Salut à tous et bienvenue à mes nouveaux lecteurs. Je suis très contente de voir de nouvelles ''têtes'' arriver… A part ça, j'ai posté dans la semaine mon OS pour le concours Bloody Valentine il s'appelle Et que l'enfer devienne paradis et il est rated M donc les mineurs c'est pas pour vous lol.

Je ne l'ai pas dit dans toutes mes réponses aux reviews, mais j'espère que Noël s'est bien passé chez vous, et que vous êtes prêts pour le réveillon du jour de l'an ! Le champagne c'est très bon, mais si vous êtes moins riche, je vous conseille la Clairette de Die, ça vient de par chez moi et c'est encore meilleur ! (pas taper…)


Chapitre 19 : Les liens du sang

Windsor semblait perdue dans la nature, entourée de forêts et de lacs. Edward m'emmena dans un petit restaurant sur le bord d'un des plans d'eau. L'air était frais dehors, et nous nous sommes installés à l'intérieur du petit chalet. J'avais presque envie de tester la théorie de Steph sur le pull car un feu de cheminée avait été allumé, et il régnait dans la salle une agréable chaleur. Edward demanda une table pour deux, et le serveur nous emmena dans un coin isolé.

Une fois assise, j'enlevais mon pull. Je pus apercevoir le regard d'Edward qui glissa rapidement sur ma poitrine et mes bras nus avant de revenir sur mon visage. Ca avait été furtif, mais j'en étais presque sûre. Je devrais remercier Steph ce soir. Cependant, j'étais légèrement gênée d'être détaillée comme ça, et Edward en profita pour me rendre encore plus mal à l'aise :

-Je comprends pourquoi Steph voulait que tu enlèves ce pull.

Je rougis plus que nécessaire.

-Autant j'adore quand tu rougis, autant tu n'as pas à avoir honte. Tu es magnifique Bella.

Il avait l'air vraiment honnête, mais je ne pus m'empêcher de me sentir embarrassée. Qu'Edward Cullen me complimente avec ses lèvres sculptées à la perfection me rendait nerveuse. Je devins cramoisie et m'apprêtais à remettre le pull. La main d'Edward se referma brusquement et fermement sur mon poignet pour interrompre mon geste. Il ne m'avait pas fait mal mais ça aurait pu. Je retins une exclamation surprise tandis qu'il s'excusait puis me demandait :

-S'il te plaît, reste comme ça Bella.

Ses yeux dorés me suppliaient tandis que ses doigts froids effleuraient l'endroit où il m'avait attrapée. Je ne savais pas trop si j'avais l'air plus appétissante que d'habitude en décolleté où si c'était l'homme derrière le vampire qui parlait. Dans le doute, je décidais de rester ainsi et de ramener la discussion sur lui :

- Parle-moi de toi.

J'avais attendu ce moment toute la semaine, il était temps qu'il me raconte son histoire. Il me sourit en m'ordonnant :

- Manges d'abord.

Après un rapide coup d'œil à la carte, je commandais des lasagnes histoire de comparer avec les miennes. Puis mes yeux fixèrent l'ambre de ses prunelles, et j'attendis.

Lors du repas, j'appris donc qu'Edward était né en 1842 à Paris. Il parlait évidemment le français, puisqu'il avait grandi en France. Je devais donc prévenir Steph de ne plus faire d'allusions douteuses dans la langue de Molière devant lui, il comprendrait… En 1860, après une enfance humaine et heureuse, il avait été transformé par une famille de vampires italiens très puissants. Vu son physique, Edward était sensé être un gigolo, il n'y avait pas d'autre terme. Cependant, les Volturi –car c'était le nom de cette famille royale- décelèrent son pouvoir avant qu'il ne puisse commencer son ''travail''.

Je soupirais de soulagement. Autant ça ne me dérangeait pas d'être amoureuse d'un vampire, autant savoir qu'il aurait vendu son corps, si magnifique soit-il et même sous la torture, ne me plaisait guère. Je crois que j'étais légèrement jalouse et possessive.

Les Volturi préférèrent alors le prendre à leurs côtés, et il les aidait grâce à leur pouvoir. Edward n'en dit pas plus, comme il ne révéla pas ses habitudes de vie à cette époque. Ca ne me regardait pas, mais je sentais qu'il n'était pas fier du lui. Ses yeux avaient noircis lorsqu'il avait évoqué cette période. Et surtout, alors qu'il m'avait fixé tout le repas, il avait eu tendance à fuir mon regard lorsqu'il parlait des Volturi.

Il avait vécu de 1860 à 1900 en Italie, et était donc bilingue. Exit l'italien pour les conversations féminines Steph-Bella pensais-je en soupirant. Dommage, je ne maîtrisais plus d'autres langues. En 1900, une rencontre changea brutalement le cours de son histoire, celle avec un dénommé Carlisle. Les yeux d'Edward scintillèrent lorsqu'il évoqua ce nom, et jamais il ne m'avait paru si heureux qu'en cet instant, comme s'il revivait les premiers instants de leur relation. Carlisle, blondinet d'une quarantaine d'année en apparence selon Edward, venait d'Amérique pour une rencontre de protocole avec les Volturi. Anglais d'origine, il avait fait partie de l'entourage des Volturi pendant une dizaine d'années, quelques temps avant l'arrivée d'Edward. Il était ensuite partit aux États-Unis et avait essayé un nouveau mode de vie : le régime végétarien, soit du sang animal.

Edward, qui était apparemment désespéré de travailler pour les Volturi vécut cette rencontre comme une bénédiction. Il cherchait depuis des années une échappatoire aux Volturi et à leur mode de vie si ''monstrueux'' et ''dénué d'humanité''. Carlisle se prit d'affection pour ce jeune homme qui partageait ses idéaux, et ils réussirent à partir ensemble d'Italie. Une fois aux Etats-Unis, Edward dut apprendre l'anglais mais put commencer une vie qu'il trouvait ''monotone mais tellement humaine''. Le regard d'Edward s'éteignit progressivement, comme s'il avait perdu la joie d'avoir rencontré Carlisle. Comme si un siècle de presque-humanité l'avait lassé. J'aurais tellement aimé lui apporter ce qui lui manquait, mais j'étais incapable de mettre le doigt sur la personnalité complexe d'Edward. Il voulait une vie humaine, mais il semblait s'ennuyer.

En 1902, Carlisle, désormais père adoptif d'un garçon de 18 ans, transforma Esmée qui devint sa femme et la mère adoptive d'Edward. En 1969, ils croisèrent la route d'un humain, Emmett, qui était en train de mourir, seul et rejeté par sa famille. Carlisle le transforma pour en faire un frère à Edward, qui se languissait malgré l'amour que lui portaient ses parents adoptifs. En 1990, Jasper les trouva par hasard dans une de leur résidence fixe et choisit de rester avec eux. C'était un vampire usé par la violence qu'il avait utilisée lors des siècles précédents, et prêt à essayer le régime de cette étrange famille. Malgré ses difficultés à suivre leur mode de vie, il est resté avec eux, lié par le même amour qui unissait déjà le reste de la famille.

-C'est tout ?

J'en étais au dessert, mais j'aurais bien aimé que son histoire dure encore des heures. Ca me passionnait. Je découpais un morceau de tarte aux pommes et le mit dans la cuillère.

-Pas vraiment. Il reste un dernier détail que tu dois savoir, mais je ne sais pas trop comment te le dire.

Je l'encourageai de la tête.

-Alec est mon frère.

-Et ?

Je ne voyais pas ce qu'il y avait d'important dans cette information. Jasper et Emmett aussi étaient ses frères. Je pensais que c'était une expression commune pour désigner les autres vampires.

-Mon vrai frère Bella. Mon frère de sang. Mon frère aîné.

Je reposais le morceau de tarte aux pommes dans mon assiette, incrédule. Il se dépêcha de m'expliquer :

-En fait les Volturi étaient venus transformer notre petite sœur Jane. Cette créature démoniaque faisait déjà souffrir les humains de son vivant et les Volturi lui avaient prévu une place à leurs côtés. Ils ont trouvé qu'Alec et moi étions appétissants, et nous ont transformés en même temps qu'elle, mais pas pour les mêmes raisons.

Mon cerveau n'arrivait pas à assimiler l'information. Alec, Jane et Edward, frères et sœur dans les années 1850 en France. Edward faisant jouer Jane à la marelle, Alec les surveillant du haut de son grade de frère aîné. Vraiment, il y a des choses que je ne pouvais pas imaginer.

-Heureusement pour Alec, il avait lui aussi un pouvoir.

J'étais étrangement soulagée qu'Alec n'ait pas eu à offrir son corps. Edward m'apprit qu'Alec pouvait manipuler son auditoire grâce à sa voix. Il avait servi les Volturi avec plus d'entrain que lui, et, grâce à Jane qui le vénérait, il était devenu l'un de leur plus fidèle bras-droit. Edward n'avait plus eu de leurs nouvelles depuis 1900, et apparemment, il ne regrettait pas d'avoir coupé les ponts. La famille qu'il s'était construite lui convenait mieux que sa fratrie originelle. Il les haïssait, et aurait préféré qu'ils restent en Italie.

Je ne réussis pas vraiment à finir ma tarte aux pommes. Edward paya et m'entraîna dehors. Il me proposa de marcher autour du lac et je le suivis avec entrain, moi qui n'étais pas une grande marcheuse. Il était totalement hors de question que je sois la première à demander de rentrer. Je voulais prolonger ce moment en compagnie de mon moins-en-moins mystérieux camarade à la beauté surnaturelle. Je levais les yeux au ciel et vit que les nuages se dissipaient progressivement. Edward suivit mon regard et son sourire triste m'informa que je n'allais pas aimer ce qu'il allait dire :

-Je crois que je dois rentrer Bella.

-Le soleil ?

Il acquiesça. Ma curiosité l'emporta sur ma tristesse :

-Ca te fait quoi au juste ?

-Ca m'endort.

Je m'étais attendu à un truc presque horrible et sanglant, et la banalité de la réponse me laissa bouche bée.

-Tu veux bien préciser.

Il s'agita et parla avec plus d'énergie que d'habitude.

-C'est complètement stupide cette histoire de soleil ! En fait, la lumière nous affaiblit, et en plein soleil, on ne peut faire rien d'autre que s'endormir.

-Tu veux dire que là si un rayon de soleil perçait, tu t'endormirais sur le champ, sans même finir ce que tu es en train de dire ?

-Il faudrait plus qu'un seul rayon de soleil. Mais en gros tu as compris l'idée.

-Et quand il y a des nuages ?

-Je me sens juste las et fatigué. Notre résistance à la lumière s'est améliorée au fil du temps, grâce aux inventions humaines. Nous avons muté en quelque sorte. Tu ne te rends pas compte la luminosité que dégages une ville au 21ème siècle en pleine nuit. Au fur et à mesure de l'histoire nous avons de moins en moins craint le soleil. Peut être même qu'un jour on pourra sortir sous un beau ciel bleu.

Je vis qu'il espérait cela comme on attendrait un miracle. Je me doutais que l'évolution vampirique ne devait pas être très rapide, mais qu'il avait de toute façon l'éternité pour changer. Après tout, il reverrait peut être un jour le ciel sans nuages. Je l'espérais fort pour lui.

-Donc tu ne brûles pas au soleil ?

-Dracula non plus je te signale… C'est Anne Rice qui a inventé ça. Pure mystification

-Dracula ?

-C'est un super pote…

Je fronçais les sourcils, alors que ses lèvres esquissaient un léger mouvement.

-Tu rigoles là?

Il haussa les épaules sans se départir d'un sourire mystérieux et indéchiffrable. Interdite, je continuais sur mes interrogations vampiriques :

-Et tu dors dans un cercueil ? Tu crains l'eau bénite ?

-Ce ne sont que des mythes. Je dors dans un lit, aussi moelleux que le tien j'imagine. Maintenant, ça te dérange si on rentre ?

Nous nous sommes dirigés doucement vers la voiture, comme si aucun de nous n'avait envie de finir cette journée. Je me calais dans le siège passager lorsqu'une idée me traversa l'esprit :

-Tu veux que je conduise ? Si tu t'endors au volant…

-Admire le travail Bella.

Il appuya sur un bouton du tableau de bord. J'entendis de légers cliquetis au niveau des portières et du capot. Puis, les fenêtres rentrèrent dans le corps de la voiture, tandis que d'autres, teintées cette fois ci se mettaient doucement en place. Pendant ce temps, les pare-brise se faisaient recouvrir d'un film noir. La Volvo était maintenant à l'abri de tout regard indiscret, et empêchait les rayons du soleil d'endormir mon chauffeur. Edward me précisa que teinter les vitres leur donnait juste un peu de répit en cas de plein soleil. En tout cas, c'était intelligent.

-Nos voitures ont toutes les vitres teintées.

-Vous en avez beaucoup ?

-Au moins une chacune. Mes parents habitent Windsor en fait, et c'est là qu'elles sont toutes. Sauf ma Volvo.

-Que fait ton père ?

-Il est médecin à l'hôpital.

-Et Jasper, Emmett et toi vivez seul à Dartmouth ?

Il acquiesça. Là, c'était le moment idéal pour lui demander s'il était célibataire, s'il était déjà tombé amoureux, s'il était déjà sorti avec une vampire, ou même une humaine. Mon besoin impérieux de le questionner fut vite mis à mal par ma timidité et ma pudeur face à de tels sujets. Il était presque 15heures, j'avais passé beaucoup de temps avec Edward, je ne voulais pas briser cette bonne journée. Finalement, c'était bon d'avoir 18 ans. Je ne surveillais pas le compteur de vitesse, mais je fus presque convaincue qu'Edward roula lentement. Une fois devant ma résidence, mon cœur se serra. A Dartmouth, il ne faisait pas spécialement soleil, donc il n'y avait plus de raison de se séparer. Pourtant, je devais bien sortir de cette voiture. Je ne voulais pas partir, je ne voulais pas quitter Edward.

Je détachais ma ceinture en soupirant. Edward eut la gentillesse de me prévenir :

- Steph attend ton retour avec impatience, elle a des questions à te poser…

-Ca marche a combien de distance ton pouvoir là ?

-Au plus je connais les gens, au plus ça fonctionne loin. Mais j'ai aussi mon ouïe qui me fait entendre plus finement que les humains. D'ailleurs, si tu veux vérifier, passe devant la chambre de Rose...

Je fronçais les sourcils. Il se pencha délicatement vers moi, et je remarquai alors qu'il n'avait pas mis sa ceinture. Tout doucement, ses lèvres s'approchèrent de mon visage. Il était plus grand que moi et je sentis la fraicheur de son baiser sur mon front, tandis que mes yeux se fermaient. Je savourais cette sensation de bien être qui partit de mon front pour se répandre dans tout mon corps, et plus spécialement dans mon cœur et mon bas ventre. Je rouvris les yeux, Edward était en train de revenir à sa place. Alors que j'avais envie de sauter de partout, mue par une joie impériale d'avoir eut droit à un baiser, je réussis extérieurement à garder mon calme en lui souhaitant une bonne fin de journée et je sortis de la voiture, le pull gris à la main. J'hésitais à le remettre mais comme je sentais encore le regard d'Edward posé sur moi, je n'en fis rien. Steph m'avait vraiment transformée. J'adressai un rapide signe de la main à mon chauffeur et je montais au troisième étage. En passant devant la chambre de Rose j'entendis effectivement un ''oh… oh… Emmeeeeeeeeeeeeeett'' un peu trop suggestif. Rose prenait du bon temps avec un vampire ? Je fus à la fois soulagée et choquée de savoir que c'était possible.

C'était en imaginant à quoi pouvait bien ressembler une partie de jambe en l'air vampirique que je rentrais dans ma chambre. Elle était remplie de monde. Steph, Mike, Alizée, Julie et Anaïs faisaient un Twister en plein milieu. Ils ne m'entendirent pas arriver tellement ils rigolaient, et je me joins à eux vu la position qu'ils avaient. Je regrettais de ne pas avoir un appareil photo pour immortaliser la scène. J'avais face à moi un amas indescriptible de membres, et j'étais incapable de deviner à qui appartenait quoi. Mon rire les fit sursauter et la pyramide humaine s'écroula dans un fou rire général. J'étais heureuse de les voir s'amuser, après tout ma bonne journée n'était peut être pas finie.

Steph fut la première à se relever et me sauta dessus :

-Bon anniversaire Bella !

Aussitôt, je fus prise moi aussi dans une avalanche de bras qui voulaient me serrer et des bouches qui voulaient m'embrasser. J'étais un peu gênée par l'effusion de sympathie en provenance de mes amis.

-Comment vous avez su ?

- Un certain Jacob t'a appelée au moins 40 fois aujourd'hui. J'ai fini par lui répondre et il m'a expliqué que c'était ton anniversaire.

Je maudissais mon ami Indien. Pourquoi m'avait-il autant appelé ? J'étais pourtant sûre d'avoir répondu à son texto.

-Et tu lui as donné quoi comme explication ?

Elle me sourit innocemment.

-Que tu sortais avec le plus beau garçon de l'université.

Elle avait souligné cette phrase par les mots français qui sortaient de manière si romantique de sa bouche.

-Tu n'as pas REELLEMENT dit ça j'espère ?

Je fulminais envers Stephenie maintenant. Peu m'importait ce que pensait Jacob, mais elle n'avait pas à le faire souffrir comme ça.

-Non. Mais j'ai menti pour toi je te signale.

Je n'avais pas envie de desserrer les dents pour lui demander ce qu'elle avait vraiment dit. Si elle était intelligente, elle parlerait toute seule.

-J'ai dit que tu étais partie bosser à la BU toute la journée. Ca a semblé lui convenir. C'est qui ce Jacob ?

Tous les regards étaient tournés vers moi. Je comprenais maintenant que les questions de Steph porteraient sur Jacob, et non pas sur Edward…

-Vous ne préférez pas jouer à Twister ?

Ils firent tous non de la tête, ma vie semblait tout à coup les passionner. J'allais à la fenêtre et aperçus la Volvo grise toujours garée en bas de la résidence. Il n'avait même pas pris la peine de la démarrer… Monsieur Cullen m'espionnait. J'aurais pu lui demander de partir, mais après tout, s'il restait là, c'est que ma vie l'intéressait lui aussi. Il fallait juste que je sois attentive à ce que j'allais dire.


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