Bien le bonjour à toutes et à tous (qui sait?).Je vous remercie de continuer à me suivre alors qu'Edward a quitté Bella. Mais en gage de bonne volonté de ma part, ce chapitre va commencer avec du POV Edward, comme quoi il ne disparait pas entièrement de la circulation.
Je vous souhaite à tous un bon WE de Paques, et au risque de faire ma païenne, goinfrez vous de chocolat !
Sur ce, bonne lecture!
Chapitre 30 : Deal
Edward POV
J'étais arrivé en Italie moins de 24heures après avoir quitté Bella. Quitter, quel bien grand mot. Depuis que je l'avais sentie pour la première fois, elle ne m'avait plus jamais quitté. Je pensais à elle, je vivais pour elle. Et voilà que j'avais dû fuir, pour elle. Bella ne devait pas devenir vampire, je m'en étais fait la promesse. Je refusais qu'elle perde son âme, et qu'elle devienne comme moi. Un monstre.
Alors j'étais parti, je l'avais « quittée ». Je détestais ce mot si inapproprié autant que je me haïssais de l'avoir fait souffrir. Ca avait été très simple. Elle avait compris que je ne voulais pas d'elle pour l'éternité. C'était entièrement et totalement faux. Si je pouvais passer le restant de mes jours auprès d'elle sans violer son âme et abîmer son corps, je le ferais. Mais j'étais également prêt à me sacrifier pour elle, même si elle ne le comprenait pas comme ça. Même si Emmett et Jasper me le reprochaient. Même si j'avais rendu Carlisle et Esmée plus tristes qu'ils ne l'avaient jamais été. Préserver Bella était mon seul et unique but, et si pour cela je devais sacrifier une part de moi-même, engendrer un peu de tristesse, me séparer de ma famille, quelle importance ? J'avais deux missions à accomplir avant d'imaginer pouvoir la revoir. De ma réussite dépendrait mon retour. Je levais les yeux et saluais mes anciens maîtres.
-Bonsoir Aro, Caius, Marcus.
J'étais dans l'une des salles de réception du château des Volturi. Ca n'avait guère changé en un siècle. L'entourage même des trois vampires était quasiment identique, et je saluais presque tout le monde. En me voyant, les pensées s'affolaient : ''pourquoi revient-il ici ? il va se faire tuer par Aro… le retour du fils ingrat… qu'a-t-il fait pendant tout ce temps ? que fait-il ici ? Il va encore rendre Aro complètement fou…''. Sur mon chemin, ces vampires asservis à Aro s'éloignaient de moi, m'évitaient presque, et leur regard me fuyait. Un paria, voilà ce que j'avais l'impression d'être. Et dans l'antre de l'horreur, ça ne me dérangeait pas plus que ça. Durant mes 40 ans au service des Volturi, je ne m'étais pas rebellé beaucoup de fois. Mais les vampires n'avaient retenu que cette part de mon histoire. Ils avaient oublié comment j'obéissais sans la moindre hésitation dans 90% des cas. Pour eux, se soumettre était normal.
Je dévisageais les trois vampires. Ceux qui m'avaient ordonné de semer le mal pendant 40 ans, et qui m'avaient caché les autres options qui s'offraient à moi. Evidemment, ils n'avaient pas vieilli. Les cheveux noirs de Marcus et Caius contrastaient avec la blancheur de la chevelure d'Aro. Tout comme leur air nonchalant était l'opposé de celui du maître suprême. Aro était très intéressé par ma venue. S'il n'y avait pas eu tant de protocoles, il aurait bondit dans toute la salle. Il était fébrile, ce qui était rare pour un vampire.
-Bonsoir Edward. 109 ans avant que tu ne te décides à revenir nous voir… je n'ose même pas te demander si je t'ai manqué.
En effet, il ne valait mieux pas qu'il connaisse la réponse. Pas une seule seconde je n'avais regretté d'être parti.
-Je ne vous le demanderai pas non plus.
Moi au contraire, je savais qu'Aro avait souffert de mon départ. Il avait perdu son plus beau trophée lorsque j'étais parti.
-Par contre, j'ai deux requêtes à vous demander.
-Et pourquoi ferait-on quelque chose pour toi ? Tu nous as abandonné sans prévenir…
Sa rancœur était palpable, presque étouffante.
-M'auriez vous laissé partir ?
Je ne pus m'empêcher de sourire en entendant ses pensées, en total désaccord avec le ''oui'' qu'il prononça.
-Vous êtes un menteur Aro. Et vous avez oublié comment vous contrôler en ma présence…
-Qu'est-ce que tu veux ?
Il semblait réellement soucieux de savoir ce qui m'avait ramené chez lui, curieux comme un enfant redécouvrant un ancien jouet. Quant à moi j'étais nerveux et impatient de savoir si mon marché lui conviendrait. Je n'avais jamais négocié avec lui, et ma première fois devait être une réussite.
-Pour mes vingt premières années de services à vos côtés, je veux que vous oubliez Bella.
-Accordé.
Je retins une exclamation tant il m'avait surpris. Il n'avait pas pris le temps de réfléchir, comme s'il avait su ce que j'allais lui proposer. Je pris quelques secondes pour écouter ses pensées, mais je n'en eu pas besoin car il ajouta à voix haute :
-Avec toi comme mentor, elle ne nous obéira jamais. Par contre, pour ma clémence, dés qu'elle sera transformée, elle devra venir me voir. Je VEUX sentir, admirer, toucher son pouvoir.
J'acquiesçai. Si ça ne tenait qu'à moi, elle ne serait jamais transformée, et elle éviterait cette désagréable rencontre. Si jamais elle devenait vampire –ce qui n'arriverait pas-, elle viendrait ici sans courir trop de risques car Aro semblait honnête. Même si j'avais juste repoussé une échéance, j'avais ainsi réussi ma première mission : Bella serait en sécurité à Dartmouth.
Restait la deuxième…
-Pour mes vingt dernières années de services, je veux une réponse.
- Di che cosa parli ? *De quoi tu parles ?*
Aro parlait l'italien lorsqu'il se sentait oppressé, ou sous le coup d'une émotion trop forte.
-Je veux savoir s'il existe un moyen de vivre éternellement sans devenir vampire.
-E il babbo natale ? Ci credi ? *Et le père noël ? Tu y crois ?*
Non, je ne croyais plus au père noël. Mais les trois vampires que j'avais face à moi étaient les plus vieux à ma connaissance. Ils avaient eu le temps d'emmagasiner des savoirs innombrables, et ils possédaient la plus grande bibliothèque du monde. S'il y avait la moindre chance pour que Bella reste auprès de moi pour l'éternité sans devenir un monstre, sans perdre son âme, la solution se trouvait ici.
Aro rigolait maintenant. Je détestais son rire aigu et pur. Ca n'allait pas avec sa personnalité si sombre et ténébreuse.
-Tu es la meilleure distraction que je n'ai jamais rencontré Edward. Reste autant que tu veux, tu es ici chez toi. Tant que tu resteras, notre marché tiendra. Et surtout, continue à me faire rire comme ça…
Marcus et Caius étaient totalement indifférents à notre discussion. Mais je hélais le premier :
-Toi qui peux sentir les relations, n'as-tu jamais entendu parler de quelque chose qui permettrait de se lier pour l'éternité ?
Il leva alors son visage vers moi, seul geste indiquant un attrait minime pour notre dialogue. Sa réponse fut brève, comme si trop parler pouvait l'user :
-Le mariage ?
Je secouais la tête, désespéré, et déclamais :
-''Promettez-vous à votre femme de l'aimer,
de la respecter et de la protéger,
de vivre avec elle dans la vérité,
de lui demeurer attaché dans les bons et les mauvais jours,
dans la prospérité et la détresse,
dans la santé et la maladie,
et de lui rester fidèle jusqu'à ce que la mort vous sépare''.
Vu leur air surpris, je compris qu'ils ne voyaient pas où je voulais en venir :
-Nous sommes déjà morts Marcus ! Cette liturgie ne nous concerne pas.
Il soupira, et je sentis que l'intérêt qu'il pouvait avoir trouvé à la discussion se désagrégeait déjà.
-C'était juste une idée. Je n'en ai pas d'autres. Il y a des siècles, on parlait de serviteurs humains qui auraient pu vivre éternellement auprès de leur maître vampire. Mais ces légendes se sont révélés êtres des arnaques : les serviteurs étaient autant vampires que les maîtres. Notre bibliothèque est à ta disposition, si tu trouves quoique ce soit, nous serons les premiers ravis…
Je fis une légère révérence, encore étonné par la longue tirade de Marcus. J'avais réussi. J'avais le feu vert pour étudier tout le savoir des Volturi, et j'avais protégé Bella. Si je ne lui avais pas dit adieu 24 heures auparavant, j'aurais été heureux. Il ne me restait plus qu'à trouver quelque chose, et à espérer qu'elle, elle n'ait pas trouvé quelqu'un d'autre entre temps. Et si j'échouais, je ne reviendrais jamais dans sa vie. Je n'en avais pas le droit. Je courrais dans la bibliothèque…
***
Bella POV
J'avais trouvé mon objectif. En fait, c'était Steph qui m'avait ouvert les yeux. Elle était encore penchée sur moi lorsque je sentis quelque chose passer entre nous. Je levais les yeux vers elle, et je la vis entouré de cette aura blanche transparente que j'apercevais chez Edward, Alec et surtout Jasper. Je voyais bien que ce petit nuage se compressait lorsqu'elle s'approchait trop près de moi. Je repensais alors aux paroles d'Alec :
…Aesa… bouclier… puissant … même pouvoir… si tu étais … vampire… (je m'enfonçais le point dans la bouche pour ne pas crier) …contrôler … pouvoirs… protéger… amplifier…changer leur propriétaire…
Pourquoi attendre d'être vampire pour contrôler ce pouvoir ? S'il est réellement en moi, je pouvais peut-être en faire quelque chose. Quelque chose qui montrerait que je ne suis pas quelqu'un de banal et d'inintéressant. Quelque chose qui me permettrait de montrer à Edward ce que je pourrais être. Quelque chose qui me permettrait de me défendre. Quelque chose qui me permettrait de survivre…
Je demandais à Rose et Steph de reculer de trois pas. Elles s'exécutèrent sans poser de question. J'essayais de me concentrer sur le petit nuage qui flottait autour de la poitrine de Steph. Mais il était impossible de le faire bouger, ou même de le voir en continu. Il apparaissait, disparaissait… Je ne voyais pas comment le manipuler.
-Steph, c'est quoi ton pouvoir ?
-Comment tu sais que j'ai un quelconque pouvoir ?
Rose s'était tournée vers elle, outrée de ne pas savoir ce secret. Maintenant que nous étions amies, il fallait que je l'empêche de s'emporter :
- Steph n'en a jamais parlé avant… mais…je le vois.
Rose eut un haut le cœur.
-C'est quoi cette histoire ? Pourquoi il y a tous ces trucs surnaturels qui nous tombent dessus ?
Steph haussa les épaules.
-Aucune idée. Mais mon pouvoir, c'est de sentir les relations entre les gens.
Elle ne rajouta pas la phrase qui m'aurait anéantie : ''comme le lien entre toi et Edward'', mais elle l'avait sûrement pensé trop fort. Les larmes me montèrent aux yeux, et je perdis de vue le petit nuage. Rose reprit la parole :
-Et toi Bella, tu vois les pouvoirs ?
-Selon Alec, je les vois, je peux les manipuler, et surtout m'en protéger. Aucun pouvoir ne m'atteint.
-J'ai un pouvoir moi ?
-Je ne vois rien. Désolée.
Elle ne semblait pas trop affectée. Cependant, avant de savoir que j'avais moi-même un petit talent, j'avais toujours été secrètement ravie d'être normale. De ne pas être comme Alizée ou … lui, avec ce poids supplémentaire sur les épaules.
Il ne me restait plus qu'à maîtriser ce que j'avais à l'intérieur de moi.
***
Nous étions fin octobre. Une nouvelle vie recommençait. Une vie d'une tristesse que je n'arrivais pas à mesurer. Une vie sans Edward. Pouvais-je encore qualifier cette morne successions d'actes une vie ? Une vie où j'allais envoyer tous les jours des textos à Alizée, et où elle ne me répondrait jamais. Une vie où je n'allais plus jamais apercevoir Jasper et Emmett. Une vie où Alec et Jane ne me chercheraient plus, sans que je sache pourquoi. Une vie où j'allais pleurer et hurler tous les soirs dans mon lit, telle une folle internée dans un asile. Une vie où Rose et Steph se relaieraient tout le long de la nuit à mon chevet, me prouvant que leur amitié était sans limite.
Mes amies avaient elles aussi un objectif, et faisaient désormais trois heures de sport par jour. Une heure de footing, une heure d'escrime, une heure de tir. Elles avaient acheté sur internet deux pistolets, des Walter TPH, idéaux pour leurs petites mains m'avaient-elles dit. Elles possédaient également deux sabres chacune, plus aiguisés qu'une lame de rasoir. Elles se disaient prêtes à affronter des vampires si jamais on se faisait attaquer.
Quant-à moi, je me concentrais sur les nuages de pouvoir…. Et pour cela, je me mis à fréquenter de nouveau Alec. Quelques jours après le départ d'Edward, c'était lui qui était venu me trouver, me déclarant qu'il ne comptait plus me faire de mal. J'avais rétorqué, aigrie :
-Vous êtes en infériorité numérique maintenant qu'il y a Alizée et que Démétri est mort. Ne me fais pas croire que c'est par gentillesse.
Je le vis ouvrir la bouche, puis la refermer comme s'il s'était retenu de dire quelque chose. Puis il haussa les épaules.
-Crois ce que tu veux.
Je le dévisageais alors, et aperçut de nouveau son aura, centrée autour de sa bouche. Je lui criais :
-Ne bouge plus !
Il se figea instantanément, et j'avais oublié à quel point les vampires pouvaient être immobiles. Ca me rappelait la conversation dans l'Aston Martin avec… lui. Ma vue se brouilla, et en un réflexe primaire, je me recroquevillais en position fœtale. Alec tenta de me relever avec sa main, si froide que je hurlais lorsqu'il m'effleura. Retirant sa main comme si je l'avais brûlé, il sembla assez indécis sur le comportement à avoir. Quant à moi, j'étais en train de passer pour une folle. J'étais complètement insensée, excessive et névrosée. C'était dur de se concentrer avec un tel état d'esprit, mais je réussis à me focaliser sur le petit nuage d'Alec. Le vampire semblait figé. Je soufflais en direction de son pouvoir, qui ne bougea pas d'un millimètre.
-Qu'est-ce que tu fais Bella ?
-T'occupes.
Je pensais aux appareils photos, à la façon dont les lentilles s'agitaient pour faire une bonne mise au point. J'essayais de faire pareil avec mon regard, comme si je voulais capturer son talent. Un instant, je crus que ça avait marché, que j'avais trouvé la vision qui me permettait de maîtriser la nuée de pouvoir. Mais aussitôt, je perdis ma concentration.
Chaque fois qu'Alec était dans les parages, j'essayais de me focaliser. Lorsque je n'y arrivais pas à distance, je l'approchais dangereusement, et je lui parlais alors que j'aurais dû l'éviter. Même s'il avait déclaré qu'il ne me ferait plus mal, je lisais parfois dans ses yeux une avidité qui me mettait mal à l'aise. Ca ne m'empêchait pas de discuter avec lui, et parfois je le touchais même pour tenter de maîtriser son pouvoir. Peut-être étais-je masochiste, m'accrochant au seul vampire qui se trouvait encore devant mes yeux. Je cherchais dans ses yeux sombres un lien ténu avec l'ambre d'Edward. Je m'attachais à de minuscules détails, comme sa façon de se déplacer, qui apportaient une crédibilité à ce qui s'était passé. Alec était un être obscur et sûrement maléfique, mais il avait la même beauté surnaturelle qu'Edward, et j'étais indubitablement attirée par ce magnétisme qu'ils dégageaient tous les deux. C'était un lien dangereux, sans réelle affection de chaque côté. Je ne savais pas ce qu'il espérait en me fréquentant, sûrement le moment opportun pour m'achever. Quant à moi, cette relation m'apportait un peu d'Edward, et me permettait de m'entraîner à focaliser les nuées de pouvoir.
Je n'étais pas suicidaire. J'étais juste paumée. Perdue dans ce monde auquel je n'appartenais plus. Egarée au milieu d'âmes qui m'effleuraient sans m'atteindre. Désorientée, sans aucune balise à laquelle me raccrocher. J'avais l'impression de me déplacer dans un vide permanent. Je flottais, et c'est ainsi que je survivais. Mes pieds me dirigeaient où ils le désiraient, mes mains agissaient comme bon leur semblait. Mon corps avait finalement une totale liberté de mouvement, ce qui m'avait peut-être occasionné quelques problèmes. Je n'en savais rien, mais je supposais que ma maladresse n'était pas partie avec Edward.
Ce soir là, mes pas m'avaient menée devant la maison d'Alec.
Il m'attirait, je le savais, mais je découvris avec étonnement à quel point je m'accrochais à lui. Ce pouvait-il qu'il soit ma bouée de sauvetage ? J'en doutais fortement, doux euphémisme pour signaler que je savais pertinemment que JAMAIS Alec ne serait de mon côté. Ce n'était pas la première fois ce mois-ci que je me retrouvais ici. Rose et Steph faisaient régulièrement des rondes dans ce coin lorsque je rentrais tard à la chambre (ce qui m'arrivait quasi-quotidiennement, vu les errances imprudentes que je m'autorisais). Mais je ne les aperçus pas.
Je montais comme un pantin les marches du perron, et m'arrêtais devant la porte de bois. Cette masse sombre et impressionnante me donna l'espace d'un instant une envie pressante de retourner me terrer dans mon lit. Mais un bourdonnement sourd me fit rester. Je collais mon oreille droite sur l'entrée, mais n'entendis rien de spécial. Je remarquai alors qu'une fenêtre sur la gauche était entrouverte. Elle était au niveau du perron, au dessus d'une haie. Avec la pointe des pieds sur le bout des marches, je balançais mon corps en avant et m'accrochais à la bordure de la fenêtre. Je mis quelques minutes à comprendre ce qu'il se passait à l'intérieur de la maison grise.
C'était une pièce que je ne connaissais pas, mais qui ressemblait énormément à la salle médiévale que j'avais malheureusement visitée. Des étagères longeaient les murs, et supportaient le poids de quelques livres –ou plutôt des grimoires-, de fioles de tailles diverses, et de différents calices. Au centre de cette pièce, un groupe se tenait assis en cercle et entourait cinq vampires debout. Je les avais immédiatement identifiés comme tels au vu de leur pâleur. Les autres me semblaient humains, mais les capes qui les recouvraient laissaient planer le doute.
Enfin, je compris d'où venait le bourdonnement. Les humains parlaient tous en même temps, et apparemment ils disaient la même chose. Leur litanie m'arriva aux oreilles :
''Nous, humains membres de la Strength & Blood, reconnaissons l'existence des vampires.''
Je me penchais un peu plus pour mieux entendre, désireuse de connaître leur rituel.
''Nous savons qui ils sont, ce qu'ils sont et ce qu'ils font. Nous connaissons leurs besoins et leurs envies, leurs desseins et leurs désirs. Nous nous levons pour les servir et nous nous dressons pour les nourrir.''
Ils joignirent les gestes à la parole, se levant et se rapprochant des vampires.
''Nous leur donnons notre sang avec fierté, nous leur offrons notre corps avec dignité. Pour assouvir leur appétit, nous sacrifions nos vies.''
Mon ventre se tordit en saisissant ces paroles. Ces humains laissaient les vampires les mordre. Ils se faisaient drainer volontairement. Je comprenais qu'on veuille devenir vampire, mais pas qu'on se contente de les nourrir. Personnellement, je ne voulais plus ni l'un ni l'autre. Je voulais juste qu'IL revienne. Je voulais juste être sûre que je n'avais pas rêvé mon histoire avec Edward. Je me ressassais involontairement des souvenirs qui s'avérèrent douloureux. Puis mon imagination s'emporta, je pensais à ce qu'aurait pu être cette morsure définitive, cette transformation qui n'avait jamais eut lieu. Etait-ce bon de se faire mordre ? Est-ce que ça faisait mal ?
''Nous acceptons la douleur, car elle démontre notre valeur. Nous recevons avec honneur, un peu de votre grandeur''.
Lentement je revis ce soir où Alec avait failli me mordre. Alec… Je soupirais en pensant à ce geste manqué. J'en voulais à Edward d'être intervenu. Ca aurait été si simple si son frère, son magnifique et sombre frère, avait pu me transformer.
''Nous nous engageons à dissimuler la vérité sur nos maîtres et à dénoncer les traitres. A servir sans répit ceux qui élèvent nos vies. A se soumettre à leur foi et obéir à leurs lois.''
Chaque humain offrit alors son cou à son vampire attitré. Je vis un jeune garçon brun se diriger avec un immense sourire vers Jane, fier. Une fille aux cheveux dorés semblait moins sûre d'elle, peut-être était-ce la première fois qu'elle faisait ça. Elle avançait doucement vers Alec, dont la beauté me secoua. Torse nu sous une petite veste foncée, pieds nus à moitié recouverts par un jean bleu nuit. La lumière blafarde et tremblotante mettait sa peau pâle en valeur par intermittence. Lorsque la blonde fut dans ses bras, je fus prise d'un violent hoquet, rattrapée par mes souvenirs. Les yeux noirs et rouges d'Alec se levèrent vers moi.
Je m'affalais dans la haie.
Je pense que certains auront reconnu l'influence Anita Blake (sinon, tant pis, ça ne changera pas vos vies hein!)
J'espère que malgré la séparation, vous aimez les chemins que prennent nos deux protagonistes préférés, et les autres persos aussi car ils vont se révéler importants. J'espère également que le petit côté société secrète, rituel et litanie vous aura séduit. Ca faisait longtemps que je voulais le mettre mais je m'étais un peu éloigné du coeur de la S&B
N'hésitez pas à me dire TOUT ce que vous avez pensé grâce aux reviews, sans oublier que review=teaser.
Et...j'ai failli oublier!!!! OMG ! Vous aimé S&B ? Alors penchez-vous sur sa parodie, Stress & Food ! Ecrite avec Effexor sous le pseudo Soul-And-Flash, c'est...spécial, épicé, déridant et déroutant. (tout ça!)
A la semaine prochaine !
