Disclaimer : One Piece ne m'appartient pas. Si c'était le cas, beaucoup de choses ne se serait pas passé de la même façon. Et je serais potentiellement riche et célèbre. Mais bon.
Bon, en route pour le chapitre IV, qui est en deux parties, mais que je poste en même temps. Encore désolé pour le retard. Bisous les enfants et bonne lecture.
Arc 1 : Les Origines.
Chapitre IV : partie 1 : Discute au fond d'une cale. Le Moby Dick en vue, promesse de retrouvailles émouvantes.
Voilà déjà deux semaines que le mini Moby Dick voguait vers le Nouveau Monde, où il retrouverait le bateau mère de Barbe Blanche. Deux longues semaines durant lesquelles ils avaient traversé Grand Line. Se trouvant actuellement sur l'île des Hommes Poissons, les hommes de la 5ème division étaient de plus en plus euphoriques à l'idée de rentrer à la « maison ». D'autant plus que leur arrivée était attendue avec impatience, depuis l'annonce des trois otages un peu spéciaux. Ça surexcitait certains pirates, mais laissait indifférent la plupart. Edward Newgate lui-même avait soupiré à l'annonce. Ça n'annonçait que des ennuis inutiles. Mais Norane s'en contre fichait. Les gosses, de toute manière, ne lui importait peu. Et à ce moment là, elle essayait de vider sa tête de tous problèmes et angoisses pour mieux se concentrer sur son objectif : rentrer le plus vite possible :
- Figure toi que j'en ai découverte une bien bonne, racontait-elle à son denden mushi, assise dans un bar en plein milieu de l'île.
- Dis toujours, tu m'intrigue réellement, sur le coup là, No-chan, fit la voix de Vista, sortant de l'appareil.
- Shanks Le Roux a une nièce.
- Vraiment ?
- Enfin, c'est ce qu'elle raconte.
- Ne me dis pas que c'est elle, l'otage que tu ramène !
- Ce n'est pas un otage. C'était une monnaie d'échange. Une monnaie d'échange qui tenait à la vie, vu qu'elle préférait venir sur le bateau plutôt que d'être jetée à l'eau.
- Je ne définirais pas « tenir à la vie » par ces mots, Norane.
- Je sais, je sais, mais bon… je ne sais vraiment pas ce qu'il se passe dans sa tête. Son pote est complètement paniqué, mais elle, elle est zen.
- C'est le sang du Roux qui fait ça.
- J'y crois moyen à cette histoire.
- Alors pourquoi tu l'as prise avec ?
- Je ne sais pas trop en fait… c'était bizarre. Mais tu verrais ses yeux, Vista-kun… il y brille une telle volonté de vivre… s'en est presque choquant. Bon. Je dois te laisser, on ne va pas tarder à repartir.
- Ok, bah tu me tiens au courant, de quand vous n'êtes plus trop loin et tout. Et amuse-toi bien avec la nièce du Roux.
Elle raccrocha, avant de remballer l'escargot, et de filer vers le bateau. Elle cria qu'ils mettaient les voiles, tant pis à ceux en retard, avant de remonter sur le bateau, et d'aller vers les calles.
Maeko cogna sa tête sur le mur froid, en la balançant en arrière. Deux semaines qu'il s'ennuyait sec dans les cachots du bateau, à attendre que quelque chose se passe. Lucia avait une mine concentrée, quelque peu anxieuse, mais sereine tout de même. Son corps entier débordait de confiance. Un mouvement dans la calle à côté attira son attention. Alikey, qui dormait jusque là, se réveilla doucement. Elle n'avait pas fait une nuit aussi bonne depuis l'arrivée sur le bateau, et la belle bosse qui se voyait toujours sur son front, était le seul témoin du mal de crâne qui la prenait à chaque instant. Et les menottes en Granit Marine accroché à son poignet droit ne faisaient rien pour l'aider. Elle se releva du sol froid et sale, ses vêtements commençant à prendre une couleur et une forme assez désagréable à la vue, tandis que ses cheveux semblaient s'emmêler de plus en plus, jour après jour. Quand à son visage, d'habitude si pâle, était recouvert d'une fine couche de poussière et saleté accumulé depuis le début du séjour, donnant alors un effet de peau hâlée, mais surtout sale. Elle soupira en voyant la gamelle d'eau posée là tous les jours, qu'elle ne touchait jamais :
- La Belle au Bois Dormant est enfin réveillée, fit remarquer Maeko, bougeant doucement ses mains, faisant retentir le tintement de ses menottes.
- Ta Gueule !, répliqua simplement la blonde, de mauvais poil.
- Charmant, fit remarquer Lucia.
- T'as un problème peut-être ?
- On se calme, ok ? C'est pas vraiment le moment pour se prendre la tête comme des enfants.
- C'est ce que vous êtes, des enfants !, cria Alikey.
- Sans vouloir te manquer de respect, fit intelligemment remarquer Maeko, tu n'as pas franchement l'air plus âgé que nous.
- J'ai 17 ans.
- Nous, 15. Tu vois, y'a pas franchement de différence entre toi et nous.
- Vous vous trompez.
- Certes…
- Tu vas rester bloquée dans l'idée qu'on est des foutus assassins longtemps, ou comment ça se passe ?
Hop, cash ! Lucia avait toujours été très directe. Alikey fit la grimace. Lorsqu'elle s'était réveillée, quelques jours après l'attaque, elle avait tout de suite expliqué, aussi calmement qu'elle le pouvait qu'elle devait les tuer. Les deux jeunes avaient d'abord ris de la situation, puis, trouvant l'ambiance de plus en plus pesante, avaient essayé d'expliquer à Alikey qu'ils n'étaient pas ce qu'elle croyait qu'ils étaient. Mais c'était sans compter sur l'entêtement maladif d'Alikey, qui restait sourde oreille à toutes leurs explications :
- Peu importe. A cause de vous, je suis coincée ici.
- C'est un peu malhonnête de nous dire ça. C'est toi qui veut nous tuer, et, en voulant le faire, as même réussi à te faire emprisonner, alors bon.
- Bon, Ali… je sais plus comment tu t'appelles, répliqua Maeko, essayant de calmer l'ambiance électrique.
- Mon prénom ne te regarde pas.
- Bien, dans ce cas, je vais t'appeler Ali. Bref, je ne pense pas que ce soit le moment de se prendre la tête. Nous ne sommes pas des Sans-cœurs. Enfin… peut-être que si, à la base, mais, tu crois sincèrement que si on était des tueurs d'élite à la botte de la Marine, on serait ici, en train de se plaindre de ne pas pouvoir rentrer chez nous. Ou même d'avoir fait péter la moitié du bâtiment pour nous échapper ?
Un instant, le doute envahit l'esprit de la blonde. Elle fit la grimace, et fixa les deux ados. Ils ne ressemblaient pas à des tueurs, loin de là. Ils semblaient même bien plus qu'inexpérimenté, et même inoffensif. Et qu'est-ce que la nièce de Shanks Le Roux pouvait bien faire chez le Gouvernement Mondial ? Bonne question. En attendant, elle avait appris à se méfier des apparences, car elles étaient souvent trompeuses, mais bon… elle avait juste envie de croire ces deux gosses. Ils n'étaient que des enfants après tout :
- Admettons que je vous croie ne serait-ce qu'une minute… qu'est-ce que j'y gagnerais à rester avec vous ?
- La vie sauve ?, ironisa Lucia, en haussant un sourcil.
- Et comment peux-tu me promettre ça ?
- Comme avec l'autre nana commandante ou vice commandante de Barbe Blanche, la seule chose que je peux te donner, c'est ma parole. Je ne me serais pas jetée si facilement dans la gueule du loup si je n'avais pas un plan n'est-ce pas ? A moins que tu ne penses que je sois une sincère idiote.
- Eh bien… l'idée m'a traversé l'esprit.
Les trois jeunes gens échangèrent pendant un instant, un petit rire complice, avant qu'Alikey ne se racle très bruyamment la gorge. Le blanc qui suivit le peu de gaité fut brisé par Norane, arrivant dans les cachots :
- Bon, les mômes, on est parti de l'île des Hommes Poissons… on arrivera au Moby Dick dans deux semaines. Profitez bien, d'ici là.
Lucia ouvrit en grand la bouche. Elle ne s'attendait pas à ce que le Moby Dick soit dans le Nouveau Monde. Qu'est-ce qu'irait bien foutre une flotte entière à West Blue. Très bonne question. Lorsqu'elle partit, une réponse assez fleurie d'Alikey arriva jusqu'aux oreilles de la brune, mais elle ne s'en formalisa pas :
- On s'est peut-être un peu trop éloigné d'East Blue, tu ne pense pas ?, fit remarquer la fille d'Heyko.
- Bon sang, continua Alikey sur sa lancée, au Nouveau Monde ? Sérieusement ?
- Ton petit boss de l'armée Révolutionnaire ne va pas venir te chercher ?, se reprit Lucia, sarcastique.
- Techniquement, je ne suis plus dans l'armée.
- Alors où est le problème ? Tu as une famille, des amis, une île qui t'attendent ? Permets-moi d'en douter, vu que tu sembles faire partie de la révolution depuis longtemps. Et ce ne sont pas des gosses aimés au sein d'une cellule familiales seines et propres qui font partie de cette organisation.
- Tu as raison…, dit-elle simplement, le regard et la voix vide.
- Luffy va s'inquiéter… je vais mettre du temps à rentrer.
- Parce que tu as de la famille toi, nièce du Roux ?
Un sourire joueur et attendri naquit sur les lèvres de la rouge, alors qu'elle laissa tomber sa tête contre le mur :
- Mon petit frère, Luffy, est ma seule famille… pour te dire, je ne connais même pas mon nom de famille…
- Tu ne connais aucun parent ?
- Mis à part mon frère… enfin, demi-frère, on n'a que notre mère de commun.
- Et… tu ne prends pas le nom de ta mère ?
- Ca m'apporterait beaucoup trop de problèmes.
Alikey ne chercha pas à voir plus loin, de toute manière, elle avait été désagréable avec elle tout le long du voyage, et elles ne seraient probablement jamais amies, ne se reverraient probablement jamais après cette embrouille. Mais, c'est une curiosité piquée au vif qui laissa frustrée la blonde. Elle se contenta simplement de la fermer pour ne pas s'attirer plus d'ennui. Surtout devant le regard meurtrier que Lucia lança à Maeko, quand ce dernier voulut en placer une. Un sourire se dessina même sur ses lèvres. Chose assez rare s'il en est. Peut-être qu'elle arriverait à les apprécier, finalement…
Finalement, Norane fut soulagée quand le Moby Dick fut enfin en vue. Voilà près de trois mois qu'elle avait quitté la maison, elle et les hommes de son armada, pour une mission sur West Blue, et qu'ils n'avaient pas revu les autres. De plus, avec Alikey, Maeko et Lucia retenus dans sa calle, elle était sûre de se faire remarquer en arrivant. Chose qu'elle appréciait particulièrement. Bien qu'elle détestât les hommes, Norane adorait plus que tout jouer de ses charmes et attirait tous les regards sur elle. Qui lui rendait assez bien d'ailleurs.
Lucia ouvrit avec difficulté les yeux. Voilà un mois qu'elle n'avait pas dormi une seule nuit entière, et les cernes violettes sous ses yeux en témoignaient fortement. Maeko semblait avoir toujours autant un sommeil de plombs et pouvoir dormir dans n'importe quelle position (en l'occurrence, ici, assis contre le sol froid, ses menottes retenues près de ses jambes). Quand à Alikey, plus le temps passé, plus Lucia se disait que la pauvre allait tomber dans les pommes de fatigues. La blonde jouait alors, ainsi, à un jeu sans fin, consistant à balancer une des énormes barrettes qui retenaient ses cheveux autrefois, quand ils étaient encore propres et coiffés :
- J'espère vraiment que ton oncle va poutrer la gueule à Barbe Blanche, Lucia. Sinon, j'aurais vécu cet enfer pour rien…
- Ton apparence te préoccupe tant que ça ?
- Non… c'est juste que l'odeur commence à être assez désagréable. Et la sensation de sal aussi. Sans parler de la fatigue. Je donnerais n'importe quoi pour un lit. Et l'ennui, aussi, facteur assez important, mine de rien.
- De toute manière, s'il avait été mon oncle, il n'aurait quand même rien pu faire contre le vieux.
Alikey ne sut comment réagir, partagée entre la surprise, l'incompréhension, et une haine et rage totale contre la jeune Swann :
- Alors toi…
- Debout là dedans, c'est un nouveau jour qui se lève !, dit un certain Courtois, en arrivant dans la calle. Le Moby Dick est en vue, et comme on est sympa, on va vous laisser des douches pour être un minimum présentable devant Père.
- Trop aimable, dit Maeko, à peine réveillé, entre ses dents, la tête encore dans le cul.
- Donc, vous passerez à tour de rôle, en gardant vos menottes bien sûr.
- Ca risque d'être super pratique, leva les yeux au ciel Alikey.
- Et ensuite, l'infirmière en chef vous auscultera pour vérifier que vous ne portez pas une merde qui pourrait nuire à la santé de Père.
- On passe à la douane quoi ?, fit simplement Lucia, heureuse de pouvoir se débarrasser de la crasse qu'elle avait accumulée en un mois.
- Si vous voulez. Honneur aux dames, et aux enfants, Lucia, je vous prie.
Il entra dans la cellule de Lucia et Maeko, les clés en main, et détacha les menottes de la fille d'Heyko Swann du sol, avant de lui montrer le chemin vers le pont supérieur :
- Trop de galanterie, fit-elle remarquer, ironique.
- C'est par là. Vous avez dix minutes.
Lucia s'activa pour se débarrasser de ses vêtements à moitié déchiré du mieux qu'elle pouvait avec ses menottes et démarra une course contre la montre pour se doucher. Elle lava rapidement chaque recoin de son corps, avant de s'attaquer à ses cheveux, qu'elle aurait mille fois dû couper, rien que pour le temps qu'ils prendraient à sécher. Mais elle soupira surtout quand l'eau atteint enfin sa peau. C'était comme si elle perdait des centaines de kilo, du à la crasse accumulé ce mois dernier. Elle s'enroula ensuite dans la première serviette à disposition, essora ses longs cheveux rouges, et essuya son corps, avant de toquer à la porte :
- Oui ?
- Il me faudrait de nouveaux habits, si ce n'est pas trop demander, réclama Lucia. Les miens sont tellement sales que ça fait peur. En plus, ils sont en lambeaux.
- Je vous apporte ça tout de suite.
Le temps que le pirate revienne, Lucia avait pu sécher et essayer de dompter sa crinière couleur sang. Finalement, elle reçut des habits amples plus de mec, et elle enfonça la capuche du gilet bien sur sa tête. Le tout serait d'être discrète. Si jamais Satch, Marco, ou même Izou la remarquaient, elle ne pourrait plus jamais repartir. Elle sourit en voyant la porte d'une infirmerie se dessinait. Si rien n'avait changé, quand elle ouvrirait la porte, elle verrait la femme qui l'avait éduqué sur le Moby Dick. Et quand elle l'ouvrit :
- Votre identité, je m'en tape, ce que vous avez fait pour rendre No-chan en colère au point de vous prendre en otage aussi, je m'en fous. Tout ce qui m'intéresse ce sont les virus que vous trimballez dans votre corps. J'ai déjà assez de boulot avec le vieux. Alors ? Possesseur d'un quelconque fruit ?, monologua Mérédith, assise à son bureau, juste en face de la porte. Elle releva des lunettes sur son nez et fixa la nouvelle venue.
- Je ne te connais pas si agressive et vulgaire, Didi. Les années auprès des pirates t'ont donc vraiment changé ?
Les lunettes de l'infirmière en chef, qui avait pris un petit coup de vieux, fallait l'avouer, tombèrent de son nez, alors que Lucia enlevait sa capuche :
- Non… impossible…
- Mais pourtant, je suis bien là devant toi ! Quand à ce que j'ai fait à cette No-chan, je n'en ai pas la moindre idée. Mais par contre, je possède bien un fruit.
- Lucia… c'est vraiment toi ? Oh mon dieu… comme tu as grandi !
La femme se releva de son bureau, et courra vers l'adolescente, pour la prendre dans ses bras. Elles restèrent ainsi un bon moment, avant que la plus vieille décide de mettre fin à leur étreinte, prenant le visage de la plus jeune dans ses bras, et l'inspectant dans des gestes précis et doux. Les gestes d'une mère. Elle observa chaque recoin d'une enfant qu'elle n'avait jamais pu oublier :
- C'est dingue comme tu as changé !
- Beaucoup de choses changent en huit ans, Lala.
- La dernière fois que je t'ai vu, tu étais haute comme trois pommes et tu suivais Satch et Marco en criant qu'un jour, tu deviendrais une pirate aussi forte qu'eux. Et quel âge ça te fait maintenant ?
- J'ai 15 ans depuis quelques mois.
- 15 ans, répéta Lady, sous le choc. Mon dieu, Lucia… quand tu vas débarquer sur le bateau. Tu ne t'imagine même pas la joie que ça va être. Tu nous manque tous tellement. Depuis que Shanks est venu pour t'emmener sur je ne sais quelle île, avec je ne sais quelle famille éloignée. Mais en fait… tu es bien sa nièce ? Je veux dire…
- Techniquement, je n'ai aucun lien de sang avec lui. Il se proclame juste mon parrain. Paraît-il qu'il était proche de ma mère
- Tout le monde le savait ça, c'était bien connu. Ils viennent de la même île en West Blue il me semble…, réfléchit un bref instant.
Lucia laissa un instant le silence entre elle et son ancienne éducatrice, puis, décida d'annoncer tout de suite la couleur à son aînée :
- Malheureusement… je ne suis pas tellement là pour ça.
- Vraiment… pourquoi alors ?
Lucia entreprit de lui raconter sa fuite de l'île, sans donner trop de détails sur le centre, le voyage dans les calles de Timm, l'attaque par les hommes de Norane, le long mois de la traversée, où Lady s'étouffa devant le mauvais traitement qu'avait reçu sa fille adoptive :
- Je ne vois pas ce qui t'empêcherait de rester.
- J'ai un frère, Didi. Un petit frère qui compte sur moi. Et je dois aller le retrouver.
- Il n'est pas assez grand pour se débrouiller tout seul ?
- On s'est promis de prendre la mer à nos 17 ans. Je n'en ai que 15. Mon plan était, de toute façon, de partir à 17 ans, et vous retrouverez tout de suite. Je n'avais pas d'autres objectifs.
- Mais alors, fais le maintenant.
La fille d'Heyko Swann repensa alors à la promesse qu'elle avait faite à l'autre grand frère de Luffy : « Tu ne dois plus jamais fuir, Lucia. Tu ne dois plus jamais être aussi lâche que ça ! Tu m'entends ! Tu ne mérites pas d'avoir Luffy comme frère tellement tu ne penses qu'à toi ! Alors tu ne dois plus jamais partir comme ça ! Tu devras tout faire pour revenir ! Promets-le-moi ! Sur la tête de Luffy ! Promets-le, comme ça tu ne le feras plus jamais souffrir ! ». Les relations entre les deux avaient toujours été conflictuelles et dangereuses. Mais ils avaient trouvé un terrain d'entente et, d'un commun accord, avaient décidé de prendre soin de la personne qu'ils chérissaient le plus au monde. Et cette promesse qu'elle lui avait faite ce jour-là, sur le port de Fuschia, jamais l'adolescente ne pourra l'oublier :
- Je ne peux pas… ils comptent trop sur moi.
- De toute manière, pour l'instant, tu n'es pas en position de faire ou dire quoi que ce soit.
- Je sais.
- Si rentrer est vraiment ce que tu veux, Cia, alors je t'y aiderais. Mais sache que si tu croises une seule fois ne serait-ce que Marco ou pire encore Satch, et qu'il te reconnait, tu ne pourras plus jamais quitter le Moby Dick.
- Je sais, soupira-t-elle. Mais tu serais vraiment un amour de m'aider. Je comptais demander de l'aide au papi en lui promettant de revenir 2 ans plus tard.
- C'est la décision la plus sage. Tu m'épates. Tu n'es plus une gosse immature. En même temps, beaucoup de choses ont dû se passer en 8 ans.
Lucia hocha la tête, ne pouvant que répondre par un oui, il s'en était passé des choses en 8 ans.
Lucia attendit patiemment, se laissant faire par l'infirmière en chef du navire, grimaçant légèrement quand elle lui retira un peu de sang par un aiguille, avant de se relever et de regarder la femme, dans un sourire :
- Quoi qu'il arrive Lucia, fais toujours ce qui te semble être le meilleur. D'accord ?
« Vivre sans le moindre regret. » Tel était leur devise, à tous les trois. Et elle comptait bien la respecter jusqu'à la fin. Un sourire se dessina à nouveau sur les lèvres de Lucia. Elle allait les revoir. Chose qu'elle rêvait faire depuis longtemps, bien trop longtemps. Elle espérait seulement pouvoir les voir ne serait-ce qu'une seule minute avant de repartir. Histoire de la faire patienter encore deux longues années. Mais elle serait aux côtés de Luffy, donc, le temps ne passera pas si lentement que ça.
Alikey regarda Lucia s'avançait vers l'impressionnant Barbe Blanche, autour de toute cette foule agglutinée autour d'eux. Tout le monde se précipitait pour voir la nièce de L'Empereur, ancien moussaillon sur le navire du Seigneur des Pirates, et on dit, ami proche d'Heyko Swann. Cette dernière avait sa capuche toujours enfoncé sur la tête, seuls ses cheveux rouges dépassaient du gilet, prouvant, aux yeux de tous, son lien de parenté avec Shanks. Elle était toujours menottée, d'ailleurs aussi. Satch regardait la scène d'un air désintéressé. Il détestait Shanks et tout ce qui rapportait de près ou de loin à l'Empereur depuis belle lurette. Que sa nièce soit capturée ou non l'indifférait, mais il devait rester là car c'était son devoir de commandant d'intervenir si besoin est. Ah, qu'il enviait Marco à ce moment même sur l'une des mers du Nouveau Monde, à remplir une foutue mission sur une île quelconque. Mais loin d'ici et du souvenir douloureux de l'enfant qu'ils avaient élevé. M'enfin bref. Maeko, lui était en train de prier pour que son amie ne fasse pas de bêtise. Ils étaient tout de même en face de Barbe Blanche, l'homme le plus puissant de ces mers :
- J'ai eu vent d'une fauteuse de trouble dans les quartiers de la Marine, mais de là à imaginer que c'était toi, commença Newgate, en buvant une gorgée d'alcool.
Les pirates étaient accrochés au moindre mot de la conversation, attendant avec impatience la suite. Lucia releva légèrement la tête, laissant apparaître son sourire :
- J'ai toujours eu un certain don pour ce genre de chose, et tu le sais très bien, l'Ancien.
Maeko retint son souffle de peur, alors qu'Alikey haussait les épaules et que quelques cris indignés résonnèrent dans l'insistance. Cris que le géant calma d'un seul geste. Là, Satch fut intéressé. La familiarité entre son Capitaine et la gamine lui rappelait un vague souvenir :
- J'ai pu le remarquer ça oui. Et quel était le pourcentage de chance que tu tombes sur des hommes de ma flotte, ne te connaissant absolument pas, alors qu'il pillait un bateau venant de West Blue, alors qu'aux dernières nouvelles, tu résides en East Blue.
- Le hasard ? La chance ? Le destin ? Certainement un peu des trois.
- Tu as bien le caractère insolent de ta mère en tout cas. Enfin bref, que me veux-tu Gamine ?
- Je ne vais pas y aller par quatre chemins. Je ne suis pas ici pour revenir. Pas encore. J'ai un petit frère… Luffy. Il m'attend, en East Blue, justement, et j'étais en train de le rejoindre quand le Capitaine du bateau m'a vendu comme étant la nièce de Shanks. Je veux y retourner.
- Tu n'es pas en âge de prendre la mer ?
- Si mais… j'attends encore deux ans, et…
- Je viens bien t'offrir une embarcation à tes amis et toi… seulement.
- Je promets de revenir dans deux ans.
Là, Barbe Blanche eut un rire. Il posa sa bouteille pour fixer l'adolescente :
- Enlève donc cette foutue capuche pour que je vois à quel point tu ressembles à ta mère.
Lucia grimaça et donna un petit coup d'œil dans l'insistance. Des visages qu'elle connaissait se mélanger à ceux qu'elle ignorait. Et son regard se posa sur Teach et ses tartes à la cerise, Izou, sa main posée sur ses pistolets, visiblement le plus prêt à intervenir, Namur se chamaillant gentiment avec Haruta, et tant d'autres. Puis, son regard se posa sur Satch, nonchalamment assis sur le bastingage à fixer la scène d'un œil absent, les bras croisés sur son torse. Elle détourna son regard de la vision de son ancien tuteur. Il n'avait pas changé d'un poil, avait juste pris un peu en âge. Il n'était plus le jeune homme dans la semi-vingtaine qui l'avait élevé. Il devait facilement avoir la demi-trentaine, voir même presque la quarantaine. Un sourire doux se dessina sur les lèvres de Lucia. Elle tâta de son sac de voyage qu'elle avait gardé avec elle, ayant emporté les affaires importantes à ses yeux. Elle reporta ensuite son regard vers le géant :
- Je ne suis pas sûre que ce soit la meilleure des idées.
- As-tu peur de ne pas pouvoir repartir ?
- J'ai surtout peur qu'on ne me laisse pas repartir.
Mérédith sourit en entendant les paroles de la jeune fille. Elle tourna ensuite son regard vers Maeko, qui se raclait bruyamment la gorge :
- C'est pas que je ne comprends pas un seul mot de ce vos dîtes, tous les deux, mais je viens de passer un mois au fond d'une calle juste pour ça ?, s'indigna Alikey. Eh puis, ces menottes me font atrocement mal. Quelqu'un ici ne pourrait pas avoir la gentillesse de me les enlever ?
- Et si la gentille Madame qui nous a kidnappés pouvait aussi me rendre Actu, ce serait plutôt assez sympathique.
- Alors tu es sûre de ton choix, Gamine, rajouta Barbe Blanche, ignorant les plaintes des deux autres.
- Absolument.
- Bien, libérez-moi ces gosses, et débarrassez-moi le plancher.
Un murmure parcouru l'assemblée, alors que Courtois s'avançait vers Alikey qui lui tendait ses mains pour défaire ses menottes. La tête toujours baissée, Lucia se vit enlever ses propres menottes sur le regard sérieux et sévère de Norane, qui lui rendait son sac :
- Je n'ai rien touché.
- Merci.
- Etrange qu'une ado qui se prétend être la nièce de Shanks se promène encore avec une peluche.
- Rien touché, mais vous semblez avoir une curiosité à toute épreuve. Ça ne vous regarde en aucun cas.
- Il y a juste un petit problème que je n'arrive pas à résoudre. Alors j'aimerais que tu répondes à mes questions.
L'Amazone avait prit les trois jeunes à l'écart, alors qu'on leur préparait sous un air interrogateur, une barque pour les laisser partir. Lucia prit peur. Satch, maintenant intrigué par la familiarité entre son Capitaine et la jeune nouvelle venue, voulait en savoir plus. Et pour en rajouter une touche, elle avait les cheveux rouges, et Newgate connaissait sa mère. Ça faisait beaucoup trop de coïncidence pour être ignoré. Elle soupira et renfonça encore plus sa capuche sur la tête :
- Bien, mais rapidement.
- D'où connais-tu Père ?
- Eh bien… cette histoire est trop longue pour être raconté en 5 minutes. Je le connais de ma mère, si on peut dire ça.
- Qui est ta mère ?
- Une femme dangereusement connue. Une personne forte, mais que je déteste. Morte, depuis bien longtemps.
- La première fois que j'ai vu la peluche de Satch, je me suis moquée de lui. Puis, je lui ai simplement demandé pourquoi il en avait une. Il m'a parlé d'une gosse qu'on avait déposé sur le navire, 12 ans avant que je ne rejoigne l'équipage. Une gosse spéciale. Il ne sait pas ce qu'elle est devenue. Ça me paraît assez étrange que tu ais la même peluche que lui.
- …, Lucia tiqua légèrement en sentant Satch se rapprochait. Vous vous trompez de personne, je ne connais pas ce Satch.
- On ferait mieux de déguerpir, fit remarquer Alikey. Les gens me fixent trop étrangement. Je n'aime pas ça.
- Je suis d'accord avec la blonde, pour une fois, dit Maeko en pointant la révolutionnaire du doigt, qui prenant une vive couleur rouge sous l'appellation.
Les trois adolescents prirent le chemin des calles à bateau, et posèrent leurs affaires sur la barque. Et alors que la toute petite embarcation quittait l'enceinte du Moby Dick, l'adolescente aux cheveux rouges enleva sa capuche, se sentant plus en sécurité. Ça avait été une épreuve de voir ainsi Satch sans pouvoir l'approcher. Elle soupira en fixant son sac d'affaire. Elle remarqua alors qu'il était ouvert. Et qu'un unique objet manqué. Un soupire lui échappa, alors que sur le pont du bateau qui s'éloignait de plus en plus, un cri s'éleva alors qu'une silhouette se dessina sur le bastingage, comme prête à se jeter à l'eau. Et c'est le regard douloureux que Lucia détourna le regard, en essayant de ne pas se concentrer sur les appels du pirate. Elle se mordit violemment la lèvre, alors que Maeko et Alikey la fixaient, avec compatie pour l'un, et curiosité pour l'autre. Et finalement, elle lâcha prise.
Elle se retourna violemment, faisant vaciller l'embarcation. Le Moby Dick devenait de plus en plus petit, mais il restait à porter de vue, et elle voyait très bien Satch l'appeler. S'ils faisaient demi-tour maintenant, elle aurait le temps d'aller le voir, de le prendre dans ses bras et de lui dire à quel point il lui avait manqué :
- Faîtes demi-tour !, cria-t-elle aux deux autres, ne lâchant pas le navire du regard.
- Quoi ?! Mais t'es complètement folle ma parole !
- Faîtes demi-tour !
- Hors de question !
- Bien, j'y vais toute seule alors !
- Lucia, n'y va pas, mais t'as pété un câble, ça ne va pas bien dans ta tête !
- Que vous m'accompagniez ou pas ne change rien. J'y vais quand même.
Et avant que Maeko n'ait le temps de protester une nouvelle fois, des lianes étrangement solides sortir des pieds de la jeune adolescente, se dirigeant avec souplesse vers le Moby Dick. Satch recula de deux pas quand elles vinrent se planter dans le bastingage, de grosses épines se plantant dans le bois et assurant ainsi une sûreté des plus totales. Elle se mit alors à courir sur les deux lianes qui formaient un chemin vers Satch, en un rien de temps, les hurlements de protestation d'Alikey et de Maeko s'éteignirent à ses oreilles, et elle vit la Banane de Satch devenir de plus en plus grosse, au fur des pas en funambule qu'elle faisait au dessus de la mer bleue. Et finalement, elle sentit le bois sous ses pieds. D'un bond souple et contrôlé, elle quitta le sol pour arriver dans un endroit trop familier pour être ignorer. Les bras du cuisinier se refermèrent sur l'adolescente alors qu'elle atterrissait sur son torse. Sous le choc, ils tombèrent à la renverse, mais Lucia ne s'en officialisa pas. Elle n'entendit même pas le rire de Barbe Blanche, ou encore les cris ahuris des autres, les plus anciens, qui l'avaient finalement reconnu. Elle ne sentit pas qu'on la soulevait à nouveau du sol, elle n'entendait rien. Sourde, muette et aveugle, elle l'était dans l'étreinte rassurante de Satch. Cela faisait 8 ans que la jeune fille ne rêvait uniquement que de ça. Les retrouver. Tous. Mais surtout lui. Et Marco. Après tout, n'avaient-ils pas pris soin d'elle comme des parents ? Ne les considérait-elle pas comme tel ?
Maeko, une grosse veine tapante et bien visible sur son front, s'avança sur le pont du Moby Dick qu'il avait rejoint de la même façon, alors qu'Alikey avait pris le chemin des airs. Il tendit son poing en l'air et souffla doucement dessus. Lorsque Lucia se releva lentement du sol (et de sur Satch), son crâne rencontra avec assez de violence le poing rageur du jeune homme :
- Qu'est-ce que j'ai fait au ciel pour avoir une idiote pareille comme amie ? Non mais t'y crois ça ! On n'a pas tous tes penchants suicidaires, Cia ! Parce que tu vois, moi, moi, MOI, et bah je tiens à la vie moi ! Et peu importe le lien que tu as avec les pirates de Barbe Blanche, je ne veux pas le savoir, j'en sais déjà bien trop sur toi et plus rien ne pourra m'étonner de toute manière, tu pourrais éviter cinq minutes de baser toutes tes actions sur ton instinct monstre et tes coups de tête sans aucune logique, et essayer, je dis bien essayer d'utiliser ton petit cerveau qui, je n'en ai pas le moindre doute est bien développé pour…
- Calme toi, Maeko, c'est cool, j'ai la situation bien en main.
La veine sur le front du brun ne fit qu'augmenter et il asséna un nouveau coup de poing sur le crâne de son amie, créant ainsi une deuxième bosse bien visible. Alikey ré atterrit sur le bateau en fixant la scène d'un air absent. La dispute entre les deux amis étaient maintenant le sujet centre de toutes les conversations, bien plus encore que le retour de l'enfant prodige. Barbe Blanche décida finalement de mettre fin au duo comique que formait (sans le vouloir), un Maeko survolté et indigné devant la connerie d'une Lucia avec un air innocent et crétin à la D. Il la tenait toujours par le col de sa veste, le bras prêt à s'abattre à nouveau sur son crâne, histoire de bien lui faire comprendre qu'elle était une parfaite idiote. Il la relâcha devant les regards que les pirates ayant connu Lucia lui lançaient, Satch le premier, et Izou en première ligne :
- Finalement, Luffy peut bien attendre un jour ou deux non ?
- Lucia…, soupira Maeko, qui savait que de toute manière, elle avait gagné, rien qu'en retournant sur le bateau.
- Quoi ?
- Rien, laisse tomber. Je suppose que tu vas me trouver une explication logique à tout ça, mais je n'en veux pas. Fais comme ça te chante, ça ne me regarde pas. De toute façon, la personne qui arrivera à te faire changer d'avis n'est pas encore né, têtue comme tu es.
- Juste un jour ou deux… juste revoir Marco.
- Concrètement, qu'est-ce que tu veux que je te dise ?
- Que tu m'attendras ?
Le brun soupira, mais accepta finalement en hochant silencieusement de la tête. Il eut un rire, en voyant son amie sauter de joie. S'il avait su qu'il resterait…
On se retrouve tout de suite pour la partie 2 -
