Tenten: La Paresse

Je les hais, je les ai hais, je les haïssais, je les haïrais...C'est ce que se répétait tout les matins depuis des années la Kunoichi aux macarons. Exactement depuis huit ans. A presque vingt ans, Tenten se réveillait quotidiennement avant même la levée du jour. Elle n'avait pas besoin de regarder l'heure sur son réveil, celui-ci indiquait sans nul doute possible quatre heure. Quatre heure du matin.

S'étirant brutalement, elle continua à maudire deux personnes.

Le premier était le pire. Sa coupe au bol, ses yeux creux, son nez prononcé, son sourire à faire pâlir un mannequin, et sa tenue vert feuille. Maito Gai. Le senseï qu'on lui avait collé d'office lors de sa sortie à l'académie. On aurait pu lui attribuer quelqu'un de réservé et calculateur, comme Hatake Kakashi; une femme qui l'aurait comprise, comme Kurenaï; un homme paresseux quoique familier, comme Asuma Sarutobi; mais non. A la place elle avait dû, pendant des années, supporter la bonne humeur excessive de son senseï, son excentricité, sa « Fougue de la jeunesse », et ses histoires de paris.

D'ailleurs tout était partit de là. Un putain de pari qui pourrissait sa vie. Et un pari passé entre deux originaux. Le premier étant son senseï et le second: Rock Lee. Un de ses coéquipiers. La première fois qu'elle l'avait rencontré, elle l'avait pris pour un raté, un type sans ambition, ni bon en Genjutsu, ni en Ninjutsu et certainement pas en Taijutsu. Bref quelqu'un qui n'avait pas d'utilité dans le monde des ninjas. Enfin ça, c'était avant. Avant qu'elle ne comprenne qu'au contraire, son coéquipier ne voulait pas abandonner et qu'il était prêt à tout donner pour réussir. Que sa volonté, il la puisait dans le rejet des personnes qui le trouvaient ridicule. Il aimait redonner du courage et insuffler de la force dans le cœur des gens. Cependant ses traits se nuançaient largement par ses frasques. Aussi irrécupérable que leur senseï, il avait adopté la mode verte. Celle là même qui visait au port d'un juste au corps moulant à souhait. Combien de fois elle et Neji, son second coéquipier, avaient-ils ris rien qu'en les regardant?

Par ailleurs Neji Hyuuga était le seul dans son équipe à être mentalement équilibré. Peut être un peu trop distant mais avec lui au moins, elle se sentait moins seule. Elle avait toujours admiré son sang-froid, sa perspicacité et son intelligence.

Tenten avait du mal à s'habituer à son rang de Jonin qui lui permettait de faire des missions seule ou jumelée à d'autres ninjas provenant d'autres équipes. Sans son senseï et ses deux coéquipiers ce n'était plus pareil...

voilà que ça la reprenait ! Depuis quand était-elle devenue une nunuche mollassonne ?

Exactement le 14 juillet d'il y a 8 ans, vers les alentours de dix-neuf heures, Rock Lee et Maito Gai avaient pourris sa vie. Leur pari était « lequel d'entre-nous tiendra le plus longtemps en se levant avant la fougue de la jeunesse? ». Au départ, le pari ne concernait qu'eux deux jusqu'à ce que l'intelligence, au combien suprême de leur senseï, ne le pousse à le diffuser dans toutes l'équipe. C'est comme ça que pendant une période infinies tout nos compères se retrouvaient à cinq heure tout les matins pour leur entrainement.

Et c'était aussi à cause de cela que Tenten se réveillait très, trop, tôt des années après. Foutue horloge biologique !

Si seulement il lui était permis de se reposer encore quelques heures... Cependant et comme chaque fois qu'elle ouvrait les yeux, des fourmis lui parcouraient les jambes et impossible de retrouver le sommeil qu'elle appréciait tant.

S'extirpant finalement de son lit, elle entrepris de s'habiller avec des gestes lents, très lents. Plus le temps passait plus ses muscles se liquéfiaient. Elle sortit de son appartement, les bras ballants et les jambes aussi lourdes que celles de Lee avec ses poids.

Rejoignant Neji qui l'attendait visiblement depuis un certain temps elle l'interpella:

«- Salut ! Ça fait longtemps que tu m'attends? »

«- Bonjour Tenten, toujours aussi matinale ! »

Là c'était presque de la moquerie. Elle riposta:

«- C'est ça, comme si j'étais contente d'être là aussi tôt »

Un léger sourire flotta sur les lèvres du prodige avant qu'il n'attrape la main de la kunoichi:

«- Paresseuse ! »

Et oui, même si son groupe sanguin était décrit comme 'rythmé', Tenten n'échappait pas à une certaine paresse.