Un grand portail noir, digne d'un film d'horreur. Juste devant mes yeux.

Soudain, je me rappelai de ces dernières semaines : tout d'abord, le début des vacances, ma petite ballade dans le chemin de traverse. En pleine réparation, il était toujours un peu étrange, lugubre, macabre. Divers regards se tournaient vers moi sans cesse : certains de joie, d'étonnement, et d'autres de dégoût. Ce dernier point m'angoissa, et je ne fis qu'une brève interprétation : rien n'était terminé. Cela prendrait-il fin un jour ?

Puis, quelques jours plus tard, je toquais maladroitement sur la porte des Weasley, tendue.

Molly avait évidemment ouvert, ravie de me voir, prenant mes joues dans ses doigts ce qu'en fait, je n'appréciait que très moyennement. Ginny se rua sur moi, accompagné d'Harry et ils me serrèrent fortement. Quand a Ron, il se comportait tout a fait correctement en présence de sa mère, mais son hypocrisie ressortait à chaque regard posé sur moi, ou Harry.

Je fus rapidement étouffée par ce foyer, malgré la présence bienveillante de mes deux amis. Je leur souhaitait longuement de bonnes vacances avant de me libérer l'esprit, transplanant entre maisons et forêts.

Et puis je me retrouvai là, devant cette immense bâtisse, face à ce portail pointu et menaçant, comme figée. Le froid entrait par tout mes pores, le vent faisait voleter ma cape noire et menaçait même d'enlever ma capuche qui me protégeait du monde extérieur : car oui, depuis ma petite visite au chemin, j'avais ressenti le besoin irréel de m'habiller de la même façon que mes acolytes serpentards : Longue cape noire, capuche large me couvrant et me rendant inconnue du monde.

Un «crac» sonore retenti tout près de moi.

-Ceci est la Demeure de Mr Malefoy, commença-il sur une voix assurée. Il ne vous est pas permis de rester ici sauf si vous y êtes invité, Désolé, sorcier ou sorcière.

-oui, fus tout ce que je pu articuler. Un seul mot pour dire que j'étais vivante.

Quelques instants de silence plus tard, un autre petit bruit s'amena a mes oreilles, et on vint chercher ma main inerte et gelée.

-Granger ?

-...

-Hermione...

Soudain, mon corps réagit : Un violent frisson de froideur s'empara de moi, et je pressai fortement cette main chaude et réconfortante.

-Il n'y a que moi, ici. Personne ne te fera de mal, je te le jure. Par Salazar, tu est si froide ! On te croirait morte.

-Je...je suis vivante, dis-je comme une évidence, n'apercevant même pas ma phrase inutile.

-ça je sais ! Rigola-il. Allez, ne restons pas là. Les Elfes attendent ta venue.

-Les Elfes ?

-Mes Elfes de Maison. Je leur parle de toi, maintenant.

Sans aucun bruit, le portail s'ouvra : Je l'observait, désormais impassible. Je n'avais pas peur, je n'avais plus peur. J'étais forte, courageuse, et je ne laisserai personne m'enlever ma détermination a rentrer dans cette maison coûte que coûte. Et puis il y avait sa main dans la mienne, étriquée.

Après une centaine de pas, j'entrai enfin dans cette demeure de malheur. Je me remémorai les instants passés dans ce salon, la douleur, la souffrance, mais je ne perdis plus pied : tout cela allait changer.

D'ailleurs, cette pièce avait un peu changée elle aussi : malgré le fait qu'elle soit toujours froide, distante et sombre, elle n'était plus si lugubre que dans mes souvenirs : quelque chose, des détails la rendait plus « humaine ». Peux-être les fleurs sur la cheminée, les braises, le tapis, le journal froissé ou les tableaux changés depuis.

La cuisine était resplendissante : Propre au summum de l'hygiène et deux Elfes vêtus de vêtements corrects cuisinaient sans perdre allure. Lorsqu'ils me virent, ils sourirent sincèrement, m'accordant une révérence digne de ce nom.

-Bonjour Princesse. Maître a tenu a ce que tout soit parfait pour vous. Nous vous préparons un repas digne de vous nous l'espérons, avait dit l'un d'Elfe, avant de retourner a la cuisine.

-Pourquoi m'appellent-ils « princesse » ?

-Parce que je leur ai dit de t'appeler ainsi, me sourit-il narquoisement.

-Mais je...

-Si je suis le prince des Serpentards, et je le suis, tu est la princesse...

-Monsieur se dit prince, maintenant ?

-Tout le monde m'a toujours appelé comme ça, granger, grimaça-il.

-D'accord Mônsieur le Prince des Verts et argents ! Rigolais-je devant son air vexé.

-Je préfère ça !

Nous parcourûmes le grand manoir, et arrivâmes enfin dans une bibliothèque : une grande, large, lumineuse bibliothèque ou trônait des livres, dont certains très anciens et ou une curieuse ambiance magique stagnait.

-Il y a des livres qu'il ne vaut mieux pas lire, ici. Dit-il simplement. Mais j'aime beaucoup m'y reposer.

Par la suite, nous nous attardions pas sur d'autres salons, une grande salle de potions, d'innombrables rangements a ingrédients, débarras, reliques, de nombreuses salles d'eau et chambres, puis enfin, la sienne arriva. Je la reconnus de suite, comme si je l'avais déjà vue. Elle sentait son odeur, me procurant un frisson de bien être. Elle était aussi bien rangée que les autres, propre, nette, sans une poussière. Seule nuance : un tas d'affaires soigneusement pliées trônaient sur le lit vert et argenté, qui paraissait étrangement doux et confortable, comme du velours. Elle avait des couleurs froides : vert et argent, évidemment. Cela me plaisait.

Puis, Drago me lâcha la main, avant d'ouvrir son placard.

-Je n'autorise pas les Elfes a rentrer dans ma chambre, commença-il. D'ailleurs, je m'occupe de mes affaires seul. Je n'aime pas qu'on fouille dedans.

-Même pour eux ?

-ça a toujours été comme ça. C'était le seul endroit de ce fichu manoir ou je pouvais me libérer de mon père et des autres, continua-il, crispé, faisant grincer ses dents.

Il posa un paquet sur son lit, puis m'invita à avancer.

-qu'est ce que c'est ?

-Un cadeau de ma mère.

Je ne comprenais pas vraiment son cinéma. Il m'intima d'ouvrir ce paquet trop parfait a mon goût. J'avais même honte de le déchirer ! Il me regarda avec amusement, et mon souffle fut coupé.

Je me retrouvai devant le miroir, à contempler ce qu'il venait de m'offrir.

Une Cape noire, d'un tissus plus noble encore que la soie tombait jusqu'en bas harmonieusement. La douceur me plongeai dans un semi sommeil tellement elle était confortable et épaisse. La capuche, large s'affaissait légèrement sur mes épaules et se fermait grâce a une ficelle couleur argent, orné d'un petit serpent lui même de ce métal. Les coutures vertes donnait un ensemble très serpentard a cette cape, et même le blason discret représenté se mariait parfaitement bien.

Je me reconnus a peine devant le miroir, voyant d'abord un mage de la maison la plus charismatique de Poudlard, représentant puissance et force même si on ne voyait que la cape.

C'est l'avant dernier chapitre de cette partie !
En espérant que cela vous ai plu,

A dans quelques semaines !