Un à un, ils entrèrent au Terrier. Georges fut le premier, il monta directement dans sa chambre, suivit de Molly et de Ginny prenant la direction de la cuisine. Arthur était dans sa cabane. Harry quant à lui était resté à Poudlard, il viendrait un peu plus tard dans la journée. Ron et Hermione flânais un peu en retrait aux alentours de la maison; avec Hermione un peu en avant. Il la scrutait, elle s'amusait avec une boucle de cheveux. Comment une femme comme çà peut lui faire autant d'effet se dit-il. Elle se retourna brusquement et croisa son regard mais elle n'y prêta guère attention et continua à marcher. Ron sentit le rouge monté à ses joues, faudrait que je pense à me contrôler sinon je ne donne pas cher de ma peau murmura-t-il. Une petite voix dans sa tête ne faisait que de le harceler pour se jeter à l'eau, son corps ne demandait que çà, avoir encore son corps si frêle et si puissant contre le sien, de ressentir cette électricité parcourir son échine après un simple baiser au cœur de la Bataille, un petit moment d'égarement dans la chambre des Secrets *, peut-être avait elle fait ce geste insensé au cas où ils ne s'en sortiraient pas mais le " au cas où" n'avait pas eu lieu. Le doute s'immisçait dans son cerveau et paralysa tous ses sens.
Il faisait tellement beau, une brise légère fouettait ses cheveux. Hermione était vivante et toutes les personnes qu'elle aimait aussi enfin presque toutes. Elle avait un petit souri malicieux aux lèvres, elle avait remarqué ce regard se posait sur elle quand elle s'était retournée, avait vu aussi le rouge montait sur les joues de Ron mais avait fait comme si de rien n'était.
Plus qu'une colline à franchir et le Terrier apparut, la maison des Weasley, unique en son genre comme chacun qui y vivait, un doux foyer, un peu bancale mais tellement jolie.
- On fait la course dit-elle en retournant vers lui.
- La course ? Mais ...
- Aller, bouge tes fesses Ron ! répliqua-t-elle au loin.
- Hé tricheuse ! - dit-il en criant - attends un peu toi coquine !
Ron gagna haut la main, même si Hermione avait pris une longueur d'avance, il la dépassa sans problème. Elle arriva essoufflée, elle mit ses mains sur genoux pour reprendre son souffle et puis en se relevant, elle faillit perdre l'équilibre, ses jambes ne tenait plus. Il était là, pas un brin essoufflé par cette course improvisée, adossé au mur de la maison juste à côté de la porte qui donnait sur la cuisine. Une chevelure rouquine épaisse flottait au gré du vent, pas une goutte de sueur ne perlait sur son visage et pourtant une chaleur assez étouffante régnait sur l'Angleterre. Hermione détailla chaque parcelle de ce corps si magnétique et remerciait le Quidditch, depuis longtemps elle rêvait de pouvoir baladait, frôlait, titillait chaque parcelle de son torse, rien que de pouvoir le toucher avec ses petits doigts ce qui la fit frissonner. Ses lèvres étaient charnues et bien dessinées mais en levant un peu plus les yeux, elle croisa son regard. Ce regard, son regard bleu azur qui l'hypnotisa sur le champ tel un Impero mais en une fraction de seconde il avait disparut. En revanche un sourire s'était dessiné sur les lèvres de Ron.
Trois jours plus tard:
Le soleil rayonnait, haut dans un ciel bleu. Ce sera une chaude journée, mais une onde de tristesse marquait les esprits. Ce n'était pas un jour banal comme tous les autres, aujourd'hui on enterrait les héros ayant combattus et qui sont tombés sans voir le final.
Le Terrier était silencieux, ce qui était très rare dans cette maison qui était toujours emplit de bonheur, de joie, de rire; seul les oiseaux et les gnomes brisaient ce silence de mort. Tout le monde se préparait mentalement, physiquement, moralement pour cette nouvelle épreuve, chacun à sa manière. Molly et Ginny préparaient le diner en silence, seul les couteaux, les casseroles faisaient un bruit monstre. Harry était dehors, faisant entrer dans ses poumons un peu d'air frais. Georges et Arthur essayait de ne pas craquer, ils voulaient se montrer fort. Ron, quant à lui, essayait tant bien que mal à boutonner sa chemise noire quand une toute petite voix lui fit sortir de sa transe.
- Ron ...
- Hum - en se retournant - Oh Hermione que t'arrive t-il?
- J'avais envie de ... attends, laisse moi faire dit elle mal à l'aise.
- Mione, regarde moi. Dit t-il prenant son menton entre son pouce et son index.
- Attends, je finis s'il te plait, dit elle en sanglotant.
- Mione...
Quand Ron la forçat à le regarder, elle avait déjà les joues inondées qui étaient fraichement maquillées d'un rose assez pâle. Il n'aimait pas la voir pleurer, cela lui fendit le cœur; comme cette nuit où sous l'emprise du médaillon en sortant de la tente furieux, il avait entendu sa voix si douce mais enrouée par les larmes. Ce n'était plus qu'un mauvais souvenir et pourtant celles ci n'étaient pas les mêmes, il en profita pour les essuyait d'un revers de pouce. Ce dernier s'attarda sur la plaie qu'elle portait sur sa joue, une cicatrice, la cicatrice qu'elle avait eu lorsqu'elle était en train d'être torturait par Bellatrix et lui n'était pas là pour la protéger. Ron maudissait cette nuit et pour faire disparaitre ce mauvais souvenir, il déposa un doux et chaste baiser sur cette dernière. Sa peau était si douce et sentait la camomille mélangé à de la lavande, c'était si frais tout comme Hermione. Son Hermione. La femme qui avait réussi à faire de lui un héros et quel idiot il avait était, tout çà pour la rendre jalouse, il avait été avec Lavande alors que la seule qu'il désirait était là devant lui.
Quand ils s'éloignèrent l'un de l'autre sans pour autant être loin, leurs fronts accolés, une sorte d'attente s'installât dans la pièce. Qui va faire le premier pas ?
- Oh pardon je ne savais pas que vous étiez là tout les deux.
- Non c'est bon Ginny dit elle en se retournant troublée.
- Qu'est ce que tu veux ? dit il un peu agacé.
- Maman m'envoie pour vous dire qu'on y va, il ne restait plus que vous. Excusez moi encore murmura t-elle.
- Non toi excuse moi ! On te suit petite sœur. Oh viens la petite sœur, ne pleure pas - en se retournant et tendant la main - tu viens Mione ?
En bas de l'escalier, toute la famille était présente, le visage marqué mais au rendez vous.
- Trés bien tout le monde est là Molly dit Mr Weasley qui tenait sa femme. Bill tu pars avec Georges, moi je pars avec votre mère. Harry part avec Ginny et Ron quant à toi tu pars avec Hermione.
Un ploc se fit entendre, Bill, Georges, Harry et Ginny étaient partis, Mr et Mrs Weasley n'allait pas tarder. Ron n'avait pas lâché la main d'Hermione qui avait son regard dans le vide.
- …coute Mione faut que je te dise ... Non laisse moi finir. Ce que je vais te dire est dur à exprimer pour moi, moi qui est la capacité émotionnelle d'une petite cuillère. Hermione ...
- Tu me fais peur la Ron coupa t-elle
- Je sais à moi aussi je me fais peur mais je t'en pris laisse moi finir...
- D'accord.
- Tu es la fille la plus ... , la plus intelligente, la plus courageuse, la plus agaçante oui agaçante car tu as toujours raison, tu as toujours la réponse à tout. Mione, ce que j'essaye de te dire - dit il rouge de honte, en s'approchant d'elle et prenant son visage à deux mains - j'ai eu peur, tellement peur de te perdre et j'ai encore la trouille...
- Chut -en posant sa main sur son cœur - si tu me disais ce que tu as là.
- Voila, je t'aime Mione. Dit il enfin soulagé.
- Aller les enfants, dépêchez vous. Coupa Mr Weasley
- Oui on arrive Mr Weasly. Aller Ron on va être en retard.
