Chapitre V : Choisir son Camp

Les portes coulissèrent dans un grincement des plus grinçants, et toutes les têtes se tournèrent aussitôt vers moi. Il y eut un grand silence et je n'osai bouger, pétrifiée par ces regards choqués et stupéfaits. Je dus me retenir de partir en courant lorsque certains de ces regards – notamment ceux de Théoden, Eomer et tous les capitaines des Rohirrim, ce qui représentait les trois quarts de l'assemblée – passèrent de la surprise à l'envie de meurtre. Ce n'était peut-être pas une si bonne idée que ça de venir ici.

Comme le silence se prolongeait, je sentais que je devais dire quelque chose, seulement j'avais l'impression que je ne pourrais que m'enfoncer. Je commençais à sérieusement envisager de prendre la fuite lorsque Gandalf prit enfin la parole.

-Azetriel, nous sommes heureux de vous revoir. (ndla : mythoooooo !!) Mais, hem… que faites-vous ici ?

Là c'était vraiment à moi de parler. L'angoisse.

-Eh bien… commençai-je, les barbares ont attaqué Meduseld ce matin et ils m'ont libérée, et…

-Libérée ?!! m'interrompit Eomer. Libérée ! Cela veut dire qu'ils la considèrent comme l'une des leurs ! Elle est au service de notre ennemi et nous la laissons s'immiscer au cœur même de notre forteresse ?

-Eomer, le rappela son oncle, laissez la finir.

-Ils m'ont libérée et je suis venue ici, terminai-je.

-Pourquoi ? questionna Legolas, prenant la parole pour la première fois.

Je scrutai son visage sans parvenir à déterminer ses émotions. Que cherchait-il à me faire dire ? Je regardai Aragorn et il me sembla bien las à côté d'un Gimli plein d'entrain.

Un cor résonna soudain au-dehors, tout proche, un cor au son majestueux qui n'avait rien à voir avec un cor d'orc.

-Ce n'est pas un cor d'orc ! s'exclama Aragorn.

Tous se levèrent et se précipitèrent hors de la salle, et je m'apprêtais à en faire autant lorsqu'on m'agrippa le bras.

-Pourquoi êtes-vous venue ici ? murmura Legolas.

-Parce que c'était mon destin, murmurai-je sans le regarder.

Je ne sais pas s'il comprit le double sens de ma phrase, toujours est-il que je l'attirai dehors pour voir les nouveaux arrivants ; et je n'en crus pas mes yeux.

-Haldir…

En effet Haldir de la Lòrien était là, franchissant les portes à la tête de quelques trois cents elfes armés pour le combat. Dévalant les escaliers, Aragorn lui sauta dans les bras.

Théoden descendit à son tour saluer son sauveur, Legolas à sa suite et moi derrière. Magnifique, pensai-je, il ne manquait plus que lui ! Théoden serra chaleureusement la main de l'elfe, puis Legolas l'étreignit comme son frère. Lorsqu'il le relâcha, Haldir me trouva en face de lui.

-Azetriel ! s'exclama-t-il.

Je ne savais trop quelles étaient censées être nos relations. Haldir avait été mon confident, mon maître à penser jusqu'à la mort de mon père, laquelle m'avait éloignée de la Lòrien. Nos relations avaient alors été brouillées jusqu'à ce que je rallie Saroumane, où elles s'étaient faites inexistantes.

Cependant je me rappelais à quel point il avait compté pour moi, je me rappelais la droiture et le savoir qu'il m'avait inculqués avant que la mort d'Azechion ne vînt les bouleverser. Je crois que je n'aurais pas supporté qu'Haldir me considérât, comme tous les autres, comme une ennemie ; aussi décidai-je d'influencer sa réaction et me jetai dans ses bras.

Je le sentis me serrer contre lui et, pendant les quelques instants où nous restâmes ainsi, je me trouvai un père, un allié en Terre du Milieu. Il me relâcha et me prit par l'épaule, avant de s'adresser à un roi du Rohan quelque peu stupéfait.

-En l'honneur de l'ancienne alliance des elfes et des hommes, nous sommes venus vous apporter notre aide dans cette bataille, dit-il.

Soulagés, ravivés, les capitaines suivirent Théoden à l'intérieur de la grande salle où, pendant des heures, ils allaient discuter plans de bataille. Je ne m'en plaignais pas ; ils semblaient m'avoir oubliée et j'allais enfin pouvoir manger quelque chose, ce qui somme toute ne m'était pas arrivé depuis deux jours. Je descendis donc dans la ville basse à la recherche du quartier des officiers.

Lorsque je remontai, environ deux heures plus tard, l'estomac enfin plein et ayant fait connaissance avec bon nombre de soldats – j'avais bien sûr évité les Rohirrim – je trouvai Haldir, Gandalf et Legolas dehors, en pleine discussion. Quand ils me virent, ils m'entraînèrent aussitôt à l'intérieur.

-Nous devons parler, commença mon parent. Je voudrais savoir, que diable fais-tu au Gouffre de Helm cette nuit ?

J'inspirai profondément ; le moment était arrivé de reprendre l'histoire depuis le début. Je lui racontai donc comment j'avais été faite prisonnière par Aragorn, comment j'étais arrivée à Meduseld, comment j'y avais été abandonnée puis délivrée, comment j'avais ensuite choisi de venir au Gouffre. Durant tout le temps où je parlais, Legolas me regardait avec insistance, les sourcils un peu froncés, comme s'il cherchait à distinguer dans mon interprétation des évènements quelque indice sur mes intentions.

-Bien, acquiesça finalement Haldir, tu es donc venue ici parce que tu voulais te battre pour la Terre du Milieu ; tu dois maintenant choisir avec qui tu veux te battre.

J'ouvris la bouche pour répliquer mais il ne m'en laissa pas le temps.

-Ne parle pas trop vite ; il te faut choisir un camp. Soit tu choisis Saroumane, et dans ce cas tu seras faite prisonnière ici, l'issue de la bataille déterminant ton devenir ; venir au Gouffre n'aura été alors qu'un défi aveugle. Soit tu combats avec nous, avec tous ceux qui sont ici, pour le bien qui reste en ces terres. Le choix t'appartient.

Il y eut un long silence. Mes yeux s'étaient fixés non dans ceux d'Haldir mais dans ceux de Legolas lorsque enfin je répondis :

-Je combattrai avec vous.

Haldir posa sa main sur mon épaule, les yeux brillants.

-Toutes ces années ne comptent pas, dit-il. Ce qui compte, c'est la décision que tu viens de prendre ; enfin je peux dire que je suis fier de toi.

Sur ce, il s'esquiva, suivi par Gandalf qui était resté muet mais qui, je le vis dans son regard, approuvait complètement mon parent. Je restai seule avec Legolas et m'aperçus soudain qu'il était proche, trop proche. Alors je me rendis compte de la situation.

Nous étions seuls, dans un coin reculé d'une salle déserte, la veille d'une bataille, et nous étions bien plus proches que nous aurions dû l'être.

-Etait-ce vrai, Legolas ? demandai-je.

-Quoi donc ? murmura-t-il.

-Que tu… vous voudriez ne jamais avoir croisé mon chemin.

-Non, soupira-t-il.

Je n'eus pas le temps de me questionner pour savoir comment le prendre – bien que ce fût plutôt clair – parce que sa bouche se déposa sur la mienne et sa langue s'inséra entre mes lèvres. Je me serrai contre lui et passai mes bras autour de sa nuque, sans même m'étonner qu'un seul baiser de lui déclenchât une telle passion chez moi.

Il me poussa contre le mur le plus proche et nous séparâmes, haletants. Ses yeux brillants de désir capturèrent les miens et je l'embrassai ardemment, refusant d'attendre plus longtemps. Il me souleva dans ses bras et me porta jusqu'à la table, d'où il balaya les plans d'attaque pour m'y allonger. Là, il s'attaqua fiévreusement aux boutons de ma tunique, les mains tremblantes.

Il m'aimât passionnément pendant des heures.

Lorsque nous revînmes sur terre, des roulements de tambour et des mugissements de cor résonnaient au-dehors. Les orcs étaient là, et sur mon cœur pesait le poids d'un aveu non-fait. La poudre.

Voilà c'est fini pour aujourd'hui!! J'espère que ça vous a plu et puis bien sûr lâchez une tite review ça vous prend 2 secondes, c'est gratuit et vous aurez plus vite le chapitre 6!! Merciiii!!!