Bonjour à tous. Tout d'abord, j'espère que vous m'excuserez de ne pas avoir posté pendant trois semaines, mais j'étais en partiels. Je suis désolée ^^
WARNING : De plus, à partir de ce chapitre, et ce pour des raisons de vocabulaire explicite (mais jamais vulgaire je crois) de sexe et plus tard de violence, je recommande aux moins de 15-16 ans de passer leur chemin. Non pas qu'il doit y en avoir beaucoup parmi vous, ni que ça les choquerait (vu ce qui passe à la télé de nos jours), mais je n'ai pas envie d'être responsable d'une pulsion incontrôlée ^^
Du calme les filles, je n'ai pas parlé de lemon pur et dur !
L'émotion qui annonce l'amour est une sorte d'ivresse où se trouvent mêlés la crainte et l'espoir du plaisir. [Alain] [trouvée par Xx-nikkicullen-xX]
Chapitre 23 : L'antre d'Edward
Edward POV
Comment pouvait-elle changer de sujet comme ça ? Elle venait d'évoquer l'air de rien son éventuelle –impensable- transformation en vampire. Et puis l'instant d'après, comme si ça n'avait aucune importance, elle me demandait de lui montrer ma chambre. Je détestais ne pas pouvoir suivre le cheminement de ses pensées. Bella me bouleversait, m'emmenait dans des territoires inconnus que je ne maîtrisais pas. Or le contrôle était la clé de ma vie lors des 109 dernières années. Bella me donnait l'impression que je pouvais déraper à tout moment, échouer à chaque instant. Elle me rendait plus humain, mais également plus dangereux. J'avais dû me contrôler lorsqu'elle avait évoqué Alec pour deux raisons. Je n'avais pas honte de la première : c'était un sentiment protecteur, la peur qu'il lui fasse mal, la volonté de préserver Bella de la bassesse de mon frère. Ma deuxième raison était beaucoup plus vile : c'était de la pure jalousie. Et cette fois-ci, la peur qu'il la séduise malgré tout ce que pouvait dire Bella. Mais tout ça était superficiel et insensé. Ca n'avait rien de comparable avec ce qui m'avait envahi lorsqu'elle m'avait demandé de la transformer. Chaque millimètre de ma chair s'était bandé, chaque parcelle de mes muscles s'était tendue, et mon corps s'était arrêté comme une horloge qui mourrait. Voilà ce qui arriverait si Bella devenait vampire : je m'éteindrais. Je me tuerais pour avoir autorisé, volontairement ou non, le sacrifice de Bella ; je ne pourrais supporter d'avoir souillé son âme.
J'avais émis une réponse incohérente, j'étais incapable de savoir quels sons étaient sortis de ma bouche. J'étais perdu en enfer en imaginant Bella vampire. Puis elle avait demandé à voir ma chambre… Mon corps s'était remis à vivre. Par un réflexe que j'avais acquis récemment, je l'avais prise par la main et l'avais entraînée jusqu'au dernier étage, encore à moitié sonné par sa requête.
C'était un grenier que nous avions aménagé il y a des années. Les poutres apparentes lui donnaient un charme certain, tout comme le parquet de bois. Tout le reste, murs et plafond, était blanc. Un pan de mur entier était recouvert de livres, CD et DVD. Ma réserve personnelle de culture. Mon lit faisait face à une télé que je ne regardais jamais. De l'autre côté de la chambre, mon bureau supportait le poids d'un ordinateur et de quelques livres de cours. De parfaits accessoires.
Au milieu, la pièce centrale, le pivot de mon existence : mon piano. Un magnifique piano à queue Pleyel. Mon bijou, ma fierté, ma béquille. C'était mon cadeau suite à ma transformation, lorsque j'avais accepté de travailler pour les Volturi. A l'époque, c'étaient des mécènes, et ça ne leur avait pas couté grand-chose de récupérer un piano au grand Ignace Pleyel. Ca avait été plus compliqué de le transporter de l'Italie aux Etats-Unis. Je me rappelle l'air choqué de Carlisle lorsque je lui avais soupiré : ''je n'abandonnerais jamais mon piano''. ''Comment veux-tu fuir en étant aussi encombré ?'' m'avait-il rétorqué. Et nous avions échafaudé un plan, déclarant à mes maîtres que j'aurais besoin lors de ma prochaine mission de mon piano, car j'étais en pleine composition. Aro, le plus puissant des Volturi, avait pris un air indigné : ''Fait comme tu veux pour le transporter, mais ne m'ennuie pas avec tes problèmes de logistique, Edward''. J'avais retenu un sourire, contacté un transporteur, et envoyé mon piano à l'une des adresses de Carlisle en Amérique. Facile.
Mes maîtres ne surent jamais où il partit, et se trouvèrent tous étonnés lorsque je ne me présentais pas à Cluj la semaine d'après. Je leur avais dit que je les rejoignais par mes propres moyens, car je devais, soi-disant, récupérer mon piano à Satu Mare. Ils ne s'étaient pas doutés que j'étais parti à l'ouest, aux Etats-Unis, et non pas à l'est en Transylvanie. Cette mission avait d'ailleurs été un fiasco pour eux. Le comte Dracula ne s'était pas laissé faire et c'est pour cette raison que je l'avais toujours apprécié. Ce vieil homme avait clairement refusé de se soumettre aux lois des Italiens… Mais tout ça ne me regardait plus, mon futur se déroulait maintenant avec Carlisle.
Bella resta quelques instants la bouche ouverte, contemplant mon domaine. J'étais heureux de la faire pénétrer dans ma vie.
-Tu joues du piano ?
J'acquiesçais, et rajoutais que j'avais fait un peu de guitare aussi. Je lui demandais si elle jouait d'un instrument et elle me répondit que non, mais qu'elle adorait la musique.
Elle semblait vraiment ravie de découvrir cet aspect là de ma vie, comme si elle avait eu peur que je sois juste un monstre sanguinaire. Ce que j'aurais pu être d'ailleurs, me remémorais-je en mon for intérieur. Ce piano m'avait sauvé. Il était ma part d'humanité, même lorsque j'étais en Italie. Lorsque mon cerveau était torturé à causes de mes actes, je jouais et j'oubliais tout. Aujourd'hui, je n'avais pas envie d'oublier ce qui se passait, mais je voulais jouer pour elle. Je lui demandais de faire comme chez elle tandis que je m'asseyais devant mon piano. Je fis quelques accords pour échauffer mes doigts –réflexe humain que je n'avais jamais banni- tandis que Bella se dirigeait vers ma bibliothèque.
Je jouais d'abord des airs connus de la musique classique : Chopin, Ravel, Mozart… Bella lisait les titres de mes livres, dont certains avaient près de deux siècles. Elle effleurait leur tranche comme on caresserait un amant. Je fus ravi de voir le respect qu'elle avait pour la culture. Lorsque j'entamais du Beethoven, Bella passait à mes CD. Enfin, je décidais de jouer une de mes compositions. Bella était alors face à mes films, mais elle s'arrêta net pour écouter. Elle connaissait donc tous les morceaux précédents puisqu'elle n'avait pas eu besoin de concentration pour profiter des airs. Elle se tourna vers moi tandis que mes doigts dansaient avec le clavier.
Elle posa une demi-fesse sur le tabouret pour ne pas me gêner tandis que j'achevais le morceau. Les dernières notes s'estompèrent dans le silence de la maison. Nous profitâmes un instant de cette paix, savourant ces moments suspendus. Puis Bella me demanda :
-Je ne connaissais pas ce morceau, c'est quoi ?
-Bella's lullaby.
Ses yeux chocolat, ses magnifiques yeux pétillants s'ouvrirent comme une rose au printemps.
-Tu as déniché une musique qui porte mon prénom ?
Je ne savais pas si je devais lui dire la vérité. Mais après tout, elle était mon unique amour, je n'allais pas lui cacher des choses. Surtout que j'étais infiniment fier de cette musique.
-Tu as aimé ?
Elle hocha la tête, en me murmurant qu'elle n'avait jamais autant apprécié une musique, et ce dès la première écoute. Alors, j'approchais mon visage du sien, sachant pertinemment qu'elle en serait troublée, et je chuchotais :
-Je l'ai trouvée dans mon cœur.
Ses yeux s'agrandirent encore plus. J'entendis son cœur avoir un raté, brisant le rythme établi de ses pulsations cardiaques. Je chérissais ce son, grave et profond. Un boum-bou-boum qui représentait la vibration de son corps, qui évoquait pour moi la vie que je n'avais plus. C'était un trésor précieux, un bruit inestimable. J'adorais donc lui faire cet effet, même si j'avais peur qu'elle oublie de respirer. Les humains sont fragiles, et Bella l'était encore plus que les autres.
-Tu composes ?
-Ca m'arrive. Depuis que je t'ai rencontrée, j'ai retrouvé mon inspiration.
Elle me sourit. J'adorais son sourire, car il était simple, beau et qu'elle me le réservait. Je me penchais vers elle pour l'embrasser, et je la sentis tomber dans le vide. Je me dépêchais de la retenir et de la porter dans mon lit. Quand j'étais avec Bella, j'oubliais parfois de me comporter comme un humain, et une fois de plus, je m'étais déplacé à ma vitesse de vampire. Je la regardais, elle ne semblait pas mal, mais d'un œil objectif, j'aurais dit qu'elle était ivre.
Ivre ?
De moi ?
***
Bella POV
J'avais l'impression de flotter. Je n'avais jamais ressenti une telle sensation. Depuis qu'il avait commencé à jouer cette chanson, Bella's lullaby, mon cœur avait bondit. Cette musique, douce mais énergique, puis calme et mélancolique, m'avait transportée. Lorsqu'il m'avait dit qu'il l'avait composée, et pour moi en plus, j'avais perdu mes esprits. Ce n'était pas mes hormones non, c'était toute mon âme qui ne savait plus où aller. Mon corps était trop petit pour moi. Edward eu la bonne idée de m'embrasser, et je pus déverser mon bonheur dans sa bouche. J'irradiais, j'avais chaud, j'étais heureuse, je divaguais. J'étais ivre. Ivre de lui.
Je ne sais comment j'étais arrivée dans son lit, mais peu m'importait. Ses baisers couvraient mon visage et je lui répondais, mes lèvres s'abandonnant contre son corps. Ma main droite s'était posée naturellement dans son dos, tandis que la gauche caressait son torse. Son torse ? Comment étais-je parvenue jusqu'ici ? Où était-sa chemise ? Avait-il pu se déshabiller sans que je m'en rende compte ? Non. Malgré mon ivresse, je me rappelais maintenant avoir passé ma main sous sa chemise, en effleurant de beaucoup trop près son jean. Mais c'était lui qui l'avait enlevée, sans que j'aie le temps de faire quoique ce soit. D'après mes sensations, j'étais quant à moi toujours en T-shirt.
Il se mit sur le côté, me serrant fort dans ses bras. Mes deux mains caressaient son dos tandis que les siennes balayaient le mien, et chaque effleurement me faisait gémir de plaisir. Ses mains se firent plus sûres, plus pressantes. Sa main gauche, ou droite, ou les deux descendirent vers mes fesses. Délicatement, elles épousèrent mes formes en un geste possessif, ses phalanges appuyant fermement sur ma chair. Ma foi, pourquoi pas. Edward Cullen, je t'appartiens.
Voyant que je ne disais rien, il pu découvrir tactilement tout mon corps, tandis que je découvrais le sien. Je connaissais son torse, mais en fermant les yeux je m'entraînais à me remémorer ses muscles saillants, ses abdominaux puissants. Une large cicatrice dans le haut du dos, seule imperfection sur sa peau lisse. Puis par-dessus son jean, je sentis ses fesses et fus incapable de formuler une pensée cohérente à leur sujet. Enfin, je passais devant et retins mon souffle en effleurant la bosse due à son sexe.
Sexe.
Sexe !
Inconsciemment, je me mis à penser à la discussion avec Alec et mon corps se tendit. Je m'éloignais un peu brusquement d'Edward qui me lâcha immédiatement en chuchotant d'une voix rauque :
-Désolé.
Evidemment, s'il n'avait pas eu ce sourire en coin, j'aurais pu le croire. Mais ce n'était pas le problème. Le souci, c'est que je n'étais pas prête, et surtout, que les paroles d'Alec me vrillaient le cerveau : Comment il profitait des excès de notre vie, du sang et du sexe… du sexe… du sexe... Il n'avait dit ça que pour me déstabiliser, et il avait réussi. J'étais déçue de constater qu'Alec était parvenu à ses fins. J'étais mécontente de moi, mais je n'arrivais pas à me débarrasser de ses paroles. Je ne pouvais pas décemment m'offrir à Edward ne sachant pas quelle importance il accordait au sexe. Il reprit la parole, cette fois-ci plus sérieusement :
-Désolé, vraiment, je ne voulais pas… tu es trop…
Il avait perdu ses mots. Je le trouvais mignon et touchant. Mais il était inutile de le laisser se torturer.
-Ce n'est pas ça le problème.
Il me serra dans ses bras, innocemment cette fois ci, et me demanda ce qui n'allait pas. S'il était allé trop vite. S'il m'avait gênée. Si j'avais apprécié…Quelle question ! Je ne croyais pas les vampires aussi terre-à-terre que les humains.
-Bien sûr que j'ai aimé ! Mais en fait…Alec a dit quelque chose qui me dérange.
Son corps se crispa. Avait-il vraiment fait des choses horribles ? Sa réaction me conforta malgré moi dans mon choix, je devais le questionner.
-Edward, c'est moi qui suis désolée. Mais j'ai besoin de savoir ce que tu faisais avec les Volturi. Quelle était ta vie à l'époque. Et…euh…ta vie sexuelle aussi…
Tandis que je rougissais, j'évitais de le regarder pour ne pas apercevoir sa réaction. Je ne voulais pas le perdre, à cause de cette stupide discussion avec Alec. Mais je savais que s'il ne me racontait pas tout, je ne pourrais jamais me donner entièrement à lui.
***
Edward POV
Pendant quelques secondes, je ne compris pas Bella. Comme d'habitude.
Puis je saisis le sens de ses paroles.
Je me détachai d'elle comme un forcené, m'éloignant de son corps chaud si réconfortant et de ses paroles qui m'avaient lacéré le cœur.
Mentalement, je me mis à hurler : NOOOOOON ! NON ! NOOOOOON ! tandis que je frappais mon bureau si fort qu'il se brisa en deux.
Non !
Une profonde inspiration me fit retrouver mon calme.
Non.
Elle n'avait pas le droit de me demander ça. Elle n'avait aucune légitimité pour me demander de revivre ces moments. Pas le droit de me faire culpabiliser à nouveau, un siècle plus tard. Ce n'était qu'une humaine, ma vie au 19ème siècle ne la regardait pas. Qui était-elle pour vouloir me juger ?
Après avoir évacué la colère irréfléchie que j'éprouvais à son égard, je réalisais que j'avais tort. Que cette haine n'était pas dirigée contre elle, mais contre moi.
J'étais un lâche et je cherchais à la rendre responsable de mes fautes. C'était très simple : je ne voulais pas lui révéler ma vie car j'avais peur qu'elle ne veuille plus de moi. Et si elle me rejetait ? Cette option était la plus probable. Je décidais en un éclair que j'irais dans ce cas tuer Alec, puis que je partirais. Que signifierait ma vie sans Bella ? Mais je savais qu'elle avait raison. Elle était si pure et innocente, elle ne devait pas offrir son corps, son cœur et son âme à n'importe qui. Elle devait savoir qui j'étais réellement avant de pouvoir commencer quoique ce soit avec moi. J'avais été stupide de lui cacher ça. Mais comment pourrait-elle m'aimer assez pour me pardonner tout ce que j'ai fait ? Mon cœur se déchira à la pensée que j'allais la perdre.
Mon cœur. Mon cœur qui n'avait plus rien ressenti depuis plus de 2 siècles avait retrouvé un simili-fonctionnement depuis que j'avais rencontré Bella. Bella était comme mon piano, puissance cent-mille.
Et elle devait savoir qui j'étais. Si je ne prenais pas ce risque, elle ne serait jamais à moi entièrement.
Je la dévisageais. Elle semblait si fragile, petite et recroquevillée dans mon lit, ses habits tout froissés et ses cheveux désordonnés. Une poupée amoureuse d'un monstre. Ses grands yeux chocolat me fixaient, et je pus déceler dans ses prunelles pétillantes un peu de peur, un peu d'amour, et énormément d'espoir. Elle désirait me connaître, elle croyait m'aimer suffisamment, elle se pensait assez forte.
Inconsciente et vulnérable. Impénétrable et fascinante. Je me perdis un instant dans son regard. Je l'aimais, et c'était pour cette unique raison que je devais tout lui dire.
J'ouvrais alors la bouche pour lui raconter le côté sombre de mon histoire, mes quarante longues années passées aux côtés des Volturi…
Et voilà. Que tous ceux qui espéraient qu'il se passe quelque chose entre notre couple fétiche laissent une review.
Et les autres, qu'ils m'en laissent une pour m'expliquer ce qu'ils attendaient au juste !
Sinon, vous pouvez me parler de votre grande passion (ah Omar, tu nous manque!)
