Salut à tous ! Désolée pour le retard, mais du coup je poste mardi exceptionnellement ! Et pour fêter ça, un POV Edward, un ! Nous allons enfin savoir s'il rentre au bercail. Et puis aussi un peu d'action en fin de chapitre, parce que ça fait longtemps que j'avais envie d'une petite baston.


babybella95 : merci à toi, ma 600ème review !!!!!!!!! En plus ça tombe sur une lectrice fidèle donc doublement merci et à la prochaine… et tiens, pour le coup ça va bouger à ce chapitre.

xenia : pas de problème, n'hésite pas à te manifester sur ma page si tu veux discuter ou devenir mon amie (ça fait stupide dit comme ça). Merci pour ta review et j'espère que la suite continuera à te plaire.


Chapitre 32 : Retour

Edward POV

Nous étions le 27 décembre. Passer Noël loin de ma famille m'avait anéanti. J'avais reçu une quantité de mails enthousiastes m'expliquant que j'allais recevoir le plus beau cadeau de ma vie. Cette effusion me mettait mal à l'aise, j'avais peur de les décevoir en restant encore à Volterra. Ma famille était entiérement persuadée que j'allais bientôt rentrer à la maison. Je n'étais pas capable de prendre une décision. Jamais je n'avais été aussi indécis sur mon avenir. Ce que j'appelais mon avenir était en fait celui de Bella : ne trouvant rien ici, avais-je le droit de retourner dans sa vie ? En deux mois, je n'avais écumé qu'une infime partie de la bibliothèque des Volturi. Il me faudrait des années avant d'avoir tout lu, sans aucune garantie de trouver quelque chose un jour. Mais si je rentrais, j'allais devoir éviter Bella. Elle devait continuer à vivre sans que j'interfère. Ca serait impossible. Je serais tellement tenté d'aller la voir. Alors, autant rester en Italie et savoir pourquoi je souffre. Voilà quel était le stade de mes pensées, quel était le gouffre dans lequel je plongeais volontairement, lorsque je reçus mon fameux cadeau.

Il était empaqueté dans un carton rectangle qui faisait presque ma taille. Je le déballais rapidement. Assez vite, je me rendis compte de ce que c'était. Une guitare ! Une guitare Martin en plus… Je poussais une légère exclamation de joie. Je ne sais pas qui s'était dévoué pour moi, mais la personne en question avait trouvé exactement ce qu'il me fallait. A mon avis, c'était un cadeau commun de la part de mes parents et mes frères. Je pris délicatement l'instrument dans mes bras, et commençais à gratter. Ca faisait des années que je n'avais pas joué, mais ça me revenait naturellement. Je fermais les yeux pour apprécier cet instant de pur abandon. La musique me permettait d'oublier. Mes doigts étaient peut-être froids et adamantins, mais ils étaient agiles, et leur dextérité me procura quelques secondes de répit, quelques secondes où je pus ne plus penser à rien. Ce qui arrêta ma transe fut une légère fausse note. La guitare semblait en effet légèrement déséquilibrée, et le son ne sortait pas parfaitement de la caisse de résonnance. Je secouais légèrement mon cadeau, et entendis le bruit d'un papier dans la caisse. Qui avait eu la stupide idée de placer un mot DANS une guitare ? Emmett pour me faire une sale blague ? Je révisais mon jugement en réalisant que c'était un bon moyen pour que je le trouve à tous les coups.

Je dépliais avec hâte la feuille, et faillis lâcher la guitare lorsque je reconnus l'écriture. Bella. Ca venait de Bella. Aussitôt, des milliers de souvenirs assaillirent mon cerveau, comme pour se venger du vide intellectuel de l'instant précédent. Bella. Je pris encore le temps de savourer son prénom en le murmurant. Je l'avais laissé tombée, et elle m'envoyait une guitare. M'aimait-elle encore ? Je lus rapidement le petit papier, et me tordis de douleur à la vue de ces quelques mots.

La chose la plus monstrueuse que tu aies faite a été de me quitter. Reste humain si tu le peux. Bella.

Ma décision fut prise dans la seconde. J'allais rentrer à la maison. Et la maison, mon foyer, c'était Bella.

Durant ces deux mois, j'avais lu de nombreux livres sur les âmes et les vampires. En passant par ''Des différences primordiales entre le vampire et l'humain'' écrit par le Seigneur Renfield à la fin du 19ème, ou ''Traité sur les besoins et les désirs du vampire'' de Lord Carmilliae au 15ème, je m'étais rendu compte qu'ils étaient quelques-uns à penser que le vampire avait un libre arbitre lui conférant une sorte d'âme. J'avais lu des textes sur '' l'inclinaison intime '', sorte de conscience bridant notre nature pour nous permettre de vivre en accord avec nos principes. Dans ''Les cas pathologiques du vampire adaptés aux découvertes de Freud'' écrit par Lugosa Djinn, on évoquait le ''fort cœur'' et le ''moi-vertueux'' qui expliquaient la honte qu'ont certains de leur nouvelle nature –dont moi, je le reconnaissais-, car ils se sentent violés et méprisables. Lugosa détaillait ensuite les différents moyens de s'assumer, mais ces exemples étaient dignes d'un magazine féminin du 21ème siècle. J'avais était interloqué par un ouvrage de Gnod-Sbyin, qui indiquait que les vampires souffraient de nombreux troubles d'ordre psychologique, facilement guérissables par acceptation de son état, et découverte de son potentiel. Ce vampire guérisseur déclarait que les méthodes humaines étaient transposables à notre espèce, et que nous étions tous doués pour quelque chose, ce qui nous éloignait de notre nature primitive et mauvaise.

Toutes ces belles paroles côtoyaient des traités tellement plus obscurs sur les méfaits de mon espèce, sur les différentes façons de tuer un humain, sur les méthodes pour drainer son sang pour que sa mort soit instantanée que j'étais perdu.

A côté de ces livres plus ou moins sérieux se trouvaient des romans, des essais fantasmagoriques sur des amours impossibles entre humains et vampires, entre princesses et crapauds. J'avais l'impression d'être banal au milieu de mes semblables lorsque je lisais tout ceci. Ca me rendait encore plus malade.

J'étais irritable, désespéré, et épuisé par une tristesse qui me dévorait lorsque j'avais reçu ce cadeau de Bella. Ce fut comme si une porte s'ouvrait devant moi, m'accordant le passage vers la lumière. J'acceptais toutes les théories qui bonifiaient mon espèce, rejetant les cruautés que je bannissais.

A cet instant, je me dis que, peut être, ne serait-elle pas damnée. Peut être avait-elle raison. Peut-être avais-je agi comme le monstre que je combattais, alors qu'il me suffisait de me comporter comme un humain égoïste. Selon elle, je l'avais plus fait souffrir en la quittant que si je l'avais transformée. Peut-être, qui étais-je pour juger de ses peines ? Mais j'en avais marre de chercher quelque chose d'imaginaire. Ma place était auprès de Bella, humaine ou vampire, peu importait.

J'allais rentrer. J'allais demander à Bella si elle voulait encore de moi. Si oui, j'allais rester à ses côtés toute sa vie. Si elle voulait que je la transforme, je négocierai des mois, des années si j'étais malin. Et ça finirait par arriver. Et je le ferais, sans hésiter.

Si elle me rejetait, ma vie était de toute façon finie.

Je rassemblais alors mes quelques affaires, et m'apprêtais à partir. J'hésitais à aller voir Aro pour l'informer de mon départ. Ca serait plus protocolaire, mais quelle importance ? Je voulais juste rentrer chez moi. Je courrais dans les couloirs pour m'échapper de l'antre des Volturi, le cœur léger comme jamais.

-Tu nous fais faux bond une fois de plus ?

La voie glaciale d'Aro interrompit mes élans de joie.

-Je rentre chez Carlisle en effet. Je ne trouve rien ici, et ma famille me manque.

-Ta famille, ou Bella ?

-Les deux.

Il était inutile de mentir, je voulais juste partir le plus rapidement possible.

-Tu n'as rien appris depuis la dernière fois ?

Sa question me dérouta. J'avais retrouvé la place du fils se faisant sermonner par son père.

-Tu me dois le respect Edward. Je suis celui qui t'as créé, et tu m'as toujours rejeté. Je t'ai toujours aidé et tu n'as jamais été reconnaissant.

-C'est faux ! J'ai été reconnaissant pendant 40 longues années ! Je vous ai servi sans discuter.

-Tu ne m'as jamais apprécié.

-Nous n'avons pas les mêmes idéaux.

Il ne put répimer une grimace de dégout.

-En effet. Je veux rassembler les vampires les plus puissants autour de moi alors que tu te complais dans tes niaiseries humanistes. Jusqu'à aujourd'hui, tu étais avec moi en Italie, j'ai donc choisi d'oublier Bella, comme tu me l'as demandé. A partir du moment où tu sortiras d'ici, elle sera de nouveau ma proie. Vous serez tous les deux mon ultime convoitise. En restant ici, tu lui assures une protection. En partant, tu t'exposes à la voir mourir.

Je reculais, choqué.

-Vous trahissez votre parole.

-Non. Je t'avais prévenu que notre accord serait caduc si tu partais. C'est le cas. Réfléchis-y. Je compte envoyer Elena en soutien à la Strength&Blood. Alec et Jane sont des incapables. Hélène, celle qui a retrouvé la trace de Bella, va aussi les rejoindre. Sans compter quelques alliés de la S&B.

Je pesais le pour et le contre quelques millisecondes. Mais l'envie de revoir Bella l'emporta sur sa sécurité, chose que je n'avais jamais faite auparavant. Jamais mon plaisir égoïste, mon envie de la fréquenter et d'être avec elle ne l'avait mise autant en danger. Et pourtant, je n'hésitais pas.

-Adieu Aro.

-Au revoir, Edward.

Et je sortis en coup de vent. J'appelais immédiatement Jasper pour le mettre au courant des changements intervenus. Bella était de nouveau en danger. Je m'envolais pour les Etats-Unis dans l'heure qui suivit. Moins de 20 heures plus tard, j'étais chez moi, entouré de ma famille. Avec ma guitare…

***

-Et on fait quoi maintenant que tu es revenu comme une fleur ?

La question venait d'Emmett, et c'est vrai que je n'avais pas du tout réfléchi à la marche à suivre. Jasper et Alizée surveillaient actuellement la chambre de Bella. Tous les autres membres de ma famille, Carlisle, Esmée, Emmett, et moi-même nous trouvions dans le salon. La voix calme de mon père nous apaisa un instant :

-Nous n'avons pas vu de nouveaux arrivants depuis que tu nous as appelés hier, Edward. Et nous ne savons pas si la Strength&Blood dispose d'assez de membres pour se battre.

Je hochais la tête en méditant. En fait, j'étais bien loin des plans de guerre contre Alec et ses stupides confrères. Je ne pensais qu'à la manière dont je pouvais retrouver Bella. Comment lui demander pardon… Peut-être composer une chanson… La guitare n'avait pas quitté mes mains depuis hier. J'avais même payé un supplément dans l'avion pour pouvoir l'avoir en cabine.

Un coup de fil interrompit mes pensées, c'était Jasper :

-Rappliquez vite, ils sont une petite dizaine et se dirigent vers la résidence des filles.

***

Il nous avait fallu moins de cinq minutes pour rejoindre la résidence de Bella. Personne n'avait hésité, même pas Esmée qui n'était pourtant pas quelqu'un de violent. Pour défendre Bella, tout le monde s'était dévoué. Je me rendis compte une fois de plus de mon erreur. Du lien qui s'était créé entre elle et ma famille. Je n'avais pas le droit de le détruire. De LA détruire.

En bas de sa résidence, Jasper luttait contre trois vampires, et Alizée contre deux autres. Ils avaient été transformés récemment à en juger par les pupilles rouges et dilatées. Tous les trois bruns, entre adolescence et âge adulte. Sûrement des membres de la Strength & Blood, repérés pour leur talent et transformés sans avoir le choix. Une petite armée qui ne réfléchit pas et obéit aux ordres sans discuter. Une rage absolue s'empara de moi, car j'aurais pu être à leur place. Je ne sais pas si je choisis la bonne solution, mais je leur fonçais dessus ; libérant mon frère.

Jasper était en piteux état. Même s'il était fin stratège, lutter à un contre trois n'avais jamais été facile. Son bras droit pendait légèrement, et n'était plus relié à son corps que par quelques filaments de tissus musculaire. Dans mon élan, je cassais les bras de deux de ses assaillants. Carlisle et Esmée avaient couru aider Alizée, tandis qu'Emmett s'était occupé du troisième larron de Jasper.

Pendant quelques minutes, l'entrée de la résidence se transforma en champ de bataille. Jasper tentait de maintenir son bras tout en allumant un feu. Emmett et moi-même démembrèrent nos trois jeunes vampires méthodiquement. Ils étaient plus puissants que moi, mais moins forts qu'Emmett et je devinais leurs plans à l'instant même où ils les échafaudaient. A un moment, l'un deux faillis me retourner la jambe, mais je réussis à l'esquiver tandis qu'Emmett le plaquait au sol. Je le décapitai tandis qu'il nous suppliait de l'épargner. Je repoussais mon dégoût au plus profond de moi-même. Ce gamin, ça aurait pu être moi…

Ce n'était pas le moment de culpabiliser. Alizée cria à cet instant le prénom Bella. Quelque chose dans son regard me dit qu'elle était en pleine vision du futur, et son cri perçant me déchira le cœur. Mon pouvoir me permit d'accéder à sa vision : elle voyait Bella en train d'agoniser, étendue dans son sang sur le sol de sa chambre. Après une rapide évaluation, j'estimais que je pouvais rentrer dans la résidence. Carlisle et Esmée maîtrisaient les deux autres jeunes vampires, tandis qu'Alizée se prostrait à terre, perdue dans les ténèbres de sa vision. Emmett entra avec moi. Au deuxième étage, je rencontrais Elena et Hélène. Les deux détectrices de pouvoir.

Elena ne pouvait plus parler depuis notre précédent combat. Ca ne l'empêchait pas de m'insulter, si fort dans sa tête qu'elle décupla ma rage. Hélène semblait inoffensive : petite, menue, des cheveux blonds bouclés comme un petit ange, et des yeux perçants noir ébène. Je m'occupais d'Elena tandis qu'Emmett se dirigeait vers Hélène. J'avais l'impression que le combat serait inégal, et j'avais presque pitié pour la petite blonde, mais finalement, elle se révéla très douée. Elle était plus rapide que mon bourrin de frère, et se faufilait partout. Emmett la ratait systématiquement. Mais ses coups étaient faibles et elle ne réussissait pas à le déstabiliser. Une mouche tourmentant un ours.

Je me concentrais sur Elena et lui adressai mon plus joli sourire. Aujourd'hui, elle allait payer pour avoir trouvé ma sœur il y a 149 ans. Si cette brune n'avait pas croisé le chemin de Jane, je n'en serais pas là aujourd'hui, je ne serais pas damné. Je me précipitais sur elle tandis qu'elle échafaudait un plan de fuite. Elena avait toujours était faible et couarde. Je la maîtrisais rapidement, l'envoyant au sol dés mes premiers coups. Rapidement, je la démembrais en essayant de me focaliser sur autre chose. Je détestais tuer. Cette journée allait me hanter encore longtemps.

Après avoir balancé les restes d'Elena en bas de la résidence pour que Jasper les brûle, je secourus mon frère. Il tenait Hélène à bout de bras tandis que celle-ci gesticulait comme une puce. Je frappais Hélène au visage, et elle alla s'enfoncer dans le mur le plus proche. Emmett me remercia et partit finir le travail pendant qu'elle était encore sonnée.

Je m'éclipsais à l'étage supérieur.

Je n'arrivais pas à entendre les pensées des Bella, ce qui était normal. Mais j'étais également incapable de discerner celles de ses amies, alors que je sentais leur odeur. Un cri aigu me déchira les tympans. Je courus vers la chambre de mon unique amour, effrayé comme je ne l'avais jamais été. Mon cœur se serra lorsque j'ouvris la porte. Je savais qu'Alec et Jane se trouvaient déjà là. Je savais ce qu'Alizée avait vu. Je ne voulais pas y croire.


Et voila les amies, fin du chapitre. Comment ça, c'est abrupt comme fin ? Sachez qu'au prochain chapitre on aura un léger retour en arrière avec ce qu'il s'est passé dans la chambre avant ce fameux cri. Hypothèses, suggestions ??

N'oubliez pas de me laisser une petite review (ou une grande, comme vous le désirez) pour me faire part de votre avis.