Bonjour à tous, merci à ceux qui étaient là la semaine dernière, à ceux qui m'ont posté une petite review malgré les vacances pour certains.
Et aussi à ceux qui ont voté pour mon OS, c'était sympa même si ça n'a pas suffit lol ; pas grave.
On repart avec un chapitre décisif, le tournant de la fiction en fait. Du coup le style change, désolée mais là on quitte les méandres obscurs de la vie d'Edward pour la vie de Bella, qui n'est pas aussi dramatique (Bella, pas la vie…).
Bonne lecture !
Chapitre 26 : Où comment tout va basculer...
BELLA POV
Evidemment le lendemain, lorsque je rentrais dans ma petite chambre universitaire, je subis un interrogatoire de la part de mes amies. Je fus presque soulagée de n'avoir rien à leur dire de croustillant. Elles étaient impressionnées qu'Edward compose pour moi, et j'avoue que ça me donna quelques minutes de répit. Je faillis même leur rétorquer que j'avais trouvé l'homme parfait, mais je préférais profiter du silence que j'avais obtenu plutôt que de m'engager sur des pentes dangereuses.
Durant la semaine, j'appris que je devais prendre rendez-vous avec M. Win pour évoquer mon orientation. Ils appelaient ça ''le projet personnel de formation'' et ça avait pour but de limiter les échecs scolaires à l'université. J'étais déçue de devoir parler de ma vie future avec ce crâneur de M. Win, pour une fois j'aurais préféré la douce Mme Dupont. Le rendez-vous fut fixé au lundi 27 octobre, un mois plus tard.
Les jours s'écoulèrent tranquillement, Edward se refaisant petit à petit confiance. Et le samedi arriva, amenant avec lui la promesse d'une soirée familiale chez les vampires. J'avais dîné tôt, et Edward passa me prendre vers 19h30. Nous allions à Windsor, dans le cocon des Cullen. Leur maison était impressionnante, perdue dans une des forêts communale. ''A l'abri des regards indiscrets'', me murmura Edward, son haleine fraîche caressant sensuellement le lobe de mon oreille. Je pénétrais à l'intérieur et je fus étonnée par la blancheur des murs. Il devait sûrement exister une explication psychologique à l'attrait des vampires pour les habits noirs et les maisons blanches. N'ayant pas lu grand-chose de Freud, je laissais tomber ma psychanalyse.
Esmée et Carlisle furent très gentils avec moi, et me présentèrent l'album photo de leur famille. J'étais ébahie de voir un tel objet dans cet endroit, mais il semblait logique qu'eux aussi aient envie d'avoir des souvenirs. Je rigolais face à l'évolution vestimentaire d'Edward tandis que son physique restait bloqué à 18 ans. Ca me rappela que pour moi, le temps continuait sa course, et qu'il faudrait l'arrêter à un moment. J'eus le droit à une version censurée de la rencontre entre Carlisle et Esmée : Esmée était en train de mourir, à cause d'une bronchopneumonie virulente. Carlisle était son médecin attitré, et au fur et à mesure que les jours passaient et que l'état d'Esmée empirait, il était devenu de plus en plus proche de sa patiente. Evidemment, la déontologie lui interdisait toute relation avec ses malades, mais Esmée n'était pas comme les autres. Le médecin-vampire était tombé amoureux, et l'avait transformée juste avant qu'elle ne rende son dernier souffle. Edward me précisa qu'une fois transformée, Esmée s'était jetée sur son sauveur et qu'ils avaient fait l'amour pendant des jours et des jours. Je rougis en l'entendant parler ainsi de la vie sexuelle de ses parents. Puis la conversation s'embraya sur Emmett suite à une de ses nombreuses taquineries. Edward se fit un plaisir de me raconter comment Emmett avait raté sa vie humaine.
En 1969, il était l'une des premières victimes reconnues du SIDA. Sa famille l'avait rejeté, sous prétexte que ça révélait des tendances homosexuelles. Après avoir imaginé Emmett tenant la main à un autre homme, j'ai rigolé pendant cinq bonnes minutes, accompagné d'un Edward que j'avais rarement vu aussi détendu. Emmett était un hippie qui profitait de la vie, il avait connu Woodstock et la libération des mœurs… Ca ne lui avait visiblement pas réussi, et Carlisle l'avait transformé, juste avant sa mort également. Emmett avait tout de suite apprécié Edward, même si les deux frères passaient leur temps à se chamailler, au grand dam de leurs parents adoptifs. Profitant de ces instants d'intimité avec la famille Cullen, je questionnai Emmett sur sa relation avec Rose. Il m'apprit que la blonde hautaine l'avait d'abord attiré physiquement, et qu'il n'avait pas pu résister. Mais il l'aimait réellement. Il rajouta tout de même qu'ils étaient moins coincés que nous et qu'on faisait pitié à voir. Je ne relevais pas l'ineptie de son discours et je lui demandais plutôt si les sentiments qu'il éprouvait étaient réciproques. Il m'assura alors que Rose était réellement accrochée à lui, notamment car elle se sentait délaissée par ses pseudos-amies qui la trouvaient sûrement trop bête pour l'insérer dans leur clan privé.
Cette révélation me choqua presque. Je n'avais jamais voulu rejeter Rose, j'avais toujours eu l'impression qu'elle nous snobait volontairement. Suite à cette discussion, je me promis de faire plus attention à elle. Je ne savais pas encore que les événements amèneraient naturellement notre amitié à se former.
La soirée se déroulait doucement, et j'eus bientôt envie de me retrouver seule avec Edward. Sur un petit signe de tête, il me comprit et déclara à ses parents qu'on allait rentrer. Je n'avais pas spécialement envie de faire de la route et je fus ravie qu'Esmée nous propose de rester dormir ici. Enfin, moi dormir.
Nous sommes donc montés dans la chambre d'Edward, beaucoup plus épurée que celle de Dartmouth. Il y avait juste un lit et quelques romans éparpillés sur une petite table en pin blanc. Je m'affalais le plus gracieusement possible sur le lit en ouvrant grand mes bras pour qu'Edward me rejoigne. Il se blottit contre moi en grognant, et je ne pus retenir un gémissement de plaisir. C'était une joie immense de savoir qu'il était là contre moi. L'amour nous rendait niais. Sexuellement parlant, notre relation n'avait pas spécialement évoluée depuis la dernière fois, et je ne me sentais pas forcément prête à franchir le pas. Lui devait attendre un geste de ma part, et il se contenta de m'embrasser.
Je n'avais jamais cru qu'il était un monstre, je n'avais pas été blessée par ses révélations. J'avais accepté son passé comme j'avais accepté sa nature. C'était toute sa personnalité que j'aimais, et je ne le rejetais pas pour ça. Mais je me rappelais le sentiment de doute lorsqu'Alec m'avait parlé. Je savais, quelque part au fond de moi, qu'Edward n'avait plus de secret pour moi, mais le poison d'Alec ne s'était pas dissipé. A cela se rajoutait une peur stupide, celle de ne pas être à sa hauteur. Je ne comprenais pas comment son regard pouvait me couver avec tant de tendresse, je ne comprenais pas pourquoi il m'aimait et me désirait, autrement que pour mon sang.
Ca me freinait, alors que j'aurais voulu aller plus loin.
***
Alec POV
Aro m'appelait, et j'hésitais à répondre. J'allais encore passer un sale quart d'heure. Mais au moins, ça serait fait… je décrochais :
-Allo ?
-Alec ? C'est Aro.
Je ne répondis pas. Inutile et superflu connaissant mon interlocuteur.
-Où en es-tu avec Bella ?
-Point mort, elle est avec Edward et ne veut pas entendre parler de la Strength&Blood.
-Tu t'es encore fait doubler par ton frère.
Je me retins de ne pas broyer le téléphone. Cet abruti sénile avait toujours préféré Edward, alors que celui-ci avait toujours tenté de le fuir et de se rebeller. J'avais toujours soutenu Aro, et lui me regardait comme une pustule alors qu'il admirait mon…frère. Je me demandais comme je pouvais encore l'appeler ainsi : nous n'avions plus rien en commun. Tout le monde adorait Edward, et je n'étais toujours qu'un lot de consolation à ses côtés. Toujours plus beau, plus discret, plus intelligent, plus galant… Personne ne voyait mes efforts pour être celui qu'Aro désirait. Mon maître repris la discussion :
-Le connaissant, il ne sera pas capable de la garder. Débrouille toi pour la transformer, et vite. Cela fait depuis plus de deux siècles que j'attends son pouvoir.
Je savais déjà tout cela. Il se répétait.
-Je ferais de mon mieux.
-Comment va Jane ?
Aro avait également toujours apprécié Jane. Mais comment moi j'allais, il s'en était toujours moqué.
-Bien. Ca manque de jouets ici.
-Si vous réussissez votre mission elle pourra rentrer à Volterra et avoir tout ce qu'elle désire.
Je retins un ''et moi j'aurais tout ce que je veux ?'' car la réponse m'aurait déplu. Je raccrochais énervé. Peu importait Edward et son stupide amour pour Bella, j'avais un plan, où elle serait seule et sans défense. Enfin, Aro allait être fier de moi, Bella étant sa plus belle proie depuis Edward.
***
Bella POV
Un mois s'était écoulé, et je ne me sentais toujours pas prête. Chaque fois, nos caresses allaient de plus en plus loin, mais chaque fois Edward s'arrêtait, et je n'avais plus le cœur de continuer.
Parfois, je me disais que c'était lui qui bloquait, et pas moi. Comme cette fois où je caressais son torse, et le désir aidant, j'avais descendu une de mes mains. Pendant qu'Edward passait sa paume sur ma gorge et me dévorait des yeux, j'avais effleuré le haut de son jean de l'index, partant du bas pour remonter. Il s'était tendu en fermant les yeux tandis que je tremblais de tout mon corps, envahie par une émotion incontrôlée, et ma main s'était éloignée.
Parfois je me disais que c'était juste un gentleman attendant une invitation qui ne venait pas. Comme lorsque je m'étais endormie un soir après de rapides baisers, éreintée par une journée de cours, deux heures de sport catastrophiques et une soirée en compagnie de Rose et Steph.
Parfois je me contentais de ce que j'avais, parfois je pleurais de ne pas avoir plus.
Mais je n'étais pas pressée, consciente de l'éternité qui s'offrait à moi. Je n'avais plus reparlé à Edward de ma possible transformation, mais je savais que ce n'était qu'une question de temps. Edward allait mieux, son passé semblait l'avoir quitté. Son air n'exprimait plus aucune douleur, et ses traits étaient plus souvent marqués par la joie que par la tristesse ou la soif.
Alizée était presque hantée par ses visions sur Jasper, mais elle n'avait encore jamais réussi à l'apercevoir en vrai. A défaut d'être un vampire, il aurait pu être un fantôme. En fait, je me demandais même s'il venait en cours. Selon Edward, c'était très rare, il préférait étudier ses maths à la maison.
Rose et Emmet s'affichaient en public, et ressemblaient au quater-back et la pom-pom girl de toutes les séries télévisées. En tout cas, ils semblaient heureux. J'avais demandé à Emmett s'il comptait transformer Rose, et il m'avait assuré qu'il n'en était pas question. Rose n'était pas au courant de sa vraie nature, et il ne voulait pas l'informer. Je ne voyais pas comment ça pourrait marcher. J'étais de plus en plus obnubilée par mon futur, et la sérénité que je ressentais auparavant avait laissé place à de l'anxiété. Finalement, je n'avais plus tant de temps que ça. Et si je mourrais demain ? Et si un jour, je me regardais dans un miroir et je découvrais une ride ? Des cheveux blancs ? Alors qu'Edward serait encore bloqué dans ses 18 ans. Et si, sur l'album photo de la famille Cullen, c'était moi qui évoluais aux côtés d'Edward et non plus son style vestimentaire… Il fallait absolument changer ça. J'étais décidée à en parler à Edward le soir même. Nous étions le lundi 27 octobre, et je me rappelais juste à temps de mon rendez-vous avec M. Win pour parler de mon orientation future. Des fois, les coïncidences s'acharnent sur vous.
J'avais dit à Edward de me rejoindre au bas du bâtiment administratif. J'avais rendez-vous à 19heures, et il n'y avait plus personne dans les couloirs lorsque je pénétrais dans l'antre des professeurs. C'était un bâtiment immense, sur six étages, avec des couloirs très larges et également très longs. Eclairés au néon, la visibilité laisser à désirer. Tous les enseignants avaient leur bureau ici, mais ce soir là seul M. Win semblait travailler. Je toquais à la porte, après avoir erré quelques minutes dans le bâtiment.
-Entrez !
Je pénétrais dans la petite pièce, assez intimidée. Ce n'était pas rassurant de se retrouver seule dans un bâtiment entier avec un professeur. Surtout quand cet enseignant vous révulse malgré son sourire charmeur. Il me demanda de m'asseoir, sortit un dossier, une feuille et commença à me poser des questions.
Ses demandes oscillaient entre le basique et le stupide. Pourquoi j'avais choisi une licence de littérature, quelles étaient mes matières préférées, si j'avais eus d'autres idées d'orientations. Et enfin, ce que je comptais faire une fois sortie de l'université. Je réprimais une forte envie de rétorquer ''je veux devenir vampire''. C'était puéril et il n'aurait pas compris. Je lui répondis la première idée qui me vint à l'esprit : libraire. Il sembla ravi de mon choix, et me conseilla alors de prendre plus de cours de commerce et d'économie, au détriment de la littérature française par exemple. Je lui dis que ça me convenait très bien, et il nota cet aménagement pour mon deuxième semestre. Peu m'importait ce qu'il disait, je ne pensais plus qu'à Edward me transformant.
Au moment où je me levais pour partir, quelqu'un toqua à la porte. M. Win sembla étonné, mais demanda à la personne d'entrer. Je fus surprise de voir Alec rentrer dans la pièce. Mais ce fut vite remplacé par la peur lorsqu'il murmura ''Bonsoir Bella'', ignorant totalement Win qui ne put s'empêcher de demander :
- Que faites-vous ici jeune homme ?
Pour la première fois, j'étais ravie d'avoir ce type avec moi. Devant témoin, le ténébreux Alec ne pouvait pas me faire de mal. Le vampire semblait pourtant hypnotisé par ma petite personne, comme si mon enseignant n'avait aucune importance.
-Je suis venu parler à Bella.
Il ferma la porte derrière lui, et j'entendis un léger cliquetis même si je ne vis pas sa main tourner le loquet. J'étais enfermée avec Alec dans un ridicule petit bureau, à l'intérieur d'un bâtiment où personne ne travaillait plus. J'avais donné rendez-vous à Edward dans 10 minutes, il n'avait aucune raison d'arriver en avance. Je sentis un frisson me parcourir l'échine, et je reculais instinctivement en direction de mon professeur qui se mit à crier :
-Je ne sais pas ce qui vous prend jeune homme, mais veuillez sortir immédiatement !
M. Win ne se laissait pas démonter, mais il ne savait pas à qui il avait à faire. Alec se précipita sur lui, lui fit une clé de bras et lui intima l'ordre de se taire. Evidemment, Win n'avait rien vu venir, et moi non plus. Il était en position de force.
-Bella, as-tu réfléchis à ma proposition ?
-Oui.
Il me sourit gentiment.
-Et ?
-Et non. Je ne veux pas faire partie de la S&B. Qu'est ce que vous me voulez ?
Son regard se posa sur moi avec une avidité et une convoitise que je n'avais jamais détectées chez lui. D'habitude Alec était indifférent, comme blasé, mais là, il semblait plus intéressé que jamais.
-Tu as l'un des plus forts potentiels jamais détecté. Tu serais la vampire la plus puissante de la planète. Ca ne t'intéresse pas ?
Je secouais la tête.
-Et passer l'éternité auprès d'Edward ne te tente toujours pas ?
Je détestais parler de ça avec Alec, mais il était l'un des rares à pouvoir parler de vampires comme de météo.
-Bien sûr que si. Mais je veux que ce soit lui qui me transforme.
-Trop romantique. Vous vous accordez si bien que ça en devient écœurant. Il t'a raconté ses petits méfaits ?
J'acquiesçais. Son regard trahit un instant de la surprise, puis de l'incompréhension.
-Et tu restes avec lui ?
-Oui.
Satisfait, il rajouta :
-Alors tu es faite pour être vampire, comme je te l'ai déjà dit. Je suis sûr que cet abruti ne veut pas te transformer, je me trompe ?
-Non.
-Bon sang Bella, pourquoi es-tu encore avec lui ? Il ne comprend rien à tes désirs et te laissera mourir de vieillesse !
Entendre quelqu'un critiquer Edward m'énervait alors que j'étais d'une nature calme. Il m'était impossible de réfléchir, d'agir de manière sensée, comme si l'honneur d'Edward était plus important que ma propre survie. Car c'était bien de survie dont il était question. Répondre comme je le fis à Alec allait sûrement signer mon arrêt de mort :
-C'est toi qui ne comprends rien ! Et tu me laisserais mourir tout court !
Alec s'énerva comme je l'avais pressenti. Ses somptueux yeux noirs vrillèrent les miens et il cria : ''regarde ce qui t'attends insolente ! ''.
Puis sa bouche se referma sur le cou de mon enseignant, et du sang gicla dans le bureau.
Et bien voilà, on y arrive...doucement mais sûrement, un étau se referme sur Bella... Edward sera-t-il là à temps pour la sauver ? Qu'espérez vous ? Qu'attendez vous ? Dites moi tout en review et vous aurez un teaser (si vous le voulez bien sûr!).
