Temari: L'orgueil
Caressant son ventre arrondi, plusieurs images touchantes venaient à Temari. Celle d'une jolie petit fille courant à travers l'herbe haute, les joues rougies par l'effort, ou encore une autre de la même petit fille soufflant ses bougies sur un monstrueux gâteau d'anniversaire. Oui, elle en était sur et certaine, c'était une fille.
La seule complication, c'était la chose qui lui servait de mari. Ce sexiste calculateur semblait prendre un plaisir particulier à la voir perdre ses moyens. Elle ne se comprenait plus elle-même ! Elle passait du rire aux larmes, de la colère à la tendresse, de la joie de vivre à une mélancolie qui la rongeait. Cette instabilité émotionnelle l'emmerdait au plus haut point.
«- Je suis là »
Une voix masculine provenant du hall d'entrée lui fit réalisé que les pendules avaient continué de tourner alors qu'elle s'étirait du mieux qu'elle pouvait, l'esprit encore embué par sa sieste.
Une sieste. Avant qu'elle ne vive avec lui, elle n'en faisait plus depuis ses trois ans. Mais Shikamaru avait insisté pour qu'elle reste auprès de lui durant la sienne, elle s'était allongée et comme par enchantement, une fatigue couvrit n'importe quelle idée de rébellion contre une sieste d'apparence ridicule. D'apparence car en vérité, Temari avait découvert que la sieste était une drogue. Dès qu'on s'habitue, on n'en réchappe plus. Et son dealer n'était autre que son mari.
C'était à cause de lui aussi qu'elle se retrouvait dans cet état. Une baleine. Elle ne voyait même plus ses pieds. Enfin, il ne fallait pas se méprendre, c'était fabuleux de porter le fruit de leur amour, elle l'aimait déjà, mais elle se sentait énorme.
Le macho se coucha près d'elle, posant affectueusement sa main sur son ventre et embrassa la tempe de sa compagne.
Comme pour répondre à la présence de son père, le bébé bougea:
«- Oh ! La petite bouge ! Tu l'as sentis? »
«- Oui, galère, il va surement aimer le Taijutsu »
La future mère regarda son mari d'un œil mauvais. Pourquoi s'entêtait-il?
«- Comment ça il ? C'est une fille je te signal ! On en a déjà discuté, Shikamaru »
«- C'est justement parce qu'on en a déjà parlé, Femme Galère, que je t'ai dit que ça serait un garçon. »
«- Comment tu peux faire pour savoir,hein ? »
«- Dans ma famille, ça fait des générations que ce ne sont que des garçons, la logique voudrait que le bébé dans ton ventre en soit un. »
«- C'est ça, se moqua ouvertement Temari, caches-toi derrière ta famille ! Tu aimerais que ce soit un garçon mais, mon chéri, fais toi à l'idée que c'est une fille. »
«- T'es exactement pareil, t'essaies de te convaincre que c'est une fille, alors que toi non plus tu n'en sais strictement rien ! »
«- C'est là où tu te trompes, je peux sentir, je la porte, et c'est une fille. »
«- Ah les femmes, baya Shikamaru, de toute façon on ne saura pas avant un mois. »
C'était un repli stratégique que venait d'effectuer l'homme à la coiffure d'ananas, clôturer le sujet sur quelque chose que l'on ne pouvait pas changer, en l'occurrence la date de la naissance du bébé. Il se persuada que cette phrase aurait un effet apaisant sur Temari.
«- Oui, un mois avant que notre fille ne voit le jour. »
L'orgueil n'épargnait aucun des Nara mais associé au caractère explosif et forte tête de la jeune femme, il était difficile d'avoir le dernier mot.
Toutefois, s'il y a une chose à laquelle ils ne s'attendaient pas était la venue au monde de non pas un mais deux bébés, un garçon et une fille, des faux-jumeaux.
