Bonjour et bonne année à tous ceux à qui je ne l'ai pas souhaité ! Que 2010 vous apporte tout ce que vous désirez.
Donc, comme vous l'avez sûrement compris, voici venir JACOB ! Alors je ne sais pas si vous êtes fan de Jacob ou pas, en tout cas, j'espère que ce chapitre vous surprendra…
Chapitre 20 : Jacob
Mes amis s'étaient tous assis sur le lit de Steph, tandis que je m'affalais sur le mien. J'avais l'impression d'être jugée dans un tribunal. Heureusement que les faits n'étaient pas très graves. Je leur racontais lentement que j'habitais à Phoenix chez ma mère jusqu'au collège, puis que j'avais déménagé à Forks chez mon père pour le lycée. Ils le savaient déjà et me pressèrent de continuer.
Je leur racontais donc que Jacob était un ami d'enfance, que je voyais tous les étés avant d'emménager de manière définitive chez mon père. Il était la seule personne d'à peu près mon âge que je connaissais en arrivant à Forks, et il m'avait fait visiter les lieux. Je leur racontais qu'il était un peu comme Steph, toujours de bonne humeur mais de manière bien moins exubérante. C'était devenu mon meilleur ami, et nous étions inséparables. Jusqu'au jour où il m'avait révélé ses sentiments…
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-Bella bouge tes fesses !
Pfff. J'étais déjà à moitié morte, et Jacob voulait sûrement finir le travail. Il se baladait torse nu pour ne pas avoir trop chaud, et je l'enviais car je transpirais par tous les pores. Quelle idée de vouloir faire tout le tour de la réserve en un après-midi ! Vu mon rythme on n'allait jamais y arriver. Ca ne gênait pas Jake, il s'en moquait tant qu'on pouvait être ensemble. Et j'étais comme lui : on s'amusait comme des gamins, on riait de façon insouciante… la belle vie quoi ! C'était une chaude journée pour mi-septembre, et on voulait en profiter au maximum. En profiter sans en mourir serait une bonne idée.
-Temps mort Jake !
-T'es vraiment une tortue toi !, me dit-il en m'attrapant dans ses bras.
Je souris en sentant son torse contre mon dos et ses longs cheveux noirs le long de ma nuque. Je m'étais habituée à ses élans d'affections, même si j'avais parfois l'idée qu'on pourrait nous prendre pour un couple. Mais peu m'importait les ragots, tant que j'étais bien avec Jacob. Il était ma béquille pour avancer dans la vie. Il me permettait de dire à mon père ''j'ai une vie sociale'' alors qu'en fait, à part lui, c'était le calme plat. Et ça me convenait parfaitement.
Ce jour là, il me serra un peu plus fort, et me murmura tendrement à l'oreille ''Bella, je t'aime''. Je me dégageai violemment de son étreinte et le dévisageai d'un regard noir en criant : ''Quoi ?''. Je le sentis devenir tout penaud, et sa montagne de muscle s'affaissa. J'avais l'impression d'avoir grondé un gamin, un môme qui mesurait 25 bons centimètre de plus que moi et dont la masse musculaire était équivalente à celle d'un boxeur professionnel. Mais Jacob avait tout de même cet air enfantin qui le rendait si mignon.
-Excuse moi Bella, je ne sais pas ce qui m'a pris… Je…
-Tu le pensais vraiment ?
Je n'avais jamais considéré Jacob autrement que comme mon meilleur ami. Jamais il ne m'était venu à l'esprit que je pouvais l'aimer. Je me demandais d'ailleurs si j'étais capable d'aimer quiconque. Mais même si j'étais incapable de connaître mes sentiments, je devais absolument être certaine de ceux de Jacob. Il s'était maintenant muré dans un silence inhabituel, sûrement par peur de perdre mon amitié. Cependant, si pendant tout ce temps qu'il passait avec moi, il ne pensait pas à moi en tant qu'une simple amie, il fallait que je coupe les ponts.
-Jake répond moi.
Il leva ses yeux pétillants, se rapprocha de moi, et posa ses mains sur mes épaules. Puis il soupira un grand coup et me déclara :
-Oui Bella, je le pensais vraiment.
Je le sentis se décontracter, comme s'il venait de se délester d'un grand poids. Ma colère laissa place à la compassion. Pauvre Jacob, je n'avais que de l'amitié à lui offrir. Il ne s'arrêtait plus de parler :
-Je me doute que ce n'est pas réciproque, mais peut être que tu n'as juste jamais pensé à moi de cette façon. Regarde, tu es bien dans mes bras…
Il me serra un peu plus fort et je laissais aller ma tête contre son buste. Oui, j'étais bien.
-Je t'aime, tu n'es pas obligée de m'aimer, mais je te propose un aperçu de ce que ça pourrait être…
Alors il pencha ses lèvres vers les miennes, et je le laissais faire. Je le laissais faire car il avait raison, j'étais bien. Je ne voyais pas pourquoi le nier, je n'étais pas amoureuse, mais j'étais heureuse. Je pensais que ça suffirait…
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Evidemment, je ne racontai pas tout ça à mes amis. Je raccourcis l'histoire et déclarait que, finalement, je me suis rendu compte de mon erreur. L'amitié ne se transforme pas en amour, même si on est la plus heureuse des filles. Alors, j'avais rompu avec Jacob.
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-Jacob !
Il sortit de sa petite maison avec un sourire radieux. Je me maudissais d'avance, j'allais détruire le pauvre garçon. Il s'approcha pour m'embrasser, et je dus mobiliser toutes mes forces pour le repousser.
-Ca ne va pas Bella ?
-Si, ça va très bien.
Je ne voulais pas être brusque, mais je ne voyais pas comment faciliter les choses. Je ne devais pas m'attarder ici, je devais vite lui dire ce que j'avais sur le cœur. Il leva vers moi des yeux interrogatifs et pleins de confiance. Merde. Il m'aimait tellement. Alors je fixais la terre à mes pieds, et je déclarais rapidement :
-C'est fini Jacob. Je croyais que je t'aimerais mais finalement je ne ressens toujours que de l'amitié. Je suis heureuse avec toi mais ça ne suffit pas. Je dois te quitter avant de te rendre trop malheureux.
Et j'étais remontée dans ma voiture le plus rapidement possible, sans oser croiser son regard. Il n'avait même pas tenté de me rattraper. J'avais fui vers ma maison, mon refuge. Et je m'étais enfermée dans l'asociabilité la plus totale.
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J'expliquais à mes amis qu'après la rupture, il m'avait harcelé quelques temps. Puis ça s'était calmé, et j'avais finalement repris le contact. Lorsque j'avais quitté Forks pour Dartmouth, nos relations étaient redevenues cordiales. J'étais cependant incapable de dire s'il s'en était remis.
-Fin de l'histoire, ça n'avait rien de passionnant vous voyez ?
Mes amis se sourirent et m'assurèrent du contraire. Je regardais discrètement par la fenêtre, la Volvo métallisée était toujours garée en bas. Je n'avais aucun indice sur les réactions d'Edward durant mon petit bavardage. Mes amis décidèrent d'aller interrompre Rose dans ses ébats. Je refusais de les accompagner car à ce moment là, mon téléphone sonna. Je répondis à Jacob.
-Salut Jake !
-Salut ma Bella. Joyeux anniversaire !
Je le remerciais, sans montrer trop d'enthousiasme.
-Bella, j'ai une grande nouvelle à t'annoncer.
Pitié, pas de déclaration…
-Je suis amoureux… et j'ai conclu aujourd'hui !
Je fus instantanément soulagée. J'étais même totalement heureuse pour lui. J'aurais été à Forks, j'aurais été jalouse car ça aurait signifié moins de temps avec lui. Mais maintenant que j'étais si loin, j'étais ravie qu'il soit de nouveau heureux. Je lui fis par de ma joie, réellement sincère cette fois ci. Nous bavardâmes quelques instants de sa copine, une dénommée Leah que j'avais effectivement aperçue quelquefois. A la fin, il me posa une question qui me dérouta :
-Et toi, ta vie amoureuse ?
-Je ne sais pas.
Je l'entendis rigoler au bout du fil. Je l'imaginais très bien accoudé au bar en bois de la petite maison de son père, souriant innocemment en m'écoutant.
-Comment peut-on ne pas être au courant de sa vie amoureuse ? Allez crache le morceau, je suis casé maintenant !
-Je ne vois pas ce que je peux te dire Jake.
-Je vais t'aider. Y a un garçon qui occupe tes pensées ?
J'acquiesçai, presque à contre cœur. Je voyais toujours la Volvo grise en bas, et je ne savais pas s'il entendait Jacob au téléphone.
-Tu sors de temps en temps avec ce garçon ?
-Une fois. Je le connais que depuis deux semaines.
-Tu es amoureuse ?
-Je crois.
J'entendis un silence pesant au bout du fil. Pitié, qu'il se soit vraiment remis de notre brève aventure.
-Je suis impressionné. Faudra que tu m'envoie une photo de celui qui a réussi à ouvrir ton cœur.
-Je ne suis pas si insensible !
Il m'avait vexé. S'il ne se rattrapait pas vite, j'allais raccrocher en étant en colère contre lui.
- Je ne t'ai jamais connue amoureuse Bella. Un jour faudra que je félicite l'heureux gagnant.
Je ne relevai pas la stupidité de mon ami. Qu'il se moque de moi si ça lui faisait plaisir. Il m'avait énervé, car j'avais révélé des choses que je n'aurais jamais dites à personne et qu'il ne me prenait pas au sérieux. Je dû soupirer car Jacob reprit la parole en se méprenant :
-Oh, oh ! Ce n'est pas réciproque ?
-J'en sais rien. Je ne veux pas savoir.
En fait, j'étais persuadée que je ne serais jamais assez bien pour lui. Inutile de dire ça à Jacob, il serait capable de m'assurer le contraire. Mais quiconque apercevrait Edward saurait que lui et moi, ça ne serait jamais possible.
-Bon... Tiens-moi au courant alors. Allez, je te laisse. Bisous ma Bella !
Je le saluais et raccrochais.
*
**
A cet instant précis, un numéro inconnu s'afficha. J'hésitais légèrement à répondre, mais finalement je décrochais :
-Allo ?
-Tu aurais pu me prévenir que c'était ton anniversaire.
Malgré l'amertume inhabituelle de ses propos, son ténor était parfaitement retranscrit dans le petit appareil. Sa perfection allait elle un jour s'arrêter ? Je dus réfléchir un peu trop longtemps à sa perfection, passant de sa voix à son corps car je l'entendis paniquer au bout du fil :
-Bella ? Bella tu es là ?
-Oui excuse moi. Je ne m'attendais pas à ton appel.
Je marquais un nouveau silence pour tenter de me souvenir POURQUOI il m'appelait. Enfin, je me rappelai :
-Je n'aime pas qu'on me souhaite mon anniversaire.
-J'aurais réellement aimé te le souhaiter.
Je repensais à la journée qu'on avait passée. Il n'aurait pas pu me faire plus plaisir.
-C'est comme si c'était déjà fait Edward.
Il soupira et chuchota quelque chose qui ressemblait à ''incompréhensible''. Puis il me dérouta complètement :
-Au fait, il m'a l'air sympathique ce Jacob…
-Tu as entendu ?
-J'ai dû tendre l'oreille… Malgré toutes mes questions, tu ne m'avais jamais parlé de lui.
Je crus entendre de la déception dans sa voix, comme s'il était réellement peiné que je lui cache quelque chose. Je ne voulais pas continuer cette discussion au téléphone, et je lui demandais alors :
- Tu ne veux pas monter plutôt que de te cacher dans ta voiture comme un lâche ?
Je l'entendis grogner au bout du fil mais il sortit de la Volvo métallisée. Moins d'une minute après, il frappait à ma porte. Je le fis entrer pendant qu'il me prévenait :
-Au fait, n'invite jamais Alec chez toi. Tant que tu ne lui auras pas dit d'entrer chez toi, il ne pourra pas franchir le seuil de ta chambre.
-Merci de prévenir. Et si je veux te bannir je fais comment ?
Il semblait sincèrement peiné que je pense à ça. Pourtant ma question était vraiment naïve, pas du tout dirigée contre lui en particulier.
-Je veux dire, si un jour j'invite Alec par inadvertance et que je veux me rattraper, je fais comment ?
C'est ça Bella, rattrape toi…
-Tu ne peux pas.
Vive moi, j'avais réussi à le mettre de mauvais poil. A contrecœur, car je n'avais absolument pas envie de parler de ça avec Edward, je relançais le sujet de discussion :
-Je ne t'ai jamais parlé de Jacob car je ne pensais pas que ça t'intéressais.
Son regard s'anima et il oublia sa mauvaise humeur.
-Tu te trompe. J'aurais aimé savoir…que tu n'étais jamais tombé amoureuse par exemple.
Sa remarque me fit exploser.
-C'est quoi votre problème avec CA les mecs ? JAKE qui se fout de moi parce que soi disant je ne suis jamais amoureuse, et TOI qui remet une couche après… Mais, mais… CA NE VOUS REGARDE PAS, foutez moi la paix !
Edward avait le don de me transformer. Je m'énervais rarement, mais là, mes sentiments avaient débordé. En fait, j'étais vraiment bouleversée car je savais que j'étais amoureuse d'Edward. Et je savais désormais que j'avais été amoureuse dés le premier regard. Quand je l'avais aperçu, j'avais su que ça serait lui, et pas un autre. Mon cœur avait battu plus fort que d'habitude, et pas parce que ce garçon était plus beau que la moyenne. Mon cœur avait battu plus fort car il m'attirait. J'avais rejeté de toutes mes forces cette évidence, mais maintenant je n'arrivais plus à lutter. Je ne pouvais qu'accepter que mon âme lui appartienne. Bizarrement, savoir qu'il était un vampire n'avait pas refroidi mon intérêt. Rien ne pouvait m'empêcher d'aimer Edward Cullen.
Mon cœur ne s'était jamais ouvert pour personne, et d'un coup il avait déferlé sur LUI. Et évidemment, il avait emporté toute mon âme avec lui. Je tremblais face à la puissance de mes sentiments. Mon amour semblait être trop grand pour mon corps. Et surtout j'avais peur. Peur que ce ne soit pas réciproque. Peur d'être stupidement amoureuse d'un être inaccessible. Peur de souffrir, car l'amour est une source intarissable de malheurs. J'avais trop lu d'histoires, si belles mais tellement tristes. Désabusée, je pensais que l'amour était forcément tragique. Depuis mon enfance, j'avais toujours eu peur de tomber amoureuse, et quand c'était enfin arrivé, je pouvais dire que ça ne l'avait pas fait dans une demi-mesure. Ma discussion avec Jacob me l'avait prouvé, j'étais profondément amoureuse, et j'en prenais à peine conscience. Mon énervement contre Edward me l'avait montré, j'avais atrocement peur d'être rejetée.
Edward... Je levais les yeux et le vis accoudé à ma cuisine. Son air hésitait entre une franche rigolade, et des excuses sincères. Quel spectacle j'étais en train de lui donner ! Je rougis de honte. Mais j'étais toujours énervée contre lui et ses stupides discussions.
-Tu es calmée ?
-Non !
- Excuse-moi, je ne voulais pas m'immiscer dans ton intimité.
-C'est raté.
Cette fois-ci, il ne rigolait vraiment plus. Il semblait vraiment désolé, et infiniment triste. Lui non plus ne faisait pas dans la demi-mesure apparemment.
-Est-ce que moi je te demande si tu es déjà tombé amoureux ?
-Tu peux me le demander, je te répondrai.
Mon cœur se mit à battre plus fort. C'était le moment. Si je voulais connaître sa vie amoureuse, savoir si j'avais la moindre chance, c'était maintenant.
-OK, je veux bien savoir.
Je m'étais adoucie, désireuse de connaître sa vie intime. Il ne mit pas longtemps à me répondre.
-Je n'ai jamais été amoureux.
