Disclaimer : One Piece ne m'appartient pas, le Moby Dick non plus (ce qui est bien dommage), Marco encore moins (ce qui est encore plus dommage). La seule chose dans ce joyeux bordel qui m'appartienne, c'est Lucia (mais je ne vais pas trop m'en vanter non plus hein)
C'est parti pour un 2ème chapitre, où je mets un peu plus les choses en place. Ça peut paraître long, oui, je sais, mais sincèrement, c'est un peu obligatoire. Et j'aime bien développer des intrigues, des sous-récits, des choses comme ça. Ça tient plus en haleine, pour ainsi dire. Bref, bonne lecture.
Arc 1 : Les Origines.
Chapitre II : Vie à bord du Moby Dick. Dessins, conversation et fruit.
Voilà maintenant trois ans qu'Heyko avait amené sa fille sur le bateau du géant des mers, Barbe Blanche. Trois ans que la fillette faisait tourner en bourrique les pirates de l'équipage, pour le plus grand divertissement du Capitaine. D'abord agacés, l'équipage acceptait maintenant l'enfant comme il se devait. Comme l'une des leurs. Elle mangeait, parlait, et faisait toutes les activités avec eux. Elle s'intégrait très bien à l'équipage, malgré le fait qu'elle ne puisse pas se battre. Et même si elle passée la plupart du temps avec un comité de personne restreint, toute le monde sur le bateau appréciait la désormais mascotte, surnommée affectueusement « La Gamine ». Et du haut de ses 5 ans, Lucia détestait ce surnom que tout le monde lui donnait en répliquant qu'elle n'était pas une enfant, ce qui ne faisait que redoubler les rires de ses compagnons de voyage. Et alors, elle se mettait à bouder, pour s'enfermer dans son placard et y ressortir dix minutes après, en expliquant, les jours rouges de honte, que l'incident était oublié, et qu'elle ne leur en voulait plus.
Dans le tas de personne constituant l'équipage, l'enfant s'entendait particulièrement bien avec 6 personnes. Tous, pour la plupart, de jeunes commandants téméraires, à peine âgée d'une vingtaine d'année, trentaine pour le plus vieux. Il y avait, en premier lieu, Namur, l'homme-requin, qui terrifiait Lucia, au début, mais qu'elle appréciait plus depuis qu'il la prenait sur son dos, pour aller en mer. Elle adorait ça, la mer, et « nager » sur le dos de l'homme-poisson. De plus, il était d'une compagnie assez agréable et adorait terrifier gentiment l'enfant. Après, il y avait Izou, le travesti commandant de la dernière flotte, qui était tout simplement adorable avec l'enfant. Il s'occupait d'elle au même titre que les infirmières, la coiffant et lui choisissant ses tenues à acheter. Pour lui, Lucia était une sorte de tête à coiffée grandeur nature et vivante. Et il avait découvert le premier le don de Lucia pour le dessin, lui offrant sa première palette de couleur et ses premières feuilles. Et enfin, il était le seul à ne pas l'appeler « Gamine » et prenait Lucia à sa juste valeur, ne la rabaissant pas tout le temps. Il y avait aussi Teach, ce vieux bougre de Teach, un des premiers à être venu vers elle. Avec son rire communicatif, son sens de l'humour quoi qu'un peu douteux mais drôle aux yeux de la fillette, et sa bonne humeur ambiante, elle appréciait beaucoup sa compagnie. Et il y avait aussi Haruta, le tout jeune commandant à peine promu quand elle était arrivée, avec son air enfantin et sa facilité avec les gosses, il s'entendait très bien avec Lucia, et était devenu un compagnon de jeu fidèle pour la fillette.
Et enfin, il y avait Marco et Satch. Les deux pirates qui s'étaient liés le plus vite avec Lucia. Tout simplement parce que Barbe Blanche leur en avait confié la garde. Il savait qu'entourer des deux jeunes les plus prometteurs de son bateau, l'enfant ne risquerait rien. Si Marco avait été beaucoup plus réticent que Satch, il s'était laissé prendre au jeu, et avait pris la fille d'Heyko Swann sous son aile (sans mauvais jeu de mot). Il avait un regard froid, mais protecteur sur elle, et essayait de lui enseigner au mieux les bonnes choses de la vie, d'un air distant mais attentif. Il était tout simplement son protecteur, doublé d'un éducateur hors-pair. Le phénix s'était révélé plus doué qu'il n'y paraissait pour s'occuper des enfants, et était souvent le premier à comprendre ce qui n'allait pas chez Lucia. Il était devenu le papa attentif et protecteur de Lucia.
Quand à Satch, s'il n'avait pas été ravi de l'idée immédiatement, il a été le premier qui a brisé toutes les défenses qu'il avait pour l'enfant. Et il lui portait un amour enfantin et joueur. Là où Marco faisait tout en sorte pour que Lucia devienne une personne avec la tête sur les épaules et respectable, Satch s'arrachait les cheveux à lui apprendre mille bêtises et comment emmerder un maximum le monde. Et Dieu sait à quel point il était doué. Et il avait aussi un côté très adorateur envers l'enfant, ce qui était réciproque. Les deux s'admiraient et s'adoraient avec parfois beaucoup de ridicule qui faisait rire les autres membres de l'équipage. Juste avant que le duo de fourbe ne leur fasse une autre mauvaise blague. Satch, en un sens, était devenu le papa aimant et complice de Lucia. Et l'enfant, entouré de l'amour différent de ces deux hommes qui l'avaient comme adopté, en arrivait même à oublier l'amour maternel que sa mère avait pu lui apporter, bien auparavant.
Et si Lucia se sentait heureuse sur le bateau, c'était grâce à ses personnes. Aux autres aussi, mais plus particulièrement à celles-là. Et elle ne voudrait changer sa situation pour rien au monde. Comme sa mère le lui avait promis, l'équipage était devenu sa nouvelle famille, même si elle gardait sa mère et son frère dans un coin de sa tête.
Ce jour-là, sur le Moby Dick, c'était un jour comme les autres. Sur les mers du Nouveau Monde, le bateau naviguait lentement mais sûrement, vers une île estivale, un territoire de l'Empereur, car l'équipage avait besoin de ressources, assez rapidement. A la barre, dans la salle de navigation, se trouvait Tom, un homme grand et fort de la première division et qui maniait le Moby Dick avec brio et intelligence. A côté de lui se trouvait deux bureaux, l'un vide et l'autre occupait par un homme aux cheveux de bronze, qui s'affairait à dessiner la carte de la dernière île visitée, Max, aussi membre de la première division, et cartographe de talent. La dernière personne présente dans la pièce, assis sur une chaise et se faisant du vent avec un livre était Edwin, météorologue de l'équipage, aussi membre de la première division, surveillant un appareil de son invention, conçu pour détecter tempêtes et climats étranges. La petite aiguille indiquant la chaleur était à son maximal, et l'appareil faisait un petit bruit qui rappelait un cri de souris. Comme s'il ressentait la chaleur comme les hommes du bateau le faisaient. En effet, à l'approche de cette île estivale, les chaleurs atteignaient un degré jamais égalé aux yeux des membres du bateau. La plupart ne travaillait plus, à cause de la chaleur, et cherchait absolument un peu d'ombre et de rafraîchissement. En grande peine, ils s'entassaient tous dans un coin à l'ombre pour éviter les rayons meurtriers du soleil chaud.
Tom, lâchant un moment la barre, mais en maintenant le cap, et se retourna vers ses deux compagnons :
-Il est où le commandant ?
- Dehors, il pionce je crois, répondit Max, sans lever la tête de son travail.
-Y'en a qui se font moins chier que d'autre, fit gentiment remarquer Edwin.
-T'avais qu'à manger son foutu fruit, et être aussi fort et entraîné, ria Tom.
- Il a aussi la chance de l'ancienneté.
-Lui et Satch tu veux dire ?
-Mouais. Et ça ne m'étonnerait pas que Lucia prenne la tête de la deuxième division, quand elle sera plus grande.
-Tu rigoles ?, s'étonna Tom de la remarque de Max.
-Je suis on ne peut plus sérieux.
-Max, c'est une gamine.
-J'ai pas dit maintenant, j'ai dit plus tard.
-Mais cette gosse est une incapable. Enfin, je veux dire… je l'aime bien, mais à part savoir dessiner et traîner dans les jambes de tout le monde, fit remarquer Edwin.
-Tu oublies qu'elle est la fille d'Heyko Swann. Et que Père ne l'aurait pas accepté comme ça sans bonne raison. Crois-moi, ça cache quelque chose de louche.
Les deux autres n'ajoutèrent rien, se contentant de hausser les épaules. Max posa doucement sa plume sur la table, et s'éloigna de la table de travail en poussant légèrement sa chaise. Puis, il observa le pont inférieur par la fenêtre pour y apercevoir son commandant avec celui de la 4ème flotte, roupillaient tranquillement dans un coin un l'ombre, juste à côté d'une petite Lucia tout adorable avec ses palettes et son papier dessin, semblant très concentré. Il eut un sourire avant de se lever et de saluer ses deux compagnons d'un air énigmatique.
Ses pas le menèrent de lui-même vers le pont inférieur, et bientôt, il fut à la rencontre de l'enfant, qui, maintenant, affichait une mine déçue. Quand il regarda de plus près, elle n'avait plus de support pour dessiner. D'abord décider à aller lui en rechercher, il vit l'enfant poser son regard sur sa craie grasse toujours en main, et le torse du cuisinier qui ressortait de sa chemise à moitié ouverte. Il soupira en la voyant sourire et porter la craie vers l'endroit désiré. Elle sortit légèrement la langue, et, d'un geste tremblant et mal assuré commença à dessiner principalement des formes géométriques sur le corps du commandant. Max sourit à son tour. Il n'avait plus envie de lui donner de quoi faire ses jolis dessins sur une feuille maintenant. Il la regarda coloré de forme diverses chaque partie du corps de Satch qui était découvert avec un certain amusement non caché. Et il se rendit compte qu'il n'était pas le seul. Izou et Mérédith, l'infirmière en chef regardaient aussi la scène, amusée. Lorsque l'opération fut terminée, l'enfant se demanda alors où est-ce qu'elle pouvait dessiner ? Si elle pouvait tenter le sort aussi loin en dessinant sur le visage du commandant. Ce qu'elle fit avec beaucoup de légèreté pour ne pas le réveiller. Et finalement, elle termina son œuvre. Elle passa ensuite à Marco, et recouvrit aussi le torse et le visage du premier commandant de formes et dessins, évitant soigneusement la marque dont le pirate était si fière. Téméraire mais pas suicidaire non plus.
Puis, elle se leva, regarda à droite et à gauche, avant de reprendre son matériel et de s'enfuir en douce. Max eut un nouveau sourire quand elle passa à côté de lui, effleurant sa jambe. Il n'avait jamais connu Heyko Swann, mais était sûr que sa fille devait beaucoup lui ressemblait. Après tout, qui dessinerait sur le visage d'un homme puissant de la flotte de Barbe Blanche ? Une gamine avec des origines on ne peut plus anormales. Il soupira à nouveau quand il vit son commandant remué, et décida de retourner à son poste. Il ne voulait pas être pris comme spectateur dans cette histoire. En retournant à la cabine de navigation, il pensa tout de même que la vie réserverait beaucoup de chose à cette enfant. Il en mettrait sa main à couper. Après tout, elle était la fille d'Heyko Swann.
Lucia regardait le haut du bastingage avec beaucoup d'intérêt. Décidée à l'atteindre, elle se hissa sur ses petits pieds et monta le plus haut possible ses petits bras, mais rien n'y faisait. Elle n'y arrivait pas. Elle était trop petite. Soudain, elle décolla du sol pour atterrir à l'endroit désiré. Deux mains l'avaient soulevé avec facilité et légèreté du sol. Elle fut surprise, mais pas tant que ça finalement. Offrant un sourire à son aide, elle s'assit sur l'épaisse rambarde, et laissa ses deux jambes se balançaient dans le vide. Au loin, le soleil commençait tout doucement à se coucher, donnant à la mer quelques couleurs orangés. L'enfant, alors âgée de 6 ans, regarda l'homme s'assoir à côté d'elle. Ses cheveux blonds volèrent alors au vent, tandis qu'il fermait les yeux pour profiter de ce vent. L'enfant l'imita, en silence. Profitant de ce moment de paix, les deux n'échangèrent pas un seul mot. Mais la patience des enfants a des limites, limite que Lucia venait d'atteindre :
-Dis Marco ?
-Uhm…
-Elle est partie où ma maman ?
La question prit Marco au dépourvu. Lucia avait toujours accepté le départ de sa mère sans jamais rien dire, mais en se plaignant de temps à autre. Elle n'avait jamais voulu en savoir plus. Juste que sa mère était partie loin, et pour longtemps. Marco réfléchit un instant, reportant son regard sur la mer. Il essayait de trouver les mots justes pour lui expliquer :
-Tu sais, Cia… la vie, c'est un très grand cycle. On naît, on grandit, comme toi en ce moment, et pis, à un moment, on arrête de grandir parce qu'on est assez grand. Et on vit… 20 à 30 comme ça. Et là, on commence à vieillir. On prend des rides, on a de plus en plus de mal à faire des choses, on est de plus en plus fatigué, on attrape plus de maladie. Et puis, on commence à perdre la taille qu'on a gagnée quand on était petit comme toi. Et alors… le cycle commence à se finir. Comme une boucle bouclée. Et les personnes doivent repartir, pour laisser la place sur Terre à d'autre personne. La vie est faite ainsi.
-Mais… ma maman… elle n'était pas si vieille ?
-Non… mais certaines personnes doivent terminer le cycle plus vite que d'autre. Et ta mère en fait partie.
- Alors… quand on a fini le cycle… on fait quoi ? Parce que ma maman m'a dit qu'elle partait en voyage.
-Ça dépend de ce que tu apprends dans ta vie. Certains voient ça comme une fin totale, d'autre comme un renouveau, et ta mère voyait ça comme une autre aventure. Un long très long voyage qui se termineraient par une sorte de paix intérieure.
-Je ne comprends pas tout, mais je pense avoir compris l'essentiel.
-C'est ce qu'on appelle la mort, Lucia. Et ta mère… eh bien, elle est morte. Ce qui veut dire que tu ne pourras plus la revoir avant un petit moment.
Marco laissa un moment à l'enfant d'assimiler ses paroles. Des larmes perlèrent au bord de ses yeux bleus, et il s'en voulut tout de suite d'avoir été aussi cru avec elle. Il la prit immédiatement sur ses genoux, dans une étreinte paternelle. Quand il sentit un peu mouillé son torse, il releva le visage de l'enfant vers le sien :
-Tu sais, quand j'avais ton âge, j'ai aussi perdu ma maman.
-Vraiment ?
-Et j'étais vraiment triste, au moins autant que toi. Mais ce qui est fait est fait, Lucia. Maintenant, je suis un pirate, et je n'ai aucun regret sur ma vie. Il vaut mieux vivre ainsi, sans regret, plutôt que de regarder tout le temps en arrière. Et tu es beaucoup trop jeune pour comprendre ce que je te raconte, mais un jour, ça te servira, j'en suis sûr. En attendant, la seule chose que tu peux faire, c'est arrêté de pleurer parce que ta mère, j'en suis sûr, n'aimerait pas te voir dans cet état. Allez, essuie-moi ces larmes, et fais plutôt un grand sourire.
-J'y arrive pas.
-Si tu ne mets pas de bonne volonté aussi.
L'enfant essuya ses larmes avec la manche de son pull, tout en reniflant. Puis, elle fixa le phénix et força un petit sourire. Il lui dit alors « Plus grand le sourire, je sais que tu peux le faire », et lui-même sourit à l'enfant. Cette dernière étira alors encore plus ses lèvres, et il lui ébouriffa les cheveux, avant de la reporter pour la poser sur le sol du bateau. Puis, il la fixa, et dit doucement :
-Satch m'a dit qu'il te cherchait. Apparemment, il a fait une nouvelle découverte culinaire, et voudrait que tu la teste.
-C'est vrai ?
-Si je te le dis, c'est que c'est vrai non ?
Lucia se mit alors à courir en direction de la cuisine, son petit rire s'élevant en cette fin d'après-midi. Marco eut un faible sourire, avant de passer sa main dans ses cheveux. Décidemment, jamais il n'aurait pensé s'éprendre autant de la mioche quand elle est arrivée sur le bateau.
Satch arriva dans la cuisine en sifflotant, ce matin-là. C'était l'anniversaire de Lucia. Mais comme tous les ans, il avait oublié. Comme le faisait souvent remarquer Haruta (chaque année pour dire vrai) « Marco et Satch ont beau s'occuper de Lucia tous les jours de l'année, ils oublient toujours le plus important. » Et c'était, au plus grand damne de l'enfant, malheureusement bien vrai. Heureusement, les deux hommes arrivaient toujours à trouver un plan de secours. Pour ses cinq ans, par exemple, Marco avait accepté de la prendre sur son dos pour un vol. Ou encore, pour ses 6 ans, l'année dernière, Satch avait préparé une énorme pièce montée à l'effigie de l'enfant, qui avait bien plu à la principale intéressée. Mais cette année, pas sûr que la pilule passe aussi facilement. Au fil des ans, la gamine était de moins en moins impressionnable. Satch eut un faible sourire. Cela faisait maintenant 5 ans qu'elle faisait partie de leur vie, à tous. Cinq longues années. Que le temps passait vite. Mais pas le temps à la rigolade. Il devait commencer à préparer le petit déjeuner pour tout le monde.
Lucia fut doucement réveillée, ce matin-là, par Haruta, très heureux qu'on soit ce jour tant attendu de l'année. Le « petit commandant », comme il était surnommé, adorait les anniversaires. Le sien ou ceux des autres, d'ailleurs. Peu importe, tant qu'il y avait une fête et des cadeaux. Il secoua alors la fillette dans son lit pour la réveiller, et être sûr d'être le premier à lui souhaiter sa fête :
-Bonne anniversaire Cia !
-Haruta… il est tôt… laisse moi dormir…, geignit-elle, en enfonçant sa petite tête sous les draps.
-Allez, ne fait pas ta chochotte. C'est ton jour aujourd'hui ! Et le monde appartient à ceux qui se lèvent tôt.
-Blablabla encore une excuse de vieux.
-J'suis pas vieux !
-Techniquement, si, plus que moi, du moins.
-Allez, lève-toi feignasse, et le plus vite possible.
Le commandant choisit de lâcher l'affaire. Mais il savait de toute manière qu'elle se lèverait incessamment sous peu, vu que, une fois réveillée, elle n'arrivait pas à se rendormir. Chose que pourtant, tout le monde égalée avec succès, mais pas pour l'enfant.
Et les doutes d'Haruta se révélèrent bon, vu que la petite tête rouge pointa timidement dans la grande Salle du bateau, accompagnée de Mérédith. Elle se mit à courir pour aller sur le dos d'un Namur pas très bien réveillé, ce dernier ne remarquant rien :
-Aujourd'hui, c'est mon jour !, annonça fièrement la gosse. Donc, vous faîtes tous ce que je voudrais !
-Tout ce que je veux, on dit tout ce que je veux, Lucia, la réprimanda Marco, l'air encore endormi dans son café.
-Vous êtes pas cool, c'est mon anniversaire aujourd'hui, vous pourriez faire un effort, râla l'enfant.
-On fait des efforts déjà tous les autres jours de l'année, Lucia, laisse nous tranquille au moins aujourd'hui, soupira Teach, en riant
-Vous êtes méchant avec moi ! Je vais bouder !
Déterminée, la fille d'Heyko Swann quitta le réfectoire, la mine boudeuse, en taclant toutes les personnes encore endormies qu'elle croisait. Ce qui eut son petit effet bien sûr. Marco soupira, agacé, mais se prit un coup dans la tête par Izou et Lady. Il soupira à nouveau, mais se leva pour aller voir Lucia, qui devait s'être cachée à un endroit pour bouder.
Elle fixa le sac d'affaire, dernière chose qui lui restait de sa mère. Elle ne l'avait jamais ouvert, ou très peu de fois. Cependant, aujourd'hui, elle se sentait aussi grande pour le faire. Elle s'avança doucement vers l'objet, et l'ouvrit précieusement, comme si elle ne voulait pas le cacher. Elle y trouva quelques affaires à elle, plus jeune, une photo de Luffy, bébé, et un autre objet étrange, qui ressemblait à un fruit avec des formes étranges et un mot. Elle le lut rapidement : « Mon ange. Si tu lis ceci, c'est que tu as déjà bien grandi. Voici pour toi un petit quelque chose ramenait de mon dernier voyage, qui pourra t'aider par la suite, dans ta vie. Je te souhaite tout le bonheur que tu mérite. Ta Maman qui t'aime. PS : Fais en bon usage, d'accord ? » Si Lucia n'avait pas tout compris, elle avait cependant retenu le principal. C'était un cadeau de sa mère. Quand elle serait plus grande. Elle était assez grande là, non ? Elle prit le fruit en main, et alléchée par l'odeur, elle croqua un bout dedans. Le goût la répugna, mais elle se força à mordre à nouveau dedans. Et lorsqu'elle allait vers sa dernière bouchée, Marco entra dans la pièce :
-Ecoute, Lucia, faut pas que tu te vexes comme ça, on rigolait, Teach et moi, on sait que ce jour est important et…
Le phénix se stoppa net en la voyant, le reste de ce qui semblait être un fruit du démon dans les mains, et une bouchée dans la bouche. L'enfant avala difficilement le reste du fruit devant l'expression du commandant, et eut un sourire faible envers son tuteur. Ce dernier réagit enfin, et fit un pas en avant :
-Où as-tu trouvé ça Cia ?
-Dans les affaires que Maman a laissées. Y'avait un mot avec, répondit-elle, sur un ton innocent, lui donnant le fameux papier. C'est mal ? Je croyais que c'était juste un fruit. Il était pas bon, mais je l'ai quand même mangé vu que ça venait de Maman.
L'enfant s'arrêta dans son discours, remarquant que le phénix ne bougeait plus. Elle se fit la plus petite qu'elle put, pour presque disparaitre dans le plancher, quand le blond eut fini de lire le mot. Sa tête se baissa légèrement, et il eut un air effrayant que Lucia n'avait jamais vu. Lui toujours si calme et relaxé, le voilà presque… paniqué. Mais surtout, dans une colère noire. Elle déglutit violement quand elle fut soulevée du sol par le col de son pull, et qu'elle quitta le petit placard qui lui servait de chambre. La lumière du jour lui éblouit les yeux et elle remonta un bras à son visage pour les protéger. Elle sentit la fureur secouait le corps de Marco, ce qui lui fit pleinement peur. Elle ne l'avait jamais vu dans cet état, et craignait maintenant pour sa vie. Ils traversèrent ainsi la moitié du bateau, les regards se retournant vers eux. Satch, passant par là, demanda à son ami :
-Bah qu'est-ce que tu…
-Je l'emmène voir Père.
La petite blêmit. La dernière fois qu'elle avait vu le Capitaine dans sa cabine, ainsi, c'était pour se faire frapper sur les doigts, quand elle s'était perdue sur la dernière île qu'ils avaient visité. Intrigué, le cuisinier décida de suivre le phénix et l'enfant. Finalement, ils arrivèrent devant l'énorme porte de la cabine d'Edward Newgate. Marco, de sa main libre, donna trois coups secs et rapides sur le bois, avant qu'une voix forte ne lui réponde. Lucia n'osait même plus respirer, tellement elle était effrayée.
Finalement, après avoir reçu une réponse positive, le phénix ouvrit avec assez de précipitation la porte, et jeta l'enfant dans la pièce, avant de lui-même y entrait, claquant la porte au nez de Satch. La première pensée de Lucia fut qu'elle avait eut mal au derrière, puis, elle releva le regard vers Barbe Blanche. Le géant de 6 mètres de haut. Qui, même pour un adulte, est impressionnant. Imaginez donc l'état dans lequel était une gamine de 7 ans, mesurant à grand peine les 1m20. Elle déglutit une nouvelle fois, alors que le rire de Newgate empli la pièce devant le regard furieux de Marco, et fuyant de Lucia. Il avait deviné que la « gamine » avait encore fait une bêtise :
-Qu'as-tu donc bien pu faire Lucia, pour faire perdre le contrôle à notre cher Marco ?
-Je ne le sais pas ! Il a débarqué dans ma chambre pendant que je mangeais et il m'a amené ici. Alors que c'est mon anniversaire ! Il est méchant avec moi, se plaignit la fille d'Heyko Swan, se relevant avec difficulté et timidité.
-Allons bon, tu as forcément fait quelque chose de mal.
-Justement, aujourd'hui, je me tiens à carreau, croix de bois croix de fer.
-Je te crois. Alors, mon fils, dis-moi pour quelle raison tu as ramené cette douce et innocente fillette dans ma cabine, alors qu'elle n'est coupable d'aucune atrocité ?
Lucia eut un sourire. Elle avait toujours aimé le langage un peu vieillot de Barbe Blanche, surnommé « L'Ancien », « Le Fossile » ou « Le Papy à la Moustache » et autre « L'Antiquité », mais qui avait un certain côté poétique qui plaisait à l'enfant. Edward Newgate, quoi que pirate de renom et redouté de tous sous le pseudonyme de Barbe Blanche, restait un homme de l'ancien temps, encore plus que Roger presque. Et il avait gardé quelques petites séquelles de cette période, notamment un langage assez poli pour un monstre comme lui. Et c'est tout ce qui faisait sa grandeur, aux yeux de Lucia :
- Elle…, Marco prit une grande inspiration, je crois bien qu'elle a mangé un fruit du démon.
Là, la curiosité de Newgate fut piquée. Il haussa un sourcil, avant de fixer son regard sur Lucia, qui se sentit immédiatement gênée. Elle détourna le regard vers ses pieds, en sifflotant légèrement. Puis, décidant de mettre fin au malaise présent dans la pièce, elle releva la tête dans un grand sourire, et demanda :
-C'est quoi un fruit du démon ?
Le rire de Barbe Blanche repartit de plus belle, vexant ainsi l'enfant. Alors que Marco, lui, se pinçait l'arrête du nez d'un air désespéré :
-Tu dois savoir, Gamine, que certaines personnes sur ce bateau ont des… capacités un peu spécial, affirma Newgate, essayant de répondre correctement à l'enfant, pour qu'elle comprenne.
-Oui. Marco peut se transformer en un gros oiseau bleu, qui s'appelle Phénix je crois. Et le corps tout entier de Joz devient du diamant quand on se fait attaquer…
-Certes…
-Et Izou, c'est un garçon, et en même temps une fille.
-Ah non, ça, ce n'est pas la même chose, ria Barbe Blanche, définitivement amusé par la fillette.
-Mais…
-Izou n'a pas de pouvoirs magiques.
-Ah, fit simplement Lucia, déçue.
-Enfin bref, ils ont des… pouvoirs parce qu'ils ont mangé un certain type de fruit. Et c'est un de ces fruits que tu as mangé.
-Je vais me transformer en oiseau bleu ?, demanda-t-elle, bondissant sur place, des étoiles dans les yeux.
-Non, ça, c'est la spécialité du fruit que Marco a mangé. Toi, je ne sais pas encore… il faut voir…
-Marco ! Pourquoi tu râles ? C'est génial, moi aussi je vais avoir des supers pouvoirs.
-Non, ce n'est pas génial ! Tu es bien trop jeune pour ça !
-Mais…
-De toute manière, ce qui est fait, est fait, trancha Barbe Blanche, calmant la confrontation Marco/Lucia, d'un seul regard, les deux reprirent leurs places normales, baissant les yeux. Lucia, il faut que tu saches que l'utilisation d'un fruit du démon a aussi beaucoup d'inconvénient. Tu ne pourras plus jamais te baigner.
-QUOIII ?
-Et tu ne pourras plus jamais toucher à ce qui ressemble de près ou de loin, à du granit marin. De plus, il se peut que le pouvoir qui aille avec ce fruit soit assez décevant à tes yeux, voir même totalement inutile, selon ton avis. Et tu devras vivre toute ta vie avec.
Soudainement, en entendant les paroles dures par leur vérité de l'Ancêtre, Lucia prit peur des conséquences que sa simple curiosité pouvait avoir sur sa vie entière. Elle blêmit à nouveau, et elle voulait disparaître de la surface de la Terre, honteuse de son geste. Elle serra ses petits poings, l'air énervé, mais contre elle-même. Les larmes lui vinrent presque aux yeux :
-Mais… mais je veux pas avoir un pouvoir nul moi. Ou moche.
-Pas besoin de pleurer pour ça Gamine. Maintenant que c'est fait, c'est fait.
-Mais…
-Heyko n'a-t-elle laissé aucun indice sur le fruit ?, s'intéressa Barbe-Blanche.
-Non, pas que je crois, répondit Marco qui sentit la crise de colère doucement venir de la part de Lucia, qui devenait de plus en plus rouge, presque autant que ses cheveux.
-Je veux devenir un oiseau bleu ! Comme Marco ! Sinon je veux qu'on me l'enlève !
-Ça ne marche pas comme ça la Gosse. Tu l'as mangé, tu le garde jusqu'à la fin de ta vie. Et tu n'auras pas le pouvoir de Marco, vu que c'est lui qui l'a, s'énerva presque le géant, agacé par l'attitude capricieuse de Lucia.
-On peut toujours regarder dans l'encyclopédie des fruits, proposa le phénix, ignorant la petite qui tapait du pied.
-Oui, c'est toujours une solution, finit par céder Newgate, surtout pour les faire sortir de sa cabine.
Si Lucia avait voulu protester, elle n'en aurait pas eu l'occasion, vu qu'elle fut entraînée hors de la cabine, puis vers la salle de navigation, qui servait aussi de bibliothèque, enfin, de fourre-tout. Tant que c'était un livre, c'était accepté.
Marco posa la petite sur une chaise, alors qu'elle faisait la moue. Il déposa des crayons et une feuille sur la table en face d'elle, et elle dut se relever pour voir ce que c'était :
-C'est pourquoi ?
-Tu te souviens de l'aspect du fruit ?
-Oui. Pourquoi ?
-Dessine-le-moi.
Elle le fixa, incrédule, prenant le premier crayon qu'elle avait sous la main :
-Le dessiner ?
-Oui.
-Mais les formes étaient trop compliquées.
-Allez, rien n'est insurmontable pour toi. Et comme ça, je saurais si tu as un pouvoir cool ou pas.
-D'accord, termina-t-elle, un peu sceptique.
Elle commença alors son travail, alors que le commandant de la 1ère flotte cherchait l'encyclopédie des fruits dans le désordre des livres de navigation et autre. Il jura contre l'organisation de cette pièce pendant une bonne vingtaine de minutes, jusqu'à ce qu'il mette la main dessus, plutôt assez fier de lui. Il se tourna vers Lucia, qui lui tendait le dessin du fruit :
-J'ai pas trouvé de rouge assez – elle chercha ses mots dans son vocabulaire réduit d'enfant – euh… rouge ?
-Assez intense ?, proposa-t-il.
-Ouais. Donc, il est comme ça, mais avec un rouge très rouge.
-Très intense, la rectifia-t-il. Comme tes cheveux ?
Elle tourna ses yeux bleus vers une mèche de ses cheveux, sembla réfléchir un instant, et acquiesça vivement. Il récupéra le dessin, ordonna à Lucia de rester tranquillement à sa place et fit le tour de l'Encyclopédie. Il fit d'abord le tri par couleur, mais beaucoup était rouge, alors il regarda la forme. Ressemblant vaguement à une poire avec des traits plutôt triangulaires dedans. Il finit par en trouver quelques uns comme ça. Trois au total. Ses yeux firent plusieurs fois le chemin entre le dessin et les trois fruits qui sortaient du lot, et il finit par décréter que ce serait :
-Si j'ai bon, et je ne me trompe jamais, je dirais que c'est le fruit de la Rose, le Pinku Pinku no mi.
-Et il est bien ?, s'impatienta la fillette. Hein, Marco, il est bien ?
-J'y viens… selon ce livre… tu peux matérialiser ton corps en pétales et en ronces. Mais… c'est un Paramencia. Tu ne peux pas en créer à l'infini.
-Donc ?, demanda-t-elle, pas sûr de tout bien comprendre.
-Donc, tu peux en créer dans une limite. Et il semble que la limite soit ton corps.
-Euh…
-En gros, Lucia, plus tu seras… épaisse, plus tu pourras créer de pétales et autres ronces.
-Ah.
Il se prit la tête entre les mains. Elle n'avait pas compris. Elle avait dit « Ah » pour faire croire qu'elle avait compris, mais non. Marco le voyait bien à son visage. Elle était un livre ouvert :
-Tu peux reprendre depuis le début, j'suis pas sûre d'avoir tout bien compris.
Et voilà qui confirmait ses doutes. Elle n'avait pas compris. Et en plus de ça, elle se payait sa tête, aux vues du sourire qu'elle lui servait. Il lui claqua un coup d'Encyclopédie sur la tête, pensant que ça lui apprendrait la vie. Mais au lieu de rencontrer une surface plus ou moins dur, le livre fit exploser la tête de la petite Lucia en million de pétales. Marco faillit en faire un arrêt cardiaque. Il recula de plusieurs pas en arrière, complètement choqué, alors que la tête de Lucia revenait à la normale :
-Y'a un problème Marco ?
-Une gosse… insupportable… et qui en plus a un fruit bizarre…, soupira-t-il en reprenant contenance. Lucia, plus jamais tu ne me refais ça.
-Refaire quoi ?
Une goutte coula longuement à l'arrière du crâne du phénix. Il l'a regarda, elle et son air d'innocent enfant qui ne comprend rien au monde, et faillit lui sortir les pires insultes qu'il connaissait. Mais devant une enfant, ses habitudes de pirate avaient la vie dure. Au final, il préféra se taire et ne fit rien. Après tout, il était le célèbre Phénix, au sang-froid imperturbable, peu importe la situation. Sauf que devant une enfant, on peut être l'être le plus patient au monde, quand ça ne va pas, ça ne va pas.
Eh bah. Ça en promettait des journées agitées sur le Moby Dick, tout ça. Marco en était déjà fatigué et lassé : « Vivement que je retrouve mon lit, tiens. »
Voilà voilà pour ce deuxième chapitre, j'espère vivement qu'il vous a plu.
Prochain chapitre : retour d'Alikey et Maeko et on rentre dans les choses sérieuses.
MonkeyDL : Je suis ravie de voir que mon histoire t'intéresse et que tu la suives. J'espère qu'elle ne te décevra pas :)
la vague folle : oui, dans cette fiction, j'accorde beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup, beaucoup [...] d'importance aux liens familiaux, tout particulièrement ceux-là. Mais je ne pensais pas que ça se ressentait à ce point dès le premier chapitre :) Oui aussi, je laisse beaucoup de mystère planait autour de l'histoire, mais comme je l'ai expliqué un peu plus haut, j'aime bien mettre l'intrigue en place avant de réellement la commencer. On va dire que... les deux~trois premiers chapitres sont surtout très introducteurs. Je suis ravie de voir que mon style d'écriture te plaise, ça me fait chaud au coeur. Pourquoi Smoker... uhm... probablement parce qu'il est l'un de mes "marines" préférés du manga et... bah... voilà quoi :') (explication de génie je sais). Je m'excuse pour la mise en page, je me rends compte que oui, ce n'est pas trop terrible de cette façon. J'ai essayé de rectifier le tir pour ce chapitre, mais ce site reste un nouvel outil pour moi, assez obscure malgré mon Anglais plus qu'acceptable, et je galère franchement beaucoup. Donc il se peut qu'elle soit encore un peu chaotique encore quelques chapitres, le temps que je prenne la main, ça devrait aller mieux après.
A la prochaine - La Femme Invisible
