Salut salut ! Ca y est je suis de retour avec le nouveau chapitre !
Je suis désolée du retard mais un chapitre beaucoup plus long et plus difficle + travail pour pouvoir payer les vacances = plus de temps de traduction ^^

Promis j'essaierais d'être plus rapide pour le suivant ! :D

Tout les mérites reviennent à Mishel-10, je ne suis que traductrice

Wendy


Disclaimer : Je n'ai aucun droit sauf pour Rayne et ma petite taille.


Dean m'ouvrit la porte et m'offrit sa main pour m'aider à sortir de la voiture. Malgré les talons et la longue robe, je pense que j'avais réussi à le faire plutôt gracieusement.

On s'était garé sur le coté de la rue, un peu avant l'entrée du club parce que si nous étions allés pile devant, le valet aurait emmené la voiture dieu-sait-où et Dean et Sam préféraient avoir leur armes pas très loin.

Le club avait l'air de faire partie de ce qui me semblait être une ancienne usine désaffectée. C'était décoré avec des lumières blanches et un signe néon clignotait avec le nom. J'aurais pensé que c'était un bar beaucoup trop cher s'il n'y avait pas une queue de personnes élégamment habillées à l'entrée. Sam et Dean se placèrent de chacun de mes côtés et je glissais mes bras dans le creux de leur coude. « On y va, messieurs ? » demandais-je.

« Rappelle-toi juste d'utiliser ta Pretty Woman intérieure » rit Dean.

Le videur étudia les invitations faites maison attentivement mais j'imagine que l'imitation était très proche de l'originale car il nous laissa entrer. Il ne demanda même pas qui j'étais ou ce que je faisais ici c'était comme si je n'étais rien d'autre qu'un accessoire aux bras de Sam et Dean. Je commençais à réaliser combien d'escorts devaient avoir passé ces portes.

L'intérieur du club était l'opposé de l'extérieur. C'était décoré au style corinthien, des piliers blancs, des décorations en or, des chandeliers, des statues de femmes nues enveloppées dans un drap, et un lustre gigantesque au milieu de la salle de bal. De la musique classique se diffusait tranquillement en arrière-plan. L'endroit avait l'air d'être l'enfant de l'ère victorienne et du Vatican. Une combinaison étrange, mais d'une certaine façon magnifique.

Des serveurs qui portaient des verres de whisky, et non pas du champagne, traversaient la salle et les hommes discutaient en petits groupes, des nuages de fumées de cigares flottant au dessus d'eux. Je remarquais ensuite que presque chaque groupe avait une ou deux femmes parmi eux. J'imagine que ce sera mon rôle très bientôt.

Je m'approchais de Dean. « C'est l'heure ? » chuchotais-je.

Il hocha la tête. « C'est l'heure. » Il se pencha ensuite jusqu'à ce que ses lèvres frôlent mon oreille. « Rappelle-toi » dit-il doucement. « Je ne te lâcherais pas des yeux une seule seconde. » dit-il y d'un ton rassurant. Et donc, quand les deux hommes me lâchèrent gentiment, je trouvais le courage d'avancer. Je jetais un coup d'œil derrière moi mais ils s'étaient déjà fondus dans la masse.

Je m'avançais dans ce que j'imaginais être une piscine remplie de requins affamés. Tous les yeux des hommes se tournaient vers mon corps, sans discrétion et cupides. Pour eux, je n'étais là que pour leur donner quelque chose à regarder. Je relevais le menton, mettais les épaules en arrières et gardais le regard droit.

Je savais que j'aurais dû essayer de me montrer plus accueillante, mais être mise en avant comme ça me rendait malade. J'espérais me montrer digne et mystérieuse plutôt qu'énervée.

Je m'arrêtais pour apprécier l'une des statues quand je sentis quelque chose éloigner mes cheveux de mon visage. Avant que je ne puisse me retourner, un souffle étrangement chaud et presque malsain atteignit mon oreille. « Et qui pouvez-vous être, ma chère ? » demanda-t-il d'une voix sensuelle.

Je me tournais sur les talons pour faire face à un grand homme, larges d'épaule, d'une trentaine d'année. Il était le seul à porter un smoking blanc et cela donnait à sa peau mate un air encore plus bronzé. Ses yeux étaient clairs, bleu pale, et ses sourcils foncés correspondaient à la couleur de ses cheveux ondulés. Il était magnifique, c'en était presque inhumain. Je me forçais à sourire. « Je m'appelle Cherry » répliquais-je, utilisant le premier nom qui me vint à l'esprit. Pour je ne sais qu'elle raison, je ne voulais pas qu'il connaisse mon vrai nom. Plus je pouvais prétendre être quelqu'un d'autre, plus facile ce serait.

Il m'étudia d'un air approbateur. « Vous êtes nouvelle ici » observa-t-il.

Je m'approchais pour arranger son nœud papillon, espérant que cela passerait pour du flirt. « C'est une sacré fête. » dis-je.

Il sembla ravi d'entendre cela. « Merci »

Mes yeux s'écarquillèrent. « C'est la votre ? »

Il s'inclina. « Je suis Phil, le propriétaire du Anaplirosi. » annonça-t-il d'une voix fière.

Je me concentrais ensuite, réalisant que l'homme en face de moi pourrait très bien être celui qui a enlevé les filles. « Phil » répétais-je. « C'est un surnom ? »

Quelque chose de malveillant s'éclaire dans ses yeux et ils se plissèrent légèrement, me scrutant. Je gloussais et commençais à jouer avec mes cheveux, ne voulant pas qu'il me suspecte. Cela sembla marcher car son visage se relaxa et il sourit. « Oui, c'est pour Philomenus c'est un ancien nom grec. »

Mon cœur s'accéléra lorsque je me rappelais avoir lu ce nom par-dessus l'épaule de Sam plus tôt. Philomenus était le fils de Demeter : la déesse des récoltes et de l'agriculture. Et je venais de découvrir qu'il était aussi celui qui tuait les escorts. Il me regardait attendant ma réponse.

Je fouillais mon cerveau à la recherche de quelque chose de bien à dire. « Mon nom est une baie… ou un arbre… comme le Cherry Blossom… c'est comme vous voulez. » dis-je. Génial, Rayne.

Phil envoya sa tête en arrière en riant. « Oh, ma belle, vous êtes adorable ! » s'exclama-t-il. Je lui souris nerveusement, soulagée qu'il me croie encore.

Il prit l'une de mes mains et la couvrit avec sa deuxième. Une certaine confusion apparût sur son visage, ce qui fut vite remplacé par de la curiosité. Il me regardait comme si j'étais un puzzle qu'il essayait de résoudre. « Venez » dit-il, passant un bras sur ma taille. « Laissez-moi vous offrir à boire. »

J'essayais de refuser poliment mais il me tirait déjà derrière lui en traversant la foule. Je cherchais des yeux si je voyais l'un des frères Winchester. Même si je n'en trouvais aucun, j'étais sûre que Dean pouvait néanmoins me voir.

Phil me mena à une petite table couverte d'une nappe couleur argent, cachée derrière une statue, à côté des escaliers. Sur la table se trouvaient plusieurs verres et un pichet en cristal rempli de vin rouge. « Vous devez essayer ça, je l'ai fait importé de Grèce – vous n'en trouverez nulle part ailleurs. »

« Oh, non » l'interrompis-je. « Je n'y connais pas grand-chose en vin ce serait du gâchis avec moi. » Il fallait que je garde l'esprit clair et l'alcool ne m'aiderait pas.

« N'importe quoi » répondit-il. Il me tendit un verre de vin à moitié rempli de liquide rouge et me lança un regard comme s'il me défiait à refuser. Avec un petit sourire, j'acceptais le verre et pris une petite gorgée. C'était extrêmement âpre et j'eu du mal à ne pas laisser le dégoût se montrer sur mon visage. « Alors ? » demanda-t-il.

« Vous avez raison » mentis-je. « C'est délicieux. » J'essayais de reposer le verre mais il le ramena à mes lèvres.

« Cherry, ma chère » dit-il. « Le vin s'apprécie pleinement. »

Avec un autre sourire je vidais le reste de la boisson et lui rendit le verre vide un peu trop brutalement. J'espérais que cette nuit serait terminée avant que les effets de l'alcool n'agissent.

Il tendit sa main vers moi. « Me feriez-vous l'honneur de m'offrir cette danse ? » demanda-t-il.

Je lui pris poliment la main et il me guida vers le centre de la salle de bal, juste sous le lustre. Il tenait une de mes mains dans la sienne et l'autre reposait sur ma hanche. Nous dansions sur la musique en fond et je remarquais comme tout le monde nous regardait. Ou moi. Les hommes avaient l'air de me déshabiller du regard, alors que les escorts me lançaient des regards noirs.

« Pourquoi est-ce qu'ils nous regardent tous ? » chuchotais-je.

Phil regarda autour et rit. « Il vous regardent tous, ma chère. Seules les très spéciales et très belles femmes ont le privilège de danser avec moi. »

Eh bien, ne soyez pas si modeste, pensais-je amèrement. « Et qu'est-ce qui me rend si spéciale ? » demandais-je.

« C'est ce que j'essaie de découvrir » dit-il dans un souffle, comme s'il se parlait à lui-même. « Qu'est-ce qui fait qu'une créature si délicate telle que vous, prend part à une telle profession ? » dit-il ensuite à mon intention.

Je serais les dents. Il n'avait pas l'air d'avoir un problème avec les escorts quand il les invitait dans son club pour le plaisir de ses invités. « Oh vous savez, ça paie mieux que McDonald's » répondis-je vaguement.

« Vous faites ça depuis longtemps ? » demanda-t-il avec une pointe de scepticisme dans la voix.

« Assez longtemps » répondis-je honnêtement. Je ne voulais rien de plus qu'échapper à son regard et à ses mais baladeuses et pouvoir brûler la robe que je portais.

« Hmm » répondit-il.

Je commençais à sentir les effets du vin à cet instant. La pièce semblait tourner et les boutons sur la veste de Phil que je fixais disparurent de mon champ de vision. Je secouais la tête, essayant de m'éclaircir les idées. Ce n'était pas le moment il fallait encore que je découvre s'il était l'homme que nous cherchions.

« Donc » commençais-je, mais ma question s'évapora sur ma langue et je luttais pour battre le tournis.

« Vous allez bien, Cherry ? » demanda Phil, en se penchant vers moi avec inquiétude.

« J'ai juste besoin d'aller aux toilettes – pour me repoudrer le nez. » expliquais-je. C'est ce que les filles disaient toujours dans ce genre de situation, pas vrai ? Je pensais que peut-être m'arroser le visage avec de l'eau fraiche atténuerait les effets de l'alcool.

Avant que je ne m'en rende compte, Phil nous dirigeait expertement à travers la pièce, sans jamais rompre notre danse. Nous dansions devant les statues, et autour de l'escalier. Je tentais de regarder par-dessus l'épaule de Phil dans l'espoir d'apercevoir Sam ou Dean mais je n'arrivais pas à me concentre assez longtemps pour voir quoi que ce soit.

Phil, qui tenait toujours ma main, m'emmenait dans un couloir où s'alignaient des portes. Des couples s'enlaçaient contre certaines et plusieurs femmes tiraient des hommes à l'air excité à l'intérieur. Je regardais à l'intérieur de l'une des pièces devant lesquelles nous passions. Je vis le bord d'un grand lit juste avant que la porte ne se ferme. Ma respiration sauta lorsque je réalisais l'utilité de ces pièces.

Mes pas étaient hésitants mais la main de Phil au bas de mon dos me forçait à avancer. « Les toilettes sont au fond du couloir. » expliqua-t-il, remarquant mon appréhension. J'espérais vraiment que Dean m'avait vu entrer j'avais l'impression que nous étions partis derrière l'escalier très discrètement. « Je vous attends ici » promis Phil quand nous arrivions une grand porte double.

Je marmonnais des remerciements et entrais, fermant la porte derrière moi. Les toilettes étaient juste comme je les avais imaginées. Des grandes arches en marbre, de grands miroirs, et une baignoire immense, brillante, en plein milieu.

La raison pour laquelle quelqu'un voudrait prendre une douche au milieu d'une fête me dépassait. Peut-être que c'était la salle de bain privée de Phil il y avait une autre double porte de l'autre côté, qui je pense menais à sa chambre. Après tout, j'étais spéciale et belle ; peut-être que c'était l'un des avantages d'être choisie par le propriétaire du club : avoir droit à une belle salle de bain.

Je me penchais au dessus du lavabo et jouais avec les robinets jusqu'à obtenir de l'eau fraiche. J'en récupérais au creux de mes mains et m'en arrosais la nuque.

Qu'est-ce qu'il se passait ? Je savais que j'étais un poids plume mais un demi verre de vin ne devrait pas me faire voir double. Quelque chose n'allait pas.

Une pensée horrifiante me tordit l'estomac. Et si ce n'était pas juste le vin ? Et si Phil m'avait choisie pour le sacrifice ? Ca ne faisait pas partie du plan.

Dans mon état perdu, je commençais à ramener mes cheveux pour les attacher pour signaler que j'avais besoin d'aide avant de réaliser que j'étais dans la salle de bain et que Dean ne me verrait pas. Merde, merde, merde.

Je me tournais, dans l'intention de sortir de la salle de bain et de me mettre à appeler à l'aide mais je ne fis que deux pas avant que mes jambes ne me lâchent.

Je tombais au sol lamentablement, l'impact résonnant lorsque mes genoux touchèrent le sol en marbre. La chose suivant que je sentis était une surface lisse et froide contre ma joue.

Je forçais mes yeux à s'ouvrir pour regarder la double porte que je n'avais pas réussi à atteindre à temps. L'un des battant s'ouvrit, mais je ne tins pas assez longtemps pour découvrir qui se trouvait de l'autre côté.

SPNSPNSPNSPNSPN

« Bordel, Sammy » soufflais-je. « Je ne la trouve pas. Où est-ce qu'ils sont allés ? »

Nous observions d'en haut des escaliers l'homme au smoking blanc danser avec Rayne. Voir ses mains sur elle me donnait envie de frapper quelque chose… De préférence lui.

« D'accord, elle a bu le vin et ensuite ils sont allés danser ici » retraça Sam, montrant les endroits où Rayne était allée. « Ensuite ils ont contourné l'escalier. »

« J'avais promis que je ne la perdrais pas de vue » dis-je en colère, déjà en train de me battre mentalement. « Comment c'est arrivé ? »

« Hey » dit Sam en se tournant vers moi. « Ce n'est pas de ta faute. Ils ont quasiment disparus sous nos yeux » continua-t-il pour essayer de me calmer.

J'essayais de reprendre ma respiration pour me contrôler mais elle se coinça dans ma gorge. J'avais rompu ma promesse. « D'accord, on est presque sûr que le connard qui était avec elle est celui qui a enlevé les filles. » dis-je. « C'est quoi le plan ? »

« Je vais aller trouver la cuisine et prendre la porte de derrière pour récupérer nos armes. Tu vas trouver Rayne et tu fais en sorte qu'elle ne soit pas… tu sais, sacrifiée. »

« Je le sais ! » le grondais-je.

« Appelle-moi quand tu les trouve. »

Sans un mot de plus, nous partions chacun de notre côté. Je décidais de retracer leur pas, me haïssant tout du long pour avoir laisser Rayne partir seule.

Elle ne serait pas seule si tu ne l'avais pas perdue, disait incessamment la voix dans ma tête.

Je me dirigeais vers la table avec le vin que Mr. Gatsby avait forcé Rayne à boire. Je savais qu'elle ne consommerait pas d'alcool volontairement sur une chasse alors qu'elle tenait à peine le Tylenol.

Je plongeais mon petit doigt dans le liquide et le goutais. L'arrière goût salé et amer caché derrière le fruité du vin me fit maudire. Il l'avait droguée.

Cela rendait les choses pires. Cela voulait dire qu'elle était probablement inconsciente à cet instant et qu'il pouvait l'avoir emmenée et lui faire n'importe quoi. Je passais derrière l'escalier et remarquais un grand couloir. Les hommes suivaient les escorts dans des chambres comme des chiots surexcités. Je pouvais pratiquement voir leur queue secouer derrière eux.

Je voyais rouge. Si je trouvais Rayne dans une de ces chambres – que Dieu m'en soit témoin.

SPNSPNSPNSPNSPN

Je repris brutalement mes esprits. J'étais couchée sur une table en pierre, mes mains attachées au dessus de ma tête et mes pieds en chaines.

La pièce ressemblait à une de ces chambres de torture médiévales. Les murs étaient en grès et il s'y trouvait des chandeliers gothiques à chaque coin. Au dessus de moi, il y avait un grand anneau en fer où se trouvaient beaucoup d'autres bougies et je sifflais lorsqu'une goutte de cire brûlante tomba sur mon bras.

Les flammes dansantes décoraient la pièce avec d'énormes ombres, ce qui explique que je ne vis pas Phil dans un soin. Il s'avançait maintenant vers moi, un grand sourire sur les lèvres. Je me débattis contre les chaines bien que je sache que ce fut inutile.

« La décoration est un peu dépassée, vous ne trouvez pas ? » crachais-je.

Phil me rit au nez. « Peu importe tant que cela me permet de faire mon travail, ma chère. »

« Et quel est ce travail ? »

« Eh bien, le rituel de purification, bien sûr » répliqua-t-il comme s'il s'agissait de quelque chose d'ordinaire et que l'on fait tout les jours. « Mais vous le saviez déjà, n'est-ce pas ? »

Je plissais les yeux, ne sachant pas à quel point il avait compris. « Je ne vois pas de quoi vous parlez » dis-je.

Il roula des yeux. « Oh je vous en prie. Je sais que vous n'êtes pas une escort. »

« Et qu'est-ce qui vous fait dire ça ? » demandais-je.

« Parce que vous me l'avez dit » répondit-il.

« Je ne vous ai rien dit » grondais- je.

Il se pencha avec un sourire et je pouvais sentir son souffle sur mon visage. « Mais votre corps l'a fait », corrigea-t-il. Il plaça une paume sur ma poitrine et je frissonnais de la fraicheur de sa peau. Je savais que je détestais la coupe de cette robe pour une raison elle me laissait complètement exposée. Il inspira profondément, ferma les yeux. « Oui, vous êtes vierge, donc vous ne pouvez pas être une escort » pointa-t-il.

« Peut-être que c'est mon premier jour » marmonnais-je, essayant de me dégager de son toucher. « Pourquoi est-ce que vous faites ça d'abord ? Plus personne ne croit aux dieux grecs aujourd'hui » dis-je, devinant que de toute manière je pouvais laisser tomber mon jeu d'actrice.

Ses yeux s'écarquillèrent et rencontrèrent les miens, pas surpris le moins du monde que je puisse savoir qui il est. « C'est précisément pour cela que je le fais. » lança-t-il. Se tenant droit, il alla vers une autre table qui se trouvait près de l'immense porte en bois. Son dos se trouvait vers moi mais je le voyais aiguiser quelque chose. « Les gens sacrifiaient pour moi. Ils débarrassaient leur villes des vices et des horreurs du monde : les prostituées, les lépreux, les infidèles, et en retour, je les remerciais avec de généreuses récoltes. »

« Mettez-vous à la page » reniflais-je. « Plus personne ne tuera en guise de taxe pour vous. »

Il se retourna, une dague aiguisée dans les mains. « Exactement ! » répondit-il. « Ils sont passés de l'adoration et du sacrifice humain aux déguisements débiles – pensant que je n'étais rien d'autre qu'un conte ! »

« Aww » me moquais-je. « Quelqu'un est malheureux ? »

« Ne soyez pas impolie, ma chère » me prévint-il. « Je peux rendre ça beaucoup plus déplaisant que ça ne doit l'être. » Il s'approcha de moi, jouant avec la dague sous mes yeux.

« Alors pourquoi me tuer ? » demandais-je. « Je ne suis pas une escort. Et comme vous l'avez dit, je suis vierge. Est-ce que ça ne me rend pas sacrée ou quelque chose ? » Je savais qu'il fallait que je gagne du temps.

Il plaça ses mains sur ma poitrine à nouveau, secouant la tête pour se concentrer. « Oui, vous êtes innocente dans ce sens du terme, mais oh, Cherry » dit-il avec envie. « Il y a quelque chose de noir en vous. Quelque chose de maléfique. »

« Quoi ? » croassais-je, essayant de cacher la peur dans ma voix. Une part de moi voulait croire qu'il mentait, qu'il ne savait pas de quoi il parlait, mais l'autre part de moi n'oubliait pas qu'il était un ancien dieu grec et qu'il devait être assez puissant pour sentir quelque chose.

Il referma les yeux, sa paume toujours pressée contre mon cœur. « Il y a une lumière, ce qui est sûrement ton innocence, mais il y a aussi cette noirceur incandescente juste en dessous. Je n'ai jamais ressenti pareil mal jusqu'ici. » continua-t-il. « C'est pourquoi tu seras mon dernier sacrifice. Ce mal me gardera rassasié pour les cinq prochaines années, peut-être plus. Et c'est toujours une bonne chose lorsque l'on veut éviter de se faire repérer. » Il me sourit. « Je ne veux pas trop attirer l'attention. »

« C'est pour ça que vous avez toute cette affaire ? » demandais-je trop effrayée pour penser à ce qu'il disait à propos de la noirceur en moi. « Un endroit classe : personne ne suspecterait un plan pareil. Attrape une ou deux escorts qui ne manqueront à personne de temps en temps ? »

« C'est le crime parfait » rit-il, l'air plutôt fier de lui-même. « Et la meilleure partie » continua-t-il, « Maintenant que je m'occupe des sacrifices moi-même, je n'ai pas à récompenser ces idiots de mortels. Ca marche plutôt bien. Ma mère serait fière, j'imagine. »

Je me débattais contre mes liens lorsqu'il commença à approcher la dague de moi. « Ne te défend pas, petite souris. » dit-il. « Vois-le comme un grand privilège. »

Je sentis la pointe de la dague s'enfoncer dans ma peau, juste au dessus de mon cœur. Ma respiration était maintenant hors de contrôle et les larmes coulaient en silence sur mon visage avant de disparaitre dans mes cheveux. J'aurais probablement crié, ou pleuré, ou supplié si je pensais que cela aurait fait une différence.

Mais j'étais là, sur ma toute première affaire, sur le point d'être sacrifiée par un dieu grec. Je n'aurais plus jamais l'occasion d'entendre une des blagues embarrassantes de ma mère je n'aurais plus jamais l'occasion de me chamailler avec Dean ou voir s'il finira par savoir ce qu'il ressent pour moi. Dans mes derniers instants, je trouvais amusant que Dean soit soudainement apparu sur ma liste des personnes auxquelles je tiens le plus. Et c'était déjà une liste assez courte.

J'avais l'impression que des heures s'étaient écoulées mais il s'agissait seulement quelques millisecondes parce qu'avant que Phil ne fasse couler le sang, la porte en bois s'ouvrit d'un coup, claquant contre la table, faisant un bruit assourdissant.

Je vis mes deux chasseurs dans l'encadrement de la porte, les armes levées, les visages sérieux. Je souris faiblement, soulagée, laissant retomber ma tête contre la table.

Phil se retourna pour leur faire face, et je respirais en voyant la dague le suivre. « Qui êtes-vous ? » demanda-t-il.

« Vous venez de faire une grosse erreur, Phil. Grosse. Enorme ! » dis-je en citant Julia Roberts.

Dean rit à ma référence mais ne se laissa pas déconcentrer. « On est là pour botter ton sale cul grec » dit-il.

Je levais à nouveau la tête. « Philomenus, voici Dean et Sam » les présentais-je. « Dean et Sam, voici mon ammi Philomenus. »

Je vis Phil sourire du coin de l'œil. « Donc juste pour corriger vous êtes là pour essayer de tuer mon cul de dieu grec. »

« Je me fous de savoir à quel point ton cul est divin » aboya Dean. « Je te tuerais de toute façon. »

« Oh, mais mon garçon » dit Phil calmement. « Tu oublie que je suis immortel. Alors ton plan est un peu défectueux. »

« Dean » appela Sam. « Prend sa dague, ça devrait le tuer. »

Phil recula légèrement, ce qui le dénonça. Dean sourit narquoisement. « Compris » répondit-il.

Dean visa Phil de son revolver et tira droit dans sa poitrine, ce qui ne le fit qu'à peine réagir, mais c'était suffisant pour le distraire pendant que Sam l'attaquait et le mettait au tapis. Je ne les voyais plus, mais j'entendais le bruit métallique de ce que j'imaginais être la dague qui tombait au sol.

Des grognements et le son d'un combat au corps à corps remonta de dessous la table. Je me tordis le cou pour essayer de voir mais je n'aperçu que leurs pieds. « Dean » criais-je en remarquant le reflet de l'arme. « La dague ! »

Dean se jeta dessus au moment où Phil prit le dessus sur Sam et le releva, le cognant contre le mur de pierre. Ils étaient tournés vers moi et je vis Phil enrouler ses mains sur la gorge de Sam, le soulevant du sol au passage. Le visage de Sam devint rouge alors qu'il essayait désespérément de desserrer les mains de Phil.

Sans hésitation, Dean enfonça la dague dans le dos de Phil. Une lumière éclatante s'échappa de la blessure et Phil relâcha Sam, se tordant le dos. Sam s'écroula au sol, à la recherche d'air, alors que Phil était plus ou moins littéralement en train de se transformer en une poussière grise qui retombait au sol.

« Opa ! » chanta Dean avant d'aller aider Sam à se relever.

« Bordel de dieu » chuchotais-je en fixant la pile de poussière de dieu grec par terre.

Dean et Sam se précipitèrent vers moi et commencèrent à détacher mes liens. Je descendis mes mains et soupirais lorsque la circulation commença à y revenir. Dean passa un bras dans mon dos et m'aida à m'asseoir. Je passais mes jambes sur le côté pour les faire pendre dans le vide et appuyais ma tête sur l'épaule de Dean lorsqu'un vertige me prit. J'imagine que la drogue n'était pas encore sortie de mon système.

« Whoa, du calme » dit Dean en écartant les cheveux de mon visage, m'étudiant avec attention. « Est-ce que tu vas bien ? Tu es blessée ? »

« Je vais bien » lui assurais-je. « Juste un peu sonnée. » Ni lui ni Sam ne parut convaincu. « Est-ce que vous avez appris à faire vos entrées dans un film d'horreur ou un truc comme ça ? Une seconde de plus et j'aurais été un toast sacrifié. »

« On t'a un peu perdue quand Phil t'a emmenée derrière l'escalier. » expliqua Sam, montrant la pile qui était Phil quelques instants plus tôt.

Dean me regarda d'un air coupable. « Je suis désolé » s'excusa-t-il.

Je leur souris. « Ne vous en faites pas » dis-je. « Juste, la prochaine fois, essayez d'être moins dramatiques. »

Ils rirent tout les deux. « Compris » répondit Sam.

« Alors qu'est-ce qu'il va arriver au club maintenant ? » demandais-je.

Sam haussa les épaules. « Ca peut fermer, ou quelqu'un d'autre va prendre la relève. »

« Genre un dieu romain ? » ironisais-je.

Dean rit. « Avec un peu de chance quelqu'un d'un peu plus mortel. »

Je soupirais en frottant mes poignets engourdis. « Je suis désolée d'avoir foiré le plan, les gars. » dis-je. « Je promets de faire mieux la prochaine fois. »

Les épaules de Sam s'affaissèrent et Dean parut être en désaccord avec moi. « De quoi tu parles ? » demanda Sam. « T'as rien foiré du tout. Le type est mort, pas vrai ? » releva-t-il.

Je hochais la tête. « Ouais, mais, je veux dire, je me suis incrustée dans le duo que vous aviez et je ne veux pas que vous pensiez que je serais un poids mort. »

« Hey, tu es tout sauf un poids mort » dit Dean fermement. « C'est seulement ta deuxième affaire et t'arrives encore à faire des références à Pretty Woman en étant attachée et sur le point d'être sacrifiée par un dieu grec. Je dis que tu t'en es pas mal sortie. »

« Ouais, Ray » dit Sam. « Dean a pleuré comme une fille après sa première affaire. » Je ris.

« Qu'est-ce que t'en sais ? » demanda Dean, en colère.

« Papa me l'a dit » répliqua Sam.

« Papa ne sait pas de quoi il parle » marmonna-t-il. »

« D'accord, d'accord » dis-je, essayant d'arrêter leur dispute. « Est-ce qu'on peut juste se tirer d'ici ? Je meurs d'envie d'enlever cette robe et ces talons. »

« Je peux t'aider pour ça » dit Dean avec un grand sourire.

Je soupirais de joie, heureuse de pouvoir continuer à me chamailler avec Dean après tout.


Bienvenue à tous mes nouveaux lecteurs et un grand merci à tous ceux qui nous ont rejoint en cours de route ! Vos reviews, follows, et favoris me touchent beaucoup !

Si vous avez des idées pour des chasses ou des scènes ou s'il y a quelque chose que vous voulez que j'inclue dans un chapitre, alors s'il vous plait faites-le moi savoir par review et je ferais mon possible pour le faire !

La majorité du travail est de planifier l'histoire, pas vraiment de l'écrire, donc une aide, ou des suggestions, rendront tout ça beaucoup plus rapide )

Salutations,

Mishel