Chaud les marrons ! Voici le deuxième chapitre de Noël. Je pense qu'il y aura moins de lecteurs que d'habitude parce que quand même à Noël on a d'autres choses à faire que d'aller lire des fanfictions… mais bon j'espère que ceux qui passeront là pendant la semaine en profiteront, car ils n'auront pas d'attente pour découvrir la première partie du samedi entre Ed et Bella.

De plus, voici la fin de mes cadeaux : un site internet rien que pour mes petits écrits ! Le lien est sur mon profil, mais sinon c'est http:// claireeclair. loumpa. fr il y aura plus d'interactivité, des images etc.


Chapitre 18 : Esmée

Mon premier réflexe au réveil fut de surveiller la météo. Je poussais un soupir de soulagement en constatant qu'il faisait gris, comme d'habitude. Ma journée avec Edward pouvait donc avoir lieu. Depuis que j'avais sauvé Julie grâce à Edward, Steph avait changé d'avis sur ce dernier et se faisait un malin plaisir de me taquiner avec ma soi-disant relation avec le canon de l'université. Si seulement elle avait eut raison… Ce matin, elle me fut quand même d'une aide précieuse en me conseillant malicieusement sur le choix de mes vêtements, de la couleur de mon soutien gorge au pull que j'allais porter. Je me retrouvais donc affublée d'un jean noir, d'un chemisier blanc trop décolleté à mon gout et d'un sweat-shirt gris arborant le sigle des New-Yorks Yankees pour cacher tout ça. L'idée du sweat venait de Steph car, je cite : ''le but étant que tu l'enlèves pour garder la surprise sur ce qu'il y a dessous''. Je ne relevais pas la stupidité de son raisonnement, supposant qu'Edward s'arrêterait au sweat trop large et me verrait comme ce que j'étais : banale et effacée. J'étais cependant trop pudique pour me balader seulement en chemisier, et je me réjouissais de la barrière que m'offrait le pull face au monde extérieur.

Steph partit faire son jogging matinal à 9h59, et à 10h00 précises, Edward frappa à ma porte. Lorsque j'ouvris, je regrettai amèrement l'idée du sweat-shirt. Edward, non content d'être le garçon le plus magnifique de tout l'univers avait décidé de se faire encore plus beau que d'habitude. Aux pieds, ses habituelles Paul Smith blanches narguaient mes converses de cuir noir. Pourtant, avant qu'il arrive, j'étais très fière de mes chaussures. Il portait un jean bleu nuit et une chemise bleu claire. Est-ce que je lui avais déjà dit que le bleu lui seyait au teint ? Il ne me semblait pas, mais lui devait le savoir. Et comble de la honte, il avait choisi une veste grise, me rappelant au passage que mon sweat était hideux comparé à son caban. Evidemment, il n'avait remarqué que ça :

-Tu supporte les Yankees ?

Je secouai la tête en guise de réponse.

-Non, mais il fallait bien un pull pour affronter le froid de septembre…

Bizarrement, mon excuse ne semblait pas lui convenir, et je priai pour qu'il n'ait pas entendu les pensées de Steph lorsqu'il était arrivé.

-Tu n'as pas croisé Steph ?

-Non, pas du tout…

Mon soulagement dû se voir car le traître s'empressa d'ajouter :

- Pourquoi espérait-elle que tu enlèves ton pull ?

-Laisse tomber.

Honnêtement, je me voyais mal lui expliquer la base de la complicité féminine lorsqu'une fille doit séduire un garçon. Gloire à moi, il ne releva pas et me demanda si j'étais prête. Je pris mon portable et lui demandais d'attendre deux petites secondes. J'avais en effet complètement oublié que nous étions le 13 septembre, jour de ma naissance, et trois textos m'attendaient sagement. Je déteste particulièrement mes anniversaires, mais à Dartmouth personne n'était au courant donc j'aurais la paix, au moins cette année. Je soupirais en pensant : 18 ans, me voilà. La journée fatidique ne s'annonçait pas si mal partie pour une fois. Je répondis rapidement à mon père, ma mère et Jacob en promettant aux deux premiers de les appeler dans la soirée. Je laissais mon portable dans la chambre car il ne me serait d'aucune utilité aujourd'hui.

Enfin, j'étais prête à affronter une journée seule en compagnie d'Edward. Je me laissais jusqu'à ce soir pour deviner si mes hormones étaient seules responsables de mon attirance, ou si j'étais vraiment amoureuse. Rien que le mot me faisait peur, alors je ne savais pas trop que penser vis-à-vis d'Edward. Je craignais de m'attacher à lui, mais j'avais déjà l'impression qu'il était trop tard. Chaque fois que je pensais à lui, mon cœur se tordait comme si j'avais peur de ne plus jamais le revoir. Comme si j'étais angoissée de ne pas être là où il était. Actuellement, il m'attendait en silence sur le pas de la porte, n'osant interrompre le flux de mes pensées. Chassant tout ça de ma tête, je le rejoins et mon cœur s'allégea au fur et à mesure que la distance entre nous s'amenuisait.

*
**

Je m'étais attendue à retrouver l'Aston Martin en bas de la résidence, et je fus surprise de découvrir une voiture presque quelconque, grise métallisée. Je devinais cependant qu'Edward aimait le style un peu sportif.

-Tu as laissé tomber le luxe ?

-Beaucoup trop ostentatoire pour aujourd'hui.

-Et c'est quoi ça ?

-CA, c'est une Volvo C30, et si mademoiselle veut bien se permettre…

Il m'avait ouvert la porte et attendait que je me glisse à l'intérieur. Je me demandais si je m'habituerai un jour à la galanterie, mais je pénétrais dans l'habitacle doucement, vérifiant au passage si ses frères n'avaient pas eu la bonne idée de s'incruster. Heureusement, nous étions seuls.

-On va où ?

-Windsor.

-Je ne connais rien à la géographie de la région…Je ne suis pas d'ici.

-C'est à 75 kilomètres au sud.

-Et qu'est-ce qu'il y a là bas ?

-Une librairie.

Je passais la demi-heure de trajet à me demander pourquoi on allait si loin pour une simple librairie. Une fois arrivés à destination, je réalisais qu'on avait dû rouler à plus de 150km/h sur des routes de campagne. C'était louche :

-Tu n'as pas roulé un peu trop vite ?

-Tu ne t'en es même pas rendu compte.

D'abord, il ne niait pas, mais en plus ce gougeât ne s'excusait même pas ! Je me promis de faire attention au compteur lors du retour. Mais j'étais prête à parier qu'il serait alors respectueux du code de la route. Je sortis de la voiture et contemplai les environs. C'était une petite ville qui avait gardé son âme de village tout en s'agrandissant et en se modernisant. Nous étions dans la rue principale, ornée de part et d'autres de petits magasins. Edward s'était garé pile devant une librairie. Je lui faisais remarquer le panneau interdiction de stationner, il me jura que la propriétaire ne lui en tiendrait pas rigueur. Il semblait connaisseur. La librairie semblait très accueillante, avec cet extérieur en bois blanc et ses petites fenêtres. Je remarquais en m'approchant que la décoration était faite pour être chaleureuse. Edward ouvrit la porte et me laissa m'engouffrer dans le magasin la première.

J'avais raison, l'intérieur était plus qu'accueillant. Il y avait des fauteuils marrons orangés de chaque côté des innombrables rayonnages qui pliaient sous le poids des livres. La lumière était très intense lorsqu'on se rapprochait des étagères blanches remplies de romans, et plus diffuse lorsqu'on s'en éloignait. Il y avait des rideaux aux fenêtres, pour préserver une sorte d'intimité. J'avais l'impression d'être dans l'antre de la littérature. Romans policiers, aventures, anglophones et étrangers… Des livres pour enfants, adolescents et adultes… Il y avait vraiment tout. Ici, on aimait les livres et ça se ressentait. L'ambiance était cosy, et je n'avais qu'une seule envie : prendre un livre au hasard et me blottir dans un fauteuil. La propriétaire avait su retranscrire l'ambiance qu'il peut y avoir lorsqu'on est enfermé dans un bon livre.

-Comment as-tu découvert cette librairie ? C'est fantastique.

-Ce jeune homme n'a eu aucun mérite.

Je me tournais vers la femme qui avait dit cela. Elle n'était pas très grande, et avait des cheveux châtains qui lui tombaient légèrement en boucles sur les épaules. Elle devait avoir un peu moins de 40 ans, et je la trouvais belle. Non pas que ses traits soit fins, que son physique soit délicat ou bien en forme. Non, elle dégageait une aura de bien-être, son sourire était éclatant, son air bienveillant, et ça la rendait magnifique. Dans cette librairie, elle se confondait avec l'atmosphère. Elle devait sûrement en être la propriétaire, et connaissait donc Edward. Je trouvais tout de même ses paroles un peu familières. Je ne savais pas trop quoi répondre, et Edward me sauva en faisant les présentations :

-Bella, je te présente Esmée, ma mère. Maman, voici Bella.

J'ouvrais la bouche d'étonnement tandis que des exclamations se battaient dans ma tête : Traître ! Gougeât ! Scélérat ! Saleté de vampire ! Edward m'avait emmené mine de rien dans la boutique de sa mère. Je le maudissais de m'avoir caché ce petit détail pas si insignifiant, mais je devais vite parler avant de passer pour une attardée :

-Bonjour.

-Enchantée de faire ta connaissance Bella. Edward m'a quelque peu parlé de toi.

Je levais un air interrogateur vers celui-ci, et il haussa les épaules. Je lui demanderai plus tard des explications, je me devais de cultiver ma sociabilité :

-Votre librairie est superbe. L'ambiance qui y règne…c'est quelque chose.

-Merci Bella. Je te laisse en profiter alors.

Et elle partit au comptoir qui était à l'autre bout de la boutique. Je me retournais vers Edward en lui jetant un regard noir. Il ne se laissa pas désemparer et commença à me louer les avantages d'avoir une mère libraire, avec un petit sourire en coin. Je le laissais parler sans lui répondre. Je réfléchissais à ma colère et ma vengeance. Je ne pouvais pas décemment lui passer un savon devant sa mère, mais à partir du moment où je sortirais de la librairie… Pendant qu'il parlait, je flânais dans les rayons. Je m'arrêtais devant le livre d'Anne Rice, Entretien avec un vampire. Edward me chuchota à l'oreille que ce serait de très mauvais goût d'acheter ça en connaissance de cause. Je lui demandais alors si sa mère était comme lui.

-Evidemment ! Elle est ma mère adoptive pour les papiers administratifs. Mais je l'aime comme une vraie mère.

Je n'en doutais pas, et je m'en voulus presque de vouloir crier sur ce garçon si aimant. Je choisis un livre que je désirais lire depuis des années : Les hauts de Hurlevent. Edward était presque choqué que je ne l'ai jamais lu. Selon lui, ce livre était un chef d'œuvre même si certains personnages dont je ne retins pas les noms méritaient des claques. Je me dirigeais vers le comptoir pour payer, presque triste de devoir sortir de cette librairie. Sa mère m'offrit le livre, et me demanda de revenir quand je voulais. Je la saluais en souriant et sortis de la boutique.

Une fois devant la voiture, je réussis à garder mon calme tout en mettant une certaine rancœur dans ma voix :

-Tu aurais pu me prévenir.

-De quoi ?

Je détestais son air innocent. Je détestais qu'il réussisse si bien à jouer la comédie. Enfin je détestais qu'il m'ait eut.

-Que ta mère tenait la librairie.

Il se concentra en fronçant les sourcils :

- Laisse-moi deviner… Si je te l'avais dit, aurais-tu accepté de venir ?

-Sûrement pas.

-Alors je suis content de te l'avoir tu. Pourquoi ne serais-tu pas venue ?

Je me mordis la lèvre inférieure. Ses questions, pourtant simples, me rendaient nerveuse.

-Je ne sais pas… Ca fait bizarre.

C'est vrai, je ne savais pas réellement pourquoi je lui en voulais. Lorsque j'avais appris qu'Esmée était sa mère, mon ventre s'était douloureusement tordu, et j'avais eu honte de moi. Edward avait dû présenter une fille affreusement banale à sa mère, alors que c'était un être exceptionnel. J'avais l'une des réponses à mes questions. Si je me souciais de sa mère, alors j'étais vraiment amoureuse. Pauvre de moi, je ne voyais pas comment ça pouvait être réciproque.

Il était près de midi, et Edward proposa de m'inviter au restaurant. J'étais encore perdue dans mes pensées, et je me demandais s'il considérait ça comme un acte amical ou plus que ça. Certes, j'étais amoureuse, mais je ne devais pas devenir comme ces adolescentes béates qui décortiquent tous les faits et gestes de celui qui a eu la malchance de toucher leur cœur. On verrait bien ce qui arriverait.

Je repoussais mes divagations sentimentales, et me concentrais sur le regard curieux d'Edward. Le pauvre semblait désemparé de ne pas pouvoir lire mes pensées, et je ne pouvais que m'en réjouir. Son intérêt pour ma petite personne me rappela qu'il était sensé parler de lui aujourd'hui. Je me fis le serment de connaître son histoire avant d'attaquer le dessert.