Bonjour et merci à tous d'être encore et toujours là! Suite à vos reviews, je pense que vous pouvez créer une team "Edward, je le vois, je lui fous un cocard"...je vous laisse méditer et créer le groupe FB... Sinon je pense que vous êtes assez nombreuses pour une team "Alec, je le vois, je l'embrasse aussi sec".
Bonne lecture!
xenia : bizarrement, je ne vois pas Edward jaloux. Si Bella s'éprenait d'Alec et qu'il revenait, il ne serait pas content, il se battrait peut-être contre son frère, mais ne serait-il pas pour que Bella choisisse celui avec lequel elle sera la plus heureuse ? Bon, ça fait beaucoup de supposition et rien ne dit que ça se passera ainsi, mais vraiment je ne vois pas Edward jaloux… Quant au sujet Anita Blake, j'ai fini le tome 11 hier (et j'ai adoré, contrairement aux tomes 8 et 10). Alors j'ai une page FB (le lien est sur mon profil) tu m'indique sur mon mur que c'est toi et je pourrai te rajouter comme amie si tu veux, ya pas de souci. Merci pour tes reviews.
babybella95 : merci, j'espère que l'attente n'a pas été trop longue car je poste plus tard que d'hab ! Bises.
Anill : j'espère que malgré la surprise que peuvent créer ces chapitres tu continueras à aimer. Merci pour ta review.
Fran : merci pour ta review, et en effet j'essaye de donner un intérêt à chaque personnage car ils font partie de mon monde et qu'ils ont leur rôle à jouer…
Chapitre 31 : Cadeau
Un rire moqueur emplit mes oreilles tandis que j'essayais tant bien que mal de sortir du piège végétal dans lequel je m'étais fourrée. L'hilarité méprisante d'Alec me parcourait le corps, m'effleurait la peau et me faisait frissonner. Tandis que je me jetais au sol et que je me relevais péniblement, il arrêta de s'esclaffer. Mais ce fut sans se départir d'un demi-sourire entre le facétieux et le dédaigneux qu'il me demanda :
-Tu te lance dans le voyeurisme ?
Je ne daignais même pas répondre à sa question inepte. Il perdit aussitôt sa bonne humeur, et je regrettais par la même occasion de ne pas avoir ouvert ma bouche.
-Qu'est-ce que tu faisais là Bella ? Tu espionnais la Strength & Blood ?
Il se rapprocha, releva ma tête de sa main glacée.
-Tu désires peut-être nous rejoindre maintenant que ton stupide amant a foutu le camp ?
Ses yeux rougirent. L'intensité de ses prunelles m'effrayait. Mes jambes chancelaient, mais une fois de plus, une force venue d'on ne sait où me permit de répondre d'un air moqueur :
-J'ai vu de la lumière. Je suis entrée.
Edward aurait levé les yeux au ciel, mais aurait souri de ma témérité. Il aurait fait ça, s'il avait été là. A la place, son frère me caressa le menton, pensif. Un frisson me parcourut l'échine, et je me cambrais involontairement. Alec ferma les yeux comme pour profiter de la peur qu'il m'inspirait. Je ne sais combien de temps il se contenta d'effleurer ma joue, savourant je ne sais quoi. Puis il ouvrit ses paupières, et je constatais que le noir était revenu. Ca l'avait calmé, comme me le prouva la douce suavité de sa voix.
-Je ne sais pas ce que tu faisais chez moi. Mais je veux bien t'y inviter si tu le désires.
Je secouais ma tête. Il ouvrit les yeux, étonné.
-Je ne te comprends pas.
Ca ne faisait qu'un de plus, murmurais-je en mon for intérieur. Alors je tentais d'expliquer en bégayant à moitié :
-Je… je marchais et je me suis retrouvée ici… J'ai vraiment entendu du bruit et j'ai voulu voir. Je ne sais pas pourquoi.
-Ca t'a plu ?
Je reculais d'un pas. Secouais une nouvelle fois la tête, telle une enfant entêtée. Il avança du même pas et m'attrapa le bras.
-Tu as un lien avec les vampires Bella, un lien étroit, une attirance. Tu es faite pour ça.
Son nuage de pouvoir enflait à fur et à mesure qu'il essayait de me persuader, ou de se persuader lui-même.
-Au début, je croyais que le hasard t'avait placée sur mon chemin. Avec Jane, on suivait notre cher frère depuis deux ans, tentant de comprendre son stupide attrait pour la vie humaine. Et voilà que Démétri et … d'autres débarquent en ayant retrouvée la descendante d'Aesa. Comme ça, au même endroit !
Une étincelle jaillit dans ses yeux, comme si le désir de me posséder venait de lui traverser le visage.
-Je ne crois plus au hasard ma belle. Tu étais destinée à nous rencontrer, à devenir vampire.
Je comprenais enfin Alec, j'étais une proie pour lui, une proie qui lui apporterait tout ce qu'il désirait. Et en même temps, je me demandais s'il ne voulait pas juste voir ce que je donnerais en tant que vampire. Ses réflexions devaient faire écho aux miennes car il murmura :
-Si seulement je pouvais m'occuper de toi.
-Pourquoi tu ne peux pas ?
-Tu voudrais ?
Je reculais encore. Non, je ne voulais plus. Les vampires ne m'apportaient rien de bon. Je devais partir d'ici désormais. Je devais fuir Alec. Mais il me prit le bras une fois de plus et il m'expliqua :
-Tu… appartiens aux Volturi en quelque sorte. Depuis Aesa, jusqu'à toi, c'est leur affaire. Tous ces vampires que tu as vus chez moi n'oseraient jamais contrecarrer les désirs d'Aro. Et moi-même, qui suis Volturi avant d'être membre influent de la S&B, n'ai pas le droit de te toucher.
Il soupira en me caressant la joue de son doigt gelé.
-Quel dommage. C'est une perte terrible.
Je ne comprenais pas pourquoi les Volturi avaient décidé de me protéger. Il manquait une pièce au puzzle, mais ça ne m'importait plus. Je voulais fuir, fuir Alec, fuir la Strenght&Blood. J'avais eu une très mauvaise idée en venant ici. Désormais, je savais que la Strength&Blood ne se limitait pas à Alec et Jane. C'était une vraie société, qui aurait pu m'attraper et me tuer à n'importe quel instant. Et qui finalement, n'avait pas le droit de m'approcher car ce n'était pas eux les vrais méchants. Ce n'était qu'une annexe, indépendante certes, mais soumise à des lois supérieures.
J'appartenais aux Volturi. Alors que ça aurait pu me réjouir, alors que j'aurais pu être contente d'être considérée comme un vampire potentiel, ça m'effrayait. Je ne voulais plus de vampire dans ma vie, je ne voulais surtout pas en devenir un. Je n'osais imaginer ce que serait l'éternité sans Edward. Déjà que ma vie me semblait monotone et terne, je concevais sans peine la noirceur et le néant dans lequel le vampirisme m'enfermerait. Je devais fuir Alec.
J'avais beau me répéter cette phrase, je restais plantée là, face à cette beauté qui me ravageait. Si seulement ça avait été facile de me séparer de lui, aussi simple que la manière dont Edward s'était débarrassé de moi. Mais ça ne l'était pas, car justement il me faisait penser à Edward. Et je me rendis compte avec désespoir que mon cœur ne passerait jamais à autre chose.
J'étais condamnée à une fuite permanente des vampires, associée à un désir ardent de fréquenter Alec.
Sans compter sur une volonté venue d'on ne sait où de maitriser mon pouvoir.
Quelque chose me disait que ça n'allait pas être une partie de plaisir.
Je me focalisais à nouveau sur Alec, et son attitude me bouleversa. Sa main tenait toujours fermement mon bras pour m'empêcher de fuir –comme si je pouvais en avoir la force-, et son visage était dirigé vers moi comme pour m'embrasser. Ou me mordre, je ne savais pas faire la différence à cet instant. Je voyais les sillons dessinant une fractale sur ses lèvres fines et rouges. J'avais toujours était frappé par les lèvres d'Edward, car elles semblaient abîmées de l'extérieur, comme si elles avaient trop vécu, mais elles étaient incroyablement douces et sensuelles. J'avais envie de frôler celles d'Alec, juste pour me remémorer cette impression de caresser de la ouate toute fraiche. J'avais toujours envie de me plonger dans ses lèvres lorsque je l'embrassais, de m'y lover comme dans un nid. J'aperçus que mon doigt s'approchait dangereusement de la bouche d'Alec, comme pour étayer mes souvenirs. Je stoppais le mouvement quelques centimètres avant de le toucher. Il me sourit avec ironie, comme s'il savait ce contre quoi je luttais. Comme s'il savait que ce n'était pas lui que je voulais atteindre, et que j'en souffrais atrocement. Mon cœur battait à toute allure, c'était si réel et en même temps si cruel. Je revivais des émotions qui ramenaient à la surface de mon corps toute mes peines et ma souffrance.
Alec semblait bien s'amuser, comme s'il maîtrisait tout ce qui se passait. Il était heureux de jouer avec moi. Il ne pouvait pas me tuer mais il pouvait m'abuser, telle était sa nature. Vile, joueuse, assoiffée. Je savais qu'il avait soif justement, car sa langue passait inlassablement sur ses lèvres pour les humidifier. Mais il ne me tuerait pas ce soir, il n'en avait pas le droit. Tout mon corps tremblait désormais, effrayé par sa posture et ses gestes qui avaient balayé tous mes souvenirs d'Edward. Je n'étais plus qu'une proie face à un chasseur bridé qui me tenait par la main. Je ne voyais pas comment j'allais réussir à partir, et je ne voulais pas qu'il m'entraîne chez lui avec tous ces vampires et leurs donneurs de sang.
Quelqu'un hurla mon prénom au loin : ''Bellaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa''
Je sursautais alors qu'Alec restait immobile. Il lâcha mon bras, signe qu'il me libérait pour ce soir. Steph et Rose arrivaient en courant de l'autre bout de la rue. Alec posa ses yeux ténébreux dans les miens et me murmura d'un ton qui me laissa indécise sur ses désirs :
-A bientôt alors…
Je rejoignis mes amies dans la rue. Elles jetèrent des regards peu amènes en direction d'Alec, qui les observaient, toujours torse nu sous sa veste sombre. En me prenant dans leurs bras, elles me ramenèrent à la chambre. J'étais sonnée.
Je restais dans cet état second jusqu'aux vacances de Noël.
***
Ca faisait près de deux mois que je survivais sans Edward. Je pensais toujours à lui, du matin au soir, et la nuit je cauchemardais encore en revivant la rupture. La distance qu'il y avait eut entre nous ce jour là me consumait à petit feu, et je m'étonnais chaque matin d'être encore vivante. Le temps n'affaiblissait pas ma peine. Nous étions le 20 décembre, et je ne rentrais pas chez mes parents pour les vacances. Parce que rien n'est plus triste que passer un Noël seul, et qu'il n'y a personne de plus triste que moi sur Terre. Steph partait demain pour la Californie, et Rose était déjà rentrée chez ses parents en Floride. Elles reviendront le plus vite possible après Noël.
A Dartmouth, il neigeait depuis deux jours. J'étais restée enfermée depuis que les flocons avaient commencé leur lente descente aléatoire vers le sol gelé. Avant, je m'extasiais devant la neige. Désormais, elle m'était indifférente. A part mon histoire de pouvoir, tout me laissait de marbre. Mais Steph avait raison, j'avais au moins un objectif, et ça me permettait de survivre.
-Bella, puis-je être impolie pour une fois ?
-Vas-y, lâche-toi.
Avec un peu de chance, Steph me ferait sourire.
-TU VAS TE DECIDER A BOUGER TON CUL, OUI OU NON ?
Raté, ça allait plutôt me faire pleurer.
-Pour quoi faire ?
-Je ne sais pas moi, des cadeaux, des emplettes. Faire des courses pour te nourrir puisque je ne serais plus là pendant quelques jours. Poster une carte à tes parents qui doivent s'inquiéter.
-T'as raison.
Je n'avais évidemment aucune intention de sortir, mais j'espérais avoir la paix. Steph ne se laissa pas abattre. Elle enfila son manteau, et essaya de me mettre le mien.
-C'est bon, je peux y arriver seule !
-Ah ouais ? J'avais des doutes…
Une fois bien habillée, elle s'occupa de remplir mon sac à main, prit le sien, et me tira hors de la chambre. Elle ferma la porte et me dit :
-Une seule clé, et c'est moi qui l'ait. Donc tu me suis.
Je la suivis. Même avant qu'il me quitte, je n'avais rarement osé contredire Steph et ses couettes.
Elle m'emmena dans un centre commercial, bondé. Mais je m'y sentis vivre à nouveau, comme si l'énergie de toutes ces fourmis dépensières me contaminait. Comme si chaque fois que quelqu'un m'effleurait, il me donnait un peu de son énergie. Des guirlandes lumineuses tombaient des hauts plafonds de verre, des sapins étaient dressés un peu partout. De grosses boules rouges et dorées étaient posées ça et là dans les vitrines. L'esprit de Noël était un peu présent dans cet antre de la société de consommation. Emportée par la frénésie de Steph, j'achetais des bottes, une veste officier rouge et une tunique blanche bouffante. Je ne savais pas pourquoi je dépensais mon argent là dedans, mais ça me faisait du bien de changer. J'achetais un livre de pêche pour mon père, et une comédie romantique à ma mère. Des cadeaux faciles à emballer et à envoyer par la poste. C'était le premier geste que je faisais pour eux depuis deux mois, et ça les rassurerait sûrement, eux qui ne comprenaient pas ce qui m'arrivait. Steph m'a emmenée manger au Mac-Do, puis on a pris un Frapuccino® dans un Starbucks. Journée typique entre deux amies. Mais je n'avais jamais fait ça auparavant. Steph venait de remplir un gros trou dans mon cœur. L'amitié m'aidait à surmonter mon amour perdu.
A 15h, nous avons quitté le grand centre commercial pour flâner dans les petites rues adjacentes. La neige tombait encore, mais de façon très décousue. Nos mains étaient pleines de sacs, et nos joues prenaient des couleurs sous l'air vivifiant de décembre. Ca aurait pu être le bonheur, j'aurais pu être heureuse.
Je stoppais net face à une vitrine. Steph me rentra dedans et je glissais à terre. Je me retrouvais les quatre fers en l'air sur le trottoir mouillé. Mon amie explosa de rire et m'aida à me relever. J'avais un peu mal aux fesses, mais ça allait. Une fois revenue à la position verticale, je contemplais ce qui m'avait fait m'arrêter si brusquement. Elle était là, et elle semblait m'attendre. Bancale sur les petits pieds qui ne la maintenaient pas en place. Une guitare Martin. La caisse était dans un bois sombre, mais elle s'éclaircissait autour de la rosace. Elle était … parfaite. Je n'ai jamais joué de guitare, et je ne comptais pas en jouer. Mais lorsque je l'avais aperçue, je l'avais tout de suite imaginée dans les bras d'Edward. Elle lui siérait à la perfection. Edward et cette guitare étaient faits pour être assemblés. Je ne sais pas pourquoi je voulais lui offrir ça, ni comment j'allais me débrouiller pour lui faire parvenir, mais je rentrais immédiatement dans le magasin ; et après avoir donné mes dernières économies au vendeur, je ressortis la guitare à la main. C'était une pulsion, une envie. Steph n'avait rien fait pour m'en empêcher. Mon geste était inexplicable, j'allais offrir un cadeau à Edward. Il était parti, il n'en avait rien à faire de moi, et je ne pouvais m'empêcher de l'aimer. C'était plus fort que moi, cette guitare, c'était un lien ténu et chimérique avec lui.
***
24 décembre. Je suis réellement seule depuis trois jours. Je crie, je pleure, je cauchemarde encore plus qu'avant. J'aurais peut être mieux fait de rentrer chez moi. Mais j'avais trouvé mon plan pour la guitare. Ce soir, j'irai à Windsor.
Je ne sais pas vraiment pourquoi je n'y étais pas allée avant. Par peur de ce que j'allais trouver ? Par peur d'être rejetée par sa famille comme lui m'avait repoussée ? Et surtout par peur qu'ils soient tous partis, que j'ai tout imaginé. Rester dans le doute me permettait de conserver un timide espoir que tout avait bien eut lieu. Mais cette fois-ci, rien ne m'arrêterait. A 17heures, j'avais récupéré la voiture que j'avais louée via internet. J'avais mit la guitare sur la banquette arrière de la Swift. J'avais pris un papier et un stylo, au cas où j'ai quelque chose à écrire. Et j'avais commencé mon voyage.
Seule dans cette petite voiture, le trajet fut pénible. Il faisait noir, il neigeait un peu, et la route était mal éclairée. En plus, j'avais continuellement envie de pleurer. Plusieurs sentiments se disputaient dans mon cœur : j'étais très impatiente d'arriver, j'avais très envie de voir Alizée, Jasper ou Emmett. Mais je redoutais qu'il n'y ait personne. Ou pire s'ils étaient là, qu'ils refusent de me parler. Je n'avais plus aucun lien avec eux. Une boule s'était formée dés le matin dans mon ventre, et elle y avait élu domicile. Je n'avais pas réussi à manger à midi. Maintenant, j'émettais des gargouillements indécents. Mais peu m'importait.
Je repérais avec quelques difficultés la maison des Cullen. Durant ma brève relation avec lui, j'étais venue quelques fois ici. Mais je n'avais pas été assez attentive pour me remémorer correctement le chemin. Enfin, je repérais la grande bâtisse blanche perdue au milieu des arbres. Avec les vampires, je ne comptais pas sur l'effet de surprise, ils m'avaient sûrement déjà vu arriver, et Alizée les avait peut-être prévenus. Je me garais sur les graviers en remarquant qu'il y avait de la lumière à l'intérieur. Quelqu'un habitait ici. Je croisais les doigts pour que ce soit un vampire de ma connaissance.
J'ouvris ma portière, et tombais nez-à-nez avec Alizée. Je lui sautais dans les bras en criant son prénom. J'avais oublié qu'elle était maintenant dure, froide, et un millier de fois plus forte que moi. Je me fis mal en m'accrochant à elle, mais ce n'était rien comparé au bonheur de la voir. Elle me rendit mon étreinte en plissant du nez :
- Bella, éloigne-toi s'il te plaît. Tu sens bon…
Je reculais de quelques pas pour contempler mon amie. Ses yeux ambrés étaient parcourus d'éclairs noirs, preuve que j'étais une proie appétissante pour elle. Je contemplais son pouvoir, petit film transparent parcourant son corps de bas en haut. Je ne savais plus trop quoi dire, et elle raccourcit le silence gêné qui s'était installé entre nous :
-Je t'ai vu venir ici ce soir. Mais je ne leur ai rien dit pour ne pas qu'on t'évite. Je suis si contente de te revoir !
-Et mes textos ?
-Jazz a confisqué mon téléphone. Et il me surveille comme si j'étais un bébé. Pendant un mois, j'ai été assez sauvage il faut dire…
Je la laissais dans ses souvenirs de chasse sûrement.
-Tu es heureuse ?
-Oui. Je sors avec Jasper en fait. C'était une évidence.
-J'aimerais pouvoir en dire autant.
Son regard se voila de chagrin.
-C'est si triste Bella. Jazz a essayé de m'expliquer pourquoi il est parti… mais je n'en reviens toujours pas qu'il t'ai laissée. Comment tu vas, au fond de toi ?
J'inspirais un grand coup avant de répondre :
-Ca va. Steph et Rose m'empêchent de trop déprimer.
-Et elles te font faire du shopping !
J'avais mit mes nouveaux habits, et ça n'avait pas échappé à l'œil malicieux d'Alizée.
-Aallez on rentre. Je te préviens, ils vont être super gênés. Ils se sentent coupables à la place d'Edward.
-Attend deux secondes !
J'ouvris ma voiture et sortis la guitare et sa housse.
-C'est quoi ça ?
-Hmm… je t'expliquerai à l'intérieur.
***
Ils m'attendaient tous au salon, et comme l'avait annoncé Alizée, ils étaient très gênés. J'avais en face de moi une armée de sourire embarrassés. Alizée ordonna à son ami :
-Jasper, fait déstresser tout le monde s'il te plait.
La tension diminua d'un coup. Je regardais Jasper et son petit nuage. Désormais, j'arrivais sans problème à visualiser la personne et son pouvoir, de manière distincte et continue. Les heures d'entraînement avec Alec et Steph avaient finalement servi. Je tentais de sourire à tout le monde, et commençais à parler :
-Je ne vous en veux pas du tout. En fait, je suis venue apporter un cadeau à Edward. Vu que je ne sais pas où il est, j'ai pensé que vous pourriez lui transmettre… ça.
Et je brandis ma guitare à bout de bras, comme un bouclier. Carlisle et Esmée me regardaient avec une compassion et un amour qui me faisait mal au cœur. Ils semblaient me comprendre. Emmett et Jasper avaient écarquillé les yeux d'étonnement. Alizée souriait.
-Si vous savez où il est, s'il vous plait…
Ma gorge se noua et je me mis alors à pleurer comme je ne l'avais encore jamais fait. Entre deux sanglots, j'expliquais à la famille de vampire que cette guitare m'avait fait penser à Edward, que je l'aimais encore, et que même s'il était parti c'était ainsi. Ils avaient tous posé une main sur moi, où ils m'entouraient de leur bras, et je me sentais soutenue, épaulée. C'était étonnant de venir chercher du réconfort auprès de la famille de celui qui vous a lâchement abandonnée. Mais il les avait quittés également… Cette pensée me fit rougir de honte, et entre deux hoquets, je m'excusais :
-Désolée d'avoir fait partir Edward.
Jasper m'apaisa avec son pouvoir et me rassura :
-Bella, arrête de culpabiliser. Edward n'est pas parti à cause de toi. Il est seul responsable de sa bêtise. Ecoute, il ne te l'as sûrement pas dit, mais je crois qu'il faut que tu saches pourquoi il est vraiment parti.
Je ne savais pas de quoi il voulait parler, mais j'en avais marre qu'il me contrôle avec son pouvoir. Je lui répondis avec hargne :
-Il ne voulait pas de moi pour l'éternité, c'est simple !
Au même moment, alors que je pensais justement que le pouvoir de Jasper m'exaspérait, je vis son petit nuage se séparer de son maître. Interloquée, je contemplais le pouvoir de Jasper virevolter dans la pièce. Et je décidais de me l'approprier. Mais une fois arrivé dans mon proche périmètre, il était impossible d'aller plus loin. Je devais d'abord me débarrasser de mon bouclier. Je renvoyais le pouvoir à Jasper, qui semblait se demander ce qu'il se passait. Esmée me ramena à la discussion :
-Non, Bella. Edward est parti car il ne voulait pas que tu deviennes comme nous. Il a l'impression d'avoir perdu son âme, il pense être un monstre. Et il ne veut pas que tu sois un monstre toi aussi. Il ne veut pas te dépraver comme il l'a été.
Je réfléchis quelques secondes. Je pris mon papier et mon stylo car j'avais trouvé ce que j'allais lui dire. J'écrivis mon petit mot, et le glissai dans la caisse de la guitare. Il ne restait plus qu'à l'envoyer au destinataire…
-Vous savez où il est ?
-En Italie. Il est allé demander à Aro de te laisser en paix...
Voilà pourquoi Alec et Jane ne me cherchaient plus du tout… Voilà pourquoi la Strength&Blood n'avait pas le droit de m'approcher. J'étais contente de découvrir ce qui manquait à ma compréhension de la société de vampires. Je ne relevais donc pas la tension qui avait brusquement monté. Comme s'il y avait autre chose à dire sur Edward. J'étais trop occupée à penser aux vraies raisons qui avaient poussé Edward à partir. Et à celles qui le pousseraient à rentrer…
-Vous l'enverrez hein ?
Il n'y avait plus que ma guitare et mon petit mot qui comptaient. Sur Terre, rien n'avait plus d'importance.
-Ne t'en fais pas Bella. Dés demain ton cadeau part pour l'Italie.
Mission guitare réussie : mon corps se relâcha, comme libéré d'un grand poids. Je les remerciais tous et rejoignis ma voiture. Alizée m'accompagna :
-Jasper va me rendre mon téléphone ce soir. Heureusement que tu es venue ma Bella, je pense que tu as fait bouger des choses. Je ne vois pas encore quoi malheureusement... Bonne nuit, rentre bien !
-Joyeux Noël Alizée !
Et je démarrais le moteur. Le retour fut plus joyeux que l'aller, car je n'étais plus seule avec ma tristesse. Je ne savais pas si j'allais faire avancer l'histoire, mais au moins, j'avais fait quelque chose de ma vie : je m'étais rapprochée d'Edward. On aurait pu dire que c'était une régression, que j'étais ridicule de m'attacher ainsi à celui qui m'avait quitté, mais moi, je savais que j'avais progressé. Et puis, j'avais trouvé la clé : je regardais mon bouclier qui flottait sur le siège passager, et lui sourit.
Un chapitre de plus de terminé... Il n'en reste plus beaucoup, alors n'hésitez pas à me dire ce que vous pensez, c'est précieux pour moi!!! Review = teaser comme d'habitude.
Initialement, j'ai écrit ce chapitre pour répondre à de nombreuses questions, mais j'ai peur qu'il en soulève de nouvelles... Dites moi tout ce que vous attendez et espérez...
