Disclaimer : Vous voulez vraiment que je vous le dise hein? Bande de sadiques. Bon, One Piece ne m'appartient pas, voilà je l'ai dit :'(
Arc 2 : Passés entremêlés.
Chapitre V : Notion de vie, de mort, d'espace temps.
Qu'est-ce que la mort ? Certains voient ça comme la fin totale de son existence. D'autres comme un long voyage sans fin. Ceux avec une religion dans leurs cœurs ont aussi des croyances bien précises quand à l'au-delà. Et d'autre ne se pose pas la question avant d'être confronté à cette mort.
Maeko faisait parti de cette dernière catégorie. La vie, la mort, rien ne l'intéressait. Il n'était qu'un Sans-Cœur. Il vivait pour le Gouvernement Mondial, il mourrait pour le Gouvernement Mondial. Point. Rien de plus, rien de moins.
Sauf que maintenant qu'il était à l'article de la mort, une question s'imposait dans son esprit. Allait-il disparaître, sans laisser la moindre trace ? Son esprit allait-il quitter son corps pour vagabonder jusqu'à la fin des temps ? Allait-il aller dans les Enfers qu'Alikey décrivait si souvent parce qu'il avait tué sa mère pour venir au monde ? Ou tout simplement, allait-il réellement quitter la terre ?
Il n'était pas attaché à grand-chose. Il n'avait pas d'honneur, pas de principes. Maeko avait Lucia et ça lui suffisait largement. Bien sûr, autour de lui gravitaient des personnes qu'il appréciait et adorait, mais jamais au point de Lucia. Maeko aurait tout fait pour elle. Parce qu'elle l'avait sorti du gouffre dans lequel il était enterré depuis sa naissance. Parce qu'elle lui avait fait connaître l'amitié, l'amour, la tendresse, la joie, la gaieté et même la simplicité. Elle avait débarqué dans sa vie, telle une bombe, prête à exploser pour la chambouler. A grand coup de sourire et de complicité elle lui avait fait apprécier la vie comme elle l'était. Alors oui, Maeko ne voulait pas grand-chose, si ce n'est le bonheur de Lucia. Quitte à mourir pour ça.
Alors pourquoi s'était-il mis entre ces épées et Alikey ? Elle n'était pas Lucia. Certes, elle était son amie, mais après tout, elle l'avait jugé comme l'avait fait le monde entier sauf Lucia. Valait-elle réellement plus que les autres à cause de son sombre passé et de ses mauvais choix ? Alikey avait connu la douleur, la pure et l'intense douleur. Mais ça lui donnait-il le droit de le juger ? Lui, qui n'avait jamais fait de choix dans sa vie, mais qui était né ainsi, monstre. Alors pourquoi avait-il fait bouger son corps pour se prendre ces épées ?
Il avait une vision floue et lointaine de l'amour. L'amour maternel était totalement vague, paternel complètement inexistant (si ce n'est pour Barbe Blanche, mais ça, c'est une autre histoire), et enfin fraternel, qu'il comprenait comme un respect et une admiration mutuelle ainsi qu'une sourde envie de protection. C'est ainsi qu'il voyait l'amour. Après, il y avait celui particulier avec Lucia, dans la frontière entre amis et amoureux. Une chose était sûre, Maeko n'éprouvait pas de désir pour Lucia. Tout ce qu'il voulait, c'était qu'elle soit heureuse et qu'elle reste près de lui. D'une certaine façon, il était amoureux d'elle. Enfin, il avait surtout besoin d'elle. Une dépendance un peu trop prenante qui pourrait lui coûter la vie.
Quand à Alikey, quelle forme d'amour ressentait-il vraiment pour elle ? Au début, il la méprisait pour son arrogance et sa froideur envers le monde. Puis, il apprit à la connaître, à l'apprécier pour la personne sympathique et agréable qu'elle cachait et enfin à jouer à ce jeu de se chercher depuis près de 4 ans maintenant. Et après ? Quel serait la prochaine étape ?
Il ne le saurait probablement jamais vu qu'il allait mourir. Quel idiot il faisait. Et c'était maintenant, aux portes de la mort qu'il allait se poser ce genre de questions auxquelles il n'aurait aucune réponse ? Un idiot, un triple idiot…
Mais soudain, dans cet état de léthargie il entendit une voix au loin. Une voix bien connue. Celle d'Alikey. Elle parlait, mais pas à lui de ce qu'il pouvait entendre. Alors… il n'était pas mort ? Mais qu'était-il alors ? Et surtout, où était-il ?
- Je te promets, Marco, qu'on est tous sortis sans dommage, fit la voix lointaine d'Alikey.
Marco, elle parlait avec Marco. Mais de quoi ? De leur mission ? Etaient-ils rentrés ? Etaient-ils sur le Moby Dick ?
- Ecoute, Marco, je ne peux pas te la passer pour le moment, mais ne t'inquiète pas pour elle, elle va très bien. C'est juste Maeko qui a eu quelques petits problèmes mais il est hors de danger.
Bon, ils semblaient tous être en sécurité, ce qui était une bonne chose au moins. Il n'était pas mort. Dans le coma alors ? Oui, certainement. Mais comment ?
- Ecoute, c'est beaucoup trop long à t'expliquer, mais on vient de repartir du QG des révolutionnaires. Ma sœur est en sécurité, on se dirige vers East Blue pour voir le frangin de Lucia prendre la mer, ensuite on va à Reddosan et on rentre au Moby Dick. On n'en aura pas plus que pour un mois, c'est sûr. On est déjà sur la route là. Ecoute, je te tiens au courant dès que je peux ok ? Ne vous faîtes de soucis pour nous, on a passé le plus dur. […] Je sais que ça peut être dur à comprendre, mais crois-moi, rien de pire ne peut nous arriver. On est en sécurité maintenant et c'est la seule chose qui compte.
- Alikey ! Viens vite, on voit bientôt North Blue !, cria la voix insupportable aux oreilles de Maeko, de Sabo.
- Bon, Marco je te laisse, fais un bisou à tout le monde de notre part et rassure Père, je lui ramènerais des dossiers complets sur les Rookie que j'ai emprunté aux Révolutionnaires.
Elle était au denden avec lui alors. Et elle avait du raccrocher, selon les bruits qu'il entendait. Une envie irrépressible de se lever pour en savoir plus le prit, mais ses muscles ne répondaient plus au reste de son corps. C'était comme s'il était complètement paralyser. Et ça l'énervait au plus haut point. Ce genre de sentiment d'inutilité d'incapacité à faire quelque chose qui vous prend au moment où vous avez le plus besoin de moral. Si c'était ainsi, il aurait préféré rester comateux jusque le restant de ses jours.
Lucia avait un goût pâteux dans la bouche. Comme si quelqu'un avait aspiré toute sa salive pour la remplacer par une espèce de poudre pour bébé. Sa langue était sèche, complètement sèche et sa gorge irrité. Quel désagréable sentiment ! Quel odieux malaise ! Mais depuis quand utilisait-elle ce vocabulaire ?
Ses souvenirs étaient encore flous. Elle se rappelait de Marie Joa, de l'infiltration, de la bataille ayant éclaté, du combat acharné contre les milliers de soldat qui ne semblaient pas vouloir abandonner, de la panique en voyant Maeko se faire transpercer :
- Maeko !
Comme un électrochoc, la seule pensée même de perdre le brun l'avait sorti de son coma. Elle se releva d'un coup, douloureusement, criant le prénom de son ami, pour la plus grande surprise des deux autres jeunes adultes présents. Elle serrait les draps blancs dans ses mains et retomba sur le lit, sentant la douleur la faire vaciller :
- Hé, doucement, tu es encore sous le choc, Lucia !, s'exclama Alikey, faisant deux bonds pour rejoindre son amie.
- Maeko…, gémit cette dernière, les yeux crispés.
- Il va bien, il va mieux, les médecins l'ont soigné, son état n'est plus critique. Il a juste à se réveiller de son coma.
- Qu'est… Qu'est-ce qu'il s'est passé ?, demanda-t-elle se relevant légèrement, aidée de la blonde.
- On ne sait pas trop, on ne peut que faire des spéculations…, répondit Sabo, la mine heureuse de la voir réveillée.
- Après que Maeko se soit… mis en travers du chemin des épées vers mon corps, tu es tombée dans les pommes. Et quelques secondes après qu'il ne suive ce même chemin, alors que Sabo faiblissait de plus en plus face au soldat, une voix nous a crié de nous mettre aux abris. Rapidement, on s'est déplacé dans le château, ton corps avec. Et là…, Alikey ne put continuer à répondre.
- C'était la chose la plus étrange que je n'ai jamais vu de ma vie. Ton corps a commencé à luire, mais d'une lumière sombre, inquiétante. Tes cheveux ont poussé d'un coup, ils étaient devenus noirs corbeaux. Puis, tu as ouvert les yeux et ils étaient complètement rouges.
« Comme la silhouette », pensa Lucia :
- Et après ?, interrogea-t-elle, désireuse d'en savoir plus.
- Ton nouveau corps s'est soulevé dans les airs., affirma Sabo. Tu as ouvert la bouche comme pour poussée un cri atroce, et puis…
- Et puis ?, s'impatienta la plus jeune.
- Les soldats sont tous tombés à terre., finit de répondre Alikey. Au début, on a cru que c'était le Haki des Rois, mais ça n'y ressemblait pas du tout.
- C'était quoi ?
- On n'en sait trop rien, Lucia. Ça venait de ton « nouveau » corps et… ça ressemblait à du magnétisme. Ils avaient tous des bleus énormes sur les endroits sensibles avec les artères. Et ils sont tombés comme des mouches…
Un silence engloba la salle, alors que Lucia se remettait de cette histoire. Elle se pointa elle-même du doigt, d'un air apeuré :
- C'est moi qui aie fait ça ?
- Dragon a dit que c'était l'œuvre d'Akaoni. Mais il a refusait de nous en dire plus. Il nous a mis en garde, enfin, une mise en garde à te dire. N'accepte plus rien d'elle. Apparemment, tu la connaîtrais.
« Alors la petite voix, c'est Akaoni ? », pensa Lucia, perturbée :
- Il nous a demandé quelle était notre prochaine étape, et quand on lui a répondu Reddosan, il nous a affirmé que tu trouverais toutes les réponses à tes questions, mais que tu devais, pour l'instant, fermer ton esprit à Akaoni.
« Donc, ne plus parler à la petite voix », résonna Lucia.
La jeune femme aux cheveux rouges se tourna vers Maeko, endormi dans le lit à côté. Elle l'enveloppa de son regard tendre et maternel, puis le tourna vers les deux blonds qui la fixaient avec inquiétude :
- Ça fait combien de temps que nous sommes dans cet état ?
- 2 semaines à peu près. On vient de passer Rivers Mountain, on ne devrait pas tarder à attendre North Blue.
- Pour y faire quoi ?
- On a encore une semaine avant l'anniversaire de Luffy, Lucia et le voyage sera vite fait. Alikey voulait se rendre sur la tombe de ses parents.
- D'accord.
Elle essaya pitoyablement de se relever, mais ce fut un échec total. Découragée, elle se laissa tomber sur l'oreiller, fatiguée :
- Que quelqu'un m'explique la logique qui veut que, quand on sort d'un coma on est fatigué, s'il-vous-plaît !, s'exaspéra-t-elle.
- L'organisme ne se repose pas, Lucia, bien au contraire, il bosse comme jamais pour te réveiller, ria Sabo.
- Ça fait le deuxième en deux mois, j'commence à en avoir un peu marre, souffla la fille d'Heyko Swann.
- Le destin est immonde avec les plus doués.
- Et ta sœur ?, s'intéressa soudainement Lucia, tournant sa tête vers Alikey.
- Elle a rejoint l'Armée, au QG., la rassura la blonde. Dragon m'a promis d'en prendre soin, j'irais lui rendre visite de temps à autre.
- J'ai l'impression que cette expédition va changer beaucoup de chose. Et aussi d'avoir déjà vu ta sœur quelque part. C'est assez étrange.
Alikey ne sut quoi dire par la suite surtout que Maeko choisit ce moment-là pour se réveiller. Il porta doucement sa main vers son torse bandé et laissa un grognement lui échapper :
- Bon sang, j'ai jamais eu autant mal au torse de toute ma vie. J'ai l'impression d'être un gros fromage avec des trous partout, se plaignit-il.
- Alors toi ! Toi !, s'écria Alikey, se rapprochant dangereusement de lui.
Le brun, affolé, plaça ses mains maladroitement devant son visage pour le protéger de la catastrophe. Mais rien ne vit. Quand il rouvrit les yeux d'un air craintif, il ne la vit qu'elle, avec un petit sourire à la fois désespéré mais en même temps heureux :
- Ne me refais plus jamais ça ! C'est compris ?, lui ordonna-t-elle en le prenant dans ses bras.
- Reçu cinq sur cinq chef, plus jamais, plus jamais. Faut dire qu'être trouer comme un gruyère c'est pas terrible comme sensation non plus.
- Baka, soupira Alikey.
Et le plus rassurant avec Maeko, c'était que quoi qu'il puisse arriver, le jeune homme restait authentique à lui-même joueur et blagueur. Peut-être Alikey comprenait enfin pourquoi Lucia s'était si vite attachée à lui avec ce lien si fort. Oui, elle comprenait.
La foule était intense. Jamais Lucia n'avait vu un tel rassemblement. Même pas à Goa le jour de l'arrivée du Dragon Céleste. Les gens se déplaçaient en masse, emportant chaque brebis égarée comme elle dans un torrent de transpiration et excitation mêlée. Elle avait perdu Maeko. Elle s'était perdue elle-même. Là, au milieu de ces milliers de personnes, elle était complètement paumée.
Alikey avait tenu à venir sur l'archipel d'Héra pour les jours du Soleil, prétextant un grand festival tenu sur l'île principale, remplie de couleur, de musique, de défilé et… de personnes.
Sauf que, quand on s'appelait Maeko, qu'on était surexcité comme un enfant à la vue de ce genre de chose et qu'on dépassait tout le monde pour voir les chars, en premier, ou Alikey et qu'on suivait le brun à la trace parce que son comportement « de bébé » l'amusait, ou bien Sabo et qu'on avait l'étrange faculté de pouvoir disparaître d'un champ de vision en moins de temps qu'il ne faut pour dire « Pouf », la pauvre Lucia se retrouvait seule et perdue dans cette foule de personne dont elle ignorait tout. Et sans moyen réel de retrouver ses camarades.
Alors elle se laissa aller dans le sens de la foule comme emportait dans un terrible courant, espérant que ça la mènerait vers la sortie ultime. Mais bon, cela faisait un bon bout de temps qu'elle était ainsi, et une quelconque porte de sortie ne semblait pas vouloir se dessiner au loin.
Soudain, les bruits se firent de moins en moins intenses et la foule s'amincit légèrement. Elle entendit au loin d'un air plus calme, une musique moins entraînante, pensant alors qu'elle était sauvée.
Une main la tira brusquement hors de la horde de personne pour finalement, la laisser pouvoir respirer. Quand elle releva son regard vers son sauveur, elle découvrit simplement un haut de forme, des cheveux blonds et un sourire dévoilant une dent manquante à l'appel :
- Une danse Lady Lucia ?
- Sabo, tu es mon sauveur, je t'accorde tout ce que tu veux si tu ne me laisses plus jamais autour de ces gens.
Le blond n'en attendit pas plus et attira son vis-à-vis sur une piste de danse improvisée. Il prit sa main et la plaça de façon à pouvoir entamer la danse. Lucia n'eut pas le temps de réagir qu'elle fut portée par le rythme de la musique et de son partenaire qui la guidait. Elle se contentait de suivre le mouvement :
- Je ne savais pas que tu étais si bon danseur, remarqua-t-elle au bout d'un petit moment.
- Ça fait partie de mes nombreuses qualités, ria-t-il légèrement.
Un silence pesant s'installa entre eux tandis qu'elle détournait le regard vers un point en dehors de la piste, ses joues rougissant légèrement. Son visage à lui ne trahissait aucune autre émotion qu'une mine narquoise qui lui allait si mal aux yeux de la jeune femme :
- Tu as l'air… mal à l'aise.
- Et le mot est faible, souffla-t-elle, essayant de faire revenir ses pommettes à une couleur raisonnable.
- Personne ne t'a donc jamais invité à danser ? Tu te débrouilles bien, pourtant, souleva-t-il, changeant de pas de danse en même temps que le rythme de la chanson l'obligeait.
- A vrai dire ce n'est pas vraiment ça le problème.
- Alors quel est-il ?
Il la prit par les hanches et la souleva du sol en même temps que les autres danseurs, laissant un moment de flottement à Lucia. Quand elle atteint à nouveau le sol, elle dit simplement en le fixant dans les yeux pour la première fois depuis longtemps :
- Toi.
Son sourire narquois ne le quitta pas d'un seul instant, il augmenta encore plus :
- Et qu'est-ce qui te gêne chez moi ?
- Tout. Et ça en premier.
- Quoi ça ?
- Bah, tu sais, ça !
- Non, je ne sais pas.
- Voilà, justement, Sabo, ton air narquois et désinvolte. Ça ne te va tellement pas. Mais où t'es-tu perdu ?!
Là, son sourire disparut alors qu'il eut un air sombre et sérieux. Le rythme changea à nouveau, laissant place à quelque chose de plus calme et discret. Il se contenta de placer une main dans le bas du dos de la jeune femme et de serrer l'autre dans la sienne à la hauteur de leurs épaules. Leurs deux corps étaient très proches, trop proches au goût de Lucia :
- Tu ne me connais pas, Lucia.
- C'est bien ça le problème Sabo ! Je suis… heureuse que tu sois vivant, tu ne peux pas savoir à quel point, même si je t'en veux encore un peu mais…
- Tu ne peux pas m'en vouloir, j'ai fais ça pour vous, tu sais. Dragon m'a proposé de me ramener, quand je me suis réveillé de mon coma, mais quand la nouvelle de « ma renaissance » se serait ébruitée, ce foutu St Jalmak aurait à tout prix voulut ma vraie mort et serait venu me chercher et vous par la même occasion. Vous n'aviez rien d'une fratrie ordinaire Lucia. Ace, autant que toi et Luffy. Je ne pouvais pas courir ce risque.
Lucia ne pouvait rien répliquer, elle avait fait la même chose, quatre ans auparavant :
- Soit, admettons que je te croie, pourquoi n'as-tu donné aucune nouvelle ?
- Qu'as-tu ressenti que tu m'as revu ?
- De la haine. Parce que tu m'avais menti. Du désespoir, pour me rendre compte que j'avais souffert pour rien. Et un petit peu de joie de te savoir encore parmi nous.
- Maintenant imagine la réaction d'Ace si j'avais réellement donné de mes nouvelles Lucia. Cette information n'aurait rien changé mis à part votre volonté inébranlable de continuer. D'un côté, je me félicite de vous avoir insufflé cette volonté. Vous allez tous les trois devenir aussi grands que prévu. Et savoir que je n'y suis pas pour rien rempli mon cœur d'un baume me donnant cette même volonté de vous surpasser.
- Vraiment ?, demanda-t-elle d'une voix peu convaincue.
- Pour l'instant j'agis dans l'ombre, Lucia., répliqua-t-il comprenant le sous-entendu. Mais bientôt, je changerais la face de ce monde, je me le suis promis.
- Et tes rêves de navigation ?, dit-elle précipitamment, la nostalgie dans la voix. Tu ne rêvais pas aussi de parcourir les mers librement pour écrire un livre ?
- Mais je l'écris ce livre figure-toi. Et je découvre beaucoup d'îles.
- Sauf que tu n'es pas vraiment libre.
- Sauf que je me bats pour la liberté, conclut-il.
La chanson se termina en quelques notes et les partenaires de toute part se saluèrent, Sabo et Lucia y compris :
- Tu as changé Sabo.
- Comme toi, comme tout le monde, Lucia. Parce que le temps change tout le monde.
- Tu sais, j'ai pleuré à ta mort. Enfin, supposée mort. Luffy aussi, beaucoup. Ace aussi, même s'il l'a toujours caché, je l'ai entendu ce jour-là. Tu nous as tous fait pleurer.
- Je sais, dit-il, le regard perdu dans le vide. Je sais.
- Et finalement, elle avait peut-être raison. Je devrais me réjouir parce que tu es là, mais aussi parce que grâce à ton absence, je suis devenue plus forte.
Elle se tourna pour faire dos au blond et le monde autour d'eux disparut. Elle plaça nonchalamment ses mains dans ses poches et fixa l'horizon, le vent balayant ses cheveux :
- Parce que par ta mort, j'ai appris à faire attention au plus grand des trésors.
- Vraiment ?
- Je me suis promis ce jour-là, Sabo, que plus jamais je n'aurais à souffrir ainsi. Et donc, plus jamais je ne perdrais un proche. Par ton départ précipité, tu m'as fait comprendre une chose.
Elle se retourna et son visage dur laissa place à un grand sourire :
- Fuir la douleur n'en vaut pas la peine. Même si je continue de tout faire pour l'éviter, je sais qu'un jour j'arriverais à lui faire face pour la dompter. Et là, je me sentirais réellement vivante.
Le blond sourit à son tour. « Il faut croire que même Lucia a changé. Mais après tout, c'est normal. Le temps change tout le monde. »
Non loin de là, dans un coin isolé se trouvait un monument énorme et blanc avec plusieurs centaines de nom écrits dessus. Une jeune femme se tenait juste devant, un bouquet d'hortensia dans les mains. Sur le haut de la plaque, on pouvait y voir très clairement écrits les noms de deux personnes. Le roi et la reine, décédés du royaume de Yukiyama, en plein milieu de North Blue. Génocide par des pirates. C'est la supposée cause de la mort. Un soupire échappa à Alikey. Ce que le monde avait pu être cruel envers la dynastie des Yukiyama.
Un jeune homme s'avançait sur le petit chemin de caillou menant au monument. Il avait un rythme lent et régulier, plutôt rare pour cette personne. Il se rapprochait de plus en plus de la blonde, pour finir à sa hauteur. Elle ne le remarqua même pas, fixant toujours sans vraiment regarder, le monument. Au loin, le soleil se couchait. Maeko tendit doucement sa main vers le bouquet d'hortensia et en prit une, la plus délicate et belle de son avis. Il la manipula alors dans ses mains quelques instants, tout en l'observant, puis se pencha vers la plaque dorée au sol, indiquant les noms des deux parents de son amie. Il posa délicatement la fleur sur la stalle et se releva. Il tourna ensuite son regard vers Alikey, qui n'avait pas bougé, mais dont une larme perçait sur sa joue droite. Il eut un faible sourire et porta sa main à la perle d'eau salée, pour l'essuyait :
- Tu sais… un jour, une personne très avisée m'a dit que pleurer ne servait à rien. Je l'ai cru jusqu'à ce que je rencontre Lucia, qui m'a expliqué que pleurer permettait d'évacuer déjà une grande partie de la douleur. Que c'était normal. Que ça faisait partie de l'être humain.
- Pleurer c'est pour les faibles, renifla-t-elle. Et je ne suis pas faible. Je suis la princesse du fier royaume des neiges éternelles, Yukiyama.
- Sauf qu'avant d'être une princesse, tu es humaine, Alikey. Et que la vie t'a reprit beaucoup de chose que tu ne peux plus reprendre. Alors pleurer de temps à autre ne te fera pas de mal. Surtout devant ce genre de chose.
Elle acquiesça, puis essuya l'autre larme coulant sur son autre joue. Puis, elle se rapprocha de Maeko, et se blottit dans ses bras. Ils restèrent ainsi une paire de temps, à fixer la stalle commémorative en silence, sans rien échanger. Juste être là, l'un pour l'autre :
- Merci, Maeko.
- Pourquoi donc ?
- Pour m'avoir sauvé de ces épées, au péril de ta vie. Je me suis rendue compte que je ne t'avais fait aucune excuse en bonne et due forme. Même si je trouve ça idiot et totalement irresponsable de ta part, ça montre que tu tiens à moi et ça me touche.
- Je suis si peu expressif que ça, que je suis obligé de me moitié sacrifier pour que tu me remarque ?, se moqua doucement le brun.
- Il faut croire que oui.
Ils échangèrent un bref rire avant que le silence ne se réinstalle de nouveau. Le soleil disparaissant de plus en plus dans la mer :
- Tu m'as dit que le coucher de soleil représentait pour toi, une nouvelle journée de finie dans ta vie, commença la blonde.
- Oui.
- Pour moi, les couchers de soleil représentent les questions du lendemain. De quoi sera fait le futur ? Qu'allons-nous devenir après cette journée ? Comment sera la prochaine ?
Il la fixa contempler l'astre solaire avec une concentration presque douteuse :
- Je pense simplement, mademoiselle Alikey, que tu te prends trop la tête.
- J'ai l'impression d'avoir déjà eu cette conversation avec toi.
Il sourit, à nouveau gêné par la proximité et se détacha d'elle, d'un petit rire nerveux. Puis, ils se regardèrent dans les yeux quelques instants, et il se retourna pour marcher à nouveau sur le chemin de caillou, faisant dos à Alikey :
- Relativise un peu Alikey. La vie n'est pas que faite de chose toute noire ou toute blanche. Le futur est incertain, mais le passé nous aide à éviter le pire par nos erreurs. S'il y a bien une leçon que j'ai retenu, c'est que sourire à la vie ne la rendait pas plus joyeuse, mais plus supportable.
Puis, il partit pour ne plus jamais se retourner. La blonde fixa les fleurs dans ses mains, les posa sur la plaque à côté de celle de Maeko, et sourit.
Et voilà ! Encore un nouveau chapitre de terminer ! J'aime ce chapitre. Ne me demandez pas pourquoi, mais je l'aime. J'ai aimé l'écrire, j'ai aimé le relire et j'ai aimé vous le présenter.
Je ne pense pas vraiment qu'il y ait quelque chose à rajouter là-dessus. Il fait la transition entre le début de l'arc et le reste et c'est là que ça s'assombrit. Mais la deuxième partie de cet arc me tient vraiment à cœur. Malheureusement, on ne revoit pas les WBP avant le dernier chapitre, mais je me rattrape après vu qu'ils seront presque omniprésents dans l'arc suivant. Et je vous offre Sabo sur un plateau doré, on ne peut pas tout avoir en même temps les amis xD
Un grand merci à Alysse pour sa review. Si tu continues comme ça, c'est toi qui va me faire rougir :3 en espérant que ce chapitre te plaise toujours autant ;)
J'espère pour tous mes lecteurs que votre rentrée c'est bien passée, la mienne est plutôt assez satisfaisante même si on me met déjà pas mal de pression par rapport aux examens que je passerais cette année. Et que je ne vais connaître que très peu de répit -_- mais bon, faut bien passer par là je crois.
Et n'oubliez pas que si vous avez une suggestion, une question, quelque chose qui vous gêne, vous dérange, ou simplement l'envie de me lancer des fleurs, n'hésitez pas à poster une review, je ne mords pas, et en plus c'est gratuit.
Prochain chapitre : Reddosan, l'île aux souvenirs. Qui sont Hoshikuzu et Gisei Tsy ?
On se revoit la semaine prochaine !
Kiss ! - La Femme Invisible.
