Nina se leva, laissant sa fille et vint se poser contre Icebarg. Ce dernier écarquilla les yeux, sentant une vague de chaleur l'envahir.
- Tom a raison…
Déstabilisé, Icebarg s'excusa auprès de Luna puis sortit précipitamment. Nina posa les yeux sur sa fille et sourit. Luna sentit soudain sa gorge se rétracter, se serrer, et elle se sentit étouffer. Elle écarquilla les yeux, essayant de tousser mais rien n'y faisait. Tom se mit à rire.
- Qu'est-ce que je disais !
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Les ténèbres, voilà ce qu'elle voyait. Dans cette sensation de chute, Luna paniqua. Enfin, elle ouvrit les yeux et attrapa le masque qui lui procurait une sensation d'étouffement.. Elle le retira rapidement en prenant de grands inspirations, puis se calma. Elle regarda autour d'elle, mais ne vit ni Tom, ni Nina.
- J'ai peut-être rêvé…
Un médecin arriva, et fit un grand sourire en voyant la jeune femme.
- Ah, vous voilà réveillée, quelle bonne nouvelle !
Luna, encore faible, ne trouva pas la force de faire fonctionner ses cordes vocales, bien que ses lèvres bougent. Dans la logique du médecin, une question de patient germa, et il y répondit aussitôt.
- Vous étiez dans le coma depuis une semaine. Vu votre état critique et désespéré pendant les premières 24h, il avait été décidé de vous débrancher. Mais, au dernier moment, votre corps a réagit. Votre activité cérébrale, votre capacité à respirer, vos signes vitaux en général ont progressé soudainement dans un sens positif, et ce jusqu'à présent. Votre réveil était très attendu vous savez !
La jeune femme hocha vaguement la tête, toute la reconnaissance du monde se lisant dans son regard. Le médecin lui adressa un énième sourire, lui expliquant qu'avant toute visite elle devait subir quelques examens pour "checker" son état mais qu'il prévenait tout de même Icebarg et ses proches. Elle hocha doucement, un doux sourire aux lèvres, puis le médecin la quitta. Elle fit à nouveau le tour de sa chambre des yeux, et remarqua la fenêtre sur sa gauche. La vue donnait sur la ville et la mer, scintillante sous le soleil. Il semblait y avoir un léger vent, porteur de sel. Luna tenta d'appeler l'eau, afin d'ouvrir la fenêtre, mais elle ne ressentit aucune énergie. Elle regarda alors sa main tremblante, sans être trop surprise. Elle s'en doutait.
- Je dois être encore trop faible.
Elle releva de nouveau les yeux vers la fenêtre, et se perdit dans l'horizon bleu.
- Il va falloir du temps avant que je ne puisse reprendre mes habitudes...
Quelques minutes plus tard, deux infirmières entrèrent, l'une poussant un fauteuil roulant. Elles saluèrent toutes deux Luna, de grands sourires pendus aux lèvres, et l'installèrent dans le fauteuil. Pendant que l'une la poussait, l'autre entrainait la perfusion à laquelle la rouge était reliée. Deux heures s'écoulèrent avant qu'elle ne retourne à sa chambre. Et il en fallut cinq de plus pour obtenir les résultats et les bilans de chaque examen, que le médecin communiqua à Icebarg dans les plus brefs délais.
- Vous pouvez donc la rejoindre !
Il sourit, et laissa Icebarg courir jusqu'à la chambre de sa fille. Cette dernière, pour s'occuper pendant tout ce temps, avait compté le nombre de toit qu'elle voyait depuis sa fenêtre, et calculé le nombre de toit qu'il y avait sur l'île en fonction du nombre de la population. Bien sûr, il y avait un nombre de résultats infinis, et la jeune femme ne su lequel était le bon. Icebarg ouvrit alors sa porte, s'arrêta dans l'encadrement, et resta immobile jusqu'à ce que Luna tourne la tête vers lui. Un sourire tendre se dessina alors sur le visage de la rouge.
- Papa...
Comme si ce mot avait été un ordre, Icebarg bougea et alla enlacer sa fille qu'il serra. Des larmes se mirent à couler, mais sa voix était posée.
- J'ai eu si peur pour toi Luna...
La jeune femme le serrait également, ne faisant pas plus attention que ça aux larmes qui mouillaient son épaule.
- Tout va bien papa, c'est fini, j'ai rien...
Icebarg ne lâchait plus sa fille. Il avait vraiment cru la perdre pour de bon, mais elle avait encore montré qu'elle n'était pas quelqu'un d'ordinaire.
- Tu sais pas quand je pourrais sortir, des fois ?
Le maire rit légèrement. Luna n'aimait pas les hôpitaux, et moins elle y restait et mieux elle s'en porterait !
- Ah je savais bien que t'allais pas mourir ! fit soudainement la voix de Pauly dans le dos de son patron.
Luna sourit tandis qu'Icebarg se retournait. Les deux artisans, ayant aperçu leur chef courir au détour d'un couloir, s'étaient dit que quelque chose clochait. En toute logique, ils s'étaient donc dirigés immédiatement vers la chambre de Luna. Et la surprise dépassait leur joie.
- Tu me connais bien frangin. Ce n'est pas une petite vague qui va me noyer !
- Petite... La blague, ajouta Kaku en toussant faussement.
Le regard sombre que lui lança Luna fit sortir Pauly, comprenant que l'orage menaçait. Icebarg, comprenant bien ce qui allait arriver, sortit également MAIS (car oui, il y a un mais) resta près de la porte pour écouter.
- Tu es complètement cinglée.
- Ce n'est pas un scoop...
- T'as faillis y rester Luna ! Mais qu'est-ce qui t'as pris de filer comme ça ?
- J'allais pas laisser Chimni et ses amis se faire emporter, qu'est-ce que tu voulais que je fasse ? Elle était sous ma responsabilité !
- Et tu l'as laissé filer, mais tu n'étais pas obligée de descendre dans l'île de la décharge ! Imagine si tes pouvoirs n'avaient pas été assez puissants !
- Je sais jusqu'où ils s'étendent. Et avec de la volonté, je repousse encore leurs limites !
- Ça j'ai remarqué, merci, ç'a faillit te tuer !
Luna soupira et se passa une main sur le haut du crâne, reculant ainsi les cheveux de sa coupe en dégradé qui s'étendaient sur ses joues.
- Kaku, je suis vivante. Je sais ce qu'il s'est passé, et ce que ça m'a coûté. Mais justement, n'est-ce pas le plus important, que je m'en sois sorti après tout ça ?
Elle était calme, ne voulant pas s'engueuler plus que ça avec son homme qui la regardait. Elle reporta son regard sur lui, plongeant dans le sien et ne voulant pas s'en retirer. Elle savait parfaitement ce qu'elle avait vécue, et la chance qu'elle avait eu de s'en sortir. Kaku gardait le silence, fixant les iris sombres de Luna, qui lui disait tout à travers. Il souffla, laissant la pression retomber.
- Oui.
Luna esquissa un sourire, et pris la main de Kaku qui serra ses doigts. Il avait eu peur, il avait eu mal, encore plus que le jour où Lucci avait cru la tuer avec son dispositif de meurtre à distance. Cette fois, il avait eu Luna sous les yeux. Il l'avait vu courir jusqu'au bas des escaliers, s'immobiliser au milieu du terrain vague. Il avait vu la vague, immensément énorme, se dresser droite devant elle, petit être fragile face à la nature déchainée. Et il l'avait vu se battre, résister contre cette force qu'était l'Aqua Laguna, puis tomber devant lui alors qu'elle était en sécurité. Il l'avait conduite jusqu'à l'hôpital avec Pauly, il avait attendu des heures dans la salle d'attente avec son ami, pour finalement entendre qu'elle ne se réveillerait plus.
Kaku avait assisté à sa mort, impuissant.
Et c'est ça que Luna avait vu dans ses yeux. La peur, la douleur, la culpabilité, la rage. Tout l'amour qu'il avait pour elle s'était divisé en plusieurs émotions, comme la lumière blanche qu'on projette sur un prisme pour en avoir chaque couleur. La jeune femme serra Kaku contre elle et réciproquement.
- Pardon de t'avoir fais peur...
- Tu vas bien, c'est l'essentiel.
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Après quatre longs et interminables jours supplémentaires passés à l'hôpital sous surveillance, Luna eu l'autorisation de sortir. La nouvelle ayant été rendu publique, elle ne s'étonna donc pas de trouver des journalistes, agglutinés devant la porte de l'établissement médical. Bien qu'elle n'aimait pas se rendre intéressante dans la presse, elle fit néanmoins l'effort de répondre à quelques questions devant les mines inquiètes des journalistes. Elle ne comprenait pas pourquoi ils avaient tous cet élan d'empathie pour elle. Etait-ce parce qu'elle avait sauvé une bande de gamins irréfléchis et inconscients du danger ?
- Je l'ai été à un moment... Je ne peux pas les blâmer.
Icebarg, qui accompagnait bien évidemment sa fille, l'encouragea à avancer en posant une main dans son dos. La jeune femme ne s'attarda pas plus, et suivit son père jusqu'au canal où un yagara les attendait pour les amener jusqu'au dock 1. Luna s'appuya quelques instants sur son père en soupirant.
- Quelque chose ne va pas ? demanda le maire.
- Si... Mais je ne comprends pas pourquoi... Mon état est si intéressant pour ces journalistes.
Un petit rire franchi les lèvres carmines du charpentier, qui tourna les yeux vers sa fille.
- Dois-je te faire la liste de toutes tes interventions dans la ville, et ce dès ton plus jeune âge ?
- Je crois bien que oui... Sans ça je ne comprendrais pas !
Icebarg sourit devant la mine innocente et naïve de sa fille. C'était dans des moments tels que celui-ci qu'il voyait encore la petite enfant qu'il avait élevé, et dont il était fier de voir le résultat.
- Eh bien, je vais te raconter...
