Diclaimer : One Piece ne m'appartient pas. L'univers sort tout droit de l'imagination du génialissime Oda-sensei. Mais il se pourrait bien que Lucia, Maeko, Alikey, Norane et Gecko viennent de mon cerveau malade à moi.

En route pour le troisième chapitre. La cadre est en place, l'aventure est prête à commencer mes chers amis. Bonne lecture à tous.


Arc 1 : Les Origines.

Chapitre III : Gecko s'en mêle. La fuite, la révolutionnaire et l'Amazone.

Le Moby Dick était bien calme, en cette soirée fraîche, non loin d'une île hivernale située dans le Nouveau Monde. Le navire à la proue en forme de baleine, avancé doucement vers la prochaine destination. En 8 ans, rien n'avait changé. Ou presque. L'aspect extérieur du bateau n'avait pas bougé d'un pouce. Les ponts étaient toujours les mêmes, seul les pirates qui y défilaient, avaient quelques peu pris en âge, et les nouvelles recrues se baladaient parmi les anciennes comme si de rien n'était. L'équipage de Barbe Blanche continuait ainsi son interminable aventure, entre territoires, nouvelles îles, nouvelles guerres d'Empereur, nouveaux Rookie, et nouvelles années, qui défilaient sous leurs yeux à une vitesse folle.

Cette fin d'après-midi là, alors que le soleil se couchait lentement sur la mer bleue, Marco le Phénix, commandant de la première flotte du célèbre Barbe Blanche, second de ce même personnage surpuissant, sortait doucement du réfectoire principal. La fraîcheur lui effleura la peau, mais il ne frissonna pas. Enfonçant sa tête dans l'écharpe qu'une infirmière lui avait forcée la main pour la mettre, il plissa les yeux en apercevant la silhouette habituelle, au loin, sur le pont supérieur, tout près de l'énorme proue en forme de tête de baleine. Il souleva un sourcil, avant de soupirer, créant ainsi une fine buée autour de sa bouche, et s'avança, les mains dans les poches, vers son ami.

Satch, accoudé au bastingage, fixait l'océan avec des yeux étrangement vide. Il repensait à ses 8 dernières années avec un certains regrets, une certaines amertumes. Une grimace lui échappa, puis un soupire. Il sentit la présence du Phénix derrière lui, mais fit tout comme s'il ne l'avait pas fait :

-On dit que vivre dans le passé empêche d'avancer Satch, fit sagement Marco, s'asseyant juste à côté de lui, dans un bond mou.

-Et quel crétin a bien pu dire ça ?, demanda sarcastiquement le cuisinier.

-Je ne sais pas… certainement un crétin sans cervelle qui pensait sincèrement que la vie est un don, et qu'il ne faut la gâcher.

Le ton ironique de Marco se fit bien remarquer, et les deux hommes échangèrent un regard, meurtrier pour le brun, et désespéré venant du blond. Finalement, Satch détourna le regard de son ami, et le fixa à nouveau sur la mer. Le soleil, au loin, commençait à disparaître, comme aspiré par l'océan, laissant place à la lune, pleine pour cette nuit si spéciale :

-Elle aurait dû avoir 15 ans, aujourd'hui…, soupira finalement le cuisinier.

-Et je suis sûr que, peut importe où elle est, elle fête dignement ses 15 ans, Satch, le rassura Marco, en passant une main réconfortante dans le dos du commandant de la 4ème division.

-Tu crois… tu crois qu'elle se souvient de nous… qu'on lui manque ?, demanda Satch, presque suppliant.

-Je ne le pense pas… J'en suis certain. Comment oublier un cas comme toi Satch ?

Un sourire échappa au brun et au blond, se comprenant mutuellement :

-Il lui faudra peut-être encore un peu de temps, mais elle reviendra, j'en suis sûr.

-Si tu le dis… c'est ton instinct d'oiseau qui parle ?

Le caractère blagueur et rieur du cuisinier reprit le dessus sur la nostalgie, alors que Marco frappait gentiment son ami de toujours. Les deux hommes se mirent à rire, bras dessous bras dessus, en rentrant dans le réfectoire pour essayer de passer une bonne soirée malgré tout…

*** Plus loin, quelques temps plus tard***

Un jeune homme fixait les paysages par delà la fenêtre. Il ferma ses yeux d'une couleur brune/bordeaux la tête posée aimablement sur sa main, elle-même retenue sur son coude, lui-même posé bien fixement sur la table. Le cours semblait interminable. Il détestait ça, les cours. Enfin, ceux de ce crétin de Gecko. Louant les efforts et la Justice de la Marine, le vieux bougre (pas si vieux que ça), racontait à tous ses « élèves » (esclaves oui) que le Gouvernement Mondial était la chose la plus fiable de cette terre, tout océan confondu. Il eut un sourire, et son visage hâlé naturellement, forma un drôle de rictus, dû à ses adorables fossettes. Il n'aimait pas ce que le Marine pouvait raconter, mais d'un certain côté, ça l'amusait plus qu'autre chose. Ah, si son cher grand frère, si attaché que ça à la Justice de ce monde, pouvait entendre toutes les conneries que cet homme débitait à la minute. Lui, qui avait des idéaux biens calés sur ce qu'il devrait faire plus tard, et qui ne pensait qu'en la sainte « Justice ». Ce que ça pouvait agacer Maeko, parfois, d'entendre parler sans cesse du bien fondé de la Marine à longueur de journée, que ce soit par ce vieux Gecko, ou encore Smoker, son grand frère.

Malgré tout, Maeko était fier de son frère. Et même s'il ne l'avouerait à personne, il l'était vraiment. A 25 ans, le jeune homme aux cheveux gris avaient déjà bien vécu, et était entré dans la Marine en tant qu'apprenti d'un certain Vice Amiral Tsy, lui-même ancien élève du célèbre Garp. Car après tout, son frère était son frère, et il se battait tous les jours en ce quoi il croyait juste. Alors Maeko ne pouvait être qu'heureux pour son frère qui l'avait toujours soutenu.

Quand Gecko commença à parler des pirates et autres révolutionnaires (une fois de plus, encore et encore), le visage du Marine se teinta d'une rage rouge, pour un discours rempli de haine et d'insulte. Tout ça pour dire que les pirates c'est des « méchants », et les révolutionnaires des « idiots finis ». Maeko soupira une nouvelle fois. Il donnerait tout et n'importe quoi pour quitter cette foutue salle, cette foutue prison qui l'enfermait entre ses murs jours après jour il préférait être n'importe où sur terre, sauf ici. Et ça se comprenait.

Sa voisine bougea légèrement quand Gecko, entre deux insultes bien sentis tel que « Inutiles » ou « Idiots finis sans la moindre cervelle, et le moindre amour propre » (les termes faisaient toujours bien rire Maeko), commença à parler de l'ancienne époque, l'ancienne ère, celle dite de Roger. Les trois prénoms ressortant étaient bien sûr Gold Roger, Edward Newgate, mais encore Heyko Swann. Et la jeune fille assise à côté de lui était toujours très sensible à ce sujet.

Elle qui dormait depuis le début du cours, la tête sur la table, ses longs cheveux rouges cachant son visage, là, à l'entente du prénom de Barbe Blanche, releva doucement la tête. Le sourire de Maeko s'agrandit sans aucune gêne. « Enfin un peu d'action, dans ce cours ennuyeux », jubila-t-il, intérieurement :

-Barbe Blanche… je ne sais pas comment vous décrire exactement le personnage, pour être honnête. C'est une menace, ça, c'est sûr, mais sincèrement, je ne sais pas ce qu'il serait, à l'heure actuelle, sans son armada. Il n'est devenu qu'un vieux, regrettant certains l'ancienne époque de Roger. Celle des pirates rêveurs.

Maeko eut un sourire triste. Qu'est-ce qu'il aurait aimé naître à cette époque. Enfin, techniquement, il était né à la fin, m'enfin… vivre à l'époque de Roger, Newgate et Swann. Où être pirate signifiait principalement naviguer librement sur les mers. Pas être des criminels sans cœur. Où la Marine possédait des soldats compétents, et où la vie sur mer était plus facile. Aujourd'hui, le seul mot pirate faisait fuir tous les hommes aux alentours. Mais aussi et surtout, les pirates étaient les hommes les plus libres de cette terre, et leur vie était une aventure constante. C'était ce que cherchait Maeko. Et il ne l'aurait peut-être jamais :

-Pour faire bref, Barbe Blanche est devenu un vieux croulant caché derrière un nom connu.

-C'est toi le vieux croulant, dit calmement la voisine de Maeko.

Maeko eut du mal à cacher le petit rire qui sortit de sa gorge. Gecko avait arrêté tout mouvement pour poser ses horribles yeux de fouine sur la jeune fille qui venait de prendre la parole :

-Vous pouvez répéter, Mademoiselle Lucia ?

-J'ai dit que c'était vous, le vieux croulant, répondit la dite Lucia, dans un sourire arrogant.

-Et je peux savoir pourquoi ?

-Vous n'arrivez même pas à la cheville de l'Ancêtre. Même dans votre jeunesse, j'en suis sûre… je ne pense même pas que vous l'ayez croisé un jour.

-Parce que vous si, peut-être ?

Elle haussa des épaules, se redressant sur sa chaise. Elle défia alors du regard le Marine, ses yeux bleus se fixant sur les orbites minuscules de Gecko. Il retroussa légèrement la lèvre supérieure, avant de reprendre un semblant de calme :

-Allons, Lucia, vous n'avez pas répondu à ma question.

-Vous n'avez pas besoin de réponse, j'en suis sûr, vous êtes plus malin que ça. A moins que vous ne soyez vraiment aussi con que ce que je soupçonnais…

Là, Maeko ne put se retenir et explosa littéralement de rire, tapant du poing sur la table, la tête rentrée entre ses coudes. Gecko perdit toute contenance devant les deux adolescents et frappa violement de son énorme poing sur la table. Le rire de Maeko s'arrêta sec, et le sourire de Lucia disparut bien rapidement. La jeune fille aux cheveux rouges se leva d'ailleurs bien rapidement, pour éviter le projectile qui allait arriver en plein sur son visage. Maeko réagit au quart de tour, se levant d'un bond sur ses deux pieds, attrapant son amie par le bras, et donnant un coup de pied dans la fenêtre. Cette dernière se brisa. Il sauta alors du rebord vers le sol, Lucia toujours accrochée à sa main, sous les cris rageurs de Gecko. Les deux échangèrent un regard complice, après avoir atterri un peu lourdement, il fallait l'avouer, sur le sol :

-On refait un tour de manège ?

-Le navire de Timm part dans une demi-heure… on a une demi-heure pour rassembler nos affaires et fuir. On se rejoint au port.

Cette situation n'était pas rare, avec Maeko et Lucia. Loin de là. Et ils savaient quoi faire exactement pour s'en sortit.

La petite île de située en plein milieu de West Blue, abritait l'un des plus grands centres de formation de Marine. Mais plus particulièrement, un centre de Marine particulier. Et si Maeko en faisait bien partie (depuis sa naissance pour dire juste), Lucia était forcée d'y aller par son grand-père, un Marine de renom, qui prenait à cœur que ses petits enfants deviennent de grands et fiers soldats. Et les deux jeunes, se retrouvant forcé à ce genre de cours ennuyeux qui ne leur plaisait absolument pas, s'étaient tout naturellement liés d'amitié ensemble. Chaque cours passé ensemble semblait moins long, chaque entraînement, moins difficile, chaque moment, plus sympathique. Et ils s'étaient tous simplement développés un lien très fort entre les deux adolescents…

Deux personnes marchaient dans les rues de la ville surplombée par le centre. Leurs visages cachés sous de grandes capes, ils marchaient à une vitesse assez rapide, trop pour ne pas être suspecte. Evitant les gens dans la foule, ils se créaient un propre passage vers la grande porte du centre, fermée à tout public ou citoyen de la ville. Un sourire se dessina sur le visage de la première personne quand l'entrée fut en visuel :

-C'est bien ici ?, demanda une voix féminine, s'échappant de la deuxième silhouette

-Oui, c'est ici qu'ils forment les Sans-cœurs, répondit simplement une voix masculine, sortant de la première personne.

-Qu'est-ce que veut exactement savoir Dragon sur ces gens ?

-Il ne veut rien savoir sur eux, Alikey. Juste les anéantir.

La dite Alikey ne broncha pas, mais une grimace déforma le bas de son visage, dévoilé sous sa cape. Elle se reprit vite, tournant son regard vers son compagnon :

-Il représente une si grande menace que ça ?

-Je n'en sais trop rien… mais apparemment oui.

-Tu sais qui ils sont au juste ?

-N'as-tu jamais lu les livres de la Grande Bibliothèque au QG ?, fit-il remarqué, légèrement agacé.

-J'étais occupée à autre chose, Monsieur.

-Les Sans-cœurs sont des…

Mais il fut coupé dans son élan. Une explosion retentit juste au dessus de leur tête, envoyant dans les airs une bonne partie du mur droit de l'énorme bâtiment au dessus d'eux. Quelques habitants dans les environs crièrent de se mettre à l'abri, alors que les gardes devant la porte relevèrent la tête, juste à temps pour voir les débris leur tomber sur la tête. Alikey réagit très rapidement, tout aussi rapidement que son acolyte et les deux disparurent avant la fin de la chute des morceaux de bâtiment.

Maeko regarda par delà le trou qu'ils avaient formé, Lucia et lui, pour tenter de fuir. Ils en cassaient au moins un à chaque fois, seule technique réellement efficace pour détourner l'attention des gardes sur eux, et leur permettre alors une fuite réussie. Le brun recula légèrement du vide, ayant un sacré vertige. Son amie aux cheveux rouges, à côté, les cheveux en pétard et le visage noir de suie à cause de l'explosion, tenait encore les restes de la « bombe » artisanale qu'ils avaient créée :

-Un jour, tu réussiras à bien doser, j'en suis sûr, fit remarquer Maeko, avec un air moqueur.

La mine déconfite qu'afficha alors Lucia renforça le rire de Maeko, très vite arrêté par l'arrivée des gardes dans la pièce à moitié détruite. Les deux adolescents se regardèrent, puis les gardes arrêtés sur le palier, puis eux, puis les gardes, et ainsi, pendant dix secondes, leurs regards bleus et bruns firent le trajet entre les gardes, et eux même. Un sourire finit par se dessiner sur les lèvres de Lucia, ce qui n'était jamais bon signe, et elle attrapa la main de Maeko en même temps que les soldats réagirent, et vite, le sol sous les pieds des deux jeunes disparut. Planant pendant une demi seconde dans les airs, comme s'ils volaient, la chute vers le sol commença, dangereuse et imprévisible. Quelques habitants échappèrent d'autres cris en voyant les deux « enfants », tombés du ciel, dans une chute vers une mort certaine. Mais Lucia, tenant toujours la main de Maeko, se dit qu'il était peut-être un peu tôt pour eux, pour mourir. Elle pointa alors son bras vers le cloché d'une Eglise à une centaine de mètre de là, et alors que ses doigts s'étiraient, prenant une étrange couleur verte, et des petits pics rappelant des épines, les deux ados s'envolèrent de plus belle vers le haut du bâtiment, l'épais fil vert qu'était devenu les doigts de Lucia, accroché au crochet avec force. Le rire de la fille d'Heyko Swann retentit dans toute la ville, tandis que Maeko, pâle, déglutissait avec peur. Il avait horreur de ce genre de chose. En même temps, il avait un vertige maladif, et la hauteur le terrifiait plus que tout. Alors voler au dessus de la ville le rendait plus malade qu'amusé. Mais c'était un mal nécessaire pour s'en sortir.

Alikey enleva doucement la capuche qu'elle avait sur sa tête. Elle dévoila son visage fin et pâle, ainsi que ses cheveux couleur doré, et ses yeux bleus ciel. Il plaça une main sur son front pour mieux voir la fuite des deux personnes ayant visiblement provoqué l'explosion. Le soleil tapant fort sur ses yeux clairs, elle pesta contre eux, avant de se tourner vers son ami, qui, avait revêtit un masque d'horreur sur son visage, se tordant dans une grimace douloureuse :

-Tu es blessé S ?, demanda-t-elle, soudainement affolée.

-Non… C'est simplement… impossible, répondit-il, plus pour lui-même que pour Alikey.

-Qu'est-ce qui est impossible ? S ? Qu'est-ce qui ne va pas ?

La capuche tomba d'elle-même, découvrant le visage assez enfantin de l'homme, à peine âgé de 16 ans. La cicatrice qui s'étendait sur sa joue, venu de son passé, semblait encore plus mise en valeur, sous ce soleil brûlant. Ses yeux noirs exprimaient de l'incompréhension, de la peur. Il porta la main à son cheveux blonds, la passa dedans pour les remettre en place, et prit son visage entre les mains. Alikey, quand à elle, fixait les deux adolescents, qui prenaient maintenant la fuite par les toits, en direction du port. Elle reporta son regard vers le bâtiment détruit, et elle vit un Vice Amiral se pencher pour fixer le sol. Elle poussa alors son ami dans un recoin sombre pour ne pas se faire repérer.

Gecko pesta en voyant l'étendu des dégâts. Il se retourna vers les soldats, honteux de ne pas pu avoir arrêté les deux adolescents, un regard haineux, et le poing tremblant :

-Vers où ont-ils fui ?

-Vers le port, Monsieur. Comme à chaque fois.

-Je rêve où vous vous faîtes toujours lamentablement avoir par ces deux gosses ? Il faut toujours que je fasse tout moi-même ici.

-Mais Monsieur…

-Taisez-vous ! Je vais ramener ces gosses, par la peau du cul s'il le faut. Contentez vous de prévenir Smoker et 1. Je vais les arrêter avant qu'il ne quitte l'île ou bien, les ramener de force.

Alikey et son compagnon fixèrent le Marine disparaître de leur champ de vision, dans un cri de rage :

-La mission est bien de s'infiltrer dans ce foutu bâtiment et tuer tous les Sans-cœurs que nous pouvons ?

-…, il hocha la tête.

-Bien, on sait par où commencer, alors, sourit Alikey.

-Comment ça ?

-Tu n'as pas entendu ce foutu Gecko, S ? Deux de leurs élèves viennent de s'enfuir… et ils sembleraient qu'ils soient très importants. Peut-être qu'en tuant ceux là…

Il releva son regard vers elle, les pupilles remplis d'un voile fin de tristesse, chose rare chez le jeune homme. Il fit le trajet entre l'endroit où les deux fuyards avaient disparu et le bâtiment détruit de ses yeux une bonne dizaine de fois, avant de remettre son regard sur son amie :

-Va t'occuper d'eux, je vais voir ce que je peux faire pour ceux-là, Ali.

-Mais…

-C'est bien ta dernière mission ?

-Oui… tu penses y arriver seul ?

-Gecko ne sera pas là. Et, au pire, Dragon ne pourra pas m'en vouloir.

-Pourquoi ?

-Parce que cette mission est bien trop grande pour deux seuls personnes, Ali. Les Sans-Cœurs ne sont pas les soldats lambda que nous combattons…

-Des élites ?

-Si tu veux… et même à deux, on aurait eu du mal à s'en sortir. Pars vite les chercher eux, je m'occupe du bâtiment.

-D'accord.

La blonde enleva entièrement sa cape, laissant son corps entier exposé aux regards des autres. Portant des habits simples et amples, on remarquait juste le décolleté échancré dans son dos, et un peu moins, mais quand même, sur sa poitrine. Il lança un dernier regard vers son ami, qui lui, l'encouragea dans un sourire :

-Fais attention à toi, S.

-Prends bien soin de toi, Ali.

Sans plus de formalité, la blonde se retourna et courut en direction du port, pour rattraper les deux « menaces » à éliminer. De son côté, le blond fixa le haut bâtiment, et disparut d'un seul coup, laissant un vide et un blanc à sa place.

Le temps n'est pas encore venu de nous revoir, Lucia… Essaie de rester en vie jusqu'à notre prochaine rencontre. Et pardonne-moi.

Lucia fixa le grand bateau qui transportait toute sorte d'objet de West Blue jusqu'à East Blue, l'île de Dawn tout particulièrement. Il faisait le voyage une fois tous les deux mois. Et, souvent, il ramenait à son bord aussi, une gamine de 15 ans, aux cheveux rouges et lisses, et aux yeux couleurs de l'océan : Lucia. Elle sourit en voyant le capitaine du fameux navire préparé les dernières formalités avant de lever l'encre. Elle se releva donc, après un atterrissage forcé assez douloureux, et fit de grand signe à l'homme répondant au nom de Timm.

Le commandant du navire eut un sourire et invita les deux adolescents à monter. Dix minutes après, le bateau quitté le port et l'île.

Alikey fixait avec ennui le bateau qui venait d'enlever sa dernière mission. Elle leva les yeux au ciel en voyant Gecko criait sur tout le monde d'aller plus vite pour partir à leur poursuite. La blonde n'attendit pas plus longtemps pour agir, assez embêtée comme cela. Elle replia ses bras contre sa poitrine, les croisant ainsi. Une lumière aussi blanche qu'intense sortie alors de son dos, créant une douce aura claire autour d'elle. Elle ferma lentement les yeux, et se déplia, dans son dos, deux grandes ailes recouvertes de plumes blanches. Sans plus attendre, elle courut vers l'eau, et se jeta dans ses airs, battant fortement de ses ailes d'un air déterminé, pour s'envoler haut, très haut, trop haut. Disparaissant dans l'épaisse couche de nuage, elle garda le bateau en visuel, pour ne pas perdre le visuel de son objectif. La chasse était lancée.

Non loin de là, sur un bateau beaucoup plus petit et simple que celui de cargaison, se trouvait une toute petite partie d'un grand équipage du Nouveau Monde. D'ailleurs, le drapeau qui flottait au dessus du mât, rappelait assez bien la situation à tout éventuel ennemi. Et ça, c'était sûr, personne n'était assez bête pour l'attaquer. A moins que vous ne vouliez la mort, ou bien pour ennemi le pirate aux 16 énormes armadas, il ne fallait pas se frotter de trop près au drapeau de Barbe Blanche.

Et sur cette réduction du Moby Dick, se trouvait une partie infime de la 5ème division, normalement commandée par Vista l'Epée Fleurie. Mais là, se trouvait plutôt sa Vice-commandante, dirigeant la petite troupe d'une main forte et autoritaire, pour un respect total de réussite de la mission qui leur avait été confié. Et Shirley Norane veillait toujours à bien respecter les ordres.

Elle était dans la cabine réservait au commandant lorsqu'il partait en mission quand le bateau croisa la route du navire. Assise à une table, elle rédigeait avec beaucoup de mal le rapport qu'elle devait faire en rentrant. Norane n'avait jamais été une grande fan de paperasse, préférant les combats à l'administration. Mais ça faisait partie du boulot, et elle le ferait toujours, vu que c'était nécessaire. Elle replaça une mèche de ses longs cheveux bruns bouclés derrière son oreille, avant de frotter ses yeux tout aussi bruns, fatiguée par la lumière et l'effort que représentait l'écriture de ce foutu rapport. Elle finit par se lever, agacée par l'activité. Elle avait encore largement assez de temps pour le faire. Le retour dans le Nouveau Monde ne se ferait pas en trois minutes, ce qui agaçait encore plus l'ancienne Amazone.

Car oui, Norane était une ancienne Amazone. On pouvait assez facilement le deviner par son aversion pour les hommes autres que ceux de son équipage, son corps assez bien proportionné, ses habits trop légers et son côté féroce hérité des pirates Kuja. En bref, Norane était une féroce guerrière venant de l'île des femmes. Comment était-elle arrivée dans l'équipage de Newgate ? Elle-même ne le savait plus. Mais une chose était sûre, elle était fière d'en faire partie, et ceux depuis presque 5 ans. Et la marque s'étendant de la fin de sa poitrine à la naissance de son bassin en témoignait assez bien. Norane était fière de cette marque, tout autant que le fait d'appeler Barbe Blanche : « Père » ou encore remplir ce genre de mission assez inutile à ses yeux, mais vitales à ceux du capitaine. Elle soupira une nouvelle fois, avant qu'un homme ne débarque en hurlant dans la cabine :

-Quoi encore ?

-Vice-commandante Norane ! On a un navire de cargaison en visuel !

-Et alors ?

-Ils transportent de la nourriture venue de West Blue jusqu'à East Blue.

-En quoi ça nous concerne ?

-Il y a du saké, beaucoup de saké.

Norane fixa incrédule son sbire, avant d'exploser de rire « Ah, ces hommes… un rien peut les satisfaire. »

-Soit, faîtes comme il vous plaît, mais je vous en supplie, pas de blessé inutile. Compris ?

-Oui Mademoiselle Norane !

A peine eut-il fini sa phrase qu'il se précipita dehors pour donner l'ordre d'attaquer. L'Amazone s'assit de nouveau à son bureau, déterminée à terminer ce foutu rapport.

Maeko fixait la mer par le petit hublot, le seul présent dans la cabine que Timm donnait à chaque fois à Lucia. Ils étaient partis depuis quelques heures déjà, et le brun commençait à ressentir un certain ennui :

-Tu… tu es sûre que c'est une bonne idée de me prendre avec sur ton île ?

-Mais oui pourquoi ?

-Je… je ne sais pas… enfin… ton frangin et tout…

-Ils t'accepteront, Maeko, ne t'inquiète pas. Mon frère est très sociable, je suis sûre que tu vas l'adorer.

-Et l'autre ?

-Eh bien…, son regard s'assombrit un instant, alors qu'un semblant de sourire naissait sur ses lèvres, si tu n'empiètes pas trop sur son territoire et ne lui parle jamais de Gold Roger, tu devrais survivre.

Elle eut un rire devant la mine déconfite de son ami, avant que le bateau ne soit secoué d'un tremblement. Les deux adolescents se précipitèrent vers le hublot pour voir de la fumée sortir du cœur du bateau. Plus loin, un simple navire avait des canons de sortit. Lucia ouvrit en grands les yeux en voyant la réplique miniature du Moby Dick, et le drapeau flottant fièrement en haut du mât. Elle eut un hoquet d'horreur quand le bateau fut secoué une seconde, puis une troisième fois. Finalement, l'attaque à coup de canon s'arrêta, avant qu'ils n'entendent des bruits à l'étage supérieur. Le sang de Maeko ne fit qu'un tour qu'il se jetait déjà sur son épée. Ils stoppèrent toute forme de mouvement en entendant des pas précipités derrière la porte. Retenant leur souffle, ils attendirent que quelque chose de plus se passe, pour pouvoir agir en conséquence. Le but était simple. Survivre. Et si jamais le bateau coulait, il devait trouver un moyen de rester en dehors de l'eau. Surtout Lucia. Mais pour l'instant, ce n'était pas la priorité.

Alikey jura en voyant l'armada de Barbe Blanche s'attaquait au bateau où se trouvaient ses deux victimes. Elle descendit plus près pour avoir un angle de vision plus satisfaisant. Ce faisant, elle essaya d'évaluer la situation avec neutralité, dans l'optique que sa dernière mission soit une entière réussite. Elle finit par approcher dangereusement de la mer, pour atterrir dans la cohue qu'était le bateau. Elle traça un chemin entre les combats, les gens qui criaient, pour trouver les personnes qu'elle devait éliminer. Personne ne semblait la remarquer, n'ayant plus ses deux grandes ailes dans le dos. Elle entra dans le bâtiment principal du navire, et, d'un pas lent, chercha, dans une cohue nouvelle, les deux têtes qu'elle avait photographié mentalement en les voyant, quelques heures plus tôt. Elle les trouva finalement au bout d'un couloir, avant qu'un poids ne s'abatte sur sa tête. Et ce fut le trou noir…

Norane regarda avec hébétement ses hommes revenir, des cargaisons pleines de Saké, bien sûr, mais trois otages. Une jeune femme blonde, qui devait être à peine majeure, visiblement assommée vu la jolie bosse sur son crâne, et deux gamins se débattant, l'une avec des menottes en granit marin, les cheveux d'un rouges vermeils presque aveuglant à la lumière du soleil, et des yeux bleus qui n'exprimaient rien d'autre que de la haine envers les hommes de l'Amazone. Quand au garçon, il n'était pas attaché, mais essayait de récupérer la lame qu'un des hommes retenaient, tandis qu'un autre l'emprisonnait pour qu'il ne s'échappe pas :

-Mademoiselle Norane ! Devinez sur quoi on est tombé ?

-Est-ce que je peux savoir pourquoi vous retenez trois gosses en otage ?

-La blonde semble être une révolutionnaire. Le gamin, là, il a une lame démoniaque. Et la gosse, le capitaine du navire m'a dit qu'elle était la nièce de Shanks Le Roux. Et il nous les a offerts pour qu'on le laisse tranquille.

-Et vous avez accepté ?, pesta Norane en levant les yeux au ciel. Vous avez gobé ce qu'il a dit.

-Mais attendez, Mademoiselle Norane. C'est la nièce de Shanks Le Roux !

-Ça m'étonnerait qu'il ait la moindre famille, Courtois. Vous vous êtes simplement fait avoir.

-Qu'est-ce qu'on en fait alors ?

-Jetez-les à l'eau, ils ne nous serviront à rien.

Lucia arrêta de se débattre, pâlissant de plus belle, avant de réfléchir à comment se sortir de cette situation :

-Gardez la Révolutionnaire néanmoins, elle pourrait nous aider à en savoir plus sur ce qu'il se passe en ce moment. Et sur l'île étrange avec le Centre de Marine.

-Oui Mademoiselle Norane !

-Attendez !, cria Lucia, alors que Norane commençait à partir. L'Amazone se retourna, l'air dédaigneux, et fixa la fille d'Heyko Swann.

-Que me veux-tu Gamine ?

-Je… je ne suis pas une gamine… Si je peux vous prouver que je suis la nièce de Shanks Le Roux, qu'est-ce que vous me ferez ?

L'Amazone haussa un sourcil, intriguée. Maeko s'étouffa à moitié, et essaya de frapper son amie. Ce n'était pas une bonne idée. Mais Lucia avait l'air confiante, et elle murmura un petit « Fais moi confiance, Maeko, tout va bien se passer ». Mais le brun ne semblait pas partager son avis :

-Eh bien… je te ramènerais sur le bateau mère et après, Oyaji verra ce qu'il fera de toi. Mais, explique-moi…

-Lucia.

-Lucia, comment tu peux me prouver que tu es la nièce du Roux ? Premièrement, qu'est-ce que tu ferais sur un navire marchand, au beau milieu de West Blue ?

-C'est bien connu, ça, que Shanks vient de West Blue.

-Certes, mais comme tu le dis toi-même, c'est bien connu. Comment veux-tu…

-Je ne peux pas vous le prouver. C'est juste ma parole.

Maeko pâlit encore plus, tombant presque dans les pommes devant la débilité de son amie, et surtout, son côté suicidaire. Elle voulait les faire tuer, ou comment ça se passait.

Norane était en train de peser le pour et le contre. La Gamine semblait dire la vérité. Après tout, quels avantages aurait-elle pu tirer en mentant ainsi ? Être la nièce de Shanks Le Roux, un des grands Empereurs du Nouveau Monde n'attirait pas que les amis. Surtout sur le navire d'un ennemi au dit Shanks. L'Amazone finit par hausser les épaules :

-Je décide de te croire. Mais c'est à tes risques et périls. Courtois, emmène donc nos nouveaux amis aux cales. Ils y resteront le temps qu'on revienne au Moby Dick. C'est-à-dire un mois.

« Un mois, ce n'est pas si long… on ne devrait pas trop s'éloigner d'East Blue… je supplierais l'Ancien de m'y renvoyer en promettant de revenir deux ans après… ouais, c'est un bon plan. En même temps, je pourrais même peut-être essayez de voir Satch, Marco, Izou, Teach et les autres. Ouais, c'est un bon plan. Et puis, après, je reviendrais, Luffy. C'est promis », pensa Lucia, alors qu'un homme la poussait dans les profondeurs du bateau, suivit de près par Maeko, et Alikey, toujours assommée. Le brun pesta silencieusement contre son amie. Elle jouait à un jeu trop dangereux à son goût, et ils risquaient tous les deux de perdre gros. Mais pour l'instant, il n'avait pas d'autre choix que d'avoir une pleine confiance en Lucia. Enfin, il espérait que tout se passerait pour le mieux.

Gecko fixait le capitaine du navire marchand que Lucia avait l'habitude de prendre. Il ne lui avait pas apporté de bonnes nouvelles, après cette semaine de poursuite. Vraiment pas bonne. Lucia avait été prise comme otage. Sur le navire d'une armada de Barbe Blanche. La mission semblait plus complexe que ça, finalement :

-Que fait-on, Vice Amiral ?, demanda un soldat.

-Si on ne peut pas venir à elle, ce sera elle qui viendra à nous. Tiens E au courant. On change de cap. Direction East Blue. On va aller appuyer là où ça fait le plus mal, et aller chercher Monkey D. Luffy. Et là, elle reviendra, crois-moi.

La roue de la chance était lancée, et plus rien ne pourrait l'arrêter. Gecko créait alors sa propre chance, alors que Lucia voguait vers des retrouvailles nouvelles.


Voilà pour ce troisième chapitre vous a plu. Je suppose (tout du moins j'espère) que vous vous posez encore certaines questions, mais je vous promets que toutes les zones d'ombre seront expliqués tout au long de l'histoire. Mais vous pouvez toujours me faire savoir vos hypothèses :

Pourquoi Lucia n'est-elle plus sur le Moby Dick? Quelle est cette organisation dont fait partie Maeko? Qu'est-il arrivé à Alikey pour qu'elle rejoigne la Révolution? Qui es ce mystérieux coéquipier? Quel lien entre Lucia et Shanks? Comment vous pensez que vont se passer les retrouvailles? A vous de me donner votre avis.

Littlejuju : Je suis ravie que tu remarques les efforts que je fais pour lier les choses dans cette histoire :). Comme j'ai quand même créer pas mal d'OC, il faut toujours que je démêle tout pour rendre ça cohérent. Ce qui est assez hardu comme travail, j'en conviendrais, mais bon, c'était mon choix de faire ça. Lucia a son propre caractère, assez comique à certains moments certes, mais en même temps, elle a un parent en commun avec Luffy alors bon. Quand à l'identité de son père, ça je pense que ça restera une surprise :)

Prochaine chapitre : Discute au fond d'une cale. Moby Dick en vue, promesse de retrouvailles émouvantes.

Je ne sais pas exactement quand je posterais ce quatrième chapitre, surtout parce qu'il est coupé en deux parties et que je veux vous mettre les deux parties en même temps. J'ai encore beaucoup à corriger sur celui-là (logique vu qu'il est plus long) et je pars en vacances à partir de Mardi, donc ça va être plus compliqué, mais il arrivera dans la semaine à venir, c'est sûr.

Sur ce, à bientôt - La Femme Invisible.