Chalu à tous ^^
Voici donc le sixième chapitre, il a mit du temps à venir, mais il y a une raison à cela maintenant (non non je ne cherche pas d'excuse xD) c'est que je me suis rendue compte que mes chapitres grouillaient de fautes d'orthographe, de syntaxe et surtout d'inattention ! Ce qui veut dire que j'ai dorénavant pour toutes mes fictions en cours, une bêta !! Si, si lol
Sang de Licorne, a gentiment accepté de m'aider à corriger mes chapitres ! J'en profite également pour faire la promo de sa fiction qui est jusqu'à présent superbe et qui s'intitule Harry Potter et le pacte d'amour C'est une Dray/Mione et elle vaut le coup croyez moi !
http: / / sangdelicorne . skynetblogs . be / (sans les espaces bien sûr !) Un ptit coup d'œil ne coûte rien et puis vous ne serez pas déçus du voyages je vous assure.
Sinon, le blabla est à la fin, comme toujours ^^ Bonne lecture…
Disclaimer : Tout appartiens à Mme JK Rowling, elle ne veut toujours pas me les vendre (gros soupir xD)
Ch.6. Anarkia. (1)
Poudlard, 1990.
Ce dimanche matin là, le hall était bondé d'élèves prêts à partir pour la sortie à Pré-au-Lard.
« Hermione ? » appela Ginny. Celle-ci se retourna. « On va à Pré-au-Lard !! » s'exclama Ginny limite hystérique, ce qui arracha un rire à la jolie brune.
« Ah vous êtes là ! Vous ne comptiez pas partir sans nous mesdemoiselles ? » S'enquit Sam accompagné de Charlie. Les autres suivaient le mouvement et Hermione remarqua que Tonks était de la partie.
« Salut Hermione » Hermione lui sourit. A vrai dire, la Tonks d'ici n'était pas très différente de celle qu'elle connaissait. Elle était jeune certes, mais à son époque aussi elle l'était encore.
« Salut » répondit-elle en retour. Emilie était en arrière et ne pipait mot. Comme si le fait de sortir lui déplaisait. Cette fille ne souriait donc jamais ? Hermione se posait la question depuis le début d'ailleurs.
« Prêtes pour une super journée shopping les filles ? » demanda Adeline avec entrain. Ginny sourit de toute sa splendeur. Il y avait tellement longtemps qu'elle n'avait plus fait les magasins ! Seulement, son sourire s'évanouit bien vite, ce qui inquiéta notre beau Sam et Hermione par la même occasion.
« Ben alors belle rousse, il est passé où ton enthousiasme ? » Ginny grimaça l'air vraiment dépité.
« Je viens tout juste de me rendre compte que nous n'avons pas d'argent avec nous ! Quel est l'intérêt de faire les magasins si on n'a pas d'argent à dépenser ? » Demanda-t-elle. Hermione grimaça, elle n'avait pas pensé à ça non plus… Adeline sourit.
« Ne t'en fais pas pour ça, j'ai ce qu'il faut » dit-elle. Ce fut Hermione qui réfuta avant même que Ginny ne prononce une syllabe.
« Adeline c'est très gentil et généreux de ta part, mais on ne peut pas accepter ça » dit-elle. Ginny approuva de la tête, bien que déçue. La jeune fille sourit d'un air malicieux.
« Taratata, je ne vous demande pas votre avis et puis vous n'aurez qu'à me rembourser quand vous rentrerez à votre époque » rit-elle. Hermione sourit de reconnaissance. Elle commençait à comprendre déjà, qu'avec Adeline Mirelle, il n'y avait pas lieu de discuter quand elle avait décidé quelque chose. Hermione reporta son attention sur le couloir. Elle se hissa sur ses pieds, essayant d'apercevoir Elliot, mais elle ne le voyait pas. Elle soupira.
Elle s'en voulait un peu pour ce qu'il s'était passé la veille. Il ne viendrait pas. Pourtant il semblait bien mieux disposé à en profiter, il le lui avait confirmé. Elle retomba sur ses pieds et se retourna, prête à partir avec les autres, quand un souffle chaud vint caresser son oreille.
« Tu ne croyais tout de même pas que j'allais te laisser partir toute seule ? » chuchota une voix. Elle sourit et se retourna, se retrouvant nez à nez avec Elliot. Il lui sourit lui aussi. Elle était contente.
« Je suis contente que tu sois là » dit-elle en souriant.
« Il y a une éternité que je ne suis plus allé à Pré-au-Lard, je ne voulais pas manquer l'occasion » dit-il. Elle enroula son bras autour du sien et ils se mirent tous en route pour le petit village.
OoO
Les rues de Pré-au-Lard étaient bondées de monde. En cette période de début de printemps, le temps n'était pas encore aux grosses chaleurs, le vent était par moment même assez mordant. Une grosse cape était donc la bienvenue, même si tout le monde avait abandonné écharpes et gants. Le soleil pointait le bout de son nez, essayant de percer les gros nuages dans le ciel, laissant passer par moment des rayons qui tapaient dans les vitrines des magasins et sur les visages de nos amis.
« Hermione regarde ! » Ginny courait d'un coin à l'autre de la rue principale du village. Observant chaque magasin avec la même avidité, entraînant son amie partout où elle allait. Cela amusait d'ailleurs tout le monde qui les regardait faire en souriant, commentant de temps à autre le comportement de la plus jeune rouquine du groupe. Hermione se laissa contaminer par l'enthousiasme de son amie et c'est ensemble et avec un grand sourire qu'elles entrèrent chez Honeydukes, le magasin de confiseries. Les autres les suivirent volontiers dans le dédale d'étalages de confiseries en tout genre.
« Oh seigneur ! Y a une éternité que je n'ai plus touché ni gouté ces trucs là ! » S'extasia Ginny avec une grosse sucette difforme toute violette dans la main. Hermione pouffa. « Ce magasin c'est le paradis ! » commenta Ginny d'un air gourmand.
« Ginny… c'est juste Honeydukes » fit Hermione. Ginny qui s'apprêtait à lécher sa sucette s'interrompit en fronçant les sourcils, tout en regardant son amie.
« T'es qu'une rabat joie ! » dit-elle en faisant la moue en fourrant la sucette dans sa bouche. Hermione éclata de rire.
« J'ai l'impression de voir Ron sous mes yeux » dit-elle hilare. Ginny lui tira la langue. Elle rétrécit ses yeux puis sourit en coin en ne quittant pas Hermione du regard « là par contre j'ai l'impression de voir Drago » rit-elle de plus belle.
« Mouais c'est ça. Fiche toi de moi ! En attendant, moi je profite ! J'aime les confiseries et je me fiche des calories, en revanche toi miss Granger, tu as peur d'élargir encore tes grosses fesses ! » Claqua-t-elle. Hermione s'interrompit dans son fou rire, les yeux éberlués en regardant la rouquine. Elle ouvrit la bouche, pour le coup surprise.
« Et toc ! » fit Ginny en s'éloignant, rejoignant Sam et Flo' un peu plus loin dans le magasin. Hermione elle, n'avait pas quitté sa position, son visage figé dans une expression d'indignation très comique. Puis elle se tortilla, tentant de regarder son postérieur pour vérifier les dires de son amies.
« Elles sont très bien comme ça mes fesses » marmonna-t-elle dans sa barbe.
« Je suis d'accord avec toi ! » fit une voix rieuse derrière elle. Hermione se retourna surprise, se retrouvant nez à nez avec Charlie, une barbe à papa à la main. Il souriait. Elle prit soudain conscience de la portée de sa phrase et rougit violemment. Charlie sourit et se pencha à son oreille.
« N'aie pas honte Hermione, c'est sincère tu sais »
« Oh ! Je… tu… merci » balbutia-t-elle. Elle regarda au loin, Ginny qui riait de bon cœur avec Sam et Flo', elle se renfrogna. Elle se tourna vers Charlie et prit un petit morceau de sa barbe à papa.
« Ta sœur est une vraie peste quand elle s'y met » grommela-t-elle. Charlie rit en regardant sa sœur et son meilleur ami.
« À qui le dis tu ! » elle leva les yeux sur lui, picorant encore un peu de sucrerie à Charlie et se figea, se rendant compte qu'il la regardait très amusé.
« Je suis ridicule hein ouais ? » demanda-t-elle. Charlie éclata de rire.
« Mais non, tu es surtout très mignonne » dit-il ne croyant pas lui-même l'audace de ses propos. Elle sourit, un peu gênée.
« Merci »
Un peu plus loin, Hermione remarqua Elliot, qui regardait en tout sens, n'arrivant apparemment pas à se décider sur son choix. Elle allait le rejoindre, quand elle s'aperçut qu'Adeline, les bras chargés l'avait fait à sa place. Elle sourit et se détourna, disparaissant dans les rayons avec Charlie.
« Besoin d'un coup de main ? » fit Adeline d'une voix joyeuse. Elliot leva lentement les yeux vers elle et tomba sur ses bras chargés de confiseries en tout genre.
« Comment est ce que tu peux manger autant de sucre, sans avoir aucun problème ? » s'exclama-t-il ahuri. Elle lui sourit.
« Si on te le demande, tu n'auras qu'à dire que tu ne sais pas » dit-elle en souriant « alors ? » il reporta son attention sur le rayon.
« C'est très honorable de ta part, mais je connais les confiseries, dans mon monde tu sais avant, elles y étaient aussi » railla-t-il.
« Certes… mais je suis une connaisseuse. Tiens regarde par exemple… les cerises glacées au chocolat sont absolument exquises… » Dit-elle en en prenant une, tout en la fourrant dans sa bouche. Elliot la regarda faire, curieux. Il s'aperçut alors d'une chose très étrange. Adeline avait une façon de manger son fruit qui lui procura des frissons dans tout le corps !
Elle l'avait prise entre ses doigts fins et délicats, le portant à ses lèvres sans gourmandise aucune, bien au contraire. Elle se délectait et prenait un malin plaisir à prendre tout son temps. Emprisonnant d'abord la cerise entre ses lèvres finement dessinées… retenant la queue de cerise entre son index et son pouce, elle l'engloutit complètement, passant sa langue sur ses lèvres récoltant le chocolat qui avait coulé dessus. Elliot déglutit. Cette fille avait une façon de manger tellement érotique ! Et le pire dans tout ça, c'est qu'elle ne s'en rendait même pas compte !!
« Ben alors beau brun, tu as vu un Sombral ou quoi ? » rigola Adeline, devant un Elliot absorbé par la contemplation de ses lèvres. Elle claqua des doigts devant ses yeux et il reprit ses esprits fixant son regard au sien. Elle avait vraiment l'air inquiète.
« Elliot ? » s'exclama-t-elle la mine sérieuse cette fois. L'entendre l'appeler pour la première fois par son prénom au lieu du surnom qu'elle lui avait attribué, finit de reconnecter Elliot à la réalité, il secoua la tête.
« Excuse moi, tu disais ? » Il fut surpris de la voir si sérieuse, elle qui d'habitude souriait tout le temps.
« Est ce que tu vas bien ? J'ai cru que tu avais un malaise »
« Je vais bien » répondit-il. Elle fronça les sourcils.
« Très bien… » Dit-elle perplexe. Il retrouva un intérêt soudain pour les confiseries face à lui. Il fallait qu'il se ressaisisse. Rester à coté d'elle n'arrangerait pas son état, il fallait qu'il se calme et très vite.
« Tu es sûr que… »
« Je vais suivre tes conseils, je vais prendre les cerises. Je vais payer, on se retrouve dehors » coupa-t-il précipitamment. Il empoigna un sac où il fourra plusieurs cerises au chocolat, avant de détaler et de la planter là au milieu du magasin, très surprise. Elle haussa les épaules et finit par sortir. Elle sourit en voyant ses amis dehors.
Charlie et Hermione discutaient en souriant, et Ginny pendue au bras de Sam ne cessait de rire. John et Romain avaient eux déserté pour rester avec des élèves de leur année et elle remarqua Flo' plus loin, en pleine discussion avec Emilie. Elle soupira. Emilie avait l'air renfrognée et elle finit par quitter le groupe et s'éloigna dans le sens opposé, d'un pas rageur. Flo' revint vers Sam et Ginny et Adeline remarqua le coup d'œil de Sam vers Emilie qui s'en allait. Elle soupira. Son amie sombrait de plus en plus et ne laissait plus personne entrer dans sa vie. Même elle-même qui était sa meilleure amie la sentait s'éloigner d'elle, jour après jour. La clochette retentit et bientôt, Tonks et Elliot sortirent. Adeline sourit quand ils la rejoignirent. Elliot lui tendit un petit paquet. Elle le regarda et leva un sourcil.
« C'est pour m'excuser de t'avoir planté au milieu du magasin » elle sourit et lui enlaça le bras.
« C'est déjà oublié. Viens Dora » dit-elle en avançant. Elliot ne broncha pas, passant devant Hermione, Charlie et les autres, Adeline pendue à son bras. Il se permit un petit sourire. Hermione avait raison finalement. La liberté, ça fait du bien !
« Si on allait aux trois balais ? » proposa Ginny qui n'avait pas quitté sa bonne humeur. Les autres approuvèrent et notre petite troupe se retrouva attablée autour d'une bièreaubeurre, riant aux éclats et discutant de ce qu'ils allaient bien pouvoir faire l'après midi.
Poudlard, 1998.
Il faisait plein soleil dans l'infirmerie. Tout était calme, aucun bruit à l'horizon si ce n'était la respiration des deux convalescents toujours dans un profond coma.
Ron avança lentement vers le lit de Pansy, un petit bouquet de fleur à la main. Lorsqu'il y arriva, il fit disparaître les vieilles fleurs d'un coup de baguette et les remplaça par les nouvelles. Ensuite, il déposa un léger baiser sur son front et s'assit à coté d'elle sur une chaise en lui prenant la main. C'était son rituel tous les matins. Il restait assis là un moment, parfois même pendant des heures à la regarder. La seule chose qui l'aidait encore à tenir était l'espoir. Il gardait en lui l'espoir qu'un jour, elle ouvrirait ses yeux et le regarderait. C'était tout ce qui lui importait, qu'elle se réveille. Le dicton disait tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir ; or Pansy vivait toujours.
Il soupira en portant sa main à sa bouche, la collant après contre sa joue. Il s'était interdit de pleurer, il savait qu'elle n'aimait pas ça, un garçon qui pleure. Mais chaque matin qu'il venait la voir, une boule immense se faisait dans sa gorge, bloquant presque sa respiration. C'était très dur de se retenir.
« Bonjour Ron » Ron leva la tête. Narcissa se dressait devant lui, l'air fatigué. Son visage marqué par les cernes en témoignait.
« Bonjour Narcissa » répondit-il de façon polie.
« Comment va-t-elle ce matin ? »
« Comme tout les autres matins, aucun signe. Ni d'amélioration, ni de dégradation, elle est stable » répondit-il en reposant la main de Pansy sur le drap « et vous, comment va votre mari ? »
« Je suppose que c'est pareil. Je viens justement le voir » répondit-elle.
« Je croise les doigts pour vous, si il y a bien une famille qui mérite une deuxième chance c'est bien la votre » lui dit-il. Narcissa en fut très surprise.
« Je te remercie Ron, ça me touche »
« C'est sincère »
« Je le sais. Mais toi ne perds pas espoir, votre amour mérite aussi de revivre » dit-elle en posant une main sur sa joue, comme une mère le ferais à son fils. Il ferma les yeux, s'autorisant une petite larme en se laissant aller contre cette marque d'affection.
« Il n'a jamais été mort croyez moi » murmura-t-il. Elle sourit tendrement et retira sa main, se dirigeant vers le lit où Lucius reposait encore à point fermé. Il n'était pas tard dans la matinée, 8h30 tout au plus. Le soleil luisait sur les long cheveux blonds de l'ex mangemort, sa peau était blanche comme le lait et ses traits toujours aussi détendus, elle soupira. Quand allait-il enfin ouvrir les yeux ?
Elle s'assit au bord du lit, il n'y avait pas de chaise à proximité et lui prit la main. Comme Ron un peu plus tôt, elle la porta à ses lèvres et la frotta contre sa joue. Elle gardait un peu plus de self contrôle que Ron tout de même. Etant femme d'un ex mangemort, elle savait comment faire bonne figure sans laisser paraitre la moindre émotion. Même si elle avait peur du pire, elle n'en montrait rien et se contentait d'attendre. Anxieusement certes, mais c'était la seule chose qu'elle pouvait faire, attendre.
« Tu as toujours été têtu n'est ce pas ? » murmura-t-elle les yeux fixés sur son visage endormi « j'aimerais que tu te serves de cet entêtement une fois dans ta vie à bon escient Lucius ! Réveil toi ! » Ordonna-t-elle, se trouvant ridicule. Elle secoua la tête, refoulant un sanglot qui montait dans sa gorge et se baissa pour lui donner un baiser sur le front. Quand elle se redressa, elle sursauta si fort qu'elle faillit en tomber à la renverse !
Les yeux gris/bleu de son mari, grands ouverts, la fixaient d'une manière indéfinissable. Et Narcissa s'autorisa un écart dans son parfait comportement face à lui, elle lui sourit ! De toute sa splendeur, de tout son éclat elle sourit !
« Oh Lucius ! » souffla-t-elle. Elle posa ses mains sur son visage, lui la regardait toujours les yeux ronds, sans expression particulière. Elle l'embrassa doucement, il ne disait toujours rien. Trop heureuse, elle mit ça sur le compte de la surprise et se leva pour aller chercher madame Pomfresh. Elle revint quelques secondes plus tard avec l'infirmière, qui s'empressa de contrôler toutes les fonctions vitales.
« Comment vous sentez vous ? » demanda-t-elle. Il ne répondit pas, la toisant d'un œil observateur tandis qu'elle contrôlait son cœur.
« Pourquoi ne parle-t-il pas ? » demanda Narcissa en fronçant les sourcils.
« Ça arrive parfois, après un gros choc. Il faut lui laisser le temps de se rendre compte, de se 'reconnecter' à la réalité en quelque sorte » expliqua l'infirmière. Narcissa retrouva son sourire.
« Je vais chercher Drago, ne bouge pas ! » dit-elle. Il releva un sourcil signifiant bien qu'il ne pouvait de toute façon pas aller bien loin, ce qui la fit rire.
« Et bien monsieur Malefoy, on peut dire que vous savez vous faire désirer ! » s'exclama l'infirmière joyeuse. « Buvez » dit-elle en lui tendant une fiole. Il la regarda d'un œil méfiant. Pomfresh leva les yeux au ciel.
« Oh je vous en prie ! Qui croyez vous que je sois ? Je ne vais pas vous empoisonner voyons ! » Dit-elle les mains sur les hanches. Il se résigna et bu la potion que lui donnait l'infirmière.
« Bien, je vous laisse vous allez avoir besoin de vous retrouver avec votre famille » dit-elle. Mais alors qu'elle tournait les talons, il la retint fermement par le poignet.
« Qu'y-a-t-il ? » demanda-t-elle surprise. Lucius la regarda essayant de lui dire quelque chose qu'elle ne comprit pas « si vous ne parlez pas, je ne saurais pas savoir ce que vous voulez » dit-elle agacée. Il leva les yeux au ciel. Un parchemin et une plume lui parvinrent alors. Lucius détourna son regard qui s'agrandit de surprise.
« Je crois qu'il a besoin de vous dire quelque chose » dit Ron qui se tenait debout devant le lit. Lucius les prit sans quitter Ron du regard et écrivit.
Comment va la jeune Parkinson ?
« Elle est dans le coma monsieur Malefoy, mais elle en vie » répondit Ron. Il le regarda.
« Avez-vous mal quelque part ? » demanda alors l'infirmière.
Juste à la tête. Sinon je vais bien, mais ça ne durera pas. écrivit-il. Les deux autres froncèrent les sourcils. Pour toutes explications, Lucius poursuivit.
Les mangemorts m'ont attrapé et j'ai subi un interrogatoire assez corsé… ils m'ont fait boire une potion de force
Il hésita avant d'inspirer.
Vocaliserium.
Mme Pomfresh eu un hoquet de surprise. Ron fronça les sourcils, ne comprenant pas bien ce qu'était cette potion.
« Mr Weasley, allez chercher le professeur Snape, on va avoir besoin de lui » dit-elle d'un air grave.
Pré-au-Lard, 1990.
« Alors les filles ? Comment vous me trouvez ? » Demanda Ginny en tournant sur elle-même. Elle sortait d'une cabine d'essayage et portait une magnifique robe de bal toute blanche. Avec un bustier uniquement en dentelle et le bas de la robe en soie et en voile. Elle avait des allures de princesse !
« Tu es magnifique ! » s'exclama Adeline en la détaillant de haut en bas. Effectivement, après les trois balais il avait été décidé pour les filles d'aller faire les magasins afin de leur trouver une robe pour le bal de fin d'année. Ginny et Hermione seraient là jusqu'à cette période et n'avaient rien à se mettre. Les garçons quant à eux, avaient décidé d'explorer la boutique de Quidditch. Ils s'étaient tous donné rendez vous sur la place pour repartir ensemble à Poudlard.
« Hermione ! Sort de là ! » Cria Ginny.
« Une minute » répondit la voix d'Hermione derrière le rideau.
« Merci infiniment Adeline, de faire tout ça pour nous » remercia Chaleureusement Ginny. Adeline lui sourit.
« C'est rien voyons, entre amis il faut s'entraider »
« Adeline a toujours été de nature généreuse » renchérit Tonks qui était là elle aussi.
« Sans vouloir être indiscrète, où vas-tu chercher tout cet argent ? » s'exclama Ginny. La jeune fille haussa les épaules.
« Mes parents ont un bon travail… Ma mère est avocate et mon père est médecin »
« Tes parents sont moldus ?! » s'exclama-t-elle.
« Et oui ! Ça t'en bouche un coin hein ? » Sourit-elle. Ginny sourit.
« Non pas du tout, je ne pars pas de ces principes là tu sais, Hermione est née moldu elle aussi et pourtant elle est ma meilleure amie » argumenta Ginny.
« Était ! » fit Hermione en ouvrant le rideau de la cabine. Ginny se retourna et resta bouche bée faisant jusqu'à rougir Hermione.
« Tu es splendide Hermione ! » s'exclama Tonks. Elle sourit.
« Merci » dit-elle d'une petite voix.
« Avec ça aucun doute, Charlie en tombera la mâchoire ! » se réjouit Adeline en se levant.
« Quoi ? Mais… qu'est ce que Charlie vient faire là dedans ? » S'exclama-t-elle. Adeline et Ginny eurent un regard complice. Hermione portait une robe couleur bleu ciel, lui tombant jusqu'aux chevilles, avec des voiles accrochés à ses doigts, elle était magnifique.
« On les prends ! » s'exclama-t-elle à la vendeuse.
« Et pourquoi tu as dit était ? » percuta Ginny.
« Parce que tu as dit que j'avais de grosses fesses ! » s'exclama Hermione en retournant dans la cabine pour se changer. Ginny éclata de rire, suivie des deux autres. Quand elles sortirent changées, Ginny encercla le bras de son amie.
« Allons, ne me dis pas que tu m'en veux pour ça, je plaisantais » dit Ginny.
« Je sais. Et puis de toute façon je m'en fiche, Charlie lui il les aime bien mes fesses » fit Hermione d'un air suffisant. Ginny la regarda souriant largement, la bouche grande ouverte. Hermione se retourna, son paquet à la main avant de sortir et lui ferma la bouche de son doigt.
« Ferme ta bouche, t'attire les mouches ! » dit-elle dans un éclat de rire, avant de sortir, suivie de ses amies. Tout le long du chemin, Ginny harcela Hermione de question au sujet de ce qui se passait avec son frère. Bientôt, même Adeline et Tonks s'y mirent.
« Mais il ne se passe rien je vous dis ! » s'exclama Hermione en levant les yeux au ciel « Charlie est un très bon ami, point » dit-elle essayant de clore la discussion, mais c'était peine perdue avec deux filles telles que Ginny Weasley et Adeline Mirelle !
« Point à la ligne tu veux dire ! » s'exclama Adeline.
« C'est juste un ami » répéta Hermione agacée.
« Un ami qui aime bien tes fesses… » Ajouta Adeline en levant ses sourcils simultanément d'un air évocateur.
« Allé, avoue qu'il est mignon mon grand frère » taquina Ginny.
« Je n'ai jamais prétendu le contraire » s'en défendit Hermione « simplement… »
« Simplement ? » interrogea Adeline les yeux rieurs. Hermione les regarda toutes les trois.
« Rah vous m'énervez ! » dit-elle en accélérant le pas. Elles étaient arrivées sur la place et Hermione rejoignit directement Charlie, sous les éclats de rire de ses trois agaçantes amies.
« Ah les filles ! Qu'est-ce qui vous met d'aussi bonne humeur ? » Demanda Sam à une Ginny hilare.
« Oh pas grand-chose, on discutait de la libido d'Hermione » rigola-t-elle.
« Mais c'est faux ! » s'insurgea Hermione furibonde.
« Si tu le dis, on y va ? » proposa Adeline. Et c'est dans une ambiance de bonne humeur générale que notre troupe s'en alla direction le château, des souvenirs merveilleux de cette journée plein la tête. Il manquait pourtant quelqu'un à l'appel, ce qui inquiéta Sam qui n'avait pas revu Emilie de toute la journée.
OoO
Emilie marchait, les mains dans les poches. Elle remontait vers le château, seule. Elle avait passé la journée à marcher et réfléchir. Depuis l'arrivée des deux futuristes dans le château, elle se posait énormément de questions. Non pas sur elles deux, mais sur elle-même. Elle avait voulu se détacher de lui, c'est elle qui avait voulu. Et pourtant, chaque regard complice, chaque geste, chaque sourire adressés à la rouquine, lui donnait comme un coup de poignard au cœur. Elle était jalouse. Et elle se sentait désespérément seule.
Elle s'éloignait de ses amis jours après jour et elle le savait. Parce qu'elle ne faisait rien pour arranger les choses. C'était mieux ainsi, elle avait trop souffert. Même si elle souffrait encore en restant seule, ça passerait elle le savait.
C'est donc dans cet état d'esprit qu'Emilie marchait, pressée de rentrer. Sauf que ça n'allait pas se passer exactement comme ça.
« Tiens tiens, voyez vous ça. Emilie Reilly » Emilie se figea et par instinct sortit sa baguette. Quand elle regarda devant elle, se dressait sur sa route la bande de Serpentard, Baptiste en tête comme toujours. Elle était seule et ils étaient au moins dix.
« Fiche le camp de là, je n'ai ni l'envie, ni le temps de t'écouter m'insulter » dit-elle. Il sourit.
« Je n'ai pas d'ordre à recevoir de toi Emilie » Emilie s'avança, ne se démontant pas et tenta de forcer le passage, mais Baptiste la repoussa violemment de ses mains.
« Laisse-moi passer ! » se fâcha-t-elle.
« Je n'ai pas envie » dit-il nonchalamment.
« Qu'est ce que tu veux ? » attaqua-t-elle.
« Oh mais c'est qu'elle mordrait en plus » se moqua-t-il, arrachant des ricanements dans son groupe. « Ce que je veux ? Oh mais rien de bien précis, juste te pourrir la vie, comme je le fais avec tous les Gryffondor » sourit-il.
« C'est très charmant, ta présence seule suffit à me pourrir la vie Baptiste, maintenant laisse moi passer » dit-elle en voulant forcer le passage, mais deux mains féroces l'empoignèrent par les bras, la plaquant contre un arbre en bordure de route. C'était deux élèves colosses, elle n'avait pas assez de forces pour se défaire de l'étreinte. Baptiste se plaça face à elle, pointant sa baguette sur sa joue. Là elle commença à avoir peur.
« Mais que vois-je ? La grande et terrifiante Emilie a peur ? C'est drôle, on se sent tout de suite moins forte et un peu plus impuissante sans amis derrière soi. Ils sont où tes potes hein ? Ils te laissent tous tomber pas vrai ? » Demanda-t-il.
« Ça ne te regarde pas et puis qui parle ? Tu te sens grand et fort avec tes copains pour t'épauler pas vrai ? Mais nous savons tout les deux que toi et moi, seuls sur ce chemin, je t'écraserais comme le vulgaire cafard que tu es ! » Dit-elle accompagnant ses paroles, elle cracha en plein dans son visage. La riposte ne se fit pas attendre, il lui asséna un violent coup de poing dans le visage, faisant tourner sa tête de côté. Les larmes vinrent d'elles mêmes sous la douleur. Il lui empoigna alors le menton, la forçant à le regarder.
« Que les choses soient bien claires. Tu es toute seule maintenant, tes amis ne sont plus là pour te protéger et si nous te témoignions un tant soi peu de respect à une époque, c'était simplement parce que David était là. Mais il n'est plus là maintenant, et rien ne nous empêche de faire ou dire ce que l'on pense. Alors je serais toi, je surveillerais mes faits et gestes et mes paroles, parce que je pourrais très bien te faire regretter d'être née ! » Termina-t-il en la lâchant.
« On s'en va ! » ordonna-t-il aux autres. Ils s'éloignèrent en ricanant, tandis qu'Emilie se laissait tomber le long de l'arbre en pleurant.
OoO
Nos amis s'engagèrent sur le sentier menant à Poudlard. Ils discutaient joyeusement. C'était le week end et ils avaient bien l'intention de faire tout pour changer les idées de leurs nouveaux amis futuristes. Ils aperçurent au loin une silhouette assise à terre, contre l'arbre.
« Emilie ! » s'exclama Flo' qui courut en sa direction, suivit des autres. Elle pleurait, ses genoux repliés contre elle et tremblait. Il s'agenouilla devant elle et posa une main sur son bras. Elle réagit violement, en se dégageant et reculant, apeurée. Et son visage se décomposa lorsqu'il remarqua son œil bleui.
« Oh Lili'… qui t'a fait ça ? » demanda-t-il atterré, alors que les autres étaient arrivés à leur hauteur. Elle le regarda, pleurant de plus belle. Il l'attira à lui et cette fois, elle se laissa faire.
« Chut… je suis là » dit-il. Les autres avaient le teint blême. Il la souleva et ils rentrèrent au château.
OoO
Ils attendaient des nouvelles devant l'infirmerie, quand Flo' sortit.
« Comment va-t-elle ? » s'empressa de demander Adeline.
« Mieux. Elle s'est calmée, vous pouvez entrer » dit-il. Adeline n'attendit pas et entra, suivit des autres filles et de Charlie. Sam ne bougea pas.
« Qui l'a mise dans cet état ? » demanda-t-il durement. Flo' soupira.
« Écoute je ne sais pas si… »
« Qui Flo' ? » répéta-t-il. Flo' leva les yeux vers lui. Son ton était sans réplique. Il savait ce qui arriverait s'il le lui disait, il soupira.
« C'est Baptiste… mais Sam ! » il jura, Sam avait déjà tourné les talons et il le suivit.
Baptiste se trouvait dans la grande salle, assis à sa table le dîner allait être servit. A grandes enjambées, il se retrouva à la table des Serpentard devant Baptiste et lui colla une droite magistrale. Baptiste qui était assis, se retrouva propulsé au sol et Sam se ruait sur lui. Flo' tenta de l'arrêter, sans succès. Les amis de Baptiste s'étaient levés, baguettes pointées sur les deux Gryffondor, ça virait au drame. Il l'avait relevé et plaqué au mur d'une force sans pareil.
« Si tu touches encore à un de ses cheveux, je jure devant Merlin que je te tuerais » menaça-t-il fou de colère.
« Tu ferais bien de dire à ton copain de se calmer, où vous risquez d'avoir un problème » nargua Baptiste, à moitié étranglé par les mains de Sam.
« Sam… viens, laisse tomber » dit Flo' qui avait dégainé sa baguette.
« Tu m'as entendu espèce d'ordure ? »
« Je n'ai rien fait à ta copine, je ne vois pas de quoi tu parles » dit Baptiste. Les autres étaient arrivés à la grande salle et voyant le spectacle, ils avaient dégainés leurs baguettes eux aussi. Les deux camps s'affrontaient, se défiant l'un ou l'autre de faire un geste. Ça allait tourner au duel magique si quelqu'un n'intervenait pas rapidement.
« Je ne te conseille pas de te foutre de moi, on sait ce que tu lui as fait et si tu repose encore tes sales pattes sur elle tu auras affaire à moi et crois moi, même ta mère ne pourrait pas te reconnaître » murmura Sam d'une voix glaciale. Baptiste sourit.
« Tu n'as aucune preuve de ce que tu avances… » Dit-il. Sam resserra sa prise, si bien que Baptiste en devenait tout rouge.
« Sam… » Implora Flo'. Si un professeur voyait jamais ça, il serait durement sanctionné.
« Ne joue pas avec mes nerfs » siffla-t-il « tu vas aller te dénoncer au directeur » dit-il. Mais Baptiste ne pouvait plus parler, Sam serrait beaucoup trop fort. Une petite main se posa sur son bras.
« Sam, s'il te plaît… » La voix de Ginny le fit redescendre sur terre. Il la regarda, elle le suppliait avec ses yeux et il remarqua ce qu'il se passait derrière lui. Les Serpentard et les Gryffondor se tenant en joue. Il ne voulait impliquer personne dans cette histoire et il fallait calmer le jeu avant qu'un professeur ne débarque. Aussi, il le lâcha et Baptiste pu à nouveau respirer.
« T'es complètement cinglé » marmonna ce dernier en se massant la gorge. Sam approcha son visage de celui de son ennemi.
« Tu payeras pour ce que tu as fait, crois moi »
« Tu ne peux rien prouver. J'étais avec mes amis en train de remonter tranquillement à Poudlard et je n'ai touché personne » dit-il avec suffisance « tu pourras demander à qui tu veux, on te confirmera mes dires » termina-t-il en se donnant une contenance.
« Tu ne t'en sortiras pas comme ça »
« Sam… allez, viens » Ginny lui tira le bras et il se laissa faire. Les autres après un dernier regard meurtrier le suivirent. Il se dégagea violemment de l'étreinte de son amie et sortit d'un pas rageur de la grande salle, sous les regards peinés de ses amis.
Poudlard, 1998
Tout le monde était réuni autour du lit de Lucius. Presque tout l'ordre du Phénix à vrai dire. Ils avaient tous la mine accablée. Pour certains en colère, pour d'autres peinées.
« Qu'est ce que ça veut dire ? » s'exclama soudain Narcissa ne comprenant pas. Ou ne voulant pas comprendre plutôt « Severus ? » demanda-t-elle au bord des larmes.
« Je suis désolé Narcissa, je ne peux rien faire » répondit Severus la voix blanche.
« Tu es désolé ? C'est toi le maître des potions ! Il y a forcément un moyen ? » Demanda-t-elle. Severus secoua la tête.
« La potion Vocaliserium est irréversible. Il n'y a aucun remède. Ton mari ne parle déjà plus et ça va aller de pire en pire… »
« Qu'est ce que tu veux dire ? » s'exclama alors Drago qui n'avait encore rien dit jusque maintenant. Severus soupira.
« Ton père va mourir Drago » Harry écarquilla les yeux. Severus Snape avait encore beaucoup de choses à apprendre en matière de tact. Drago serra les poings.
« Inutile de me le rappeler, je l'avais bien compris. Je veux dire, qu'est-ce qui va se passer ? Comment va évoluer la potion dans son sang ? Qu'est ce qua ça aura pour conséquences ? » Demanda-t-il. Severus regarda Lucius, celui-ci regarda son ami de longue date, frustré de ne pouvoir rien dire. Il fit comprendre à Severus qu'il pouvait parler, ils étaient en droit de savoir.
« C'est comme un cancer, mais en accéléré. Il a déjà perdu la voix. Ses cordes vocales vont se désintégrer. Le mal va alors se propager à chacun de ses organes et cela en très peu de temps. Il finira par atteindre le cœur quand il aura tout dévasté dans son corps, ce n'est pas très beau à voir » expliqua-t-il sans jamais quitter Lucius du regard.
« En gros, il pourrit de l'intérieur c'est ça ? » demanda le blond. Severus tourna ses yeux vers lui.
« C'est ça » approuva-t-il.
« Je refuse d'assister à ce spectacle ! » réfuta Narcissa.
« Je sais que c'est une situation difficile à accepter, mais je suis impuissant »
« Il a forcément quelque chose à faire ! » explosa-t-elle. Lucius la regarda, la douleur bien présente dans les yeux. Il agrippait son drap blanc de colère.
« Écoute… »
« Non toi écoute… tu vas trouver un moyen t'entends ? Il est hors de question que je regarde mon mari mourir jour après jour, c'est hors de question ! » Dit-elle en pointant un doigt accusateur vers lui. Et il ne broncha pas. La tête basse comme un gamin qu'on engueule. Il leva ses yeux vers elle finalement et sentit son cœur se serrer de la voir dans cet état. Elle qui habituellement ne laissait paraitre aucune émotion, en toutes situations…
« Je suis désolé » répéta-t-il ne sachant quoi lui répondre. Elle le fixa encore un moment, les larmes coulant doucement, le visage colérique, avant de tourner les talons et de sortir de l'infirmerie en claquant la porte.
Drago regardait son père, qui lui regardait dans le vide. Personne n'osait dire un mot et l'ambiance dans l'infirmerie était devenue vraiment morbide.
« Combien de temps lui reste-t-il ? » demanda alors Harry.
« Une semaine, peut être moins » répondit-t-il. Drago le regarda, les yeux grands ouverts.
« Je… on va vous laisser » dit alors Arthur, ne sachant comment réagir « venez » dit-il. Tout le monde partit, laissant le père et le fils seuls.
« Drago… tu vas trouver ça déplacé, que je suis sans cœur et je te comprendrais mais, nous devons absolument parler avec ton père dés demain, avant… avant qu'il ne soit trop tard » dit-il. Drago ne fit que hocher la tête et Harry serra sa main sur son épaule en guise de réconfort, puis quitta à son tour l'infirmerie.
Le silence était pesant, lourd et très désagréable. Drago regardait son père, qui lui regardait droit devant lui. Avec son air fier et hautain, même en sachant qu'il allait mourir il gardait sa dignité. Aucun des deux n'étaient à l'aise, leur relation n'avait jamais vraiment été au beau fixe, mais Lucius restait son père et qu'ils le veuillent ou non, ils étaient liés à tout jamais par les liens du sang. Drago finit par briser le silence.
« Je t'ai toujours admiré tu sais » commença-t-il. Lucius garda son regard rivé face à lui, comme s'il était tout seul.
« Pourtant tu n'as jamais fait attention à moi. Tout ce qui t'intéressait, c'était mon avenir. Tu te fichais de mes désirs, des mes ambitions. Je n'ai jamais eu les mêmes rêves que toi, Père. Pourtant, j'ai toujours tout fait pour te plaire. J'ai toujours suivi à la lettre tout ce que tu m'as toujours dit de faire. Mais ce n'était jamais assez » Drago secoua la tête « non jamais. Je gardais espoir qu'un jour, oui un jour tu serais fier de moi. Je n'ai jamais obtenu que des reproches sortant de ta bouche ! Ce n'est jamais assez Drago. Tu peux faire mieux mon fils. Tu te dois d'être à la hauteur. Ne sois pas ingrat, tu as une vie superbe, ne te plains pas. Je n'ai jamais aimé cette vie et pourtant, j'ai supporté et tu sais pourquoi ? » Drago avait les larmes aux yeux maintenant, mais Lucius refusait obstinément de le regarder.
« Parce qu'au fond, je croyais dur comme fer que tu m'aimais. J'étais un petit garçon qui faisait tout pour que son père lui témoigne un peu d'affection. Quand je faisais quelque chose, j'attendais toujours ton avis avec appréhension. Mais ce n'était jamais assez bien. Tu as toujours régenté ma vie jusqu'à il y a peu. Mais aujourd'hui c'est fini. Même si la guerre fait rage, je suis heureux et je suis apprécié à ma juste valeur ici. Même il n'y a encore pas si longtemps que ça, avec ta venue dans l'ordre, je croyais que tu avais changé. Que nos relations allaient s'améliorer, mais au lieu de ça, je n'ai eu droit qu'a ton silence et ton mépris » dit-il avec colère.
« Regarde-moi ! » se fâcha-t-il. Lucius tourna son visage vers le sien, le teint blême.
« Après cette guerre, je vais me marier. Et j'ai encore gardé l'espoir de voir la fierté dans tes yeux. Tu me devais au moins ça ! J'ai réussi ma vie » à mesure qu'il parlait, les larmes de rages déferlaient sur son visage et Drago accompagnait chaque mot par des gestes « t'as pas le droit de débarquer ici et de dire que tu vas mourir ! » dit-il. Lucius avait une énorme boule dans la gorge. Et bientôt ses yeux brillèrent.
« Ginny Weasley… c'est elle ma fiancée. Je suppose que ça te déçoit encore ? Mais c'est mon choix, je l'aime et elle aussi. Elle est partie dans le temps, mais je sais qu'elle reviendra et on se mariera. On aura des enfants et je peux te dire une chose, ils seront heureux mes enfants. Tout ce que moi je n'ai pas eu, ils l'auront crois moi. Je ferais tout pour ne pas être comme toi ! Pourtant à une époque, j'aurais tout fait pour te ressembler, mais plus aujourd'hui » termina-t-il. Il s'apprêtait à faire demi-tour, quand son père le retint par le poignet. Drago le regarda surpris et Lucius saisi sa plume et son parchemin. Cinq petits mots. Cinq mots qui soulagèrent Drago et l'aidaient enfin à accepter la fatalité.
Je suis fier de toi.
Poudlard, 1990.
Après le dîner ce soir là, l'ambiance n'était pas au beau fixe dans le groupe de Gryffondor. Emilie avait pu sortir de l'infirmerie, elle garderait l'œil bleu jusqu'à ce que la potion de l'infirmière fasse effet mais tout disparaitrait normalement le lendemain. Ils étaient tous dans les fauteuils faces à la cheminée et discutaient. Sam n'était pas encore rentré et cela les inquiétaient un peu.
« Tu crois qu'il ferait une bêtise ? » demanda Hermione en regardant Charlie.
« Le connaissant, oui il en serait capable » répondit celui-ci.
« Il ne va plus tarder j'en suis certaine » intervint Adeline avec conviction.
« Pourquoi a-t-il fallut qu'il aille le frapper aussi ?! Ce n'était vraiment pas une idée judicieuse » pesta alors Emilie, pelotonnée dans un des petits fauteuils.
« Il a fait ça pour te défendre ! » s'insurgea immédiatement Ginny.
« C'était trop tard, je te signale que le mal était déjà fait » rétorqua la jeune fille. Ginny devint aussi rouge qu'une tomate.
« Il voulait juste t'aider ! »
« M'aider ? En tabassant le mec qui m'avait tabassé lui-même une heure plus tôt ? Il ne t'est pas venu à l'esprit que ce cinglé pourrait se venger sur moi ? Alors excuse-moi, mais c'était un acte complètement stupide et infondé ! » Répondit Emilie avec force.
« Infondé ? » Ginny rit, mais d'un rire jaune et amer « alors ça j'y crois pas ! Il a voulu bien faire pour défendre ton honneur et te protéger et toi tu ne trouves rien de mieux que le déblatérer ? Et derrière son dos en plus ! »
« S'il avait été devant moi je lui aurais dit de la même manière Ginny ! Tu ne me connais pas ni moi, ni mon histoire, alors arrête une bonne fois pour toute de me juger » s'emporta-t-elle en se levant.
« Peut être que je ne te connais pas. Mais moi tout ce que je vois pour l'instant devant mes yeux, c'est une fille ingrate qui ne pense qu'à elle et sa petite personne. Et puis de toute façon c'est ta faute si tu t'es fait agresser ! »
« GINNY ! » s'indigna Hermione.
« Répète un peu ça ! » s'énerva Emilie rouge de colère.
« Parfaitement ! Si tu étais restée avec nous au lieu de t'isoler comme tu le fais toujours, ça ne serait pas arrivé, c'est toi qui l'as cherché ! » Cracha Ginny, tel le serpent crache son venin.
Emilie sauta au dessus de la table pour empoigner la rouquine par le collet et lui coller une gifle en pleine face ! Ginny riposta bien entendu et elles tombèrent à la renverse sur le tapis. Tout s'était passé si vite, que personne n'avait eu le temps de réagir. Aussi, Hermione et Charlie empoignèrent Ginny pour la tirer de force et Flo' et Adeline se chargèrent d'Emilie.
« Mais enfin les filles arrêtez !! » s'exclama Adeline. Les deux autres, rouges de colère et les cheveux en bataille se regardaient la respiration saccadée. Ginny avait la lèvre fendue, du sang s'en écoulait, tandis qu'Emilie elle, rattrapait une belle couleur bleue à son œil qui pourtant, guérissait petit à petit avec la potion.
« Pauvre TAREE ! » hurla Ginny en se débattant.
« Tu perds rien pour attendre, grosse dinde ! » hurla à son tour Emilie.
« Quoi ?? Viens me le dire en face ! Aller, viens espèce de dégonflée ! Tu… MAIS LÂCHEZ-MOI !! »
« Mais enfin, arrêtez qu'est ce qui vous prend ?! » Fit Hermione en retenant avec Charlie, Ginny qui était comme possédée par une force surhumaine. D'ailleurs, Emilie était dans le même état de colère. Toute deux hurlant comme des hystériques !
« Je t'assure que tu ne l'emporteras pas au paradis espèce de garce ! » siffla Emilie « t'es qui toi ? Débarquée d'à peine trois jours et tu crois que tu vas faire ta loi ?! »
« Ça suffit Emilie ! » s'exclama Flo' autoritaire.
« Oh ! Sale… » Mais Ginny fut interrompue dans ce qu'elle allait dire, par le grincement du portait de la grosse dame. Sam apparut alors, la mine encore colérique. Mais son visage changea vite de couleur en levant les yeux. Il passa de la colère à la stupeur en voyant la scène qui se déroulait sous ses yeux, autrement dit, les deux jeunes filles qui visiblement venaient de se battre et qui étaient retenues chacune par deux personnes ; à l'interrogation. Il s'avança au milieu de la salle commune, heureusement déserte à cette heure là (le couvre feu n'étant pas passé).
« Quelqu'un peu me dire ce qu'il se passe ? » demanda-t-il vraiment très surpris. Ginny et Emilie se jetèrent un regard orageux et détournèrent la tête en même temps.
« Rien d'important » dit la rouquine « ça va, vous pouvez me lâcher » pesta-t-elle. Charlie et Hermione se concertèrent du regard et d'un commun accord, délivrèrent la jeune fille, mais ils restèrent prêts à bondir au moindre mouvement de sa part. Ginny réajusta ses vêtements, leva la tête se donnant l'air digne et sortit de la salle commune, sans ajouter un mot. Flo' et Adeline lâchèrent à leur tour Emilie qui remit ses habits en place elle aussi. Sam s'approcha d'elle, l'air inquiet.
« Tu vas bien ? » demanda-t-il en faisant allusion à son agression. Elle planta ses yeux fulminant encore de colère dans les siens et parla sans réfléchir.
« Ça ira mieux quand tu arrêteras continuellement de te mêler de mes affaires ! » siffla-t-elle. Les yeux de Sam se rétrécirent.
« Si tu le prends comme ça… la prochaine fois on te laissera même au bord de la route si c'est ce que tu désires » répondit-il très amer. Emilie écarquilla les yeux, le regardant sortir.
« Il a raison, tu exagères toujours Emilie, tu devrais réfléchir avant de parler, parce que tu vas finir par perdre toutes les personnes que tu aimes » renchérit Flo'. Emilie le regarda. Les larmes lui montèrent aux yeux et elle tourna les talons pour monter dans le dortoir des filles. Puisque personne n'était avec elle, à quoi bon rester avec eux ? Elle pleura tout son saoul, ignorant la petite voix qui lui disait pourtant ne t'éloigne pas d'eux, tu sais qu'ils t'aiment et veulent juste t'aider.
Poudlard, 1998.
Dehors, Narcissa ne pouvait cesser de pleurer. Savoir que son mari allait mourir bientôt était une chose tellement difficile ! Pourtant, dieu sait combien elle détestait sa vie ! Enfin, c'était avant, et même si elle détestait sa vie, elle aimait son mari. Une main se posa sur son épaule. Surprise, elle essuya vite ses larmes avant de se retourner pour voir Henri MacPherson en personne.
« Il n y a pas de honte à être triste et pleurer Narcissa » lui dit-il avec une infinie compassion. S'il y avait bien quelqu'un qui pouvait la comprendre, c'était bien lui.
« Je sais » dit-elle en sortant un mouchoir « les habitudes ont la vie dure » dit-elle avant de se moucher.
« Je voulais vous dire que si vous avez besoin de quelqu'un à qui parler ou une épaule pour pleurer, je serais là » dit-il sincèrement. Elle leva ses jolis yeux baignés de larmes vers lui.
« Je vous remercie Henri. Je dois faire peine à voir » dit-elle.
« Vous êtes une jeune femme sur le point de perdre son mari Narcissa, votre chagrin est normal »
« Je sais » dit-elle les larmes revenant à ses yeux. Il l'attira à lui pour une étreinte réconfortante et elle ne broncha pas, le serrant même dans ses bras « notre famille a vécu tellement de moments douloureux. Est-ce la punition que l'on mérite pour tous les actes que Lucius a commis dans le passé ? » Murmura-t-elle contre son épaule. Il resserra son étreinte. Au bout d'un moment, elle se détacha de lui.
« Merci Henri »
« Je n'ai rien fait que vous consoler »
« C'est déjà beaucoup » dit-elle en prenant ses mains.
« Allez voir votre mari, même si connaissant Lucius, il ne le montre pas ; il a besoin de vous » elle hocha la tête et s'approcha de lui pour lui donner un baiser (nda : amical !) sur la joue et tourna les talons, remontant vers le château.
Quand elle arriva à l'infirmerie, elle s'arrêta devant la porte, remettant de l'ordre dans sa tenue et ses cheveux, essayant de se donner une allure et une contenance et finit par entrer. Tout doucement, elle s'approcha de lui. Il la regardait avancer, et lorsqu'il vit son visage triste et ses yeux encore gonflés par les larmes qu'elle venait de verser, il eut une vague de remords.
Narcissa en le voyant, ne put se contenir et les larmes revinrent d'elles même, roulant et s'écrasant contre le drap blanc.
« Je voudrais tellement que tout ça ne soit qu'un cauchemar… » Dit-elle en le regardant. Il ne la quittait pas des yeux, son cœur et ses entrailles se serrant à chaque larme versée par sa femme « je voudrais qu'on se réveille, qu'on soit enfin libre » elle lui prit la main.
« Je t'aime Lucius, si tu savais à quel point » dit-elle en éclatant littéralement en sanglots. Lucius porta sa main à sa joue, la regardant l'air triste et grave. Ils restèrent là un moment, à se regarder, tentant de s'accrocher à une image. Etait ce le moment des adieux ? Elle voyait là son mari mis à nu, ses sentiments enfin remontés à la surface et elle vit dans ses yeux l'amour qu'il lui portait, qu'il ne lui avait presque jamais témoigné. Il avait perdu ce masque qui l'empêchait autrefois de dire ce qu'il ressentait. Il avait gâché la vie de son fils et la leur aussi. Il regrettait. Mais il était trop tard pour regretter. Les regrets sont faits pour faire souffrir et non pour aider à avancer, ça ne servait à rien. Comme si elle avait pu lire dans un livre ouvert, elle lui dit :
« Tu n'as pas à regretter Lucius. Rien du tout. Je sais que la vie n'a pas toujours été facile pour nous et tu es responsable c'est vrai, mais… je te pardonne » termina-t-elle dans un son aigu à cause des sanglots qui la terrassait. Alors il lui sourit doucement, d'un sourire tellement sincère qu'il n'avait jamais donné qu'à elle au début de leur mariage où tout était encore à peu près normal entre eux. Elle lui sourit en retour et il ouvrit son drap. Narcissa comprit le message et s'installa à ses cotés, se blottissant contre son torse alors qu'il l'enserrait de ses bras.
Elle releva son visage et il l'embrassa avec une infinie douceur. Elle soupira d'aise, mais aussi de désespoir. Ce qui allait suivre elle le savait, n'arriverait plus jamais. Et elle voulait profiter de sa dernière nuit, à fond. Sans en perdre aucunes miettes !
« Je t'ai toujours aimé, sache le. Jamais mon cœur n'a cessé de battre pour toi, je voulais que tu le saches » pour toute réponse, ne pouvant parler, il la ré-embrassa passionnément. Voulant lui faire comprendre à quel point il l'aimait lui aussi. Et de fil en aiguille, avec des gestes tremblant et empreint d'angoisse comme une première fois, ils firent l'amour pour la dernière fois à la lueur de la seule bougie présente sur la table de chevet. Et c'est le cœur meurtri mais rempli d'amour qu'ils s'endormirent ce soir là, avec la crainte du lendemain comme chaque nuit depuis cette guerre…
A suivre…
(1) Le grec Anarkia veut dire Fatalité
Et voilà ! Alors ? oui je sais, je sais… il n'y a pas encore d'action. Mais ça va venir ! ils partirons bientôt récupérer le diadème… promis ! lol
Sinon, pour faire le point… Nos amis ont passé une excellente journée à Pré-au-Lard, Charlie aime bien les fesses d'Hermione lol et Elliot trouve la façon de manger D'Adeline érotique xD Lucius… Il va bel et bien mourir oui :-( pauvre Narcissa et pauvre Drago ! qui comme on le sait, souffre mais n'en montre rien. Je sais que c'est cruel, mais c'est comme ça ! J'ai d'autre projet pour Narcissa. Ah ! la guerre est déclarée entre Ginny et Emilie (j'ai bien aimé écrire leur dispute xD) Emilie est une tête de mule et Sam un impulsif ! Questions ? L'éternel, à savoir que c'est-il passé entre Sam et Lili' ? Ginny va-t-elle se brûler les ailes à force de jouer avec le feu avec Sam ? Hermione et Charlie vont-ils entrer dans le jeu du chat et de la souris ? Comment se passera l'expédition au château ?
Réponses dans les chapitres à venir !
Voilà, en espérant que ce chapitre vous ai plu ! Vous savez ce qui vous reste à faire… *-* (s'il vous plaît =D)
Gros bisoux et merci ! à Bientôt
Jess
