Disclaimer : c'est triste à dire mais One Piece ne m'appartient pas... :/


Arc 2 : Passés entremêlés.

Chapitre IV : Infiltration à Marie Joa. Alessandra et Alikey, les retrouvailles. Bataille pour une liberté.

Cela faisait une bonne semaine qu'ils avaient quitté Bartigo. Une semaine que Lucia avait retrouvé Sabo. Et force était d'admettre qu'il était loin d'être resté le petit garçon généreux et prêt à tout pour ses proches. Il s'était endurci, avait mûri, était devenu presque froid et distant. Alikey racontait que ça allait avec son poste de lieutenant. Elle avait pris le temps à Lucia de lui raconter leur histoire à tous les deux. Ils avaient suivi la même formation ensemble par Dragon, faisant d'eux presque ses légitimes héritiers en cas de problème. A la tête de la Révolution s'entend. Sabo s'était relevé un très bon utilisateur de Haki sensoriel et d'armement, si bien que Dragon lui avait légué toutes ses techniques. Il s'était vite fait une réputation, et accomplissait des missions pour la liberté de ce monde à l'âge de 14 ans. Il eut le surnom de Kedekai-sama parce qu'il restait un homme civilisé avec les manières de noble, bien qu'elles soient enfouies profondément en lui. Mais enfin bon, même à l'époque de l'ASL, Sabo était resté le garçon le plus poli et distingué des trois. Le seul qui s'occupait aussi d'elle, Ace déclarant que les filles ça ne servait à rien, et Luffy qu'elle n'avait jamais besoin de lui (ce qui n'était pas terriblement faux finalement, Lucia savait se débrouiller sans Luffy, par contre le contraire était moins… probable.)

En bref, Sabo avait changé. Une petite voix appelée conscience criée dans la tête de Lucia que c'était normale, qu'elle aussi avait changé, mais ça lui déplaisait quand même énormément. Elle avait beau être heureuse de revoir le jeune homme, elle n'en oubliait pas la rancœur qu'elle avait qu'il ait caché son existence. Alors elle faisait ce qu'elle savait faire de mieux, bouder pour un rien. Maeko était aussi d'humeur exécrable, depuis le début du voyage, ce qui promettait une bonne ambiance. Quand à Alikey, elle était fidèle à elle-même, bien qu'heureuse de pouvoir aller sauver sa sœur.

Le réseau révolutionnaire était bien plus immense que tout ce que Lucia avait pu imaginer, et elle était étonnée de voir tout ce que le père de son frère avait construit. Dragon était décidemment étrangement puissant et déterminé. Lucia se promit de garder dans un coin de sa tête de ne jamais se mettre le chef de la Révolution à dos.

Marie Joa se dessina déjà à l'horizon quand Sabo convoqua la petite équipe. Ils avaient tous reçu des vêtements qui allaient avec leur rôle donné. Pour s'infiltrer sur l'île des Saints, il fallait être plus que bien préparé. Alikey avait revêtu une tenue simple de femme civilisée accompagnant son mari vendre des objets de luxe aux Dragons Célestes. Le fameux marchand était Sabo, habillé déjà de façon assez classe et noble, et ce serait le seul qui prendrait la parole. Maeko représentait leur fils, les accompagnants, et Lucia jouerait le rôle de garde du corps. Pourquoi c'était ainsi ? Seul Dieu pourrait répondre à cette réponse. Peut-être parce que Lucia avait fait un caprice devant la tenue des gardes féminins. Ou peut-être qu'elle avait été tellement menaçante devant ce rôle là que personne n'avait refusé. Dans tous les cas, le plan fonctionnerait vu l'aide des révolutionnaires déjà sur place. Mais ils étaient tous confiants, il n'y aurait pas de problème à avoir :

- N'oubliez pas de cacher vos tatouages, fit Sabo, comme remarque après la réunion d'urgence, provoquant la grimace des trois jeunes, même si je sais qu'il représente beaucoup pour vous, c'est juste le temps de la mission, vous y survivrez non ?

- Ça me fait mal de cacher ça, soupira Maeko.

- C'est bon, toi, t'as juste à refermer ta chemise espèce d'idiot !, le rouspéta Alikey.

- T'as qu'à mettre un col roulé, pouffa le brun.

Des trois, Alikey devait avoir le tatouage le moins facile à dissimuler. Partant de la naissance de sa poitrine jusqu'à la limite de son cou il était tout sauf discret comparé à Lucia qui avait juste à mettre un foulard ou Maeko qui aura juste à fermer sa chemise, ou mettre simplement un t-shirt.

Sabo leva ostensiblement les yeux au ciel, en prononçant un : « Les pirates… » Lucia se retint de lui rappeler d'un ton tranchant qu'il voulait lui aussi en devenir un, étant gosse. Mais qu'est-ce que Dragon avait bien pu lui faire pour le formater comme ça ? Elle ne préférait même pas y réfléchir. Ce serait se prendre la tête sans raison :

- Bref, vous avez tout bien assimilé ?, demanda Sabo.

- On est une famille de marchand on se rend au grand château pour vendre des bijoux de luxe, on trouve la seule personne normale dedans, une blonde qui ressemble vaguement à Alikey, on l'embarque et on se casse, le tout en essayant d'éviter d'attirer l'attention sur nous, répondit Lucia en gommant son tatouage avec du fond de teint.

Maeko acquiesça, remplaça son t-shirt en place. Lucia remit ensuite mieux son col, et plaça un petit poignard signifiant son appartenance à une société de garde sur une île de South Blue, et elle fut enfin prête. Alikey mettait en place ses derniers accessoires avant de dire d'une voix forte :

- Vous avez intérêt à me ramener ma sœur !

- Bouge un peu ton propre cul et tu l'auras ta sœur, sourit Maeko.

- Il n'y a pas de raison pour que ça se passe mal, la rassura Lucia, dans un sourire amical et chaleureux.

- Bon, Koala et les autres nous attendent, on devrait y aller, déclara Sabo, visiblement pressé.

Et la joyeuse petite troupe se mit en route.


Marie Joa était remplie de merveille et de beaucoup de lumière et objets superficielles donnant l'impression d'une fausse beauté, une beauté exagérée. A croire que ses habitants s'adonnaient à une sorte de concours de celui qui brillerait le plus par ses bijoux extravagants. Lucia essayait de cacher son dégoût au maximum. Elle qui avait toujours vécu de choses simples, le luxe ne l'attirait absolument pas. Alikey en avait eu l'habitude dans son enfance et plus rien n'arrivait à l'impressionner, et Maeko n'était pas vraiment du type à se préoccuper que ça, ayant compris il y a des années de cela que l'argent n'apportait rien de plus dans le monde qu'était le sien. Même s'il restait émerveiller devant les objets brillants, il passait rapidement pour un enfant ordinaire et ça donnait bien.

Bien sûr, l'île et la ville étaient également étroitement sécurisées et le trio se demandait sérieusement comment ils allaient en sortir vivants. Parce qu'à partir du moment où Alessandra disparaîtrait, tous les gardes seraient alertés et ce ne serait pas bon pour eux. Parce que si rentrer avait l'air si facile, elle mettrait sa main au feu que sortir ne le serait pas le moins du monde.

Ils arrivèrent au pied du château sans le moindre problème et se séparèrent en deux groupes. Maeko et Alikey prétexteraient une envie de découvrir les lieux pour trouver Alessandra et Lucia et Sabo resteraient à l'intérieur pour animer la galerie et ainsi laisser le terrain pour l'autre duo.

Et c'est ainsi que Sabo déballa les bijoux devant une réunion de Dragons Célestes qui écœuraient Lucia au plus haut point. Elle se contenta de rester dans son coin, avec un air dur qui ne lui allait absolument pas, quand un des hommes se désintéressa des merveilles proposés par le blond et se tourna vers Lucia :

- Et pour ce bijou là ?, demanda-t-il de sa voix dédaigneuse, la pointant du doigt.

Lucia se retint de lui cracher violemment à la figure qu'elle n'était en aucun cas à vendre. Sabo se retourna lentement, gardant un semblant de calme :

- Elle n'est en aucun cas à vendre, je ne suis pas du genre à vendre une vie contre de l'argent. Si aucun bijou ne vous plaît je m'en vois désolé mais…

- Vous êtes marchand, non ? Vous avez un bon sens des affaires non ?

- Oui mais…

- Alors si je vous propose un bon prix, vous ne pourrez pas refuser.

La mâchoire de Lucia se crispa d'un seul coup. Mais pour qui se prenait ce type ? Il n'y avait pas écrit à vendre non plus. Ces personnes n'avaient pas non plus le monopole sur chaque vie de cette planète. Ils avaient beau être les descendants des créateurs d'on ne sait quelle organisation, Lucia ne sacrifierait pour rien au monde sa liberté. C'était un point d'honneur qu'elle s'obligeait à respecter. Et qui aurait envie de finir comme esclave de ces monstres ?

Mais au moment où Sabo allait répliquer d'un ton cynique, une explosion retentit à l'autre bout du bâtiment, emplissant la pièce d'une épaisse fumée. Lucia entendit à peine les cris des Dragons Célestes présents que quelqu'un lui prit la main et l'entraîna dehors, passant par la fenêtre. Ce n'était pas Sabo, c'était une jeune femme du même âge qu'elle à première vue, les cheveux châtains et courts. Elles atterrirent avec assez de difficulté sur le sol, dans un roulé boulé assez disgracieux, enfin surtout pour Lucia :

- C'est quoi ce bordel ?

- Alikey-sama et l'ancien Assassin M...

- Il s'appelle Maeko !, cria Lucia, visiblement énervée que sa sauveuse considère uniquement son ami comme un Sans-Cœur.

- Maeko donc, ont retrouvé Alessandra, mais Alikey-sama a perdu son calme, on doit vite filer d'ici !

- Et pour Sabo ?

- Ne vous inquiétez, Kedekai-sama saura très bien s'en sortir.

Lucia remit sa robe en place et se prépara mentalement à un potentiel combat. Elle refusa par contre de bouger :

- Mais qu'est-ce qui vous prend, Lucia-sama ?

- Peu importe qui tu es, j'aimerais que tu enlève le sama, s'il-te-plaît.

- Koala, je m'appelle Koala.

- Eh bien sache, Koala, que je m'appelle simplement Lucia. Que le sama est largement de trop. Et que je n'abandonnerais en aucun cas Sabo une deuxième fois. Et je suppose qu'Alikey et Maeko sont toujours là-haut, alors avec ou sans ta permission, j'y retourne.

Elle n'attendit pas de réponse pour retourner dans ce foutu château par la même fenêtre qu'elle était sortie. Koala eut un faible sourire : « Alikey-sama s'est vraiment entourée de personne qui lui ressemble. »


Quelques minutes avant, côté Maeko et Alikey.

La blonde et le brun se situaient contre le mur du château, juste en dessous. Alikey était plus que concentrer, et Maeko avait sorti Actu de son dos, prêt à passer à l'action :

- Quand est-ce que…

La princesse l'empêcha de parler en plaçant un doigt devant sa bouche, traçant le moindre bruit :

- D'après Koala, elle vient tous les jours sous ce balcon, dans ces eaux-là.

- D'accord, donc on a juste à l'attendre.

- Je ne vais pas me contenter d'attendre, Maeko. ce que tu as du mal à comprendre, c'est que chaque minute compte.

- Mais si elle vient.

- On ne sait pas combien de temps Sabo arrivera à les bloquer dans une même pièce. Crois-moi sur parole, ces gens se lassent vite et sont souvent très facilement insatisfaits. Ça ne m'étonnerait même pas qu'il y en ait un qui demande si Lucia est à vendre.

- Je prie pour que non, parce que sinon, Lucia va tout faire foirer je pense.

La blonde lui sortit un faible sourire, puis ils se turent :

- Alors tu y vas ? Tu es sûre de ne pas vouloir attendre.

- Je ne sais même pas à quoi va ressembler ma propre sœur, Maeko. J'angoisse tellement, si tu savais, mais je dois impérativement le faire. A ma place, Alessandra aurait donné sa vie pour moi.

Maeko hocha doucement de la tête, compréhensif. Il n'avait jamais eu une réelle relation fraternelle avec Smoker, mais il avait vu et entendu Lucia parler de Luffy avec tant d'émotion qu'il en était devenu jaloux. Il savait jusqu'où son amie était prête à aller pour protéger son petit frère. Alikey devait être dans la même situation. Honnêtement, Maeko ne savait ce qu'il ferait si Smoker était dans la même situation. Il ferait quelque chose, certes, mais il n'était pas prêt à mourir pour lui, c'était chose sûre. Et l'inverse était aussi vrai, du moins du point de vue de Maeko.

La blonde s'éloigna lentement de lui et regarda le balcon qui se présentait devant eux. Il essaya de la retenir, mais Alikey était déjà devenue sourde. Il soupira, désespéré, et suivi son chemin pour l'aider comme il le pourrait. Il était là pour ça après tout.


Alessandra était passablement assise sur un grand sofa dans un salon immense. Elle s'ennuyait, ça se voyait sur son visage, à son expression. Ses yeux oranges étaient comme éteints et ses douces lèvres formaient une sorte de grimace ennuyée. Alessandra n'avait pas lâché cette mimique depuis son arrivée à Marie Joa pour dire vrai. Ça ferait bientôt 10 ans qu'elle était enfermée dans ce palace doré. Bien sûr, ça n'avait pas été simple au début, mais elle avait réussi à dompter Jalmak, et il l'avait laissé tranquille, la protégeant même des autres Saints. Mais maintenant qu'il était mort, elle se retrouvait seule face à ce monde, en sachant très bien que la sentence allait tomber. Et tous les Saints n'étaient pas aussi influençables que Jalmak, elle allait en baver, c'était une certitude.


Alikey traversait à une vitesse presque alarmante les couloirs du palais, vide puisque tous les Saints étaient retenus par Sabo. Il y avait bien quelques gardes, mais Maeko s'en débarrassait avec une facilité presque trop évidente. C'était le genre de soldat qui ne devait pas avoir l'habitude de voir de réels ennemis, personne n'était assez fou pour s'en prendre aux Dragons Célestes. Et il y avait aussi des esclaves, mais eux ne posaient généralement pas de problèmes. Alikey était énervée de ne pas trouver sa sœur. Elle trouvait le palais trop grand, il ressemblait à un labyrinthe géant ce qui l'énervait au plus haut point. Bon sang, 9 années l'avaient séparé d'Alessandra, et voilà que même les bâtiments s'y mettaient.


Alessandra releva vivement la tête entendant des bruits venant du couloir. Un soldat essoufflé arriva en trombe et lui attrapa le bras. La belle blonde le regarda avec une grande surprise. Qu'est-ce qui se passait ?

- Alessandra-sama vous devez…

Une explosion retentit à quelques mètres devant eux, envoyant des débris sur la princesse et le garde. Celui-ci se prit tout dans le dos, s'étant mis là pour protéger Alessandra. La fumée envahit la pièce, et elle toussa fortement pour l'enlever de ses poumons, se cachant aussi les yeux pour ne pas les infecter : « Mais par tous les Dieux, que se passe-t-il ? ». Deux silhouettes se dessinèrent au loin et une voix masculine lui parvint :

- Tu me ferais presque peur, Ali-chan.

Alessandra buta sur le surnom, et rouvrit les yeux pour discerner les deux. Elle s'approcha à pas de loup, enjambant le corps du garde de ses talons, et traversant la fumée à tâtons :

- Du coup, je pense que tu as capoté le plan, par contre, reprit la voix masculine, au bord de l'amusement.

- J'ai… j'ai perdu le contrôle de mon fruit, répondit une voix familière mais plus âgée.

Alessandra sentit son sang se glaçait : « Non, pitié ne me dîtes pas que… ». Elle vit la première silhouette, un jeune homme d'à peu près vingt ans, dans les eaux-là, ayant des cheveux bruns mi-court lui tombant sur un visage halé et des yeux étrangement bruns, presque bordeaux. Il portait une énorme épée qui devait faire sa taille en hauteur. La princesse des glaces en fut presque terrifiée. Puis, son regard se porta vers la deuxième silhouette, un peu plus loin. Elle discerna des formes féminines, des cheveux blonds dépassant, des ailes…

La fumée se dissipa un peu, et elle entendit le souffle court de la deuxième silhouette, jusqu'à qu'elle voit presque clairement qui était la détentrice des ailes et à quoi ressemblaient.


Alikey était tremblante, les yeux fermés à cause de la fumée, et le souffle court par l'effort. Le ton de Maeko l'agaçait car elle sentait qu'il se payait sa tête. Mais elle n'en fit pas plus attention. Elle avait perdu le contrôle de son fruit. Ce n'était arrivé qu'une fois. Elle avait été tellement en colère qu'un Droit Divin était apparu, comme ça, prenant ses ailes comme victimes. Elles étaient devenues aussi tranchantes que cent épées mais avait gardé leur poids, ce qui avait fait qu'elle n'avait senti le changement immédiatement. Mais là, entre quatre murs, la transformation avait créé une mini explosion retentissant dans tout le bâtiment. Haletante, elle essayait de réprimer une autre vague de pouvoir. Le droit divin venant de Mars était instable, imprévisible et elle aurait préféré ne jamais s'y réveiller. Mais bon maintenant qu'elle l'avait, elle devait faire avec.

Alessandra perdit toute contenance à la vue de sa jeune sœur qui avait bien grandi avec le temps. Elle ne ressemblait plus à la petite fille fragile et capricieuse qu'elle avait laissée à Yukiyama. Elle avait pris en force, Alessandra le sentait à son aura presque terrifiante avec le pouvoir de Mars déchaîné. Elle se tenait là, à quelques mètres d'elle, et pourtant, l'aînée ne fit rien pour briser la distance :

- Alikey, bon sang, mais quelle folie t'a amené ici ?

Les deux jeunes se tournèrent vers la provenance de la voix. La fumée avait totalement disparu, et Maeko en resta bouche bée. Il trouvait déjà Alikey belle femme, mais elle était une pâle imitation de sa sœur finalement. Alessandra rayonnait d'assurance et de beauté, là, dans ses vêtements de nobles et avec la tête haute de grande sœur prête à disputer sa cadette. Les femmes du Nord étaient étonnement les plus belles de tout Grand Line, enfin, surtout pour le jeune homme :

- Alessandra mais…

- Mais qu'est-ce que tu viens faire ici Alikey ? Tu es totalement suicidaire ?

- Je suis venue te chercher.

L'aînée hésita un instant devant sa cadette. Elle réprimait l'envie de la remettre à sa place comme jamais elle ne l'avait fait avant, mais soupira avant de sourire :

- Je n'aurais jamais pu imaginer un jour que ce soit toi qui me protège Alikey. Quelle piètre grande sœur je fais, pas même capable de faire son rôle d'aînée de la famille.

- Alessandra je suis…

- Bon, ce n'est pas que je veux mettre un terme à vos retrouvailles émouvantes, mais Ali-chan, tu as certainement fait ameuter toute l'île ici, ça ne m'étonnerait même pas qu'un Amiral soit déjà en route vu notre poisse légendaire. Alors retrouvons le boulet de service et Cia et barrons-nous.

- Oui, Alessandra, tu nous suis ?

- Ai-je réellement le choix ?

- Non.

La plus jeune attrapa la plus vieille par le bras et l'entraîna dans le bâtiment. Alessandra se laissa faire, complètement amorphe. Avec l'arrivée de sa sœur et du jeune homme, elle avait repris un peu d'espoir : « Arriverons-nous à nous en sortir vivant ? » La princesse de glace regarda l'ami de sa cadette criait un nom, entre autre celui d'une certaine « Lucia » et rapidement, une voix féminine lui répondit. Une jeune femme du même âge qu'Alikey à peu près arriva dans leur champ de vision, et la Yukiyama aurait mis sa main à couper qu'elle l'avait déjà vu quelque part. Elle avait de longs cheveux rouges sangs et des yeux bleus foncés comme la couleur de l'océan. Elle avait un bras complètement vert et tenait de l'autre un jeune homme de son âge, blond avec un haut de forme, et des habits classes :

- Dieu merci, on vous a retrouvé. Vous avez la grande sœur ?

- Lucia, tu peux me lâcher, je ne partirais pas, c'est promis, fit le blond.

- Elle est là, répondit Maeko, pointant la dite « grande sœur », du doigt.

- Génial, ravie de faire ta connaissance Alexandra, dit Lucia, dans la précipitation.

- En réalité… c'est Alessandra.

- Bref, on est un peu pressé par le temps.

- Le château est encerclé, veuillez vous rendre et libérez les otages !, cria un soldat, à l'extérieur.

Le groupe de jeunes échangea un regard avant que Maeko ne demande :

- Depuis quand on a des otages ?

- Ils doivent penser que vous voulez une rançon en échange des Dragons Célestes.

- Bon, dans tous les cas on doit déguerpir.

- Je te sens tendue, Lucia, remarqua Sabo.

- Il me dit que je suis tendue, ria sarcastiquement Lucia. En même temps Sabo - Elle insista particulièrement sur le dernier mot - j'aimerais gentiment te rappeler qu'on est encerclé dans un château rempli de bourges tous plus pourris les uns que les autres dont un qui a voulu m'acheter ! Et tu me demande de garder mon calme ?

- Il y a toujours une solution à chaque problème, sourit de façon totalement insupportable aux yeux de Lucia, le blond.

- Tu sais quoi Sabo ? Y'a des moments, j'me dis que t'étais mieux mort !, pesta la fille d'Heyko, pas le moins du monde amusée. Allez, on se barre ! Maeko, ouvre la voie !

- Pigé !

Le brun se saisit d'Actu à deux mains, et donna un puissant coup de pied dans le mur. Son corps luisait déjà d'une puissante lumière orangé, l'entourant de la tête au pied. Un petit « M », brillait aussi au fond de ses yeux :

- Pour une fois que ces foutus pouvoirs de Sans-Cœur vont me servir à quelque chose.

- Fais attention quand même, lui conseilla Lucia, un peu inquiète pour son ami.

- Occupe-toi de ton propre derrière Lucia, et on en reparle, sourit Maeko.

Il se tourna vers les trois autres adolescents et eut un sourire carnassier :

- Celui qui arrivera à poutrer le plus de marines aura gagné, pigé ?

- Il n'est pas censé avoir ce comportement avec les pirates ?, demanda Sabo à tout hasard, alors que Maeko se jetait déjà dans le futur bain de sang, pour se frayer un chemin vers la mer, seule sortie de secours.

- Maeko n'a jamais été vraiment dans les normes, dit calmement Lucia, avant que son bras droit se décompose entièrement en pétale. Je crois bien que c'est ça qui m'a poussé vers lui. Mais je crois que j'aime bien les gens différents.

Elle suivit le même chemin que le brun et se jeta par la fenêtre dans la foule de soldat en bas. Le blond eut un autre sourire et suivit rapidement le mouvement, sa barre en fer visée dans sa main. Mais au lieu de sauter, il utilisa les pouvoirs de son fruit si spécial, se déplaçant avec sa pensée, près à sa battre. Alikey lança un regard vers sa sœur :

- Alessandra…

- J'ai hâte de voir ce que tu es devenue, après avoir fait la Révolution et la Piraterie. Mais tu vois, ça ma prouvera une nouvelle fois que j'avais raison. Tu étais loin d'être née pour gouverner.

Alikey sourit tristement, perdant son regard bleu dans le vide. Alessandra posa une main sur son épaule, et la prit dans ses bras, rapidement :

- Merci d'avoir renversé le monde pour moi, Ali.

- Je suppose que tu es au courant, soupira tristement la plus jeune.

- J'avais déjà essayé de défendre ta cause en disant qu'il n'y aurait plus d'héritière, je n'aurais jamais imaginé qu'ils aillent jusque là. Ça a du être traumatisant.

- Mais… tu ne m'en veux pas ?

- Alikey… tu n'avais que douze ans, on ne pouvait pas t'obliger de quitter ton pays natal alors que tu n'étais qu'une enfant pour épouser un vieux Dragon Céleste qui ne t'aurait fait que du mal.

- Mais, Papa et Maman…

- On en reparlera une autre fois tu ne vois pas que ce n'est pas un moment pertinent pour parler ?

Elles regardèrent toutes les deux la bataille qui se déroulaient plus bas, et Alikey hocha doucement la tête :

- Maintenant va aider tes amis !

La plus jeune acquiesça puis, suivie le même chemin que Maeko, Sabo et Lucia avaient pris.


Maeko et Lucia, dos à dos se battaient contre la marée de soldat qui les entourait. Le bras de la détentrice du fruit de la Rose était entièrement recouvert d'épines tranchantes et s'allongeait pour frapper les cibles de l'adolescente. Maeko maniait Actu avec finesse et agilité, la faisant tournoyer pour avoir le plus de personne possible. Non loin d'eux, Sabo se battait aussi bravement, son éternelle barre de fer en main, s'aidant de Haki pour éviter les ennemis. Alikey était arrivée sur le champ de bataille, avec ses ailes faites d'épée et se battait avec ces dernières, même si elle était surtout sur la défensive.

La carapace que les ailes de fer lui faisaient quand elles se repliaient empêcher les ennemis de la toucher et faisaient d'elle l'ennemie numéro un à combattre. Si bien que Maeko et Lucia se retrouvèrent vite délaissées par les soldats.

La blonde était toujours cachée sous sa protection d'épée inébranlable. Ses deux amis s'approchèrent doucement dans la foule de marines qui essayait de percer la carapace en vain. Soudain, Alikey passa en mode offensive, déployant ses ailes et envoyant balader les soldats aux environs. Elle effectua un tour sur elle-même, mettant ko ceux encore proches d'elle, et le combat reprit.

Maeko venait de mettre à terre un énième soldat et son corps commençait à reprendre une couleur normal, il perdait progressivement les effets de l'adrénaline donnait par les cellules implantées par Elsa. La fatigue commençait à percer, mais il ne faiblissait pas :

- Ça va toujours Lucia ?!, cria-t-il, à l'intention de cette dernière.

- On doit rapidement trouver un moyen de déguerpir, répliqua l'interpellée. C'est déjà un miracle qu'aucun amiral ne soit là.

- Je… je commence à perdre de l'énergie, gémit Alikey, repoussant un autre marine avec ses ailes.

- Je ne tiendrais pas comme ça éternellement, fit Sabo, terrassant un soldat d'un bon coup de pied rempli de Haki.

- Il faut qu'on déguerpisse.

Alessandra se tenait toujours dans le château, là où le trou s'était formé, regardant sa sœur et ses amis bravaient la foule de soldat pour elle. Elle priait intérieurement sa déesse protectrice depuis toujours, la suppliant de l'aider : « Ô Artémis, grande déesse de la chasse, préserve ma sœur d'un sort défavorable. »

Lucia para un énième coup de sabre d'un bon coup de pied, puis s'arrêta quelques secondes pour reprendre son souffle. Honnêtement, elle n'avait jamais vu autant de marine réunis au même endroit. Elle tourna son regard vers Maeko qui était dans la même posture qu'elle, aussi épuisé, mais tenant encore fermement Actu à deux mains. Sabo se battait encore vaillamment, avec une endurance hors du commun, même si la fatigue pointait le bout de son nez. Et le nombre d'ennemi ne semblait pas baisser, désespérant les jeunes.

Alikey sentit ses jambes défaillirent en retenant un autre coup qui aurait pu lui être mortel si ses ailes n'avaient pas été là pour la protéger. Elle sentit son corps entier lâcher sous la pression et tomba à la renverse, essayant tant bien que mal de retenir le pouvoir de Mars, le sentant partir peu à peu. Elle serait totalement vulnérable après ça et personne ne pourrait la sauver. Sabo et Lucia étaient bien trop loin et Maeko se débattait déjà avec assez de difficulté pour en rajouter comme ça. Elle voyait déjà doucement sa fin arrivée.


Maeko s'était posé de nombreuses fois cette question, qui raisonnait dans sa tête, quand il voyait ainsi la détermination dans le regard de Lucia quand elle parlait de son frère. Il s'était demandé comment elle aurait ainsi pu donner sa vie pour celle de quelqu'un d'autre. Bien sûr, lui, il aurait tout fait pour elle, mais il n'était pas prêt à mourir pour Lucia. Parce qu'il pensait que la vie était un réel don, surtout depuis qu'elle était arrivée dedans.

Pourtant, en la voyant ainsi, par terre, au sol, ses ailes de fer disparaissant progressivement, son sang ne fit qu'un tour. Elle était maintenant sans la moindre défense dans une foule de personne ne voulant que lui faire du mal. Et il le vit, lui, le Marine armé jusqu'aux dents, pointant son épée vers elle et fonçant à une vitesse folle. Alors il lâcha Actu sur le sol, et cria son nom en courant le plus vite possible dans sa direction. Et quand Actu tomba sur le sol, Lucia se retourna brusquement, entendant le cri de son ami et ce fut comme si le temps s'était arrêté…


Alikey, le regard complètement choqué, n'avait rien d'autre qu'une giclée de sang en dessous de l'œil droit. Sa bouche était légèrement entre-ouverte sous l'effet de la surprise.

Là où ça allait moins bien, c'était pour Lucia. Qui elle, était complètement sous le choc. Elle arrêta tout mouvement, se figea sur place et se fit trancher par un Marine, qui sous la surprise de la transpercer sans la tuer, retomba au sol. Elle ouvrit grand la bouche pour crier ce que ses yeux affolés trahissaient :

- Maeko !

Sabo s'arrêta aussi dans son combat et tourna son regard vers Alikey et Maeko. Il se contenta d'éviter les coups de ses assaillants alors qu'il fixait le spectacle sous ses yeux.

Maeko se tenait debout, les bras ouverts en position de protection. Ses yeux étaient largement fermés et une grimace se dessinait sur son visage. Ça aurait pu être une situation normale si trois lames ne luis transperceraient pas le torse, rentrant par son dos et sortant par son estomac. Il eut un faible sourire alors que la scène semblait se figer autour d'eux.

Lucia fit un pas pour les rejoindre, pour rejoindre son ami de toujours, mais trébucha à cause de la fatigue. Sa vue se brouilla alors qu'elle tendit son bras vers la vision floue qu'elle avait du brun. Dans un murmure, elle prononça son prénom, au bord des larmes :

- Maeko…

Elle se souvint du jour où elle l'avait rencontré. Dans les couloirs de Marine Ford. Il était seul, il attendait Mihawk. Il avait l'air tellement triste. Elle n'avait pas pu s'empêcher de le bousculer, puis de se présenter à lui, espérant que sa joie communicative le contaminerait. Mais non, rien. Juste un étincelle quand elle lui avait demandé son vrai prénom après lui avoir ri à la tête quand il avait répondu « Assassin M ». Elle se souvint de la première fois qu'elle l'avait revu, au centre. Puis des leçons de vie qu'elle lui avait apprises, en passant par comment sourire, puis faire des farces et enfin, apprécier la vie. Sans qu'il en ait vraiment conscience, il l'avait aidé à surmonter la mort de Sabo. Et tous deux s'étaient promis de ne jamais se quitter.

Alors, elle sentit une émotion violente la secouer. La même que le jour de la mort de son ami blond. Quelque chose qui vous bousille les entrailles, le cœur et la tête en même temps. Quelque chose qui s'appelle le désespoir. Le désespoir qui frappe le cœur. La douleur qui frappe la tête. Et la haine qui frappe les tripes. Trois sentiments tellement similaires qui arrivaient souvent en même temps. Elle se laissa complètement envahir par ces émotions, et sombra dans une folie pure et noire :

Là, je peux t'aider Gamine. La haine, c'est de mon niveau, fit une petite voix devenue familière.

- toi…

Laisse-moi faire la gosse. Je m'occuperais de sortir tes amis de cette situation. Laisse-moi juste prendre le contrôle…

- Co… comment ?

Demande-moi de vous sauvez.

Comme quand Elsa l'avait vidé de son sang. Sauf que ce n'était pas Makino qu'elle apercevait. Mais une silhouette toute aussi féminine, des courbes parfaites, de longs cheveux noirs corbeaux, des vêtements aussi noir que la plus sombre des nuits, une peau aussi claire que la neige et deux yeux perçants, rouges, contrastes avec la peau du visage. Elle était belle, incroyablement belle. Mais d'une beauté effroyable, terrifiante à cause de son aura de puissance :

Alors ?, demanda-t-elle, impatiente.

- Sauve… sauve-nous…

Tes désirs sont des ordres Mademoiselle.

Et Lucia tomba dans les pommes.


Alikey sentit l'horreur et la peur la prendre. Le soldat enleva ses trois épées du corps de Maeko, le laissant agonisant, ainsi. Etrangement, aucun autre soldat ne s'en prenait à eux, Sabo les ayant défiés pour laisser le champ libre. Lucia était introuvable, elle avait simplement quitté disparu de la vision des autres. Alessandra s'était précipitée pour aider sa sœur, mais n'avait pas pu arriver à temps. Maeko en avait fait les frais.

La blonde sentit quelque chose d'amère venir lui entraver la gorge. Elle se ressaisit devant la vision d'horreur, et ses yeux passèrent du choc à la colère :

- Pourquoi t'as fait ça espèce de triple idiot ?

- Alors je te sauve la vie, et la seule chose que tu trouve à faire c'est m'engueuler ?

Seulement, un spasme le parcourut, et il commença à tomber vers le sol, ses dernières forces le quittant. Alikey eut la bonne initiative de le retenir avant qu'il n'atteigne le fond. Elle le prit délicatement dans ses bras, le retourna sur le dos pour qu'ils puissent se voir :

- Tu crois… tu crois que je vais mourir Alikey ?

- Non, Maeko… non, on va trouver une solution, un médecin, et on va te sortir de là, affirma-t-elle d'une voix douce mais tremblante tout en caressant les cheveux d'un geste maternel.

Elle lui sourit tendrement, les larmes commençant à perler dans ses yeux bleus. Les siens à lui commençaient doucement à se fermer :

- Dis… dis à Lucia… dis-lui…

- Tu ne vas pas mourir, Maeko, pas maintenant.

- Dis-lui… dis-lui que je la remercie pour tout.

Et là, ce fut le néant, à nouveau.


Bon j'avoue sur le coup là, je suis une sadique :)

Parce que non seulement j'ai une semaine de retard (encore désolée pour ça d'ailleurs) mais en plus je vous sors cette fin avec un peu trop de suspens à mon goût. Au goût de tout le monde en fait. Enfin bref, là n'est pas le propos.

J'aimerais réellement remercier très chaleureusement Alysse pour ses deux reviews qui m'ont remonté le moral. D'ailleurs à toi qui voie ce message, tu n'as pas à t'excuser, vu que tu m'as quand même donné ton avis. Même si c'est avec du retard. Même moi j'ai du mal avec la ponctualité, la preuve en est que j'ai encore du retard pour ce chapitre (désespoir sur ma personne s'il-vous-plaît). Je connais très peu Fairy Tail, ce n'est pas un manga ni un animé que je suis, malgré les nombreuses tentatives de conversion de la part de mon cousin, mais cette scène en est directement inspiré en effet. En fait l'histoire de cette scène est tout con, j'avais trouvé un gif à l'époque et je ne savais absolument pas que c'était FT, j'ai ri pas mal de temps dessus, eh pis comme j'avais un peu envie de détendre l'atmosphère avant la véritable entrée dans cet arc assez sombre ma foi, je me suis dit, pourquoi pas ? C'est bien plus tard en me relisant et en revoyant ce gif que je me suis rendue compte que c'était Fairy Tail. Mais c'est marrant que quelqu'un ait remarqué x)

Voilà c'est tout pour cette semaine. Je reprends les cours comme beaucoup de gens ce mardi, et ça va être assez galère cette année parce que je vais devoir bosser beaucoup plus ardument que toute ma scolarité entière mais je vais essayer de garder le rythme. L'écriture de l'arc 3 avance... raisonnablement... pour ainsi dire... mais je vais me débrouiller, ne vous inquiétez pas. On garde le rythme, on garde la forme !

Et n'oubliez pas que si vous avez une suggestion, une question, quelque chose qui vous gêne, vous dérange, ou simplement l'envie de me lancer des fleurs, n'hésitez pas à poster une review, je ne mords pas, et en plus c'est gratuit.

Prochain chapitre : Notion de vie, de mort, d'espace temps.

A la semaine prochaine les enfants !

Kiss - La Femme Invisible.