Titre : The End Is Where We Start From

Disclaimer : Ni l'histoire, ni les personnages, ni l'univers ne m'appartiennent, tout est à Russel T Davies et à la Beeb, et si les personnages m'appartenaient, ils passeraient beaucoup plus de temps à pwal en faisant des cochonneries ensemble ;p. Je ne touche pas d'argent ni quoi que ce soit pour écrire cette fic.

Genre : Romance & Hurt/Comfort

Spoilers : Jusqu'à l'épisode 4 de la saison 3, c'est à dire Children Of Earth. Pitié, ne lisez pas cette fic si vous n'en êtes pas encore là. Vous allez vous gâcher la surprise.

Rating : T pour le moment, mais M pour la suite


Premier vrai baiser

Il m'avait sauvé, ce soir là, parce que lorsque tout le monde était rentré chez soi pour se coucher et se remettre de ses émotions, il m'avait retenu par le bras et ne m'avait pas laissé partir.

Si j'étais rentré chez moi, j'aurais pris une douche et je me serais étendu encore mouillé et frissonnant dans mon lit, en grelottant, pour passer une nuit entre le coma et les terreurs nocturnes. Et qui sait ce que j'aurais fait? J'étais dévasté, envahi par la souffrance, j'étais une boule de douleur, j'étais sourd et aveuglé. Submergé par la douleur. Noyé par le malheur. Étouffé par le désespoir.

Il m'avait fait m'asseoir sur le canapé et il m'avait parlé. Il m'avait parlé de sa vie, de ses souffrances, des personnes qu'il avait perdu, des personnes qu'il avait la hantise de perdre. Et il avait parlé comme quelqu'un de très, très vieux et de très très sage. Mais à l'époque, je ne savais pas encore qu'il l'était vraiment.

Il m'avait parlé de Rose Tyler et du Docteur, des gens qu'il avait perdu, quelque part très loin dans le futur. Il m'en avait parlé avec émotion, et l'image de Rose est entrée dans ma tête sans que je ne l'aie jamais vue, rien qu'avec ses descriptions : fragile mais forte, puissante et courageuse, ses longs cheveux blonds flottant derrière elle tandis qu'elle s'agitait pour sauver le monde de façon si humaine. Il m'avait dit qu'elle l'avait ressuscité, il m'avait dit qu'elle l'avait rendu immortel. Et à l'époque je croyais que ce n'était qu'une métaphore, qu'elle lui avait redonné la foi et le courage, la persévérance. Je ne savais rien.

Il m'avait parlé du Docteur, le Docteur et son accent du nord, son blouson de cuir, ses cheveux courts et ses yeux bleus, et je pouvais le voir lui aussi, cette entité presque divine qui sauvait régulièrement le monde sans demander son reste, cet observateur bienveillant qui ne ressentait pas le besoin de rester pour recevoir ses remerciements.

Il avait parlé longtemps et je l'avais écouté sans l'interrompre alors que ses yeux s'emplissaient parfois de larmes que je prétendais ne pas voir.

Il m'avait dit qu'il n'avait revu aucune de ces deux personnes depuis trop longtemps, depuis le moment où le Docteur et Rose l'avaient laissé seul sur le Satellite Cinq. Il m'avait dit que les seules nouvelles qu'il avait eu d'eux, c'est lorsque Rose était morte en même temps que Lisa. Et je n'avais pas compris, regardant autour de moi en m'attendant à voir une silhouette blonde étendue dans la morgue, et il avait souri de manière ironique en me disant qu'elle avait disparu lors de la bataille de Canary Wharf . Alors j'avais senti mon cœur se serrer, en me disant qu'on avait un point commun. Et mes larmes se sont remises à couler pendant que je regardais ses yeux, une fois de plus, devenir brillants et humides. Nous avions tous les deux beaucoup perdu, nous étions tous les deux perdus.

Il avait continué de parler, mais je ne me souviens pas de quoi, je ne me souviens que de mes larmes, que des ses lèvres qui bougeaient frénétiquement comme pour combler le silence, et je m'étais rendu compte qu'il parlait pour m'empêcher de penser, pour m'empêcher de rester seul dans le silence et de cogiter, pour m'éviter de souffrir, et j'en avais été infiniment reconnaissant. J'avais beau lui en vouloir de l'avoir tuée, je savais qu'en réalité elle avait déjà été morte depuis longtemps et que tous les efforts que j'avais fait pour la sauver étaient insignifiants, juste une illusion de mon cerveau pour m'empêcher de perdre définitivement l'esprit.

Jack, oh, c'était un vrai capitaine, qui savait mener ses troupes dans les combats mais aussi qui savaient gérer leurs soucis, leur douleur et leur états d'âmes après coup. Une fois de plus, il gommait ma douleur. Elle semblait s'effacer, tomber au sol, comme la croûte d'une plaie, en laissant de la peau nouvelle en dessous. J'étais un autre homme, sans Lisa.

Nous ne nous rendions pas compte que nous nous rapprochions jusqu'à ce que nos genoux se touchent et ce fut comme un déclic : Nous nous étions approchés l'un de l'autre, ne tenant pas compte des larmes qui roulaient sur nos joues, et nous nous étions embrassés avec tendresse, presque avec réconfort. Je serais incapable de dire qui a initié de baiser, peut être que c'était nous deux. Et ses lèvres si chaudes, son odeur si douce, si attirante, et le soulagement qui m'envahissait pendant qu'il gommait ma douleur… Tout ça a contribué à faire se fermer mes yeux, alors que Morphée m'attirait doucement dans ses bras, et je m'étais dit que le sommeil serait un soulagement à condition de ne pas faire de cauchemars.

Alors il avait cessé doucement de m'embrasser et m'avait étendu dans le canapé, avait posé une couverture sur moi et il m'avait dit :

« Dors Ianto, je ne peux pas te laisser rentrer chez toi, alors dors. Je serais dans mon bureau, je serais réveillé, alors n'hésite pas s'il y a quoi que ce soit. Quoi que ce soit. Je tiens à toi, Ianto Jones. N'en doute jamais. »

Le temps d'enregistrer ces paroles, j'étais déjà endormi.