Disclaimer : One Piece pas propriété de moi. Propriété d'Oda. Dommage pour moi. Mais réalité.
On termine ce troisième chapitre les amis ! On se revoit en bas, comme d'habitude. Bonne lecture !
Arc 2 : Passés entremêlés.
Chapitre III, partie 2 : Annonciateur de nouvelle en tout genre. Face au fantôme d'East Blue.
Lucia était d'humeur joviale. Après deux semaines de coma, puis, deux semaines d'inactivités, coincée dans une infirmerie avec des visites changeantes, comme Marco ou Satch qui passaient tous les jours, Maeko qui restaient là une heure ou deux, Sonia qui changeait ses médicaments ou Haruta qui l'occupait de temps à autre, la visite la plus fréquente restée Izou, le commandant était très inquiet de la santé de sa petite protégée. Mais aujourd'hui, cela changé. Sonia avait refait ses bandages et Lucia pouvait maintenant quitter l'infirmerie, même si elle devait y retourner tous les jours au moins deux fois par jour pour le mois suivant. Son corps entier était recouvert de bandage et la nouvelle cicatrice à son œil allait mieux. Au moins, ça ne la brûlait plus et elle n'avait plus besoin de bandes pour mettre dessus. Par contre, elle évitait de croiser un miroir et ça, tout le monde l'avait très bien compris.
Elle se trouvait donc au réfectoire à l'heure de pointe, comme dirait le monde et c'était bondé, comme pour changé. Eh oui, ce n'est pas parce que Miss Lucia revient qu'il y a moins de monde à l'heure des repas. Non mais ô ! Et après avoir passé un repas globalement calme à la table des commandants et autre (les pirates de la première ayant mis la grappe sur leur seconde), Satch apporta le dessert favori de Lucia pour lui faire plaisir, elle qui n'avait mangé que du liquide depuis un bon mois :
- Du gâteau !, s'exclama Lucia, des étoiles dans les yeux. T'es le meilleur Satch !
- Mademoiselle est servie ! Spécialité du chef, gâteau à la crème sur son lit de coulis de fraise et cerise sur le gâteau, la petit fraise accompagnant le tout.
- Une fraise qui mange des fraises, soupira Ace, c'est pas considéré comme du cannibalisme ?
- Depuis quand tu connais des mots aussi compliqués et intelligents que cannibalisme ?, ironisa Alikey.
- Je crois bien qu'il a enfin trouvé le dictionnaire dans la cabine de Marco, ria Izou.
- Surtout, faîtes comme si je n'étais pas là, hein, je n'entends rien. Au fait, Satch, pourquoi tu lui fais des gâteaux à elle et pas à moi ? Moi aussi j'ai été gardé en captivité pourtant !, s'indigna Ace.
- Ouais, mais toi t'es un goinfre sans manière à table et que je ne fais ça qu'aux jolies dames !, s'énerva le cuisinier en chef en frappant le crâne du jeune commandant de la 2ème.
- C'est bon, j'ai compris, pas besoin de me frapper, se plaignit Ace, plaçant ses mains sur son crâne pour le protéger des assauts de son aîné.
- Bon, vous allez me laisser manger mon gâteau tranquille oui ?, demanda Lucia, au bord de l'énervement.
Un silence presque religieux s'installa à la table, uniquement brisé par les bruits de protestations d'Ace alors que Vista avait pris la relève de Satch, trouvant qu'emmerder le jeune Portgas était un jeu assez intéressant. Lucia porta la première cuillère à sa bouche, savourant le délicieux met que lui avait préparé son cuisinier préféré slash papa adoptif slash imbécile heureux adoré. Bref, elle redécouvrait le bonheur de la vie. Quand soudain, le drame arriva.
Ace, énervé par le comportement de l'épée fleurie, se releva violemment pour l'empêcher de le frapper une nouvelle fois, donna un violent coup dans le coude de Lucia. Hors, c'était directement le bras qui tenait l'assiette contenant le gâteau qui se retrouva directement au sol.
Le silence complet se fit dans la salle, chose rare. On entendit le bruit des mouches tandis qu'Ace, aidait par un Maeko pâle, se rendait compte de sa gourde. Il prit la même couleur du visage que la neige et recula lentement, plaçant ses mains devant lui, prévoyant l'attaque. Lucia, elle, fixait toujours son pêché mignon étalait sur le sol, le regard vide, le corps tremblant. Alikey osa alors prendre la parole :
- Tu te souviens de ce que t'as dit Sonia, Lucia ? Tu ne dois pas pousser tes nerfs à rude épreuve et pas non plus effectuer des mouvements trop brusques…
Le silence se fit à nouveau, tout le monde craignant le pire, Ace en premier lieu. Puis :
- AAAAAAACE ! MON GATEAAAAAU !
La course poursuite fut engagée et elle dura une bonne demi-heure à la fin de laquelle Ace fut attachée au grand mât, le reste du gâteau étalait sur son visage et le haut de son corps avec un papier où l'on pouvait lire l'inscription « Je suis un parfait idiot » dessus. Depuis ce jour, Portgas D. Ace ne renversa plus jamais de gâteau de toute sa vie.
Alikey se promenait sur le pont, vérifiant que sa flotte effectuait bien les tâches données. Elle sifflait aussi un air de musique, assez joyeuse, de bonne humeur, pour changer un peu. Voilà deux mois que tout était retourné dans l'ordre. Et deux semaines que Lucia était presque entièrement rétablie, même si Sonia ne la lâchait pas d'une semelle, vérifiant tout le temps que son pouls soit correct ou que sa tension aille bien. Bref, elle devenait de plus en plus lourde aux yeux de la jeune femme. Mais enfin bref, elle devait faire avec, après tout, elle avait été torturé non ? Mais à part ça, Lucia avait un air aussi léger et joyeux que d'habitude donc personne n'allait voir plus loin. Elle allait mieux, elle allait mieux, point.
Alikey engueulait un de ses hommes quand Norane, du haut de la vigie, appela les unités. Un bateau était en vue, et au premier coup d'œil il n'était pas franchement amical. Alikey tourna son regard vers l'océan et en effet, un navire se dessinait au loin. Seulement, c'était une petite embarcation, et elle lui disait étrangement quelque chose. La jeune vice-commandante se rapprocha du bord pour essayer d'avoir un meilleur aperçu alors que tout le monde s'agitait sur le pont. Eh puis, soudain, elle reconnut l'énorme tête qui se dessinait au loin, et devait prendre la bonne moitié du bateau, le faisant passer pour une simple petite embarcation.
Alikey ouvrit largement les yeux et la bouche sous la surprise, eh puis frappa violemment sa main dans sa tête, dans un geste désespéré :
- Pas de panique ! Que tout le monde se calme, je connais ces personnes !, cria-t-elle à tout le monde sur le pont, se retournant pour faire face aux pirates, déjà armés jusqu'aux dents.
- Alikey-sama ! Qui sont ces personnes ?!
- Repose cette hache tout de suite Max, tu ne l'enverras nulle part !
Le dit Max reposa sa hache d'un air franchement déçu et envoya un coup de pied dans le vide. Max aimait la bagarre, c'était un fait indéniable, et cela faisait quelque temps que l'équipage était inactif, ce qui le rendait fou :
- Qui sont-ils, Alikey-sama ?
La dite Alikey-sama, n'eut pas le temps de répondre que l'énorme tête la héla par un sobriquet dont seule elle avait recourt :
- MA PETITE PLUME CHERIE !
- Les gars, j'ai l'honneur de vous présenter Emporio Ivankov, de l'armée Révolutionnaire. Iva-chan !, cria-t-elle à l'attention du travesti (homme ou femme tel est le grand mystère). Que venez-vous faire ici ?
- J'AI UN MESSAGE DE DRAGON POUR TOI !
La blonde fut immédiatement intriguée et elle intima à un homme de sa flotte de prévenir que ce n'était qu'une fausse alerte, au moment où Lucia et Maeko arrivés, complètement en alerte, l'un avec le sabre dégainé et l'autre… bah totalement en panique :
- Que se passe-t-il ? Ali ?
- Dragon aurait apparemment un message à me faire passer.
- C'est quoi cette chose ?, demanda Lucia, en pointant Ivankov du doigt.
- Le roi, ou la reine, personne ne sait, des travestis, un grand lieutenant de l'armée Révolutionnaire.
- Oh, je vois…, dit Maeko, passablement.
La jeune femme se détacha des deux adolescents et partit vers la cabine de Barbe-Blanche pour lui expliquer la situation.
Une bonne dizaine de minute plus tard, Ivankov et quelques hommes masqués sous de grandes capes faisaient face à Barbe-Blanche et Alikey. Le roi des travestis (supposons que c'est un homme) salua comme il se devait le capitaine du Moby Dick, puis se tourna vers Alikey, un grand sourire aux lèvres :
- Ma petite plume, on a retrouvé ce que tu cherchais !
Alikey accusa le coup comme si elle venait de s'en prendre un dans le ventre. Ses yeux et sa bouche formèrent de magnifiques « O » et elle laissa presque un cri lui échappait. Edward Newgate fixa sa fille avec soupçon :
- Vous… vous savez qui… qui retient Alessandra ?
- Oui. On soupçonnait bien qu'elle était à Marie Joa, mais tu comprendras toute la difficulté de la tâche.
Alikey hocha de la tête, elle avait formulé à Dragon son vœux de prendre d'assaut la ville des Saints, mais Dragon l'en avait défendu, déclarant que ça n'aiderait pas sa sœur et qu'elle se ferait uniquement tuer. Elle regarda alors le révolutionnaire avec intensité :
- Et donc… ?
- Eh bien en fait, c'est elle qui nous a contactés. Elle a déclaré vouloir nous aider et ça faisait déjà 2 ans qu'elle nous avait rejoint tout en restant la femme de cet enflure mais c'est Kedakai-sama qui s'est rendu compte le premier. Il nous a donc envoyé ici pour te prévenir, et qu'il t'aiderait si nécessaire.
- S…, soupira la jeune femme, un grand sourire illuminant son visage. Iva-chan ! Tu l'as déjà vu ? Comment va-t-elle ?
- Malheureusement, je ne m'occupais pas de ces histoires, ma petite plume.
- Alikey, peux-tu donc me dire ce qu'il se passe ?
- Oyaji… avant que je n'arrive ici ou même dans l'Armée Révolutionnaire, ma sœur a été emportée de force par des Dragons Célestes.
- Comme esclave ?
- Non, comme femme. La vérité est que j'ai du sang royal dans mes veines et la beauté légendaire de ma sœur en attira plus d'un dans mon royaume. Elle fut forcée à l'épouser lui, et c'est en refusant de me soumettre à ce sort que je me suis retrouvée dans l'armée.
- Tu veux donc dire qu'ils ont retrouvé ta sœur.
- Oui, ça fait presque dix ans que je ne l'ai plus vu. J'aimerais vous demander l'autorisation d'aller la sauver. Ce serait une mission et je reviendrais quand j'en aurais fini avec ça et que je la saurais en sécurité. Je vous en supplie.
- Tu n'as pas à me supplier ma fille. Tant que tu reviens en bon état après.
- Alors je viens avec toi, s'écria Lucia, en sortant du rang. J'aimerais t'aider, Alikey, sincèrement. Eh puis, comme on descendra au paradis il faut que je me rende sur quelques îles.
- Lesquelles ?
- Tout d'abord sur l'île de Dawn, en East Blue. Luffy va avoir 17 ans et je n'aimerais pas manquer son départ en mer. Ensuite, sur Reddosan, en West Blue. Elsa m'a dit deux trois trucs assez déstabilisant et je veux avoir le cœur net sur mes origines.
- Vous m'oubliez comme à chaque fois !, râla Maeko, en sortant lui aussi du rang. Hors de question de partir à la chasse aux Dragons Célestes sans moi. Ça me permettra d'attirer Elsa et de lui rendre la monnaie de sa pièce.
- Est-ce vraiment votre choix ?, demanda Newgate, sceptique.
- Il est hors de question que tu bouges de ce navire Lucia !, protesta Sonia, au bord de la crise de nerf.
L'adolescente aux cheveux rouges se retourna vers l'infirmière aux cheveux roses et lui sourit. Elle prit ensuite Alikey et Maeko bras dessus bras dessous et dit :
- Hors de question que je laisse ces deux brêles sans surveillance.
- De nous trois, c'est toi la plus irresponsable, soupira Alikey, essayant de se défaire de son amie.
- De plus, j'ai la sensation que c'est sur Reddosan que je trouverais les réponses aux questions. Bien sûr, je pourrais demander à Shanks, mais ce serait lui donner raison et je déteste lui donner raison.
- De toute manière, avec ou sans l'accord de Sonia tu y iras, sortit Maeko, d'un ton blasé.
Lucia servit un sourire plus blanc que blanc à Maeko et ce dernier ne put s'empêcher d'en avoir un en coin. L'infirmière abandonna, criant à qui voulait l'entendre que « cette gosse est suicidaire ! Vas-y donc, Lucia, mais je ne te soigne plus ! Ca c'est sûr ! De toute manière personne ne m'écoute jamais et… »
Ivankov eut aussi un sourire en voyant Lucia et Maeko s'excitaient autour d'Alikey, la tirant chacun d'un côté : « Tu as enfin trouvé ta place, ma petite plume. » :
- Bien, c'est décidé, je vous donne deux mois de permission durant lesquels vous partirez au paradis sauver la sœur d'Alikey et trouver des informations à Reddosan. Je vous demande juste de me ramener un rapport complet sur la situation là-haut et sur les nouveaux Rookie que vous pouvez trouver dangereux ou trop ambitieux.
- Ce sera fait Oyaji !
- Eh mais… attendez… si Alikey part je vais être tout seul à la tête de la deuxième flotte.
- Ne t'inquiète pas, Ace-Taïsho, tu t'en sortiras très bien.
- Et qui a besoin d'une femme pour l'aider dans cette tâche ?, ria un homme de la deux.
- Répète un peu pour voir ?!, explosèrent Lucia, Norane et Alikey en même temps.
- Je…
Le pirate recula lentement devant le trio qui s'avançait lentement vers lui. Maeko se décida à prendre les choses en main vu que Barbe-Blanche semblait plus amusé par la situation qu'autre :
- Allons, allons, mesdemoiselles, calmez-vous je suis certaine qu'il ne pensait pas un mot de ce qu'il a dit !, dit Maeko en retenant les femmes par les épaules.
- Voyez mes enfants, il ne faut jamais sous estimer la force des femmes !, s'amusa Newgate. Honnêtement, vous avez de la chance de ne pas avoir connu l'équipage des cygnes blancs, soupira-t-il après, le nombre de coup que Roger et ses hommes se sont reçus à l'époque.
- Bon, bon, Alikey, partir le plus tôt serait le mieux non ?
- Ah oui ! Alessandra ! Me voilà, attends-moi !
Les pirates de Barbe-Blanche regardèrent leur coéquipière partir vers le bateau des révolutionnaires, Lucia et Marko en premier lieu, avec des têtes assez… étrange. Lucia se tourna vers son ami :
- On lui dit qu'elle fait un peu bête là ?
- Non… on va la laisser s'en rendre compte toute seule.
La blonde arrêta d'un coup sa joyeuse marche puis se tourna vers ses compatriotes, l'air un peu gêné :
- Héhé, oui, vaudrait mieux que je prenne des affaires avec, deux mois ça fait long.
- Moi, je suis la plus irresponsable des trois hein ? Sympa.
Finalement après un départ laborieux et des « au revoir » larmoyant, les trois recrues partirent pour une aventure loin de leur équipage. La jeunesse du Moby Dick s'en allait découvrir d'autres horizons pour mieux revenir à la maison après. Mais ils étaient loin de se douter que cette fameuse mésaventure leur donnerait ce surnom.
- Alikey-sama ! Alikey-sama !
- Oui Tommy ?
Le jeune révolutionnaire arriva à la hauteur de la belle blonde se tenant sur le pont. Elle reconnaissait les environs, elle y avait vécu tellement d'année. Un sourire presque nostalgique naquit sur ses lèvres :
- Nous sommes bientôt arrivés à destination. Nous avons déjà prévenu le QG et le lieutenant Kedakai vous attend de pied ferme.
- Dis-moi Tommy…
- Oui Alikey-sama ?
- Koala… que devient-elle depuis la dernière fois que je l'ai vu ? Ce n'était encore qu'une gosse inexpérimenté.
- Elle a suivi un entraînement sous la tutelle de Dragon-sama, tout comme vous et Kedekai-sama, et d'un Homme-Poisson. Elle vous a maintenant remplacé en devenant la coéquipière de Kedakai-sama.
- Bien. J'ai aussi hâte de la revoir. Elle n'était pas là quand je suis venue vous voir aux alentours de Kareha.
- Koala-san s'est platement excusée, mais elle avait mieux à faire dans les horizons.
La détentrice du fruit de l'Ange se souvint alors des nombreuses missions qu'elle avait faites avec le fameux Haran-sama. Elle avait hâte de le revoir, lui plus que tous les autres. Elle était déjà vexée qu'il ne soit pas venu lui annoncer la nouvelle lui-même. Ivankov lui avait expliqué qu'il s'était absenté pour des raisons personnelles, que Dragon semblait au courant mais ne voulait rien dire.
Lucia sortit de la cabine qu'ils partageaient à trois, le regard dans le vide. Il faisait à peine jour et tout le monde bougeait et courait déjà sur le pont. Elle crut un instant qu'ils étaient attaqués quand elle entendit simplement quelqu'un crier : « QG en vue ! Je répète QG en vue ! ». Alors ils arrivaient enfin.
Le plan, sur le papier, était simple. Ils arrivaient à Bartigo où ils expliqueraient la situation à Dragon, le chef de la Révolution, avant de récupérer l'ami d'enfance d'Alikey, Kedakai-sama, donc. Ensuite, ils partiraient à Marie Joa, où une équipe déjà infiltrée les aidera à trouver Alessandra en toute discrétion et enfin, ils repartiraient avec cette dernière, la ramenant certainement à Bartigo. Ensuite, ils fonceraient vers le Nord et les quatre mers, avant de faire une escale par l'île de Dawn et s'arrêtait sur Reddosan pour trouver les réponses aux questions que Lucia se posait. Et enfin, les deux mois seraient passés et ils renteraient sur le Moby Dick. Sur le papier, c'était simple, après il fallait voir ça dans la réalité.
Le bateau accosta une demi-heure plus tard alors que le soleil avait déjà bien entamé sa course dans le ciel. Personne ne les accueilli, d'ailleurs l'île semblait comme abandonnée :
- Vous êtes sûr qu'on est au bon endroit ?, demanda Maeko, sceptique.
- Laisse faire Maeko-kun ! Bartigo est surtout connu pour son étrange désert qui cache certaines choses aux yeux de tous, lui répondit Alikey, marchant au devant du groupe.
- Un endroit logique finalement, pour le QG de l'armée révolutionnaire, constata Lucia.
Et au bout d'une bonne dizaine de minutes de marche dans une tempête de sable, un bâtiment se dégagea à l'horizon où là, on pouvait y apercevoir de la vie. Les gens se regroupèrent à l'entrée de ce même bâtiment, et ils acclamèrent Alikey en la reconnaissant, comme s'ils revoyaient leur héros :
- Dis donc, elle est vachement connue ici, murmura Maeko à l'oreille de Lucia.
- J'ai un mauvais pressentiment, lui dit Lucia, sur le même ton.
- Comment ça ?, s'inquiéta-t-il.
- Rien de bien spécial je…, commença-t-elle. J'ai la boule au ventre et… je sais pas trop, je me sens oppressée ici.
- C'est moi qui devrait me sentir oppressé Lucia, marmonna Maeko, je te rappelle que c'est moi, l'ennemi de la liberté.
- Je pense que tu représente plutôt un symbole, que même avec le mal dans la peau, on peut quand même bien finir. Mais évite quand même de balancer comme ça que t'es un Sans-Cœur. Ces gens ont du perdre beaucoup de personne à cause d'Asashin.
- Ouais…
Maeko enfonça encore plus sa tête dans sa capuche, du fait qu'il disparut presque entièrement dedans. Lucia fit la même opération. On n'est jamais assez prudent quand on ressemble à deux gouttes d'eau à l'une des plus grandes criminelles qui n'ait jamais existées. Même si Heyko est un exemple de liberté elle était bien loin d'en être un de paix. Heyko, aussi douce et sympathique pouvait-elle paraître à l'époque, ne restait pas moins un terrible pirate à la tête du plus grand équipage de femme n'ayant jamais existé. Du moins le plus puissant. Et selon Elsa, elle cachait aussi une force venant des Enfers alors bon…
Un mal prit Lucia au ventre lorsqu'elle traversa la porte du bâtiment. Alikey semblait heureuse de revenir, de revoir l'endroit qui l'avait vu grandir après la catastrophe. Ça ressemblait peut-être à une maison pour elle vu qu'elle n'avait plus vraiment la sienne. Lucia restait quand même sur ses gardes. Ses tripes lui criaient de partir, qu'elle n'allait pas découvrir quelque chose qui lui plairait. Maeko quand à lui, n'avait rien dit et se contentait de suivre le mouvement tel un parfait mouton. Finalement, le malaise se faisait de plus en plus constant au fil des minutes.
Ils arrivèrent à la pièce que Lucia pensait principal vu le nombre de personne qui y défilait et les activités diverses et variées pratiquaient ici. Alikey se détacha du groupe pour aller vers la personne qui semblait être le chef du mouvement, un homme de dos, avec des cheveux longs et noirs, et vêtu d'un cape d'un vert foncé assez douteux aux yeux de l'adolescente :
- Alors c'est lui le chef de la Révolution, murmura Maeko, à lui-même.
- Alors c'est lui, le père de Luffy, murmura Lucia, à elle-même.
Alikey salua l'homme de manière respectueuse mais surtout elle le remerciait mille fois du regard, ça se voyait. Il lui dit alors de se relever et demandèrent aux deux autres aussi de les suivre dans son bureau. Il n'était pas spacieux, mais Lucia en était convaincue il devait renfermer mille secrets. Après tout, Dragon était entouré de secret. C'était un homme agissant en secret. A croire que le secret était toute sa vie. Mille questions lui vinrent en tête. Avait-il conscience de l'existence de Luffy ? Prenait-il des nouvelles de son fils, peu importe avec quel moyen ? Savait-il la chance qu'il avait d'avoir un enfant aussi généreux, souriant et merveilleux que Luffy ? Et surtout, comment avait-il rencontré ou voir même séduit, Heyko Swann, la réputée Démone sans cœur ?
- Vous pouvez enlever ces capuches avec moi, je sais qui vous êtes. N'est-ce pas, Lucia Swann, la fille d'Heyko Swann et Maeko Storm, aussi appelé M, annonça le chef de la Révolution d'une voix grave.
- On ne peut rien cacher à Dragon, sourit Alikey, essayant de détendre l'atmosphère.
- Ne pas divulguer mon identité de Sans-Coeur, hein, Lucia ?, ironisa Maeko, tout en enlevant sa capuche.
- Je n'en attendais pas moins du chef d'un mouvement comme la Révolution, dit calmement Lucia, dévoilant sons visage.
- Eh bien, vous m'avez l'air d'être deux adolescents avec de forts caractères.
- La vie ne m'a pas vraiment laissé le choix, à ce niveau-là, grogna Maeko.
- Et c'est compréhensible, tout à fait compréhensible, soupira Dragon. Tu t'entoures vraiment de personne avec une personnalité au moins aussi envahissante que la tienne, Alikey.
- Oui. Mais enfin bref, nous ne sommes pas là pour parler de ça.
- Oui effectivement. Pour ta sœur, Alikey, nous avons retrouvé le Saint qu'elle a épousé, il y a de cela 9 ans. Heureusement pour elle et le reste de cette planète s'en porte mieux, il est mort il y a peu.
- Vraiment ? Je ne me rappelle pas qu'il soit si vieux.
- Il n'est pas mort de vieillesse. Le rapport que tu nous as envoyé de Kareha. Nous avons intercepté le bateau avant qu'il n'arrive à Shabondy. St Jalmak est décédé à cause de sa maladie.
Maeko et Lucia échangèrent un regard entendu, et elle faillit sauter de joie :
- Bien. Qu'ont-ils fait d'elle ?
- Vu qu'elle était de sang royal ils l'ont gardé là-haut, bien qu'elle ne lui ait jamais donné d'héritier.
- La lignée de St Jalmak est donc éteinte ?, demanda précipitamment Lucia.
- Je ne crains que non. Il a du avoir des bâtards avec ses servantes.
- Uhm…
- Et Alessandra ?
- D'après les rumeurs qui tournent, elle s'apprête à épouser un autre Dragon Céleste. On ne sait pas encore lequel.
- Qui est sur place ?
- Koala et son équipe.
- Et…
- Il t'attend avec impatience.
Dragon eut un sourire en coin et Alikey soupira. Ils préparèrent ensuite les derniers petits détails, avant que Dragon ne reconduise les adolescents à la porte de son bureau :
- J'aimerais te parler, Lucia, si tu as cinq minutes.
- Euh… oui…
- On se retrouve après, on ne part pas sans toi, t'inquiète, sourit Maeko.
Lucia ne quitta donc pas la petite pièce alors que Dragon s'asseyait à son bureau. Ils restèrent silencieux pendant quelques secondes, le temps qu'il fallut à Lucia pour replonger dans ses pensées et comparer son petit frère au supposé père qu'elle avait devant elle. Bien sûr, elle savait qu'elle n'avait aucun lien avec Dragon. Mais tout cela la perturbait. Comment se faisait-il qu'un homme aussi calme, sérieux et sûr de lui soit le père de Luffy ? Ou pire encore, le fils de Garp ?
- A quoi penses-tu Lucia ?
- Euh… je me demandais juste comment est-ce que vous pouviez être le père de Luffy en fait. Bien sûr, il y a une petite ressemblance au niveau du faciès, et encore, mais… personnalité. Vous semblez si responsable et sérieux, tout le contraire de Luffy en fait.
- Luffy, hein… tu es proche de lui ?
- Aussi proche qu'une sœur puisse l'être avec son frère.
- Bien.
Ça semblait le satisfaire vu qu'il eut une ombre de sourire sur le visage :
- En tout cas, tu ressembles énormément à ta mère.
- On me le dit souvent, marmonna-t-elle.
- J'aurais simplement voulu savoir si tu l'avais éveillé, dit-il, derechef.
- Sauf votre respect… qui est-ce que je dois éveiller ?
- Je pense donc que la réponse est non. As-tu déjà entendu parler d'Akaoni ?
- Non plus, désolée.
- Pas besoin de t'excuser pour cela. Le Roux ne t'en a donc jamais parlé ?
- Shanks ? Non, je n'ai jamais entendu parler d'Akaoni. Qui est-ce ?
- Si tu ne l'as pas découvert, ce n'est donc pas à moi de te le dire. Je peux juste te mettre en garde. Contre tes propres démons.
Lucia resta de glace. Mais qu'avaient-ils donc tous à lui parler de démon ? Aller sur Reddosan semblait devenir une priorité :
- Heyko trouvait cela judicieux de te la laisser en héritage. J'espère que tu as la santé solide en tout cas.
- Alors là, peu importe de quoi vous parlez, je me vois obliger de vous rectifiez, j'ai un cœur on ne peut plus fragile.
Là, ce fut Dragon qui resta de marbre. Il soupira et murmura un « Dommage » à peine audible. Puis, il releva le regard avec elle :
- Je voulais simplement te demander de ne pas t'approprier tout de suite mon second, j'en ai encore besoin.
- Mais pourquoi vous me dîtes ça ? Sans vouloir vous manquez de respect, je viens d'avoir la conversation la plus étrange de toute ma vie avec vous. J'ai l'impression de… je ne sais pas, je me sens tout simplement idiote.
- Un jour viendra où tu découvriras la vérité. A propos de ta mère et de ce qu'elle t'a légué s'entend.
- Vous étiez proche d'elle ?, demanda-t-elle, sans aucun tact.
- On peut dire ça., sourit-il. On a surtout fait le sale boulot ensemble.
- Et vous avez eu Luffy.
- Et on a eu Luffy, répéta-t-il, comme pour clore la conversation.
Lucia se demanda alors ce qu'ils buvaient les révolutionnaires puis se résolut à l'idée que le monde autour d'elle était fou et qu'il avait arrêté de tourner rond. Puis, elle mima un mouvement vers la porte alors que Dragon ne l'en empêcha pas, elle prit ça pour une autorisation de sortir. Elle ouvrit la porte, mille et une questions se retournant dans sa tête. Son ventre la prit à nouveau et elle faillit se plier en deux sous la douleur : « te demander de ne pas t'approprier mon second ». Pourquoi son cerveau lui renvoyait-il cette phrase ? Pourquoi avait-elle cette sensation de familiarité. D'où venait ce sentiment de malaise ?
Tu es bien trop naïve Lucia.
La dite Lucia releva brusquement la tête, s'arrêtant sur place. Dragon la regarda avec un air rempli d'interrogation :
- Ça va aller ?
- Oui, oui, répondit-elle précipitamment.
Et idiote en plus. Mon dieu, Heyko, pourquoi m'as-tu refilé à une enfant pareille ?
Lucia regarda dans tous les sens possibles. Mais elle ne vit personne s'adressait à elle ou même à sa défunte mère. C'était une voix féminine. Celle… celle qu'elle avait entendu le jour où… où Elsa lui avait ouvert les veines. Celle qui s'était faite passé pour Makino :
Allez, Lucia, ne fais pas cette tête et vas donc rejoindre tes amis.
- Excusez-moi, mais… avez-vous entendu quelque chose ?, demanda Lucia en se retournant vers Dragon.
- Non.
- Bon, c'est mon imagination qui me joue des tours.
Tu ne peux plus continuer à m'ignorer Lucia, continua la petite voix qui, apparemment parler dans sa tête.
Mais Lucia l'ignora quand même. Et elle s'arrêta.
Elle cherchait désespérément une trace d'Alikey ou de Maeko, ou même d'une tête qu'elle connaissait. En vain. Le QG de Bartigo était bien trop grand. Eh puis, elle reconnut la voix de Maeko parmi la foule de personne qui se trouvait dans les couloirs :
- Je t'interdis de l'approcher, tu m'entends ?, clama la voix de Maeko terrifiante.
- Ce n'était pas mon but premier, lui répondit une voix familière, trop familière, qui fit arrêter Lucia sur place.
- Mais… mais… Sabo-kun…, supplia la voix d'Alikey.
Le cœur de Lucia se stoppa littéralement dans sa poitrine. Ses yeux s'écarquillèrent en grand et elle sentit son corps entier se raidirent d'un coup. Elle en eut presque la nausée. Non, elle en eut la nausée. Impossible… il était mort.
Des images violentes la renvoyèrent dix ans en arrière, sur East Blue, alors qu'elle avait accompagné Dogra pour aller chercher Dadan et Ace. Leur pas les avait menés à la cérémonie en l'honneur du Dragon Céleste. Elle l'avait vu. Elle l'avait vu prendre le bateau du pêcheur. Hissé fièrement dans le ciel, son drapeau avec le S dessus. Elle avait eu les larmes aux yeux, mais accepté ce choix. Puis, tout avait basculé. Il avait évité la collision avec l'énorme bateau, mais St Jalmak, déterminé à le tuer envoya une attaque au bazooka. Lucia avait cru rêver. Pourquoi… pourquoi lui avait-il tiré dessus ? Qu'est-ce que Sabo lui avait-il fait ? Elle entendit la foule prendre peur, mais de la colère du tout puissante Dragon Céleste, pas pour son ami. Eh puis, elle aurait voulu y aller, si elle n'était pas tétanisée par la peur. Et quand le deuxième coup de bazooka avait été lancé, condamnant Sabo, le cœur de Lucia s'était arrêté pour la première. Elle avait retenu un cri, de peur qu'on la remarque de trop. Elle avait vu le drapeau partir en fumée. Son chapeau, lentement s'envoler pour retomber sur l'eau et flotter. La peine, la douleur qui l'avait prise en plein dans sa cage thoracique, lui broyant littéralement le cœur.
La métaphore avait été parfaite. Lucia faisait sa première crise d'angoisse, la première fois que son cœur avait cessé de battre correctement c'est quand il eut le plus mal, à la mort de Sabo.
Elle s'avança lentement, se traçant un chemin parmi la foule, la boule au ventre. De toute manière, c'était impossible. Elle l'avait vu, elle l'avait vu de ses propres yeux. Il. Etait. Mort. Et ça ne pouvait pas être autrement.
Cependant, la violente réalité arriva à ses yeux, tandis qu'elle discernait les trois silhouettes qui se détachaient du reste. Et elle le remarqua alors. Il était de dos, mais elle aurait mis sa main au feu que c'était lui. Lui et lui seul. Alors, elle s'effondra.
Maeko était en colère. Très en colère. On n'aurait pas pu le mettre plus en colère que ça. Tandis qu'Alikey sauta dans les bras de la personne en face d'elle en criant son nom : « Sabo-kun » pour les intimes, il reconnu le sobriquet qu'avait utilisé Lucia des années auparavant. Et il avait deviné son identité. Alors il rageait. Parce que cet idiot avait fait souffrir Lucia. Et il le mettrait en garde, qu'il ne pourrait pas revenir ainsi dans sa vie, sous peine de se prendre son poing dans la tronche.
Et là, il croisa son regard à elle, paniquée, et il se stoppa dans tout mouvement. A son expression, Lucia avait aussi compris. Elle plaça lentement sa main sa bouche, empêchant le son de ses sanglots sortir de son corps. Ses yeux se fermèrent lentement comme échapper à la dure réalité, et elle se mit à trembler. Maeko eut à peine prononcé son nom qu'elle se retourna et disparut entre les personnes :
- Lucia attends !, cria le brun, tout en bousculant le dit Sabo-kun pour rejoindre son amie.
Mais Lucia n'entendait déjà plus rien. Des larmes coulaient en abondance et elle était prise par des petites convulsions dues aux sanglots qui la prenaient. Elle avait envie de crier tout comme elle avait eu envie de crier ce jour-là. Elle vacillait, titubait, n'arrivait pas à marcher droit sous le coup de la colère mélangé à la déception. Il était vivant. Avec le recul, elle en serait la fille la plus heureuse du monde. Mais là, elle ne ressentait que de la haine pour tout ce que Sabo aurait pu rectifier en rentrant s'il était si bien vivant. Les larmes de Luffy, la colère d'Ace, son désespoir à elle. Leurs trois cœurs meurtris à jamais, il les avait laissés avec une grosse cicatrice sur le cœur en forme de S barré. Tout comme le tatouage d'Ace sur son bras, ou le sien. Mais il était vivant. Et finalement, cette information lui faisait encore plus mal alors qu'elle s'était résignée à le savoir mort.
La fin du bâtiment se dessina enfin, et elle sortit dans la tempête et le désert de Bartigo, sans penser le moins du monde aux conséquences. Elle avait juste besoin de fuir. Comme elle l'avait fait il y a dix ans lors de l'accident. Courir pour essayer de créer une autre douleur qui lui ferait oublier celle qui lui tiraillait le cœur au moment même.
Puis, alors qu'elle se laissait porter entièrement dans un tourbillon de sentiment plus contradictoire les uns que les autres, elle repensa aux paroles d'Ace. Elle était trop émotionnelle, et ses émotions prenaient trop souvent le dessus. C'était un défaut. Elle était devenue une pleurnicharde. Ce qu'il détestait plus que tout. Mais elle s'en fichait. Comment réprimer ainsi la douleur qui nous broie les entrailles :
Ma pauvre, si tu commences à te poser ce genre de question maintenant, tu ne vas pas en finir.
- Mais qui es-tu toi aussi ? Si tu es là juste pour me narguer, va-t-en.
Ce n'est pas l'envie qui me manque, crois-moi. Seulement, je ne peux pas. J'suis un peu coincée vois-tu.
Lucia ne répondit rien à ça. Après tout, elle parlait à la petite voix dans sa tête. Elle devenait complètement folle :
Ça je ne te le fais pas dire ma pauvre, ria la petite voix de manière sadique.
- Qui es-tu au juste ?
Vaste question qu'est celle-ci. Je n'ai pas envie de te répondre. Je ne te dois rien, et j'ai la flemme. Contente-toi de pleurer dans ton coin parce que ton cher Sabo est finalement vivant, de toute manière, c'est la seule chose que tu es capable de faire correctement.
Lucia en arrêta net de pleurer. Si ça ce n'est pas se prendre ses quatre vérités dans la tronche, elle voulait bien savoir ce que c'était :
Tu laisse trop tes sentiments prendre le dessus, c'est une faiblesse.
- Tu fais bien partie de moi non ?
On peut dire ça comme ça.
- Alors tu devrais pouvoir ressentir ce que je ressens.
Sauf que c'est tellement le bordel dans ta tête Lucia que je n'arrive pas à démêler le vrai du faux.
Lucia ne pouvait pas contredire ça. Elle avait déjà du mal elle-même à faire le tri dans sa propre tête :
- Je ressens… une joie, une joie immense de le savoir vivant. Mais aussi une déception tellement grande qu'elle prend le dessus sur tout. Il nous a comme trahi. Et enfin, de la tristesse de me rendre compte que toute la douleur qui a été avec sa mort aurait pu être évitée. Je suis heureuse, déçue et triste.
Tu ne te contente pas de laisser un sentiment, mais trois prendre le dessus. La seule chose que tu devrais tirer de cette histoire c'est simplement le fait que tu as réussi à devenir plus forte grâce à ça. Dis-toi que tu as acquéri de la puissance là où tu as souffert.
- Ressentir des émotions, c'est être humain. C'est le propre de l'être humain. Et j'aurais largement préféré rester faible mais garder Sabo près de moi, crois-moi.
Et c'est ce qui nous différencie le plus Lucia. Tu es humaine, moi non.
- Alors qu'es-tu ?
- Je te l'ai déjà dit. Je n'ai pas envie de te le dire. Et des personnes plus compétentes le feront pour moi, plus tard.
- Lucia !, cria la voix de Maeko, au loin, mettant fin à la conversation avec la petite voix.
L'adolescente aux cheveux rouges, toujours assise sur le sol dur et recouvert d'une fine couche de sable. Elle soupira. Apparemment la voix avait disparu après l'interruption de Maeko. Mais elle n'avait pas envie de leur faire face, à tous. Surtout à lui. Comme à son habitude, elle voulait fuir. Parce qu'elle était lâche.
- Lucia je t'en supplie, réponds-moi !
- Je ne veux voir personne !
- Si tu veux faire ton caprice, fais-le au moins en sécurité à l'intérieur !, cria la voix d'Alikey, autoritaire et pleine de reproche.
- J'ai dit : JE NE VEUX VOIR PERSONNE !, cria la voix de Lucia, en réponse, menaçante.
La blonde et le brun s'arrêtèrent et se regardèrent et échangèrent un regard entendu. La provenance de la voix n'était pas trop loin, ils étaient presque près d'elle. Maeko avait tenu à ce qu'ils y aillent uniquement tous les deux, assurant à Sabo qu'il envenimerait les choses plus qu'elles ne l'étaient déjà.
Ils arrivèrent progressivement à là où se trouvait Lucia. Au centre d'un petit tourbillon de sable, elle était assise par terre et fixé un point plus loin, ses yeux étant vides d'expression, et sa bouche fredonnant un air d'une chance que Maeko avait déjà entendu, mais jamais Alikey. Sur ses joues, on pouvait remarquer les traces rouges laissaient par ses larmes, mais elle ne ne prit même pas la peine de se retourner pour les regarder. Elle continuait de fredonner, comme posséder par une force plus puissante. Alikey tenta une approche, avançant doucement vers son amie. L'adolescente ne pipa pas mot quand la blonde posa dans un geste lent et compréhensif une main sur son épaule :
- Lucia, je sais que tu dois êtres déçue et triste mais…
- Je ne veux pas d'explications. Je m'en fous.
- Mais…
- Il est bien vivant ? C'est bien lui ?
- Je suppose.
- Alors ça me suffit.
- Mais…
Lucia se releva et sans donner un regard de plus à Maeko ou Alikey, elle repartit en direction du bâtiment sans rien demander aux autres.
Quand elle le vit, devant elle, quelques mètres et personnes les séparant, elle fut prise d'un tel élan de nostalgie. Il n'avait pas tellement changé, finalement. Il avait toujours son chapeau et sa tenue de noble. C'est pour ça qu'ils devaient tous l'appeler Kedekai-sama. Il avait toujours sa dent en moins, la seule chose qui changeait été sa cicatrice sous l'œil. Elle porta la main à sa propre brûlure barrant son œil gauche. Un soupire lui échappa, tandis qu'il eut un sourire. Sa bouche s'ouvrit pour produire un son déformé de ce qu'elle avait l'habitude d'entendre venant de lui. C'était plus grave, plus adulte. Comme elle, comme Ace, il était devenu adulte :
- Il faut croire qu'on a tous les deux changé, toi et moi.
Un semblant de sourire se dessina sur ses lèvres à elle alors que ses yeux s'assombrirent. Il ne devrait pas prendre cette familiarité avec elle. Il devrait se jeter à terre pour se faire pardonner. Son poing se serra. Ça la démangeait tellement.
Alors elle brisa la distance les séparant pour le lui coller en pleine figure, quitte à lui enlever une deuxième dent. Elle le regarda s'écraser pitoyablement contre le mur, sous le coup du choc et de la stupeur. Il ne s'attendait pas à ça sûrement. Mais en le voyant prendre sa joue rougie avec douleur, elle eut une envie soudaine de la prendre dans ses bras, et de s'excuser. Elle n'avait pas de fierté, c'était une chose sûre. Du moins, elle n'en avait pas avec tout le monde, sauf avec Ace :
- Tu n'imagine même pas à quel point j'ai changé, Sab.
- Et je suppose que cette patate était une étape obligatoire, Pinku-chan.
S'en fut alors trop pour Lucia, qui ne réprima plus son envie de le serrer contre elle. Elle le prit alors dans ses bras avec désespoir, s'attachant à lui comme à sa propre vie. Pinku-chan… il avait été le premier à l'appeler. Oh ça oui, il lui avait manqué comme pas possible. Mais maintenant il était là, et c'était le principal…
- Mais je suis là, maintenant, c'est le principal, non ?
Décidemment oui, Lucia pourrait tout pardonner à Sabo. Même ça.
Voilà voilà la dernière partie du chapitre III. A partir de ce soir je serais indisponible toute la semaine, jusqu'à samedi prochain. Si j'ai le coeur et le temps, je vous poste le quatrième chapitre dimanche sinon il arrivera courant la semaine qui suit.
Je n'ai eu aucun retour sur le dernier chapitre ce qui me déçoit quand même donc je suppose qu'il a moyennement plu. En fait, je ne peux même pas dire s'il a plu ou pas vu que je n'ai aucun avis dessus... Enfin bref...
Je reviens donc dans un peu plus d'une semaine avec la suite.
Et n'oubliez pas que si vous avez une suggestion, une question, quelque chose qui vous gêne, vous dérange, ou simplement l'envie de me lancer des fleurs, n'hésitez pas à poster une review, je ne mords pas, et en plus c'est gratuit.
Prochain Chapitre : Infiltration à Marie Joa. Alessandra et Alikey, les retrouvailles. Bataille pour une liberté.
A bientôt - La Femme Invisible.
