Nous entrâmes chez Prada afin de voir si éventuellement nous trouverions notre bonheur. Pas qu'il n'y aurait rien qui nous plairait, mais nous ne voulions pas non plus faire comprendre à Taylor qu'on s'en foutait de lui et que seul son portefeuille nous intéressait…
Nous trouvâmes évidemment notre bonheur, mais bon, l'étiquette de la robe noire « simple » que j'essayais affichait quand même 1495 Eur.
Je me tournai vers Kim et lui dit que je ne pourrais vraiment pas demander autant à Taylor.
Elle me répondit que ça lui faisait plaisir parce qu'elle n'aimait pas non plus dépenser autant !
« Ben alors, on va chez Zara mais on achète des Louboutins ! » Enchaîna Elisa en entrant dans sa cabine.
Nous rigolâmes toutes en même temps.
« Allez, en route pour Biondini ! » poursuivit Elisa.
« Ou alors, je prendrai des Jimmy Choo… AAAAAAAHHHHHHHHHHHHHHHHH je vais pouvoir porter des chaussures de rêve ! »
Nous étions bizarrement très impatientes de quitter la boutique Prada !
Quelle honte de partir sans rien !
« On va peut-être d'abord aller acheter une robe avant les chaussures non ? » dit Kim.
Et Elisa poursuivit « Oui, mais ça va pas clocher une robe Zara avec des Louboutin ? »
« Ben on verra… Dans le pire des cas, je vais à poil et juste avec des Louboutin ! » continuais-je.
Sur ce, nous entrâmes chez Zara.
Il y avait quand même vachement plus de monde chez Zara que chez Prada !
Elisa pencha pour une robe longue satinée couleur bordeau foncé avec un dos nu.
Laurence préférait le même style mais en version sans bretelle et mauve.
Kim et moi n'arrivions pas à nous décider. Nous aimions le noir toutes les deux pour une robe de soirée, mais entre une simple et une à froufrou qui bizarrement nous plaisait quand même, on n'y arrivait pas !
On opta quand même pour des robes longues simples. Kim en pris une dos nu nouée dans la nuque. Ceci mettait tout parfaitement sa poitrine et son bronzage californien en valeur.
Pour ma part, la mienne avait de fines bretelles mais un décolleté hyper plongeant devant et dans le dos. J'avais toujours adoré ça.
Sortant de chez Zara avec la somme de 389 Euros en moins sur la carte de crédit de Taylor, Kim nous déclara qu'on pourrait se lâcher avec les chaussures parce que quand il lui avait proposé de payer nos robes et chaussures, elle avait dit qu'il exagérait et il lui avait répondu « ben quoi, je vais quand même pas en avoir pour 10.000 Euros ! » !
« Donc, il nous reste la somme de euh (je n'avais jamais été douée en calcul mental)…9611 Euros à dépenser en accessoires ! » déclarais-je.
« On peut acheter des bijoux aussi alors ? Et se payer un coiffeur ? Je vais appeler Taylor… »
Sur ce, remplies d'excitation à l'idée de ce programme, et surtout impatientes de savoir si Taylor serait d'accord.
« Ok, mon bébé, t'es un chou ! »
Elle raccrochait déjà…
« On est go les filles ! »
Nous partîmes donc vers Biondini, le Palais des chaussures les plus branchées, et à mon avis, des plus chères !
Comme à notre habitude, Elisa et moi étions particulièrement excitées en entrant dans cette boutique. Surtout en sachant qu'on sortirait avec une paire de ces merveilles !
Nous nous promettions de nous conduire en Dames classes et surtout, de ne pas montre notre excitation.
Un vendeur arriva et nous proposa son aide.
« Oh oui, s'il vous plait, je pense que je n'arriverais jamais à me décider à choisir ! » déboulais-je…
« Très bien, pour quel genre d'occasion souhaitez-vous porter une de ces paires ? »
« L'avant première de Sex and The City ». expliqua Kim.
Il nous regardait déjà avec des yeux ronds.
« Ouah, j'imagine que vous devez choisir quelque chose qui soit à la hauteur de Sarah ! »
Il connaissait Sarah Jessica Parker !
Voyant nos têtes, il continua :
« Oui, Sarah Jessica Parker est déjà venue souvent ici. Elle est adorable vous savez ! Bon, revenons à nos moutons. Quels sont vos styles de tenues ? »
Merde, on avait pas prévu ça… Il fallait vraiment qu'on lui dise d'où venaient nos robes…
Sur ce, la mort dans l'âme, nous sortîmes nos robes de chez Zara, en priant qu'il ne nous foute pas de coups de pied au cul parce qu'on arrivait comme des pouilleuses.
Etonnamment, il nous dit que nos choix étaient parfaits par rapport à notre bronzage, à nos cheveux, à notre taille. C'était vraiment un vendeur parfait ! Il savait nous mettre en valeur sans pour autant en faire trop.
Bref, nos robes passées en revue, il nous conduisit à travers les rayonnages en nous proposant l'une ou l'autre paire.
Bon, il était parfait, mais il paraissait aussi être un de ces vendeurs qui estiment que n'importe quelle paire du moment qu'elle soit chère, est « particulièrement belle ».
Je fondis devant une paire de sandales créées par Paolo Biondini en personne. Elles étaient parfaite. Dorée, avec 2 très fines lanières, une entourant la cheville et l'autre autour des orteils. De fins strass étaient incrustés dans ces lanières. Le talon, probablement aussi haut que moi quand je suis née, m'annonçait secrètement qu'il me ferait souffrir si je les emportais. Cependant, une fois que le vendeur remarqua qu'elles m'avaient littéralement accroché le regard, il les pris et me dit :
« Vous chaussez du 39, je me trompe ? »
Il était parfait !
« Oui, tout à fait »
« Très bien, je vous propose d'enfiler celles-ci. »
Il me les tendit et j'eus l'impression qu'il tenait dans ses mains une des merveilles du monde.
Elisa me regarda avec ce petit sourire rempli d'excitation à l'idée que je les enfile.
Le vendeur me les passa au pied. Eh oui, on n'était pas chez Shoe Discount… Le vendeur me passait les chaussures aux pieds… Mon dieu, j'espère que les sandales que je portais avant n'avaient pas laissé mes pieds se salir. Quelle horreur…
« Votre vernis est superbe ! »
« Pardon, vous trouvez ? »
Ben quoi, c'est du bête vernis bordeaux foncé, comme je mets tous les jours !
« Oui, je trouve qu'il affine terriblement vos pieds ! Cependant, je pense qu'il ne conviendra pas avec ces sandales. Un vernis plutôt noir serait peut-être plus adapté. Il mettra la nuance dorée de la sandale en valeur par rapport à votre robe noire. Ou alors, vous tentez les ongles au naturel, avec un vernis transparent brillant. »
« Très bien, je vous remercie, je vais suivre votre conseil et vais essayer le noir. Je préfère mes ongles en couleur foncée. »
« Je pense aussi que ce sera très beau en noir. »
Ca y est, j'avais les deux sandales aux pieds. Elles étaient tellement belles ! Je me vis dans le miroir et je ne me reconnaissais absolument pas. Avec le pantalon 3/4 , elles paraissaient un peu trop chic, mais, comme le dirait Elisa, « ça pète sa race ! ». Je ne pus m'empêcher de sourire en me rendant compte des paroles que je prononçais intérieurement en rapport avec l'endroit dans lequel je me trouvais !
Mais au fait, j'étais debout ! Perchée, mais debout !
Oui, je pense que je saurais les porter, surtout si l'on considère que c'est dans une salle de cinéma que je me rendais. Je serais donc la moitié de la soirée assise !
« Je les prends ! »
J'ai dit que les prenais ? Je suis dans l'une des plus luxueuses boutiques de chaussures de Paris, et me voilà à dire, sans même avoir vu le prix, que je les prenais.
Je me tournai directement vers Kim, qui me fit un clin d'œil et un « oui » de la tête.
« Parfait, je pense également qu'elle vous iront à merveille ! »
Sur ce, je les retirai en priant que je puisse vite les remettre juste pour me la péter !
Elisa fixa son choix pour des sandales noires… SES Louboutin, dont une espèce de serpent argenté filait sur le haut de la chaussure.
Lorsqu'elle les eut enfilées, elle ne put s'empêcher de secouer les mains en l'air en déclarant :
« Mon dieu, je les veux ! »
On devait vraiment passer à la caisse et entendre le prix ?
Laurence choisi une paire de sandales noires de Jimmy Choo, qu'elle appelait déjà son « Choo Choo », avec une lanière faisant un double tour au niveau de la cheville. Relativement simples mais tellement élégantes sur ses fines chevilles qu'elles en devenaient chics.
Kim tomba amoureuse de sandales également de Jimmy Choo, noires avec une espèce de nœud en perles sur le dessus.
Nos paires toutes choisies, il fallait maintenant passer chez la douloureuse.
Kim nous dit tout bas :
« Hé les filles, faites pas ces têtes, on en aura pour maximum 2000 Euros non ? 500 Eu ros par paires environ ! »
« Ah oui, c'est vrai que par rapport à mes chaussures habituelles, c'est pas beaucoup plus ! »
continuais-je.
Le vendeur fut étonné de voir Kim déclarer qu'elle payait les 4 paires et lui annonça le prix de 2148 Euros. Nous ne voulions pas savoir laquelle de nous avait dépassé la « moyenne » de 500 Euros.
Nous remerciâmes le vendeur et sortîmes, toutes les 4 comme des gosses qui ont eu leur poupée Barbie !
Nous passâmes dans la bijouterie Phyllis où nous choisîmes chacune un collier, un bracelet et une paire de boucles d'oreilles. Chaque parure était simple, argentée et pour ma part, alliant argent et faux diamands.
Nous rentrâmes à l'hôtel afin de pouvoir essayer le tout. Nous n'aurions, en effet, jamais envisagé de tenir jusqu'au soir avant de passer nos robes avec nos chaussures et nos bijoux.
En arrivant à l'hôtel, nous passâmes à la réception afin de savoir s'il était possible d'obtenir un rendez-vous pour nous faire faire un chignon digne de toutes ces tenues.
En nous dirigeant vers l'ascenseur, étant comme d'habitude la dernière à suivre derrière, je ne le vis pas de suite sortir de l'ascenseur.
Il était là, parfait… Sans Martini, mais parfait !
Il salua mes amies et me fit un petit signe de la main. Et là, l'andouille de service reprend du service et se retourne pas très discrètement en se demandant si ce signe de la main lui était bien adressé. C'était évidemment sans compter l'arrêt sur image que j'affichais alors.
Il sourit, baissa la tête et la releva très peu avec un petit sourire espiègle dirigé vers moi.
Je ris, du moins j'essayais de le faire de façon classe.
Je me remis en état de fonctionnement et me dirigeai vers l'ascenseur, où mes amies m'attendaient.
Elisa me dit :
« Oh ma chérie, il en pince pour toi ! T'as vu comme il t'a regardée ? »
« J'ai surtout vu comment j'ai eu l'air ridicule encore devant lui ! M'enfin, je peux vraiment pas m'en empêcher ? Moi, je vous le dit, si j'arrivais un jour à être avec lui je signerais pour une vie remplies d'attitudes ridicules !»
« Mais non ma chérie, rassure-toi, tu fais déjà ça très bien ! » me dit Laurence.
« Ah ah ah ! Très drôle! »
Sur ce, nous montâmes dans nos chambres. Nous n'avions qu'une demi-heure avant notre rendez-vous chez le coiffeur.
