Quelques jours plus tard, Elsa descendit déjeuner, comme chaque matin. Elle avait très mal dormi, d'un sommeil peuplé de cauchemars lui montrant Crow, va savoir pourquoi, de train de la pourchasser et de tuer des gens au passage Rêve stupide. Agacée par son inconscient qui l'empêchait de dormir, elle entra dans la cuisine d'un pas mal assuré. Sa sœur était déjà debout, comme toujours, et lisait le journal. La reine, mal réveillée, s'assit à coté d'elle et commença à boire son thé tout en lisant par-dessus son épaule. Les gros titres. Un homme échappé de prison. Flûte, encore du boulot pour le palais. Les citrouilles se vendaient mal. Article stupide, ce n'était pas la saison de toutes façons. Le pire fléau d'Arendelle a encore frappé. Allons donc, qu'est ce que c'était que ça encore ? ELle ne s'était pas tenu très au courant ces derniers temps... Elle baissa les yeux vers la photo qui illustrait l'article, et faillit s'étouffer avec son thé. Le corbeau aux yeux rouges qui fixait l'objectif de ses yeux rouges, sanglants dans la lumière du flash, elle le connaissait. Et pour cause, elle volait sur son dos tous les soirs. Elle toussa, s'étrangla et demanda du mieux qu'elle put à sa sœur :

« Anna, qui c'est celui-là ? »

La jeune femme la regarda.

« Quoi, tu le connais pas ! Le pire ennemi d'Arendelle, rien que ça ! Il paraitrait qu'il serait capable de se changer en oiseau. Personne ne sait qui il est, ni même comment il s'appelle, mais ça fait des mois qu'il terrorise notre pays. Il a tué des dizaines de paysans, d'une manière affreuse, immonde ! Il a éventré des jeunes filles, qui apparemment auraient été violées avant. Il a réduit en charpie leurs corps, et surtout leurs yeux, et il frappe tous les jours ou presque ! Nos sujets sortent le moins qu'ils peuvent le soirs, et tous se barricadent derrière leurs volets du mieux qu'ils peuvent. Comment toi, la reine, tu as pu ne pas en entendre parler ?

Anna ouvrait des yeux ronds. Mais elle revint très vite à sa tartine et à l'article suivant. Cette histoire, elle la connaissait depuis longtemps, et n'avait pas envie d'en parler trop dès le matin.

"Je… Je ne sais pas, je suppose que j'étais trop occupée je… Je…" tenta de se justifier Elsa
- Ouh la, toi le matin faut pas trop te parler ! » lança sa sœur malicieusement, interprétant mal son hésitation

« Je… Je vais remonter une minute, j'ai oublié quelque chose là haut… » balbutia la reine avant de grimper les escaliers d'un pas chancelant.

Ca ne pouvait pas être lui. C'était impossible. Crow n'aurait jamais fait ça, il ne lui aurait pas menti à ce point, sur tout… Si ?
Après réflexion, elle remarqua qu'ils n'avaient pas tant parlé que ça, et surtout, jamais, jamais de lui. Ils volaient, s'embrassaient, riaient, mais ne parlaient pas d'eux. Et elle ne savait rien sur lui. Un corbeau, ce corbeau précisément, avec cette cicatrice qu'elle trouvait si adorable juste en dessous du bec...L a cruelle vérité commençait à s'insinuer en elle comme un torrent et c'était une tempête qui soufflait sous son crâne. Elle s'enferma dans sa chambre, et là, doucement, elle se laissa glisser à terre et éclata en sanglots tandis que la glace s'étendait sur les murs à une vitesse folle.

Ce soir là, elle l'attendait de pied ferme devant sa fenêtre. Quand il arriva, Crow sentit tout de suite qu'il y avait de l'orage dans l'air.
« Bah alors Princesse, ça va pas ? » lança-t-il en s'approchant pour la prendre dans ses bras.
Elle le repoussa.

"Attends. Je viens de voir quelque chose dans le journal, et j'ai besoin que tu répondes à une question. Vraiment. Sincèrement. D'accord ?
-Tout ce que tu veux princesse !"il rigola, tentant de la reprendre dans ses bras.

Elle le repoussa à nouveau, et il finit par sentir dans son regard qu'elle ne plaisantait pas. Du tout.

"D'accord. Vas-y, pose ta question..." il soupira, pas vraiment emballé.
« C'est toi le tueur au corbeau ? C'est toi qui terrorise nos sujets et les tue depuis des mois ? »

Elle espérait toujours qu'il démente, qu'il lui dise que jamais il n'aurait fait ça. Mais à la place, il la regarda d'un air surpris. Puis éclata de rire. A gorge déployée, il riait, fort, un rire franc, comme s'il ne pourrait jamais s'arrêter.

« Ha ha ha. Qu'elle est mignonne la petite princesse ! » fit-il finalement après s'être essuyé les yeux.

Il tenta à nouveau de la prendre par la taille, mais elle se dégagea à nouveau.

« Allez trésor, me dit pas que tu le savais pas… Il fit dans un ton mi amusé, mi de reproche. Un corbeau dévaste ta ville, et tu sors avec moi. Qui t'emmène voler avec moi toutes les nuits. Bien sur que tu le savais ! »

Il se rapprocha encore et la prit contre lui de force. Il lui mordilla l'oreille pendant qu'elle tentait de se dégager, et il lui chuchota encore

"Tu ne le savais pas ?"

Elle secoua la tête, atterrée, tout en tentant de se libérer de son étreinte.

"Lâche moi, sale monstre ! Tu m'as manipulée, tu m'as fait croire que... Que je..."

Elle se tut. Elle ne voulait pas pleurer devant lui, surtout pas, pour rien au monde. Elle serra les dents, le plus fort qu'elle put, tandis qu'il approchait sa bouche de son oreille.

« Je t'attire. Beaucoup. Plus que tu ne te l'avoueras jamais. Au fond, tu aimes ça, le mal ! » susurra-t-il

Il posa un baiser sur ses lèvres, un baiser brûlant, passionné, et elle sentit, malgré elle, son corps le rendre, se couler dans ses bras. Quand il la lâcha finalement, il éclata à nouveau de rire, et il s'envola, tandis qu'elle restait, terrorisée, devant sa fenêtre ouverte. Elle frissonna, et la ferma avant de se laisser tomber contre le mur et d'éclater en sanglots. Mais qu'est-ce qui se passait ?