Voici le cinquième chapitre :-) Comme d'habitude, le blabla est à la fin! Je vous souhaite une agréable lecture...
disclaimer: les persos et lieux ne m'appartiennent pas et appartiennent a JK Rowling sauf ceux de mon invention :-)
Ch.5. Chacun ses doutes.
Manoir Parkinson, 1998.
Drago s'empressa de revenir aux escaliers qu'ils avaient empruntés avec ses amis un peu plus tôt. Il entendit très clairement les éclats de voix. Il ne savait pas vraiment ce qu'il allait faire, mais une chose était sûre, il ne laisserait pas tomber sa mère quoi que cela lui en coûte.
« Où est-il !? » rugit Voldemort.
« Même si je le savais, je ne vous le dirais pas ! Plutôt mourir ! » Cracha Narcissa.
« Endoloris ! » un hurlement déchirant retentit. Narcissa se tordait de douleur sur le sol. Drago voulut entrer, mais le sort cessa et il entendit à nouveau la voix horrible du mage noir.
« Oh que non je ne te ferais pas ce plaisir Narcissa… je vais te faire souffrir et tu auras tellement mal que tu me supplieras de t'achever… tu n'as pas idée des tortures que je peux t'infliger… » Entendit Drago qui en frissonna malgré lui. Cela voulait donc dire qu'ils allaient la retenir prisonnière… il tourna les talons et dévala les escaliers à toute vitesse, le trousseau de clé dans sa poche.
Il entra avec fracas dans les cachots et s'approcha du mangemort inerte à cause du stupéfix, qui était toujours à terre. Il attrapa ses pieds et le traina rapidement vers la cellule où se trouvaient Pansy et Emeric auparavant. Des bruits se firent entendre à l'étage, signe que la discussion était sûrement close. À la hâte, il déshabilla le mangemort, le laissant presque nu sur le sol froid. Il se dépêcha de verrouiller la cellule et ressortit dans le couloir, au moment même où la porte s'ouvrait a la volée.
« Lâchez-moi espèce de crétin ! » la voix de Narcissa retentit comme un écho dans le dédale de cellule. Le silence sombre et creux venait d'être perturbé. Drago resta immobile, attendant que son pseudo-collègue lui amène sa mère. Il la traitait sans aucun respect. Elle avait les mains liées derrière le dos, des marques de coups sur le visage et ses habituels traits doux et tendres étaient métamorphosés, Narcissa avait la rage au ventre et au cœur et elle le portait sur son visage.
Le mangemort ne portait pas son masque. Drago le regarda avancer, sans le reconnaître vraiment. Voldemort avait beaucoup d'adeptes et en y réfléchissant, il l'avait probablement déjà vu quelque part, mais ça s'arrêtait là. Il avait des cheveux mi-longs, la quarantaine, des yeux ternes et cruels et un sourire absolument sadique collé aux lèvres, dévoilant d'horribles dents pourries. Derrière son masque, personne ne le verrait Drago grimaça de dégout.
« Tiens, je t'amène un déchet » fit-il en arrivant devant lui. Drago ne dit rien. Parler le compromettrait et il ne voulait pas gâcher sa dernière chance de sauver sa mère.
« Et c'est moi que t'insulte de déchet ? » se moqua Narcissa dans sa colère « non mais regarde toi mon gars ! » dit-elle. L'homme ricana. Il l'attrapa par la taille et rapprocha son visage du sien. Il lui parla de si près, qu'elle put sentir son haleine fétide et infectieuse et elle en eu un haut le cœur.
« Tu dis ça… mais quand tu auras gouté à mon incontournable tour de rein, tu deviendras tellement accro que même ton mari en pleurera… » Murmura-t-il. Cette affirmation sonnait comme une menace, Drago l'avait bien comprit lui aussi. Les mangemorts ne se gênaient en rien sur les prisonnières et il le savait. Narcissa ne baissa pas ses yeux, mais on pouvait lire l'appréhension dans son regard et la terreur dans les tremblements de son corps. Elle savait aussi ce qui l'attendait si elle restait retenue ici. Le mangemort élargit son sourire.
« Je vois qu'on est sur la même longueur d'ondes tout les deux… tu pourrais très bien éviter ces petits désagréments, en nous révélant où se trouve ton cher mari et ton cher fils » susurra-t-il toujours à quelques centimètres de son visage « le seigneur des ténèbres sait se montrer clément tu sais… » Continua-t-il. La bouche de Narcissa se tordit en une grimace de haine et de profond dégoût et elle lui cracha au visage. L'homme fou de rage, l'attrapa par les cheveux si violement, qu'elle hurla de douleur. Drago se retint de justesse de se jeter sur lui.
« Tu n'es qu'une sale petite trainée Narcissa… et crois moi, quand nous en aurons finit avec toi, tu prieras ce foutu Merlin de venir te chercher. Lucius et Drago ne resterons pas longtemps dans l'ombre en sachant que tu es ici. À moins qu'ils ne soient si lâche comme on le sait tous » sourit-il. Narcissa tenta de se dégager, mais il tenait sa chevelure blonde d'une poigne de fer et elle ne réussit qu'à se faire encore plus mal.
« Vas te faire voire ! » cracha-t-elle. Il la jeta sans ménagement dans les bras de Drago qui lui n'avait pas bougé d'un millimètre. Il la réceptionna et l'attrapa ensuite par le bras, plus sauvagement qu'il ne l'aurait voulut, mais il devait le faire.
« Je t'en prie mon vieux, à toi les honneurs… il faut que cette garce comprenne à qui elle a affaire… amuse toi bien ! » scanda l'autre en repartant à l'opposé. Drago emmena sa mère au cachot de force.
« Non ! » cria-t-elle. Mais il ne lâchait pas. L'autre mangemort avait atteint la porte. Elle se débattait, criait… Drago la força à entrer dans la cellule, l'autre avait refermé la porte et Drago celle de la cellule. Il jeta sa mère contre le mur, l'autre pouvait toujours être derrière la porte à les écouter, il devait jouer la comédie. Il plaqua son corps contre le sien, tandis que Narcissa continuait de se débattre, la peur au ventre. « Laissez-moi ! » cria-t-elle les sanglots s'entendant dans sa voix.
Drago pencha sa tête juste à coté de son oreille.
« Calme toi maman… c'est moi » chuchota-t-il. Narcissa, les larmes aux yeux cessa de bouger, les yeux écarquillés. Une joie sans pareille s'empara d'elle et les larmes coulèrent malgré elle, mais de soulagement cette fois. « Continue de crier, il faut donner le change encore quelques secondes… » Dit-il. Elle hocha la tête frénétiquement et se remit à crier.
« Non… non je vous en prie… arrêtez… pitié » Drago sourit derrière son masque. Elle pouvait être une excellente comédienne quand elle le voulait. Il resta collé à elle, déliant ses mains qui retrouvèrent leur liberté et ils entendirent très clairement les pas dans les escaliers s'éloigner. Il se détacha d'elle et enleva son masque. Narcissa, en larmes se jeta au cou de son fils.
« J'ai cru que je ne te reverrai jamais » gémit-elle. Drago referma ses bras sur sa mère et laissa le soulagement l'envahir, savourant la douceur et l'émotion de cette étreinte qu'il avait tant attendue depuis prêt de 4 mois.
« Je suis là maintenant, je vais te sortir de là » dit-il. Elle se détacha de lui et prit son visage entre ses mains, le visage ravagé de larmes.
« Ton père est parti Drago… il m'a dit de rester cachée, mais je m'inquiétais tellement de ne pas le voir revenir… je… »
« Père est à Poudlard » lui apprit-il. Elle ouvrit la bouche.
« Est ce qu'il va bien ? »
« Pas trop non… mais on en parlera plus tard, il faut qu'on sorte d'ici, tiens enfile ça » dit-il. Narcissa n'objecta pas et fit ce qu'il lui demandait. Elle enfila la robe de mangemort un peu trop grande pour elle et suivit Drago dehors. Il ouvrit la porte des cachots et sur la première marche de l'escalier s'arrêta.
« Ait l'air le plus naturel possible maman d'accords ? Et ne parle surtout pas » Narcissa hocha la tête et suivit son fils. Ils repassèrent par les cuisines, traversèrent le jardin à toute vitesse quand on hurla dans le manoir.
« EVASION DE PRISONNIERS !!! » la mère et le fils se mirent à courir et atteignirent sans peine les grilles. Une fois dans les bois, ils transplannèrent…
Poudlard, 1990.
Ginny s'affala dans le divan de la salle commune, un joli sourire aux lèvres en soupirant d'aise. Hermione qui elle lisait un livre, leva les yeux vers elle.
« Qu'est ce qui te met d'aussi bonne humeur ? » demanda-t-elle.
« Pourquoi il faudrait une raison pour être de bonne humeur ? » rétorqua la rouquine. Hermione sourit à son tour. Elles étaient seules, la plupart des Gryffondor étaient sortis et les restants étaient très certainement ceux qui avaient participés à la soirée la veille et ils dormaient encore sûrement.
« Tu as bien dormit donc » fit Hermione.
« Comme un bébé. A vrai dire, depuis qu'on est ici, je passe mes nuits sans me réveiller une seule fois » lui avoua Ginny ne quittant pas son sourire.
« Je sais, moi aussi » avoua à son tour Hermione. Et c'était vrai. Ici, elles se sentaient en sécurité, elles n'avaient plus peur d'être attaquées à toutes heures. L'angoisse qui avait prit place au creux de leurs ventres au fil de ces 4 derniers mois avait disparue. Elles se sentaient enfin libres. Hermione soupira. Elle ne devait pas s'habituer à cette vie. Elle avait beau se le répéter, elle savait pourtant dors et déjà que repartir d'ici serait dur.
« Cesse donc un peu de penser à demain Hermione » dit alors Ginny. Hermione la regarda un peu interloquée. « Je vois bien que tu te sens bien ici toi aussi. Laisse toi aller... »
« Gin'… tu sais qu'on doit repartir » soupira-t-elle.
« Mais justement ! Pourquoi tu ne profite pas de l'instant présent ? Tu sais qu'en retournant là bas, tu te replongeras à nouveau dans la guerre, l'angoisse et la tristesse. Alors prends le peu de bonheur que ce voyage peut t'apporter » Hermione lui sourit.
« Tu as raison » dit-elle. Elles se sourirent et s'enlacèrent.
« Je sais qu'on doit accomplir des choses ici et on le fera aussi bien que d'habitude, mais rien ne t'empêche entre temps de prendre un peu de bon temps » elles se détachèrent. « On y arrivera Hermione… on s'en est toujours sortis tous ensemble » Hermione eu un petit sourire et hocha la tête.
« Heureusement que tu es là Ginny… » Dit-elle. Ginny sourit doucement.
« Et pour moi, heureusement que toi tu es là » répondit-elle.
« Dis moi… je sais qu'il n'y a rien, mais tu avais l'air de bien t'amuser hier avec Sam » dit Hermione malicieusement.
« Hey ! Qui parle ! Il me semble mademoiselle, que vous aussi vous êtes bien amusée » rétorqua Ginny.
« Je ne vois pas du tout de quoi tu parles » Hermione feignit l'ignorance en reportant son attention sur son livre et en partie pour cacher la légère rougeur de ses joues.
« Quelle mauvaise foi ! » s'indigna Ginny « toi et Charlie avez passé presque toute la soirée ensemble » poursuivit-elle.
« Et alors ? » rétorqua Hermione l'air désinvolte. Ginny pointa son index sur elle, prête à répondre, mais elle fut interrompue par une voix rieuse.
« Dites donc mesdemoiselles, vous savez qu'il y en a qui dorment encore » s'exclama Sam. Il était habillé, mais visiblement il avait oublié comment on se servait d'un peigne. Ginny se retourna, tout sourire.
« Je t'apprendrais qu'il est 14h00 mon cher »
« Et ? »
« Et ce n'est plus l'heure de dormir » fit la rouquine.
« Quelle hypocrite » pouffa Hermione « ça fait à peine 20 minutes que t'es debout » dit-elle. Sam pouffa et Ginny se retourna sur son amie, sa bouche formant un 'O', ses yeux plissés.
« Très joli miss Weasley » commenta Sam.
« Traitresse » dit-elle. Hermione éclata de rire, suivit bien vite des deux autres.
« Wouah, que nous vaut l'honneur d'une telle joie à peine levés ? »
« Salut Adeline, un simple débordement » répondit Hermione dans son fou rire. Elle ne savait même plus pourquoi elle riait. Elle en avait envie. Juste envie. Et cela lui procurait un bien fou. D'ailleurs le fou rire était contagieux, parce qu'Adeline se mit elle aussi à rire sans aucunes raisons.
OoO
« Hey, n'oubliez pas qu'il y a la sortie à Pré-au-Lard demain » rappela John au dîner ce soir là.
« On est quand demain ? » questionna Hermione.
« Dimanche » Hermione se retint de grimacer. Elle, Ginny et Elliot étaient sensés rentrer ce soir dans leur époque pour les autres. Et elle ne pouvait s'empêcher de culpabiliser car ils allaient s'inquiéter.
« Ça ne va pas Hermione ? » demanda Charlie. Hermione sortit de ses pensées.
« Hein ? Euh si, si. Ca va » répondit-elle.
« Alors les filles, vous venez avec nous ? » demanda Romain enjoué.
« Moi je suis partante » répondit Ginny.
« Hermione ? Tu passes la journée avec nous demain ? » S'enquit Romain.
« Je… » Dit-elle hésitante. Elle regarda à la table des Serpentard. Elliot mangeait silencieusement. Il avait apparemment fait quelques connaissances dans sa maison, puisqu'il n'était pas seul, mais il ne parlait pas et semblait ailleurs. Elle soupira. Elle ne supportait pas d'être en froid avec lui. Depuis la veille, il ne lui avait pas adressé la parole. Adeline avait suivit son regard.
« Tu peux inviter Elliot tu sais, on ne va pas le manger » rit-elle. Hermione sourit. Elle se sentait ridicule.
« Bien sur je sais. Comptez sur moi, je viendrais » leur assura-t-elle.
« Super ! » se réjouit Romain tout sourire.
« On va se marrer vous verrez. Vous connaissez Pré-au-Lard j'imagine ? » Demanda Flo'.
« Elles viennent du futur Flo', bien sûr qu'elles connaissent » rétorqua Emilie avec évidence.
« Oui nous connaissons, mais… » Ginny hésita en regardant Hermione. La peur d'en dire de trop les prenait tout le temps.
« … mais il y a longtemps que nous n'y avons plus mit les pieds » compléta Hermione.
« Ce n'est pas grave, on fera tout les magasins si vous le voulez » argumenta Sam. Les filles sourirent. Ils terminèrent de manger en discutant de ce qu'ils feraient le lendemain avec enthousiasme, tandis qu'Hermione ne cessait de regarder Elliot à l'autre bout de la salle. Celui-ci leva brièvement les yeux vers elle, mais les détourna aussitôt, elle soupira.
Poudlard, 1998.
Lorsque Drago et Narcissa franchirent les grilles de Poudlard, l'après-midi était déjà bien avancée. Ils remontèrent vers le château à la hâte et entrèrent. Ils enlevèrent leurs masques avant que quelqu'un ne les voient pour éviter tout malentendus et Narcissa se rua de nouveau sur son fils et le serra dans ses bras.
« Tu vas bien ? » demanda-t-il.
« Oui » murmura-t-elle. Drago soupira en serrant sa mère dans ses bras.
« Drago ? » ils se séparèrent et il tourna la tête vers les portes de la grande salle qui devait être remplie à l'heure qu'il était. Evelyn courut vers lui et lui sauta au cou. Surpris, il chancela légèrement en la réceptionnant.
« J'ai eu tellement peur de ne pas te voir revenir » dit-elle soulagée. Drago sourit en la reposant à terre, elle avait les larmes aux yeux.
« Où est passé Evy ma meilleure amie ? » la taquina-t-il. Elle rit.
« Imbécile ! ne me fait plus jamais ça ! » Pesta-t-elle en ne quittant pas son sourire. Elle se retourna.
« Madame Malefoy… » Dit-elle en l'enlaçant à son tour. Narcissa sourit.
« Bonjour Evelyn »
« Bienvenue parmi nous » dit-elle. Ils furent rejoints par quelques autres qui souhaitèrent la bienvenue à Narcissa.
« Je ne croyais pas moi-même te dire ça un jour mais… je suis content de te revoir Drago »
« C'est trop d'honneur Potter… » Railla Drago. Harry sourit. « Ron n'est pas là ? »
« Il est au chevet de Pansy depuis hier » répondit Harry. Drago grimaça.
« Comment va-t-elle ? »
« Aucun signe de réveil » répondit Evelyn.
« Narcissa Malefoy… » Narcissa qui parlait avec Remus et Tonks se stoppa. Elle regarda droit devant elle et vit s'avancer vers elle Henri MacPherson en personne. Il arriva à sa hauteur et lui baisa la main.
« Je suis ravi de voir que vous êtes saine et sauf Narcissa » celle-ci sourit doucement.
« Merci Henri. Comment va Lucius ? » Demanda-t-elle.
« Votre mari est encore à l'infirmerie, il ne s'est toujours pas réveillé mais vous pouvez le voir, je vous y accompagne si vous voulez ? » proposa-t-il.
« Volontiers » dit-elle en prenant son bras qu'il lui tendait. Ils s'éloignèrent tout deux vers l'infirmerie.
« Tu n'y vas pas ? » s'enquit Blaise à Drago. Celui-ci secoua la tête.
« Non… plus tard, pour le moment tout ce que je voudrais c'est prendre un bon bain et pouvoir enfin me débarrasser de ces vêtements » dit-il en grimaçant.
« Très bien, on se voit tout à l'heure dans la classe de potion » lui dit Harry. Drago se souvint du retour des trois futuristes. Il hocha la tête et s'éloigna lui aussi. Son cœur s'était regonflé à la minute même où il s'était souvenu qu'aujourd'hui, Ginny revenait. Il pourrait la serrer dans ses bras, l'embrasser, sentir son odeur qu'il adorait tant, lui dire combien elle lui avait manqué ces trois derniers jours, la présenter à ses parents. Drago s'arrêta dans le couloir une minute, puis reprit son chemin vers la salle de bain des préfets.
C'était une chose qu'il n'avait pas prévu ça. Ses parents. Ils n'étaient pas là quand elle était partie, maintenant c'était une tout autre histoire. Il entra dans la salle de bain, fit couler l'eau et se dévêtit avant de faire apparaître une serviette et des vêtements propres importés tout droit du dortoir des Serpentard. Quand la baignoire – piscine serait plus exact – fut remplie, il se glissa dedans et soupira de bien être en sentant tout son corps se réchauffer au contact de l'eau chaude – bouillante même.
Il n'avait pas peur de la réaction de sa mère. Narcissa était en vérité de nature aimable, douce, très gentille et très tolérante. Elle accepterait Ginny sans problème, il en était convaincu. Mais son père en revanche risquait de ne pas très bien prendre la chose. Bien sûr, Lucius travaillait désormais pour l'ordre et siégeait maintenant dans le même camp, le bon. Mais il n'en restait pas moins qu'il gardait tout de même une certaine mentalité. Il pourrait toujours argumenter que Ginny était une jeune fille de sang pure, comme lui. Mais il doutait que ce fusse un argument de poids. Lucius avait toujours méprisé les Weasley et cela depuis toujours. D'un coté les pauvres et de l'autre les riches. Ridicule bien entendu, mais c'était un fait ! Bien que l'animosité entre les deux patriarches des deux familles se soit amoindrie avec l'arrivée de Lucius dans l'ordre, il restait tout de même une tension, une froideur qui ne s'atténuerait qu'avec de la bonne foi de l'un ou de l'autre. Drago savait qu'avec Arthur, cela serait moins difficile, Lucius par contre était loin d'être un exemple en matière de bonne foi. Drago soupira, cette fois d'appréhension. Cela ne serait pas facile d'annoncer ça à son père. Mais il le ferait. D'une manière ou d'une autre. Et il se fichait royalement de son jugement c'était sa vie et non la sienne. Qu'il le veuille ou non, il finirait de toute façon bien par l'accepter. Il ne tenait pas à cacher sa relation avec la rouquine, certainement pas et encore moins pour des raisons aussi stupides ! Elle était sa petite amie et il était chanceux de l'avoir, chanceux qu'elle ait bien voulut de lui alors qu'à l'époque, il suivait les traces et les jugements de son père. Oui il l'aimait et il en mourrait s'il lui arrivait malheur.
Drago se laissa glisser, immergeant même sa tête sous l'eau, il en avait besoin.
OoO
Dans l'infirmerie calme et silencieuse, Narcissa avançait à pas lents. Henri l'avait laissé seule aux portes de l'infirmerie et elle l'avait remercié chaleureusement avant qu'il ne prenne congé d'elle.
Elle voyait son mari, allongé sur un des lits du fond et avançait lentement évitant de faire du bruit pour ne pas réveiller les autres malades et blessés qui s'y trouvaient. Il y avait un lit entouré d'un rideau blanc et elle se demanda qui pouvait bien y être se trouvant pour le coup assez curieuse. Elle n'y fit plus attention et continua d'avancer quand elle sursauta. Quelqu'un avait surgit de derrière le rideau blanc et elle s'était retenue de hurler.
« Madame Malefoy ! » Narcissa leva les yeux vers son interlocuteur. Elle le reconnut par la couleur de ses cheveux, mais ne savait dire son prénom. « Ron Weasley madame je suis désolé, je ne voulais pas vous effrayer » se présenta Ron en remarquant l'air avec lequel elle le regardait. Narcissa sourit.
« Bonjour » murmura-t-elle. Le rideau était un peu entre-ouvert et ses yeux se posèrent sur la jeune fille reposant sur le lit. « Par Morgane… » murmura-t-elle « comment va-t-elle ? » Chuchota-t-elle.
« Elle reste inconsciente, mais son état est stationnaire » soupira-t-il.
« Elle ne méritait pas ça » dit Narcissa les yeux tristes.
« Non… » Murmura Ron. Narcissa fronça les sourcils. En le voyant la couver du regard comme il le faisait, elle comprit bien vite ce qu'il éprouvait envers elle. Son regard s'attendri encore.
« Elle va s'en sortir Ron… Pansy est forte de caractère, elle finira par se réveiller » Ron la regarda surpris et lui fit un mince sourire.
« Je l'espère » répondit-il.
« Au moins du garde l'espoir. L'espoir c'est la vie Ron, n'oublie jamais ça. Et tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir. C'est ce qui fait que ce monde même ravagé par la guerre, tient encore debout » il la regarda, de la reconnaissance plein les yeux.
« Merci madame Malefoy » elle lui sourit et posa une main sur son bras.
« Appelle-moi Narcissa » il lui rendit son sourire et tout deux continuèrent leurs chemins.
Quand elle arriva au lit de son mari et qu'elle le vit, toujours endormi, le visage calme et détendu, elle sentit son cœur chavirer une seconde. Il y avait tellement longtemps qu'elle n'avait plus vu ce visage là. Il lui semblait même que les souvenirs revenant du temps où Lucius la courtisait et essayait de gagner son cœur avec ses paroles tendres et ses sourirent charmeurs, appartenaient à une autre personne qu'elle, tant le masque de Lucius avait prit de l'importance au fil des années. Elle effleura sa main de ses doigts et déposa un léger baiser sur son front. Il ne servait à rien de rester là, à le regarder dormir alors qu'elle pouvait se rendre utile. Quand il serait réveillé, ce serait différent mais pour l'heure, il ne l'était pas. Alors elle quitta l'infirmerie, en se disant qu'elle reviendrait le voir le lendemain.
OoO
« Il y a quelque chose qui cloche » dit Harry.
« Il y a des heures qu'ils devraient être rentrés » renchérit Molly d'une petite voix. Ils étaient tout là, du moins en majorité ; à attendre le retour d'Elliot, Ginny et Hermione. Il était tard le soir et aucuns des trois n'était en vue.
« Il faut se rendre à l'évidence ! Ils ne rentrerons pas » intervint Blaise.
« C'est impossible ! Ils doivent rentrer, il ne peut en être autrement » se borna Harry. Il se mettait en colère pour masquer son inquiétude. Comment cela se pouvait-il ? Hermione ne pouvait pas s'être trompée dans la potion, car Hermione ne se trompait jamais ! Même si une petite voix disait qu'Hermione était un être humain, comme tout le monde et que l'erreur est humaine. Il serra les poings, se sentant coupable. C'était de sa faute s'ils étaient partis. Pour lui, pour l'aider à vaincre Voldemort. Où étaient-ils ? Que leur était-il arrivé ? Et s'ils ne revenaient jamais ?
« Ça ne sert à rien d'attendre, ils ne reviendront pas » fit la voix douloureuse de Remus. Les adultes sortirent un à un, laissant là les jeunes désemparés et coupables. Henri MacPherson s'arrêta au niveau de sa fille avant de sortir, le visage dur et impassible. Evelyn décela la déception et la colère dans ses yeux, son cœur se serra.
« La seule solution pour nous assurer un avenir heureux et sans danger hein ? » dit-il d'une voix glaciale, en reprenant ses propres mots. Evelyn baissa les yeux, consciente qu'elle était en partie responsable elle aussi. Henri n'ajouta rien et sortit, laissant le silence envahir la classe. Harry restait planté là, à regarder l'endroit où trois jours plus tôt ses amis avaient disparus, en espérant peut-être les voir réapparaître…
« Harry… vient » l'incita Ron. Mais Harry se dégagea de l'emprise de sa main sur son épaule et Ron n'insista pas. Il sortit, suivit de Blaise, Luna et Drago qui ne réalisait toujours pas que peut-être, il ne reverrait jamais Ginny. Evelyn resta un moment là elle aussi. Elle leva soudain les yeux sur le dos d'Harry et la culpabilité l'assaillit encore plus.
« Ce n'est pas ta faute tu sais… » Dit-elle de sa voix la plus douce. Harry en fut surpris qu'elle s'adresse à lui de cette manière. Mais avant même qu'il ne le réalise et se retourne, elle était déjà partie…
Poudlard, 1990.
« Elliot ! Attend » Hermione rattrapa le jeune homme qui sortait. Le couvre feu était a 22h00 en week-end et ils avaient le droit d'aller dans le parc. Il ne s'arrêta pas et elle le rattrapa en courant et lui emboita le pas. Elle n'avait pas emporté de veste avec elle, ni de cape et les soirées étaient encore très, très fraîches.
Ils marchèrent d'abords en silence. Hermione savait qu'il ne parlerait pas le premier, elle cherchait donc comment engager la conversation, sans le fâcher car elle le sentait, il en faudrait peu.
« Je suis désolée Elliot » finit-elle par dire. Il ne broncha pas. Elle soupira.
« Je sais que tu m'en veux de leur avoir parlé de tout ça, mais toute l'aide qui peut nous être apportée est bonne à prendre tu ne crois pas ? » il ne répondait toujours pas.
« Elliot… » Soupira-t-elle.
« Qu'est ce que tu veux que je te dise Hermione ? » dit-il enfin.
« Que tu nous soutiens » rétorqua-t-elle du tac au tac. Il s'arrêta pour la regarder, ils étaient au bord du lac.
« Pour vous soutenir, il faudrait peut-être que vous pensiez que je suis là moi aussi, dans la même galère que vous, or vous prenez constamment des décisions sans m'en parler, comment veux-tu que je vous aide moi si je ne sais jamais sur quel pied danser ? As-tu pensé une minute aux conséquences que ça pourrait entraîner pour notre futur s'ils venaient à en savoir trop ? Nous ne sommes pas ici pour changer les choses » dit-il tout en la regardant. Elle pouvait sentir sa colère.
« Je sais tout ça, j'en suis consciente. Nous ne leur avons rien dévoilé. Ils sont prêts à nous aider, sans même savoir de quoi il en retourne exactement. Pourquoi est ce que tu refuse l'amitié des autres Elliot ? » Demanda-t-elle.
« Tu dis n'importe quoi » dit-il après un court moment de silence.
« Bien sur que non, et tu le sais ! Ginny m'a fait comprendre ce matin la chance que nous avions d'être ici »
« Parce que tu appelles ça de la chance ? » s'égosilla-t-il « voyager dans le temps, afin de retrouver une chose qui pourrait causer notre perte est pour toi une chance ? Dans quel monde est ce que tu vis ? Il faut que tu gardes les pieds sur terre Hermione, nous ne sommes pas là pour nous amuser ! »
« Nous ne sommes pas là pour ça c'est vrai. Mais puisque l'on doit rester un moment, pourquoi ne pas en profiter ? Je pense être bien placée pour dire qu'on en bave assez et toi aussi non ? Alors pour une fois qu'on a un peu de répit avant de se replonger dans l'horreur, je ne vois pas pourquoi je le repousserais » dit-elle.
« Tu ne comprends pas… »
« Non c'est toi qui ne comprends pas ! » s'énerva-t-elle. À ce moment, Elliot se figea. Il la regarda mieux et s'aperçut qu'elle pleurait. « Pourquoi est ce que tu refuse toujours le bonheur ? »
« Ce n'est pas le bonheur… »
« Bien sur que si ! Il n'est pas à nous je te l'accorde, mais le destin a fait que nous avons la chance de pouvoir en profiter un tout petit peu, pourquoi n'accepte-tu pas ? C'est quoi ton problème ? »
« Hermione s'il te plait… »
« J'ai besoin de souffler Elliot. Tu ne comprends donc pas ? Toi aussi tu en as besoin, je t'en prie arrête de faire l'autruche. J'aimerais tant que tu partage mon sentiment. Ce sentiment de plénitude que je ressens, que Ginny ressent depuis qu'on est arrivés ici. Ne gâche pas tout » termina-t-elle presque dans un murmure.
Elliot était bouleversé. Il n'aimait pas la voir dans cet état, cela lui faisait mal au cœur. Encore plus de savoir que c'était à cause de lui.
« Tu sais qu'on doit repartir » souffla-t-il.
« Oui je le sais, justement. Ne perdons pas de vue ce qui nous a conduit ici, je sais qu'on doit récupérer ce diadème. Mais ne perdons pas de vue non plus qui nous sommes. Des jeunes de 17 ans, je te demande juste de profiter de l'instant présent, en sachant qu'il n'y aura peut être pas de demain » dit-elle. Ils se regardaient intensément tout les deux. C'était un moment fort en émotions et tout deux le ressentaient. Le vent s'engouffra soudain dans les cheveux d'Hermione, les faisant virevolter. Elle frissonna et il le remarqua. Il tira sa cape et s'approcha d'elle pour la lui poser sur les épaules et finit par l'enlacer.
« D'accords… » Murmura-t-il. Elle soupira de soulagement et laissa sortir la tension de son corps. Ses yeux se mouillèrent d'avantage et elle resserra sa prise sur lui, le serrant très fort contre elle. Il était plus grand qu'elle. Lorsqu'elle se détacha de lui, il la regarda encore profondément dans les yeux. Ses yeux à lui reflétaient la crainte et la douleur. La tristesse aussi, mais une infinie tendresse.
Hermione sentit son cœur s'emballer lorsqu'il avança son visage vers le sien. Que devait-elle faire ? Le repousser ? Après les émotions qu'ils venaient tout deux de ressentir ? Elle ne savait même pas ce qu'elle ressentait pour lui… tendrement, Elliot embrassa Hermione. Toujours dans les bras l'un de l'autre, ils s'embrassaient au bord du lac, dans le silence de la nuit fraîche. C'était doux… sublime… velouté. Hermione prit conscience de ce qu'elle faisait et mit fin au baiser. Elle ouvrit les yeux, appréhendant de le regarder en face après ce qu'elle venait de faire. Il la regardait, de la même façon qu'il l'avait regardée avant de l'embrasser. Elle se sentait vraiment… bizarre. Elle ne savait définir ce qu'elle ressentait en cet instant, tout ce qu'elle savait dire c'est qu'elle était perdue.
« Elliot je… »
« Chut » dit-il en posant son doigt sur ses lèvres « je sais » dit-il simplement. Elle le regarda plus intensément encore si c'était possible et fronça les sourcils « je sais que tes sentiments pour moi ne sont pas les même que les miens… »
« Non ce n'est pas ça… » Mais elle ne put terminer.
« Si Hermione, ne t'en fais pas je le savais depuis longtemps »
« Elliot… »
« Non ! Ne dis rien. Je ne t'en veux pas »
« Si… si tu savais, alors pourquoi tu as fais ça ? » demanda-t-elle. Il sourit tristement. Lui dire ? Moi je t'aime ?
« Ne viens-tu pas de dire de profiter de l'instant présent sans penser à demain ? » elle ne savait dire ce qui la bouleversait tant. Le fait qu'il l'ait embrassé ou le fait qu'il se soit lui-même rendu compte qu'elle n'était pas amoureuse de lui alors qu'elle-même n'en savait rien…
« Je suis désolée… »
« Ne le soit pas. Considère ce baiser comme un cadeau. Comme un souvenir… » Murmura-t-il. Elle hocha la tête et il l'attira à lui pour l'enlacer à nouveau.
« Aller viens, rentrons c'est bientôt le couvre feu » dit-il. Ils rentrèrent tout les deux au château, enlacés.
Derrière l'arbre du lac, Charlie les suivit du regard. Il n'avait pas voulut jouer les voyeurs, ni entendre et assister à la scène qui s'était déroulée. Mais Elliot et Hermione étaient arrivés alors qu'il revenait de chez Hagrid, il n'avait pas voulut les déranger, alors il avait attendu derrière l'arbre qu'ils s'éloignent. Malheureusement, il avait tout entendu. Avec un soupir, il se remit en marche lui aussi pour le château. Il avait bien besoin de dormir, la soirée de la veille se faisait sentir…
Poudlard, 1998.
Harry avait besoin d'air, besoin de réfléchir… aussi, il sortit de la salle de potion prêt à prendre un bon bol d'air frais. En passant devant la grande salle, il entendit très clairement les sanglots de Molly Weasley et Arthur qui tentait de la rassurer. Son cœur se serra. Il n'aurait jamais du permettre qu'ils prennent cette potion, ce n'était pas à eux de prendre ces risques là. La quête aux Horcruxes, c'était son combat, pas le leur.
Il sortit finalement dans le parc et s'assit dans l'herbe rendue fraîche. Comment avait-il pu les laisser faire ? En son fort intérieur, il ne pouvait s'empêcher de se dire qu'ils allaient revenir. Ils étaient perdus dans le temps très certainement, mais ils reviendraient, il en avait l'intime conviction. Il le lui restait plus qu'une chose à faire : espérer. Continuer à se battre pour leur liberté, ne pas baisser les bras. Il leva sa tête vers le ciel et les étoiles et se dit que parfois il souhaiterait être parmi elles. Si seulement ses parents étaient là ! Et Sirius. Comment était-il sensé agir ? Comment pouvait-il éviter de commettre des erreurs ? Sirius le conseillerait lui. James lui dirait qu'il était très fier de lui et Lily elle, lui dirait qu'il faisait tout son possible. Même sans les avoir connus, Harry avait l'impression de connaître ses parents, mieux que quiconque et cela lui arracha une larme, puis deux et les autres suivirent, sans qu'il ne puisse les arrêter.
Car il savait que c'était faux, que jamais ils ne seraient à ses cotés. Pourquoi la vie avait été si injuste envers lui ? Qu'avait-il fait pour mériter d'être privé de tout les gens à qui il tenait ? Harry Potter ne s'apitoyait jamais sur son sort, mais il était un être humain pourvu de sentiments comme les autres et il pouvait bien se permettre de se laisser aller. Il se sentait pour le coup, seul au monde. Terriblement seul. Il resta un moment, assis sur l'herbe, incapable de se calmer. Il pleurait, comme si le fait de verser des larmes l'apaisait. Il avait l'horrible impression qu'il n'avait pas le droit à l'erreur. Que le fait d'être le seul à pouvoir détruire le seigneur des ténèbres, l'obligeait à rester fort. Mais il n'était qu'un garçon. Comme les autres. Avec des envies de liberté et d'insouciance, comme les autres. Pourquoi ne comprenaient-ils pas ça ? Il sentit soudain une main se poser sur son épaule et tourna vivement la tête vers son interlocuteur, pour voir le visage bienveillant et sage de Remus Lupin.
Le seul homme qui le rattachait encore à sa famille. Il essuya ses yeux, sans pour autant arrêter les larmes de descendre.
« Tu as le droit de craquer Harry » lui dit-il sagement. Il s'assit à ses coté et regarda lui aussi les étoiles. « Ils sont là tu sais. Ils t'accompagnent où que tu ailles et quoi que tu fasses » continua-t-il. Harry sourit amèrement.
« Dans ce cas, pourquoi ne me montrent-ils pas la marche à suivre ? Pourquoi est ce que je me sens si seul Remus ? » Demanda-t-il. Les yeux de Remus devinrent si tristes…
« Mais parce que tu dois faire tes propres choix » répondit-il.
« Mais pourquoi ? Pourquoi n'ai-je pas le droit d'être comme tous les autres ? Pourquoi n'ai-je pas droit à l'erreur ? »
« Tu y as droit Harry »
« Non je n'y ai pas droit… » répondit-il « tout le monde croit que parce que je suis l'élu, je suis fort et que je supporte tout… mais c'est faux ! Totalement faux ! Moi aussi j'ai peur ! Moi aussi je me demande si un jour tout ça va finir ! Je ne suis pas infaillible » termina-t-il. Remus posa une main sur son bras.
« Je sais Harry… Tu as parfaitement le droit d'avoir peur et de douter, mais tu trompe sur une chose… tu n'es pas seul » dit-il « j'aimerais te dire que tout se passera bien, mais j'en suis incapable. Personne ne saurait le dire et personne ne te tiendra rigueur d'avoir peur. On t'en demande énormément pour un garçon de ton âge et je ne te considère pas comme un héro ou encore une arme de guerre, mais comme un garçon de 17 ans à qui la vie n'a fait aucun cadeau, avec ses doutes et ses interrogations… je suis là Harry et je le serais toujours, comme tous les autres ne l'oublie jamais. Hermione est rusée et intelligente, ils reviendront » assura Remus. Harry pleurait toujours. Mais cette discussion l'avait apaisé. Il était vrai que depuis la mort de Sirius, il s'était d'avantage rapproché du lycanthrope, le dernier restant des maraudeurs.
« Merci Remus… » Dit-il sincèrement. Remus lui sourit et remonta vers le château, heureux de lui avoir remonté un peu le moral. Harry resta encore un moment là, à la belle étoile à penser. Il ne pleurait plus, mais ses yeux lui piquaient encore. Il fut surpris cependant, de voir Evelyn s'asseoir à ses cotés, les genoux ramenés sur sa poitrine. Visiblement, elle s'était accordée son moment de faiblesse elle aussi, au vu de ses yeux bleus, gonflés et rouges. Il la regarda, le cœur serré.
« Ce n'est pas ta faute non plus » dit-il. Elle tourna son regard à nouveau rempli de larmes vers lui.
« Je sais » dit-elle la voix tremblante « mais j'ai tellement peur » dit-elle.
« C'est normal d'avoir peur Evelyn » dit-il. Il était bouleversé. Jamais encore elle n'était venue de son propre gré pour lui parler et encore moins pleurer.
« Tu as peur toi ? » demanda-t-elle de sa petite voix qui ne lui ressemblait que trop bien sous ses airs dédaigneux et froids.
« Bien sur que j'ai peur. Toujours, tout le temps » répondit-il.
« Alors comment tu fais pour supporter tout ça ? Je crois que je suis trop faible là en ce moment pour te dire ce que je m'apprête à te dire, mais je le pense sincèrement. J'admire ton courage Harry et j'espère de tout mon cœur qu'un jour, tu trouveras le bonheur » dit-elle. Harry était agréablement surpris. Non seulement parce que pour la première fois, elle l'appelait par son prénom, mais aussi par sa franchise. Il ne s'attendait vraiment pas à ça venant d'elle.
« Wouah » rit-il. Elle lui rendit son rire.
« Quoi ? » renifla-t-elle en souriant.
« Rien c'est juste que cet aveux venant de ta part est tellement… »
« Choquant ? »
« Attentionné. J'allais dire, attentionné » dit-il en plantant son regard vert dans le sien. A nouveau, il se sentit défaillir à la vue de cette jeune fille si désemparée.
« Je ne t'ai jamais détesté. Tu es juste agaçant » dit-elle ne pouvant pourtant pas empêcher ses larmes de couler.
« Moi non plus je ne te déteste pas Evelyn. Et je te trouve tout aussi admirable, peut être même bien plus que moi ! Elliot a de la chance de t'avoir comme sœur » dit-il. Elle redoubla de pleurs, toujours silencieusement. Elle n'était pas du genre à sangloter, mais là c'était plus fort qu'elle.
« Je vendrais mon âme pour qu'il revienne » dit-elle.
« Hey… » Harry l'attira à lui et elle se laissa faire. « Ils vont revenir. Tu oublies de qui on parle là » dit-il pour la détendre, tandis qu'elle pleurait tout son saoul. Ça paraissait tellement irréel. Evelyn MacPherson qui pleurait sur son épaule… il la serra dans ses bras, espérant pouvoir apaiser sa souffrance et sa crainte dans cette étreinte. Elle finit par se calmer, ses pleurs s'estompèrent et bientôt elle s'arrêta totalement.
« Merci Potter… » Dit-elle doucement. Harry grimaça, le rêve était finit.
« Pourquoi tu me trouve agaçant ? » demanda-t-il dans une tentative de détendre l'atmosphère. Elle un une moue malicieuse, malgré ses joues encore mouillées.
« Un jour peut être je te le dirais… » Sourit-elle. Il lui sourit en retour. « Raconte moi… raconte moi comment ça s'est passé » dit-elle soudain. Il la regarda, incertain puis se laissa aller. Après tout…
Et les deux jeunes gens restèrent là des heures durant, discutant d'eux, de leur vie, leur enfance, comme deux personnes s'apprivoisant, se découvrant, avec pour seuls témoins, la lune et les étoiles…
Poudlard, 1990.
Elliot raccompagna Hermione devant le tableau de la grosse dame et retourna ensuite a son dortoir. Lorsqu'elle entra, elle fut surprise de voir que la salle était vide, mis à part Sam et Emilie qui semblaient en pleine dispute. Elle s'arrêta, confuse de tomber à un si mauvais moment, mais ils l'avaient entendues et c'étaient retournés sur elle. Hermione se sentit vraiment mal à l'aise.
« Je suis désolée je ne voulais pas vous déranger, ne faites pas attention à moi je ne fais que passer » joignant le geste à la parole, elle se dirigea vers la porte des dortoirs filles.
« Tu ne nous dérange pas Hermione, on avait finit » dit Sam. Hermione perçut dans le ton de sa voix, la rancœur et la colère. Elle n'osa pas les regarder. Et Emilie passa comme une flèche devant elle, claquant la porte des dortoirs, sans rien ajouter d'autre. Hermione se pinça la lèvre et se retourna. Sam soupira et s'assis dans le fauteuil. Il avait l'air vraiment contrarié. Hermione ne savait pas trop quoi faire, ou quoi dire. Elle hésita. Devait-elle aller lui parler ? Au risque de passer pour une mêle tout ? Après tout, ce n'était pas ses affaires, ils n'étaient amis que depuis trois jours… d'un autre coté, elle n'avait aucune envie de monter se coucher maintenant, Emilie devait être d'humeur massacrante et même si elle n'avait rien avoir avec ça, elle se sentait embarrassée d'être dans la même pièce qu'elle tant qu'elle ne se serait pas calmée. Elle choisit donc la première option et prit place aux cotés de Sam.
« Ça va ? » lui demanda-t-elle ne sachant pas trop quoi lui dire. Elle ne voulait pas paraître impolie et curieuse. Il leva les yeux vers elle et leva un sourcil l'air de dire est ce que j'ai l'air d'aller bien ? Elle se sentit ridicule.
« Désolée… c'est juste que, je ne veux pas paraître indiscrète, c'est tout » se justifia-t-elle. Il rit doucement.
« Non, toi excuse moi. Je ne voulais pas que tu assistes à ce genre de conversation » dit-il.
« Oh je n'y ai pas vraiment assisté, je pense même que je suis arrivée avant que ça n'éclate je me trompe ? »
« Non » avoua-t-il avec un petit sourire.
« C'est fréquent ? » demanda-t-elle.
« Assez oui. Emilie n'est pas une fille méchante, c'est même tout le contraire… » Souffla-t-il en regardant le feu crépitant de la cheminée « seulement depuis quelques temps, il semblerait qu'elle ait oublié elle-même qui elle était » dit-il dans un aveu douloureux et triste. Hermione perçut la nostalgie sur son visage. Elle ne savait pas quoi répondre. Elle n'avait jamais été fort douée pour réconforter les gens, elle fut sauvée par l'arrivée impromptue de Charlie, qui passait le portrait.
« Bonsoir » dit-il.
« Salut » répondit Sam « vous m'excuserez, mais je vais me coucher. A demain… et Hermione ? Merci » Hermione rosit quelque peu, elle n'avait rien fait pourtant ! Elle n'eu pas le temps de répondre, que Sam montait déjà.
Charlie se dirigea vers le divan où se trouvait Hermione, tout en regardant Sam. Il tourna ses yeux interrogateurs vers elle et finit par s'asseoir.
« J'ai du louper un épisode » finit-il par dire intrigué. Hermione sourit un peu désarçonnée.
« Je suis arrivée à un mauvais moment… Emilie et Sam se disputaient je crois et ça avait l'air sérieux » grimaça-t-elle. Charlie soupira.
« Encore !? » s'exclama-t-il. Hermione était vraiment très intriguée, que c'était-il donc passé entre ses deux là ?
« Je ne voudrais pas paraître curieuse, mais… que leur est-il arrivé ? » demanda-t-elle. Charlie la regarda, il semblait hésiter.
« Je ne crois pas être la bonne personne pour répondre à cette question » avoua-t-il sur un ton d'excuse. Hermione sourit, comprenant bien qu'il ne dirait rien. Charlie était un ami fidèle et il ne trahirait pas ses deux amis. Elle haussa les épaules, après tout cela ne la regardait pas !
« Et toi, ça va ? » demanda-t-il légèrement inquiet. Hermione fronça les sourcils.
« Oui très bien, pourquoi cette question ? » demanda-t-elle suspicieuse. Charlie rougit un peu et se sentit soudain très gêné. Il se passa une main dans la nuque, signe qu'il était nerveux.
« Et bien… c'est-à-dire que… je vous ai entendu tout à l'heure, prêt du lac » dit-il craignant la réaction de la jeune fille.
« Oh… » Murmura-t-elle un peu plus triste « J'ai du lui faire du mal, sans aucuns doutes mais… c'est mieux comme ça. Je ne veux surtout pas lui donner de faux espoirs et au moins il sait à quoi s'en tenir » dit-elle.
« Tu ne veux pas d'une relation sérieuse à ton âge, c'est tout à fait normal » dit Charlie tel un sage. Hermione rit.
« Non ce n'est pas ça Charlie, tu te trompe. Une relation sérieuse, c'est justement ce que je cherche. Mais pas avec Elliot. Il est mon ami, au même titre que les autres et je viens de m'en rendre compte à présent. Je n'étais pas sûre de moi concernant mes sentiments à son égard, mais maintenant si. J'ai compris et je préfère qu'il le sache plutôt que de lui mentir, perdre son amitié serait insupportable. Elliot a tout pour plaire, il est séduisant, gentil, très intelligent… mais je ne suis pas amoureuse de lui. J'espère seulement qu'il tournera la page rapidement et qu'il oubliera son amour pour moi, je ne veux pas être responsable de son mal être, je n'aime pas voir les gens malheureux, encore moins ceux qui comptent pour moi » termina-t-elle.
Elle venait de se vider un peu le cœur et cela lui faisait un bien fou ! De son coté, Charlie l'avait écouté se décharger de ce poids sans broncher. Il était plutôt soulagé qu'elle ne lui en veuille pas à vrai dire. Il l'avait surtout observé parler et se surprenait à aimer le son de sa voix. Il l'avait un peu détaillée, son visage fin et bien dessiné… ses lèvres, petites et jolies à croquer selon lui… ses yeux qui brillaient d'une manière indéfinissable, ses pommettes… Hermione était belle à sa manière. Sans artifices aucuns, elle dégageait un charme dont elle n'avait certainement pas idée ! Charlie se reprit bien vite, se morigénant mentalement. Il la connaissait à peine !
« Je suis sur qu'il comprend et qu'il s'en remettra » dit-il alors avec un sourire bienveillant. Hermione lui sourit en retour. Mais son sourire sonnait l'interrogation et la perplexité. Quand elle avait tourné son visage vers le sien, elle avait décelé – ou cru déceler – une lueur au fond de ses yeux bleus quand il la regardait. Cela n'avait duré qu'une seconde ou deux et elle se dit finalement qu'elle avait du rêver. Peut être était-ce le fruit de son imagination, ou peut-être même était-ce un reflet de flammes qui dansaient en harmonie dans la cheminée…
Elle regarda l'heure à sa montre et s'aperçut qu'il était déjà tard. Elle mit donc ça sur l'effet de la fatigue, oui c'était sûrement ça… sûrement.
« Excuse moi Charlie, mais il est tard je vais aller me coucher » dit-elle.
« Tu as raison, je vais faire pareille » dit-il alors qu'ils se levaient tout les deux.
« Bonne nuit » dit-elle.
« À demain » répondit-il. Et ils refermèrent tout deux leurs portes de dortoir respectives en même temps, la même sensation au creux de l'estomac. Une sensation de légèreté, sans en comprendre vraiment la raison. Ou plutôt, sans vouloir comprendre…
A suivre…
Et voilà pour ce chapitre !!! Mille pardon du temps d'attente, mais je n'ai toujours pas récupéré internet chez moi (AU SECOURS !!!) et puis la reprise des cours tout ça… en parlant de ça, j'espère que vous avez passé une bonne rentrée, pour ma part elle l'était ! Enfin bref…
Voilà donc Narcissa saine et sauf… Pansy toujours dans le coma ainsi que Lucius… Harry qui craque, ce n'est pas courant et encore moins Evelyn mais tout le monde en a besoin n'est ce pas ? Que dire ? A oui, je tenais à mettre les choses à plat entre Elliot et Hermione. Je sais que c'est tôt, mais mon histoire ne se basera pas sur un trio amoureux Elliot/Hermione/Charlie, non ce n'est pas ce que je vise, désolée :-( sinon, nos deux héros commencent à se poser des questions hé hé, bon il n'y a absolument rien de concret bien sur, pas après 3 jours voyons ! Mais ça va venir, je veux avancer a mon rythme, sans les pousser dans les bras l'un de l'autre précipitamment… quand à Sam et Emilie, je suis sur que vous avez des ébauches de réponses n'est ce pas ? Je les attends avec impatience :-P quoi qu'il en soit, j'espère que cette histoire vous plait toujours autant, même si elle ne semble pas faire l'unanimité des lecteurs j'en ai bien peur :-S mais je l'aime bien moi et tant qu'il y aura des lecteurs, je continuerais ! j'espère aussi que cette alternance entre les époques ne vous gêne pas trop, je ne saurais pas faire sans :-S Je vous laisse là et espère que ce chapitre vous aura plu !
A bientôt pour la suite et merci pour tout (L)
Bisoux
Jess
