Disclaimer : l'univers de One Piece ne m'appartient pas.

Eh oui, vous ne rêvez pas ! Je suis de retour (pour vous jouez un mauvais tour... aheum non). Je suis platement désolée pour tout ce retard, mais je vous expliquerais tout en fin de chapitre promis.


Arc 2 : Passés entremêlés.

Chapitre VIII : La raison de l'existence de Lucia. Perdre espoir pour mieux le retrouver.

Lucia ramassa doucement les deux stèles sur le sol et les souleva, l'une après l'autre pour pouvoir lire ce qu'il y avait d'inscrit dessus. Ses yeux bleus parcoururent rapidement les mots et elle essaya de trier les informations qui arrivaient à son cerveau. Son souffle commença à se faire irrégulier et rare. Les premiers signes d'une crise d'angoisse.

Alikey juste à côté d'elle, avait maintenant retrouvé un teint encore plus blanc qu'à l'habituel. Elle tremblait légèrement, les yeux remplis d'une nouvelle lueur de panique. Pour elle qui avait ses croyances si fortes, tout prenait un sens terrible voir même tragique. Elle voyait déjà l'issue fatale de cette histoire et ça ne se terminerait bien pour personne et encore moins Lucia. La blonde échangea un bref regard avec Hoshikuzu qui hocha doucement de la tête comme pour lui faire comprendre que ses doutes étaient vérifiés. Elle ferma un bref instant ses yeux pour remettre de l'ordre dans sa tête et elle les rouvrit quand l'une des stèles se brisa sur le sol dans un grand fracas. Alikey la reconnut comme celle concernant la génération juste après Heyko, donc elle et son frère :

- Non.

- Lucia tu...

- Non.

Alikey mima un geste vers son amie, mais une sorte de force invisible l'empêcha de l'approcher. Hoshikuzu reconnut cette force comme Akaoni. Elle protégeait très certainement la jeune blonde d'un possible changement de comportement de la rouge, sous le coup de la colère:

- Non, elle rajouta, en serrant des poings.

Maeko tenta lui un geste vers Lucia, et Akaoni l'y autorisa, puisqu'il réussit à l'approcher et à lui enlever la deuxième stèle des mains en s'attardant sur ces dernières et essayant de les emprisonner. Il prit un ton neutre, que la détentrice du fruit de l'Ange ne lui connaissait et d'adressa directement à Lucia :

- Hey, Cia, ne t'attarde pas sur ses conneries. Ce ne sont que des paroles d'une vieille folle sur son lit de mort.

- Je ne peux pas Maeko, je ne peux pas faire ça.

- Peu importe ce qu'il y avait écrit, n'oublie pas, nous sommes capables de faire nos propres choix.

- Ma mère ne s'est jamais trompé jusqu'ici, Hoshikuzu crut bon de préciser. C'est une situation que tu dois accepter tout comme ta mère l'a accepté.

- Non.

Maeko avait reculé un petit peu, terrifié par la nouvelle couleur rouge du regard de Lucia. Cette dernière, qui faisait dos à Hoshikuzu, se retourna pour la fixer dans les yeux, et la diseuse de bonne aventure, put lire toute la haine d'Akaoni dans ces orbes rouges. Elle trembla légèrement, tandis que le brun lisait la dernière prophétie :

- De la lune ou du soleil, celui qui survivra fera régner son mode de vie sur le monde. La Nuit prendra le dessus sur le Jour ou la Lumière vaincra l'Obscurité. Et il y aura enfin un équilibre.

- Ces prophéties ne se contentent pas de prédire l'avenir de la lignée d'Heyko, mais aussi à échelle plus grande, constata Alikey. Qu'est-ce que ça signifie ?

- Les dieux essaient de réparer le chaos sur terre et d'y remettre un équilibre. Tout a commencé avec Akaoni et Heyko, qui ont renversé l'ordre établi. Ce sont ces petits enfants qui le rééquilibreront.

- Conneries.

Ils se tournèrent tous vers Lucia, qui avançait vers la sortie du cimetière, son corps irradiant d'une lumière sombre. Akaoni, tapie au fond de son esprit, leva les yeux au ciel, assise négligemment à la place qu'elle avait depuis 17 ans, se mordillant légèrement la lèvre inférieure en soufflant :

Si tu veux avoir mon avis sur le sujet Lucia, n'écoute pas cette vieille folle. Elle est aussi superstitieuse que sa pauvre mère et finira certainement comme elle. Les dieux n'en ont rien à tapé de ce qui se passe ici bas, ça se saurait s'ils s'occupaient de vous, pauvres humains. Je ne serais pas ici avec toi mais six pieds sous terre.

- Fuir n'est pas la bonne solution, Lucia. Tu dois faire face à ton destin.

Le visage de Lucia se tordit dans un sourire sadique, tandis qu'elle faisait à nouveau face à sa tante. Maeko avait reposé la stèle à sa place, et passé une main dans son dos pour attraper Actu et être prêt à faire face à toutes les possibilités. La froideur dans le nouveau regard de Lucia l'effrayait et le rendait triste en même temps. Il n'avait pas pu lire la prophétie la concernant, mais il comprenait que si elle devait la suivre à la lettre, ça ne mènerait à rien de bon :

- Fuir c'est ma spécialité. Ça ne changera pas de d'habitude, ne vous en faîtes pas.

- Ignorez la parole des étoiles ne t'aidera pas non plus. Il vaut mieux que tu commences par accepter et...

- Accepter ?, Lucia la regarda avec un regard ahuri, comme si Hoshikuzu venait de dire la plus grosse débilité de la terre. Vous voulez que j'accepte un seul instant ce que ces foutues étoiles ont soi-disant dessiné pour moi ? Mais redescendez sur terre au lieu de garder la tête lever vers le ciel ! Ce sont des conneries.

Lucia décida de définitivement quitter le lieu avant de s'énerver plus sur sa tante. La colère redescendait progressivement, et Akaoni vit les deux premières portes se fermaient dans l'esprit de Lucia :

Dis-toi bien que moi, j'ai du la supporter pendant plus de trente ans.

- Maeko, Alikey, je pars à la recherche de Sabo, on se rejoint au port, ne traînez pas trop longtemps ici. Il est temps qu'on déguerpisse et qu'on rentre sur le Mobydick. La Marine n'est peut-être pas très loin.

- J'arrive Cia, précisa Maeko alors qu'elle disparaissait de leur champ de vision.

- Vous pensez qu'il n'y a pas d'autres alternatives ?, demanda Alikey, anxieuse comme jamais.

- Qu'elle l'accepte ou non, ses actes futurs l'amèneront à faire un choix. Prenez garde à vous, Pirate de Barbe-Blanche, le sort ne vous réserve rien de bon. Accrochez-vous.

- On a l'habitude de faire face à une sacrée merde, ne vous inquiétez pas pour nous, précisa l'ancien Sans-Cœur.

- Vous êtes son ami ?

- Le plus proche.

- Alors faîtes-les comprendre.

- Lucia est têtue. Si elle refuse cette alternative, elle en trouvera une autre, ne vous en faîtes pas.

- Sauf s'il n'y a pas d'autres alternatives...


Lucia ne savait pas vraiment pourquoi elle avait fini par chercher dans la forêt tout près de la mer. Surtout pour éviter le monde au port. Elle avait une envie irrépressible de tuer quelqu'un. Et certainement aussi parce qu'elle savait pertinemment que ce ne serait pas elle qui trouverait Sabo, mais lui qui la trouverait. Elle laissait aller sa colère contre la végétation alentour, en y donnant des coups avec son bras droit, maintenant entièrement vert et flexible :

Tu réagis comme une gamine, La Gosse.

- Tu n'aurais pas un radar à personne sur toi ? Du genre, repéré quelqu'un qui n'est pas ici.

Je ne suis pas non plus multifonction gamine. Je peux faire beaucoup de chose mais pas ça.

- Zut.

Mais tu ne possèdes pas un truc qui s'appelle Haki ?

- Je n'ai pas envie de l'utiliser. En plus Sabo est un révolutionnaire, il sait comment tromper les personnes qui le traquent.

Mais tu ne le traques pas, tu le cherches.

- Vieux réflexe je suppose.

On ne se débarrasse pas des vieux réflexes je suppose.

- Bon, où est-ce qu'il ce foutu révolutionnaire ?!, elle s'impatienta en donnant un coup plus fort.

Bah, t'as passé toute ta vie sans lui, tu peux te permettre de ne plus le voir pour quelques moments.

- Ahaha, très très drôle.

Il y eut un silence où même la forêt fut muette. Lucia s'arrêta ses sens en alerte, mais ce n'était qu'une fausse alerte. Du moins selon ses sens :

- Au fait, en parlant de ça, Lucia continua à parler toute seule, à l'adresse de la démone tapie dans son esprit. Vu que tu ressens tout ce que je ressens, ça t'a fait quoi de perdre Sabo ?

- Rien de spécial. J'ai beau ressentir tes émotions, je ne me suis pas attachée à ce gamin. Ni même aux autres. Même si je dois avouer apprécier le fils de Roger. Il est doué ce gosse.

Lucia ignora pourquoi mais elle se mit à rougir, comprenant les paroles de la Démone, cette dernière partant dans un grand rire assez franc en voyant qu'elle avait réussi à la faire réagir :

- En tout cas, moi, à ta place, je ne réfléchirais pas deux fois sur lequel je choisirais de laisser vivre.

Lucia se s'assombrit d'un seul coup, plongeant l'ambiance assez détendue entre elle et la Démone dans un fond froid :

- Ce sont des conneries.

Hoshikuzu raconte beaucoup de merde tu sais, ce ne serait pas la première fois.

- Jamais...

Lucia arriva finalement à la plage, aux côtes de Reddosan, et la trouva complètement vide. Le soleil s'était maintenant couché, annonçant la fin définitive de cette journée. Elle s'avança jusqu'à l'eau, et enleva rapidement ses chaussures. Elle alla ensuite tremper les pieds dans l'eau salée, et se sentit immédiatement perdre de ses forces. Elle ferma les yeux et profita un instant de l'air marin qui ébouriffait ses cheveux. Pour une raison étrange, elle avait toujours aimé ce moment de faiblesse en contact de l'eau salée. Uniquement quand elle n'était pas en combat, cela allait de soit. Akaoni ne faisait plus aucune remarque, elle avait donc décidé de la laisser un peu seule face à la mer. Et la jeune femme la remercia. Elle avait besoin d'un peu de temps pour réfléchir à la situation. Si elle était si désespérée que ça. Si elle avait besoin de s'alarmer à ce point ou non. Son cerveau essayait d'analyser la question sous tous les angles, pour trouver une autre solution. Mais la seule chose qui lui venait en tête c'était d'ignorer les paroles de la stèle et de sa grand-mère. Réfléchir méthodiquement et oublier. Reprendre l'ancien court de sa vie, faire comme si de rien n'était. En serait-elle capable ? La brûlure sur son oeil se réveilla pour lui rappeler que non, elle ne serait pas capable d'oublier. Maintenant qu'Akaoni était bien installée, maintenant qu'elle savait tout. Pourtant, elle devait trouver une autre alternative.

Au final, en quoi le sort du monde l'intéressait ? Le principal c'était que son monde à elle continue de tourner. Les révolutionnaires, la Marine, le Gouvernement Mondial, ils pourraient bien se déchirer entre eux, tant que ça n'atteignait pas les Pirates de Barbe-Blanche ou les proches de Lucia, en quoi est-ce que ça la concernait ? Pourquoi devait-elle faire partie de quelque chose de plus grand, de plus noble ? On lui avait répété toute son enfance qu'elle était libre de ses choix. Si c'était le cas, elle pouvait choisir d'ignorer le destin que les étoiles avaient dessiné pour elle. Elle pouvait choisir d'ignorer cette prophétie et de continuer au mieux qu'elle pouvait. L'objectif devait rester le même. Avec ou sans prophétie. Elle protégerait les personnes qu'elle aimait. Sauf que maintenant, elle avait une sorte d'arme de destruction en elle, qui pourrait l'aider. Peu importe les paroles de étoiles. Elle y arriverait :

- Pourquoi donc rester planté là, Cia ?, une voix familière demanda derrière elle.

Lucia se retourna brusquement pour voir son ami aux cheveux blonds lui sourire :

- Où étais-tu passé toi ?

- Deux trois trucs à faire, un service à rendre à Dragon, j'ai été occupé. Mais vous aussi apparemment.

- Mouais, elle grimaça, peu convaincue.

- Tu as trouvé ce que tu cherchais ?

- Un sens à ma vie ?, plaisanta-t-elle, et le faisant rire.

- Tu cherchais vraiment ça ?

- Paraît-il que grâce à ses origines, on arrive mieux à se forger une voie.

- Quelle personne stupide a dit ça ?

- Je ne sais pas, un débile profond je suppose.

Ils échangèrent un rire complice, puis un silence gênant. Elle quitta le bord marin pour le rejoindre, le sable s'infiltrant entre ses doigts de pieds mouillés :

- Tu as peut-être toujours eu raison Sab.

- Vraiment ?

- Quand tu disais que tu sentais ton destin se refermer sur toi. Le jour de l'incendie du Grey terminal.

Les souvenirs remontèrent aux yeux du blond. Quelques temps avant l'incendie, en effet, la jeune fillette aux cheveux rouges qui s'était amouraché de lui s'était aventurée courageusement dans la Haute Ville pour essayer de sauver son ami. Enfermé dans la cave de la maison, une seule porte les avait séparés de leur dernière confidence. Et le jeune garçon, au bord du désespoir lui avait confié ses rêves les plus fous et ceux qu'ils voulaient à tout prix réaliser. Il lui avait alors confié ses sentiments amers à l'égard des nobles et de cette société qui l'enfermait.

Avec le recul, Lucia comprenait pourquoi Sabo avait rejoint Dragon. Finalement, même s'en était une évidence. Sabo était né pour se battre contre les injustices. Et contre ce monde et ce Gouvernement corrompu :

- Tu as aussi l'impression que quoi que tu fasses, tout t'échappera ?

Elle ne sut quoi répondre à ça, trouvant dans la véracité des paroles du blond, une sorte de réconfort. Il arrivait à comprendre :

- J'ai croisé Maeko et Alikey, ils m'ont tout expliqué...

- Jamais je ne pourrais choisir. Ô grand jamais…

- La petite fille que j'ai connue aurait bien vite sacrifié Ace surtout pour la vie de Luffy.

- Sauf que je ne suis plus cette petite fille, Sab. Et que beaucoup de chose ont changé.

- Je m'en doutais. Un jour ou un autre, vous auriez fini par vous rapprochez toi et lui.

- Vraiment ?

- Vraiment.

Elle soutint son regard pendant un bref instant, tandis que le vent balayait un peu le sable autour d'eux et venait chatouiller et défaire ses cheveux rouges. Elle regarda un bref instant l'horizon derrière elle, et rajouta, sans pouvoir le regarder, comme si elle avait honte de sa déclaration :

- Il est devenu important dans ma vie. Il a pris une place qui me fait maintenant peur quand je m'en rends compte.

Un autre silence suivi sa prise de parole, seulement brisé par le bruit des vagues se cognant contre le récif :

- En fait, tout me semble si irréaliste. Le monde ne tourne plus rond depuis qu'Elsa m'a… enfin bref. D'abord l'étrange voix, puis les discours bizarres de Dragon, et maintenant ça. Je viens juste d'apprendre d'où je venais, ce qui devrait m'aider à forger mon avenir, mais je n'ai jamais été aussi déçue et blessée qu'à cet instant.

- Un jour, une petite fille d'un an ma cadette m'a dit qu'on avait toujours le choix de ce qu'on voulait faire. Souvent on fait les mauvais ou les bons, mais le propre de l'être humain, c'est de pouvoir les faire.

- Marco m'a dit ça, il y a bien longtemps. J'ai apparemment laissé cette parole un peu partout, elle lui sourit doucement en pensant à son tuteur.

- Tu lui as dit à lui ?

- Oui… je lui ai aussi promis de prendre soin de Luffy, peu importe à quel prix. C'est une promesse que je ne pourrais jamais briser. Jamais, au grand jamais.

- Je comprends.

- Vraiment ?

- Vraiment.

A croire que toutes leurs conversations se terminaient ainsi.

- Je me sens heureux de pouvoir mener la vie que je mène. C'était comme si le destin m'avait fait un signe ce jour-là. La Révolution n'est pas toute blanche comme le Gouvernement Mondial n'est pas tout noir. Mais j'ai l'impression que cette voie est la mienne. Et donc, je forge mes choix autour de ce chemin que j'ai décidé de tracer. Trouve-toi un objectif Lucia. Un chemin à suivre. Un objectif à atteindre. Et donne-toi les moyens d'y arriver. Alors tu ne seras plus dans le flou et tu arriveras à te sortir de toutes situations.

Elle le fixa avec intensité, réfléchissant à ses paroles bienveillantes. Jusqu'à ce qu'il se retourne vers elle et qu'il lui sourît de son sourire avec une dent en moins. Comme avant. Un élan de nostalgie la prit en plein dans les tripes et elle sentit son cœur manquer un battement. Elle se rendait à peine compte à quel point Sabo lui avait manqué. Oh oui, et manqué était un mot tellement faible. Et si elle avait du mal à se rendre compte de ça, c'était encore pire pour le fait qu'il était encore vivant et en bonne santé, galopant sur la terre pour remettre ce monde dans le droit chemin. Puis, elle repensa au jour où les trois frères avaient échangé leur coupe de saké. A leurs rêves d'époque, semblant si proche et si loin :

- Je veux protéger. Je veux tout protéger. Je veux que tu écrives ce bouquin sur le monde. Je veux que le nom d'Ace soit reconnu sur toutes les mers. Et ce que je veux par-dessus-tout c'est que Luffy trouve le One Piece. Le reste du monde peut bien s'écrouler tant que les rêves de l'ASL deviennent réalité.

Le blond eut un faible sourire. Depuis quand n'avait-il pas entendu parler de l'ASL ? Des années. Et ça lui manquait. Atrocement. Mais il se tut, et ne fit qu'approuver les paroles de son vis-à-vis. Tant qu'elle avait de l'espoir, ce souhait pouvait encore se réaliser.

Et ainsi…

L'ASL vivrait encore. D'une certaine façon.


Plus loin, sur un bateau de la Marine, le Vice-amiral aux commandes de la mission en route vers West Blue regarda son île natale avec un brin de nostalgie, seule émotion qui semblait passer dans ses yeux durant ces 17 dernières années. Sengoku voulait sa mort à le renvoyer sur Reddosan. Il savait pourtant le lien affectif que le rouge avait avec cette île. Mais ça ne semblait pas le préoccuper plus que ça, apparemment. Il lui avait remis cette mission en main, la disant de la plus haute importante. Pourtant, il n'y voyait que quatre adolescents à pourchasser. La jeunesse s'y mettait de plus en plus tôt.

Il regardait encore et encore sur ses fiches, les quatre portraits. Le premier était un ancien Sans-Cœur, qui s'était détaché du Gouvernement Mondial il y a de cela 4 ans pour rejoindre l'équipage de Barbe-Blanche. Gisei le jugeait comme la menace la plus grande, connaissant très bien Kokoro No Nai et prenant le plus possible ses distances avec la fille de B. La deuxième était une femme, blonde et guère plus âgée que les autres, possédant un fruit extrêmement dangereux quand il était bien utilisé, et ayant fait parti de la Révolution. Elle avait d'ailleurs déjà une prime à son surnom « L'Ange de Fer. » La troisième était un blond habillé noblement avec un chapeau haut de forme, connu comme étant le « Chapelier Fou », de tous, mais surtout « Kedekai-sama », le jeune lieutenant talentueux de Dragon. Il était aussi compris comme menace n°1. Eh puis enfin, il y avait une totale inconnue. Enfin, pas si totale que ça vu que Garp, dans son rapport, la présentait comme l'unique fille d'Heyko Swann. La descendante de la Démone. La fille d'Heyko Swann.

Et il se répétait cette phrase en boucle. Il avait inspecté la photo sous toutes les coutures. Il aurait juré avoir vu sa défunte mère, Lucia Tsy. Hors cette fameuse enfant d'Heyko Swann se prénommait Lucia. Quelque chose n'allait pas. Quelque chose clochait. Comment Heyko avait pu avoir une enfant qui était le portrait craché de sa mère ? Gisei connaissait la réponse, mais il préférait se la cacher.

Elle lui aurait menti alors. Quand elle a disparu après le massacre des Assassins. Quand elle a dit qu'elle était juste malade. Qu'elle se sentait à la fin de sa vie (ce qui était en partie vrai). Mais elle avait eu un gosse. Il regarda l'âge de la fameuse Lucia Swann. 19 ans. Oui, les dates concordées. Mais alors, avec qui avait-elle eu cette enfant ? Shanks ? Non, elle le considérait déjà comme son propre fils. Lui ? Quelle bonne blague. Elle n'avait jamais voulu avoir d'enfant, prétextant son statut de Démone, et surtout que leur amour à eux était impossible. Mais il fallait croire que ça ne l'avait pas empêché de lui avoir fait un enfant dans le dos.

Alors, quand Gisei Tsy récapitulait la situation, ça donnait ça. Il se découvrait être père d'une gamine de 19 ans, avec la femme qu'il avait toujours aimé, mais morte depuis 17 ans. Cette même enfant qu'il ne connaissait même pas de vue, mais à peine de nom, devait être arrêtée pour piraterie. Comble, il devait l'arrêter. Comble du comble, elle faisait aussi partie de l'équipage de Barbe-Blanche. Il se découvrait là une bonne migraine.

Mais il ne devait pas laisser place aux sentiments. Il les avait banni de sa vie il y a bien longtemps. Et il ne devrait pas avoir de la pitié pour les pirates. Mais en même temps, elle était peut-être sa fille. Et puis, attaquer les Dragons Célestes… ce n'était pas non plus, à ses yeux, le crime du siècle. Mais c'était un ordre de mission, donné par Sengoku en plus. Il se demandait pourquoi d'ailleurs, le Bouddha n'avait pas donné cette mission à Gecko, lui qui voulait absolument retrouvé son petit Sans-Cœur égaré. Etrange. Mais bon, il en était de sa responsabilité. Il devait le faire, alors il le ferait.


Gecko rageait avec force dans son bureau, au QG d'Asashin. Il avait envoyé le commis portant le message de Sengoku dans le mur d'un violent coup de poing. Son fruit du démon bouillonnait vivement dans ses veines et il sentait une rage sans nom le prendre. Il se vengea alors sur son bureau, qui se cassa en deux, sous sa force vengeresse :

- Sengoku a donné ce dossier à Gisei, cet imbécile de Gisei qui ne sait même pas que Lucia est sa fille ! Au lieu de moi, qui cherche depuis 4 ans à les faire revenir ! Mais qu'est-ce qui ne va pas avec moi ?! Pourquoi est-ce que je n'ai pas sa confiance comparé à l'autre idiot qui se tapait Heyko Swann bordel ?

Elsa était nonchalamment assise sur l'un des canapés du bureau de son supérieur, les pieds posés allégrement sur la table près d'elle. Le petit "E" dessinait sur son épaule luisait, signe qu'elle revenait d'une mission et qu'elle venait faire son rapport à 0. Elle le regarda s'énerver d'un air absent, tout en jouant avec la mèche de cheveu relié à la clochette dans ses cheveux, produisant ce son que ses ennemis redoutés tant. Une fois que Gecko avait assouvi sa vengeance de façon physique sur les objets, il se tourna vers son ancienne apprentie :

- Et toi ! Toi ! Je peux savoir pourquoi tu as aussi tué les gars du régiment ?

- Ils étaient terriblement ennuyants.

- Tu sais que toutes tes conneries me retombent dessus ? Déjà que j'avais interdiction de partir à la poursuite de Lucia, je me suis fait reprendre à l'ordre à cause de toi ! Et c'est certainement de ta faute si je n'ai pas eu cette mission.

- Comme si j'en avais quelque chose à faire. Tu verras, Sensei, tu y gagneras à la fin.

- Tu es censée m'aider E, pas m'enfoncer.

La fille de B le regarda de haut en bas et se délaissa sa mèche de cheveux un bref instant :

- Est-ce que tu m'écoute quand je te parle ?

Elle se releva d'un coup à la vitesse de l'éclair, et plaqua son supérieur contre le mur :

- Je ne suis pas censé faire quoi que ce soit, Sensei. Je n'ai besoin de l'aide de personne, pas comme toi. Et rien ne m'empêchera de faire ce que j'ai envie. Rien ni personne.

- Et quel est ton but, Elsa, dis-moi donc, toi qui est née uniquement pour tuer ? Comment peux-tu trouver une autre raison à ton existence ?, il la chercha dans un sourire provocateur.

- Attends un peu de voir ce que je vais devenir, Gecko. Il va arriver un moment où tu te rendras compte que tu n'as aucun pouvoir sur moi. Que tu ne peux pas te contenter de me contrôler comme tu contrôlais H ou même P. Ce que je vais devenir est encore plus grand que tous les espoirs que tu as posé sur moi. Et ça t'échapperas. Tu me verras te filer entre les doigts, tandis que moi, je serais là pour t'observer sombrer. Le bateau coulera bientôt Gecko et tu feras parti des naufragé. Toi, le beau et fier capitaine du navire, tu sombreras en même temps que ta création.

Elle relâcha la pression qu'elle exerçait sur le cou du Vice-Amiral, et quitta la pièce à vitesse grand V. Gecko se dirigea difficilement vers les restes de son bureau et prit le Denden. Il composa un numéro avec rage et on lui répondit immédiatement :

- Ne lâchez pas E d'une seule semelle. Les choses peuvent devenir dangereuses.

Il raccrocha juste après, ne souhaitant pas faire face à ses supérieurs. Puis il alla chercher un petit sifflet, avec écrit la lettre "P" dessus. Il le porta à sa bouche, et le porta à sa bouche. A peine le son sortit du petit objet, qu'un jeune homme se matérialisa devant lui :

- Vous m'avez appelé chef ?

Paris avait été le deuxième enfant à rejoindre la nouvelle Asashin. Il était d'une beauté extraordinaire extérieurement, mais était surtout l'un des rares Sans-Coeur à avoir choisi de rester loyal au Gouvernement :

- Fais attention à toi, Paris, Gecko le mis en garde. E est remontée et j'ai peur qu'elle essaie de s'en prendre à vous. Rester sur vos gardes jusqu'à nouvel ordre les missions sont annulées.

- Bien, chef.

Le jeune homme allait partir quand il se retourna vers son supérieur :

- Eh Chef ?

- Quoi encore ?

- Que fait-on pour M, Lucia et les deux révolutionnaires ? A et L sont sur place.

- Qu'ils n'interviennent pas et qu'ils rentrent. Avec un peu de chance, Gisei va bien faire son boulot.

- A vos ordres.

Le jeune assassin s'inclina en guise de respect et disparut aussi vite qu'il était arrivé. Tout cela n'annonçait rien de bon, aux yeux du Vice-Amiral.


Note de l'auteur : Il a été DUR tellement DUR à réécrire celui-là, parce que ça va faire trois ans qu'il a été écrit, et j'y ai mis tellement d'élément de l'intrigue qui sonnent creux et niais pour moi. Mais comme je les tourne de façon différente par la suite, ça a juste été ce chapitre qui a bloqué. Ça m'a pris des heures et des heures de travail pour tourner les choses différemment et vous présentez quelque chose de potable (surtout que j'ai manqué de motivation, et j'ai eu un manque de confiance en moi pour je ne sais quelle raison j'avais l'impression que rien n'était bon) enfin bref.

Je suis vraiment, vraiment, vraiment, vraiment désolée pour tout ce retard accumulé, mais mon année a été très dure, aussi physiquement que mentalement, j'ai eu un passage à vide pendant l'hiver, One Piece est un peu beaucoup sorti de ma vie au profit de la fin de Naruto, j'ai plongé dans l'univers extra des séries à la chaîne et j'ai pas mal souffert à cause de ces dernières, en plus de mes efforts scolaires, qui vont bientôt prendre fin.

Enfin bref, tout ça pour dire que normalement, je reviens pour de bon. L'arc 2 est bientôt fini, et se terminera avec mes deux chapitres préférés, plus je vais reprendre l'écriture de l'arc 3 pendant les grandes vacances. J'aurais plus de temps et One Piece a su reconquérir mon coeur avec les derniers chapitres sortis. Donc la machine est de nouveau en route.

Encore désolée pour ces mois de silence. Je remercie les personnes qui m'ont envoyé des messages de soutien, ça m'a beaucoup aidé à reprendre.

Promis, je reviens la semaine prochaine ;)

Et n'oubliez pas que si vous avez une suggestion, une question, quelque chose qui vous gêne, vous dérange, ou simplement l'envie de me lancer des fleurs, n'hésitez pas à poster une review, je ne mords pas et en plus c'est gratuit.

Prochain chapitre : Rencontre entre Tsy. Lucia face à la mort.

A la semaine prochaine - La Femme Invisible.