Tout trois quittèrent le bureau du Dumbledore pour aller rejoindre les autres dans la Grande Salle. Ils longèrent les couloirs, rasés les murs, pas un bruit, un silence de mort c'était abattu sur Poudlard, là où avant le bruit, les rires avaient pris le pouvoir. Le monde des Sorciers était à la fois heureux car le danger avait totalement disparu avec Voldemort mais en deuil également, en deuil de tous ces héros mort pour la liberté.
Le temps s'était arrêté en ce 2 mai 1998. Maintenant, le reste a faire c'était de reconstruire, de construire leur vie, leur avenir. Ron et sa famille ne seraient plus sous la surveillance du Ministère. Hermione ne serait plus en danger et lui, Harry serait débarrassé à jamais de la brûlure que prodiguait sa cicatrice en forme d'éclair. Ses parents, Cédric, Dumbledore était vengés.
L'avenir s'ouvrait à eux, peut être que Ron et Hermione seront ensemble, que Ginny serait à ses cotés jusqu'au bout.
- Harry. Harry, hey oh ! Tu es avec nous là mon vieux ?
- Hum ... Oui, oui. dit il.
- Est ce que ça va ?
- Oui Hermione ne t'en fait pas ça ne peut qu'allait mieux maintenant. J'étais ailleurs.
- On a vu ça ! dit Ron, On est arrivé.
La Grande Salle n'était plus comme avant, elle avait perdu tout son charme. Plus de toit, ni de fenêtres, le plafond magique n'était pas là, mes tables également et le sol était jonchés de corps meurtris et sans vie.
Au fond, une masse orange était là, le visage remplis de larmes, pleurant sur les dépouilles de Fred, Lupin et Tonks. Un peu plus loin derrière, Dennis Crivey secouait le corps de son frère Colin, suppliant qu'il revienne mais Neville essayait de le consoler.
- Monsieur Potter ?
- Oui professeur ?
- Pourrions-nous parler en privé ?
- Bien sur Professeur.
Harry sortit de la salle en compagnie du professeur de métamorphose. Hermione et Ron restèrent là sans dire un mot.
- Qu'est ce qu'elle lui veut ?
- Je ne sais pas Ron mais on finira par le savoir tôt ou tard.
Elle resta là à le regarder, son visage était dur et marqué par la fatigue, la joie, la colère, la peur, et la tristesse. Il avait été courageux dans la bataille, digne d'un Gryffondor.
- Hermione ? ... dit il surpris par son regard.
- Oui ? Pardon j'étais ailleurs. ne sachant plus où se mettre.
- Mione ...- se rapprochant plus près, leur visage a quelque centimètre l'un de l'autre-, vient avec moi, on va rejoindre les autres.
- Je ne veux pas déranger, tu sais ...
- Chut,- en déposant son index sur sa bouche- ne dit pas de bétises tu ne déranges personne. Qui est ce qui t'as mis ça dans ta jolie petite tête. Hein ?
Sans attendre une réponse de sa part, il s'empara de sa main et partirent au fond de la salle.
Tout au long du chemin, elle regarda autour d'elle en se disant pourquoi tant de morts, pourquoi fallait il que chaque guerre amène son lot de perte.
- Mon chéri pleura Mrs Weasley en se jetant dans les bras de Ron
- Je suis là maman dit il.
- Hermione ... Tu es là aussi, merci Merlin
- Mrs Weasley ...
Elle avait pris Molly dans ses bras. Ron contempla ce tableau, les deux femmes de sa vie étaient vivantes; il détourna son regard et vit son frère Fred allongé par terre à même le sol, son sourire figé à jamais.
Molly, qui avait longtemps quittée les bras d'Hermione, se jeta sur le corps de Fred en sanglotant. Ginny essayait, tant bien que mal de la calmer.
Devant cet élan de tristesse, Hermione décida de s'éloigner un peu pour les laisser un peu seul en famille.
Famille. Ce mot est tellement loin pour elle. Ses parents étaient en Australie, toujours sur l'emprise de son sort, ne soupçonnant guère l'existence de leur fille unique.
Assise sur un banc non loin de là, elle se laissa aller, la tête dans les mains. La pression faut qu'elle relâche.
- Hermione ça ne pas fort hein ?
- Oui la pression, le stress, cela n'aide pas beaucoup malheureusement. dit elle sans relever les yeux
- Je te laisse seule, mais ne te gène pas si tu as besoin...
- Ne t'en fais pas Harry.
Harry s'éloigna à pas feutré, nettoyant du revers de chemise, elle aperçut Harry parlant à Ron et devina que le sujet de conversation c'était elle car Ron releva la tête brusquement vers elle, le regard remplit d'inquiétude.
Il contourna sa famille, et se mit à avancer vers elle. Il était d'une beauté, malgré la tristesse, sa carrure était large et musclé, son visage carré et ses yeux... des yeux d'un bleu azur qui ferait chavirer n'importent quel cœur.
- Aller vient là ma puce - dit il en la prenant dans ses bras - pourquoi tu es partis ?
- Je voulais vous laissez une peu de tranquillité.
- Tu es parfaite ...
- Pardon ? dit elle
- Oui tu penses d'abord aux autres avant de penser à toi.
- Oh Ron dit elle en se blottissant contre lui les larmes aux yeux.
- Ron, Hermione, on rentre vous venez?
- Oui papa on arrive.
Il se leva et tendit sa main à Hermione en la fixant du regard.
- Aller vient et je n'ai pas l'intention de te lâcher. Cela m'a suffit une fois, oui une fois mais pas deux.
