Bonjour tout le monde, à l'heure où j'écris ces mots le chapitre n'a même pas été commencé, mais je pense bien savoir de quoi il va traiter, où en tout cas partiellement. C'est assez étrange d'écrire cette rubrique sur ma page word vide, je voulais le faire pour confronter mon avis avant d'écrire et après, mais je viens de me rendre compte que je n'avais pas réellement d'avis et que même à vous ça ne vous apporte pas grand-chose, donc je rajouterai quelques mots ici après écriture, mais je laisse quand même ceci xD
Après écriture, je sais que j'ai eu pas mal de mal à écrire le début, jusqu'à "ma maison et mon lieu de travail" (houlalala je spoile xD). J'espère que ça ne se ressentira pas lors de votre lecture ;)
-Au revoir chérie, me susurre mon époux en déposant un baiser sur ma joue.
-Bon...ne...jour...née...Mark, j'articule difficilement, à mi-chemin entre éveil et sommeil.
J'entends la porte de notre chambre se clore, ainsi que celle de l'entrée, avant de me rendormir, profondément.
Une heure plus tard, mon réveil sonne, je m'éveille sans le moindre soucis, malgré l'interruption de ma nuit, infligée par mon mari. Il faut dire que je me suis couchée tôt hier soir, j'en avais assez de ma journée, lasse d'avoir eu à offrir mon corps à celui qui n'est autre que mon époux. N'est-ce pas ironique ?
Ma vie semble pourtant parfaite... Je vis avec mon amour d'adolescente, avec un mari qui m'aime, qui fait attention à mon bonheur d'une façon criminelle, nous avons une vie aisée dans la paix, nous sommes entourés de gens qui veulent notre bien. Et pourtant, avec tout ce que la nature m'a offert, je ne trouve rien de mieux à faire que de me lamenter sur mon sort.
Aux quatre coins du monde il y a des femmes battues, des enfants qui vivent dans la guerre, des gens qui échouent sur des plages à la recherche de la liberté, des personnes vivant dans la rue, dans la famine, qui sont atteints des pires maladies imaginables. Et je ne trouve rien de mieux à faire qu'étaler ma tristesse, factice, à côté de leurs vrais problèmes.
Je me décide enfin à me lever, mes pieds touchent un tissu au lieu d'atteindre le parquet. Je me plie en deux, abaisse ma main droite et tâtonne le sol dans le but de trouver l'objet trouble fait. Je l'agrippe et le remonte. Après un léger temps à tripoter chaque extrémité de ce que je viens de ramasser afin de l'identifier, je me rends compte que c'est le haut de mon bikini qui n'a pas bougé du sol depuis que Mark m'en a débarrassé hier.
Prise d'un accès, de folie, sans doute, j'en fais une boule et la balance de toutes mes forces sur le mur face au lit, de la même manière que j'aimerais me débarrasser de la prison irréelle que j'ai moi-même créée et dont la clef est perdue au fin fond d'un océan qui abrite des milliers de requins sanguinaires.
Je quitte ma position assise, et allume la lumière. J'attrape les deux morceaux de tissus bordeaux que Mark ne s'est pas plu à me voir porter hier, et les emmène dans le panier à linge sale de la salle de bain. Cette pièce est dérangeante, la baignoire, la douche, le carrelage, le lavabo, ainsi que les tapis sont blancs, et le reste est gris métallique. Tous les objets reflètent la lumière de l'aurore qui s'installe dans le ciel.
Je me contemple dans le miroir.
Regarde en face de toi Nelly, tu es l'immonde créature qui assombrit cette pièce, comme tu assombris chacune des personnes qui un jour ont constitué ton bonheur. Ta peau blême cache la noirceur du diable, cette enveloppe, ce masque qui vient se glisser dans la vie des gens comme la peste s'en empare avant de tous les emporter après moult souffrances.
Je me tourne, incapable de faire face plus longtemps à l'entité maléfique que reflète le miroir. Elle pourrait passer de l'autre côté pour m'emporter...Que suis-je bête, cet horrible monstre, c'est moi. Le mal m'a déjà fait rejoindre ses rangs.
Je descends les escaliers en colimaçon pour atteindre la cuisine, elle aussi est honteusement suréclairée. Je me concocte rapidement un petit déjeuner constitué de différents produits industriels, puis je tire une chaise et m'assieds sur une table solitaire, derrière ma véranda.
Cette immense maison me fait peur, j'entends l'écho de mes couverts contre mon bol, le tic tac d'une horloge, et tout un tas de bruits que les gens n'entendent pas, parce que leurs vies ne sont pas aussi plates que la mienne. Parce que le matin ils s'occupent de leurs enfants ou discutent avec leurs maris.
J'ai peur de cet endroit, tout ce qui s'y passe me terrifie, laissez-moi m'en aller, j'étouffe. Je me sens comme un claustrophobe qui aurait passé la nuit bloqué dans un ascenseur.
Je me décide à boire mon café, le liquide chaud vient enflammer mon cou glacé. J'en recrache une partie, et me résigne à abandonner l'idée de manger quelque chose ce matin, je n'ai pas faim et tout m'écœure.
Je remonte dans la chambre à coucher afin d'enfiler ma tenue. Je me débarrasse de ma nuisette et me vêts de mon habituelle tenue de travail, à savoir une jupe tube noire, une chemise blanche dont les manches m'arrivent aux coudes et une paire d'escarpins vernis, assortis à la jupe.
Lorsque je contemple mon corps nu, je remarque notamment une marque de morsure du côté gauche de ma hanche, Mark n'y est pas allé de main morte, la trace de ses dents est encore rouge et m'est douloureuse. Je ne m'en suis jusqu'alors pas préoccupée, mais je ne veux pas de cette chose sous mes yeux, j'ai l'impression d'avoir été marquée au fer rouge, mais ce n'est pas de la chaleur qui m'oppresse, ce sont les résidus d'une histoire d'amour vouée au désespoir.
La journée que je passe est plate, les gens défilent dans mon bureau pour des raisons sans intérêt, durant les heures de cours les couloirs sont calmes, il ne s'y passe rien. Aux intercours, aux repas et lors des récréations, les élèves crient de tous les côtés au point de m'en percer les tympans.
Le lendemain se produit d'une manière similaire, ce n'est qu'à partir de mercredi que la joie s'empare un peu de mon corps, me soulageant de tout ce vide émotionnel qui me compose.
Dans à peine quatre ou cinq heures, je mangerai une glace en compagnie d'un charmant jeune homme. Un charmant jeune homme, oui, mais c'en est un qui fait vibrer mon corps comme si ma vie n'était jamais monotone. Le son de sa douce voix me fait sortir de la peur que me procurent ma maison et mon lieu de travail.
Ainsi, j'attends les 14h00 avec une impatience telle que je sens passer mes sept heures d'attente comme un mois tout entier, toi, mon amour, dépêche-toi de me rejoindre. Tu me manques, cela va faire trois jours que je n'ai pas pu être comblée par ta présence, vite, vite ! Ô insoutenable horloge, dépêche-toi d'exécuter tes tours et libère-moi !
La dernière sonnerie retentit, tous les élèves se pressent de quitter ce maudit lieu d'emprisonnement, je ne peux que les comprendre, mais moi, je ne peux pas les suivre, leur journée est terminée, pas la mienne.
Je reste donc, le temps d'une heure éternelle, à gérer diverses fonctions administratives qui forment mon métier. Et puis, vient le temps où moi aussi, on me libère, je descends les escaliers avec classe et lenteur. Comme Nelly Raimon, la fille de Sonny Raimon, se doit de le faire.
Je n'ai pas le droit de courir, je dois être formelle, c'est ainsi que j'ai toujours fonctionné. J'ai toujours suivi les conventions, et pourtant, c'est en les suivant que je suis peu à peu devenu le démon qui hante son entourage. J'avais fini par me persuader, que suivre les règles, c'était m'automutiler, et pourtant, les enfreindre pour la première fois avec mon amant n'a rien arrangé, tout s'est encore plus assombri, mais j'y trouve un bonheur criminel...
Peut-on m'expliquer, comment le fait de ne pas avoir voulu blesser Mark a pu devenir une telle bombe à retardement, qui implosera, tôt ou tard, dans son corps ? Pour l'instant, tout va bien, enfin c'est une manière propagandiste de le dire. Tout va bien, lorsqu'on ne regarde pas ce qu'il y a derrière la façade, moi, je ne supporte plus le fait de devoir mentir à Mark et d'injustement m'accaparer Axel.
Mark va bien, parce qu'il ignore tout, et quand ça ne sera plus le cas, j'ai peur de ce qu'il adviendra.
Et puis Axel, je sais qu'il souffre, à chaque fois qu'on se quitte, et encore plus lorsque vient le moment de revoir sa petite amie, qu'il aime, mais qu'il trompe.
J'ai envie de tout extérioriser, de hurler jusqu'à en perdre ma voix, jusqu'à ce que chacune de mes cellules décide de quitter mon être, jusqu'à ce que le monstre que je suis, devienne un tas d'os. Mais le diable ne meurt pas, il hante. Et les gens qu'il possède ne meurent pas non plus, ils souffrent et font souffrir.
Un sourire se dessine sur mes lèvres, je souffre, c'est indéniable, et pourtant, j'éprouve encore de la joie, une joie sans limite, à l'idée de retrouver de mon amant.
Je me contemple face à un miroir fixé sur ma penderie, ce n'est plus l'horloge que j'entends, ce n'est plus le silence que j'entends, ce sont les allées et venues de mon cœur dont les pulsations me font comprendre que je suis là, et que je vis. Je veux rejoindre Axel, et cet organe accentue mon désir en pompant plus de sang, en rejetant plus de déchets.
J'ouvre les portes de ma garde-robe, je dois trouver la tenue adéquate, il ne faut pas que ça soit trop habillé, les gens me connaissent et connaissent Axel, nous ne devons pas éveiller les soupçons. Mais je ne veux pas être non plus complètement négligée, je décide donc de déboutonner ma chemise, d'envoyer voler ma jupe et de ne changer que de sous-vêtements, avant de remettre le tout.
Il n'y a que mon amant qui saura ce qui a changé, entre maintenant et ce matin.
Je monte dans ma voiture, une Ford C-Max noire, ça attire moins l'attention. Je me rends devant "Inazuma Ice", le meilleur glacier de la ville, selon l'opinion commune. Le blond se trouve face au bâtiment, une énorme boîte noire entre les mains, et monte dans mon véhicule, sans même me laisser le temps de m'en échapper.
-Bonjour, me lance-t-il une fois la portière refermée.
-Bonjour Axel, je peine à articuler, en le regardant par-dessous les cils.
C'est tellement stupide, mais je n'arrive pas à ne pas lui jeter ce regard tendre, à ne pas avoir ce sourire discret. Je détourne mon regard, mes yeux sont trop impurs pour avoir le droit de continuer à le contempler.
Je tourne la clef, desserre le frein à main, enfonce la pédale d'embrayage et passe ma vitesse afin de quitter ma place de stationnement.
De son côté, Axel attrape sa ceinture, l'enfonce dans le cliquet de réception, pose la boîte sur ses genoux, et se détend. Le trajet peut commencer.
-C'est une glace, dans la boîte ? J'interroge, tout en conduisant.
-C'est probable, me répond-il avec amusement.
-Le grand Axel Blaze n'est qu'un gamin, je lui fais remarquer en laissant échapper un doux rire de ma gorge.
-La grande Nelly Raimon est une coincée, continue-t-il sur le même ton.
-On verra si tu dis toujours ça tout à l'heure, je lui lance en faisant un rapide clin d'oeil.
Il se met à rire. Quand je pense qu'il y a encore un mois, je ne savais même pas qu'il avait ce caractère provocateur, je ne savais même pas que je l'avais, d'ailleurs.
Il est très secret, et ce n'est que petit à petit qu'il me dévoile de nouveaux aspects de sa personnalité. Il y a tant de choses que je dois encore découvrir, et comme je suis pressée d'entamer cette aventure. Que dis-je ? De la continuer ! Le début est si palpitant ! Si quelqu'un m'entend, qu'il exauce mon souhait, je veux vivre heureuse à ses côtés !
Nous arrivons face à ma maison, j'entame un rangement en bataille jusqu'au plus profond de mon garage. Et nous pénétrons dans une soudaine obscurité. Nous quittons l'automobile et rejoignons la salle à manger. Cet endroit est si beau, lorsque la clarté du jour vient sublimer son visage. Chaque pigment de sa peau ressort de manière encore plus lumineuse, il renvoie la lumière, tel un ange venu du ciel.
Il pose la grosse boîte sur la table où je mange tous les matins, une table qui ne fait face qu'à une unique chaise.
-Pourquoi ne pas la mettre sur la table à manger, il y a plus de place, je lui propose.
-C'est ici que je veux l'ouvrir, me répond-il en restant mystérieux.
-Comme tu veux, je le laisse faire, en haussant les épaules.
Je tire une chaise de la grande table, pour la mettre face à la petite. J'ignore si on aura vraiment beaucoup d'espace, cette table n'est conçue que pour une seule personne.
Il se décide enfin à ouvrir la boîte, afin qu'elle dévoile ses secrets. Le gâteau qui en sort contraste totalement avec le carton noir. Il est blanc comme neige, et recouvert de chantilly. Je coupe une part, l'intérieur aussi est immaculé. Je la pose dans une assiette à dessert afin de lui tendre, et je fais de même pour moi.
-Ferme les yeux, Nelly, m'ordonne-t-il.
Je m'exécute. Tout est sombre, je n'entends que le bruit de la cuillère en métal qui vient heurter la frêle assiette en porcelaine. Il porte son pouce à mon menton, et le glisse vers le bas, m'intimant de cette manière à ouvrir ma bouche. Je m'exécute. Puis, il plonge la cuillère entre mes lèvres, la retourne, et, abandonne la pâtisserie sur ma langue. Je l'avale, le goût est divin, j'avais imaginé du citron à la vue du gâteau, mais c'est du chocolat blanc, cette saveur inattendue vient réveiller mon palais avec sa douceur intense.
Mes paupières s'ouvrent, et se referment aussitôt. Elles ont perdu l'habitude de la lumière, le temps de ces quelques minutes plongées dans l'obscurité. De nouveau, elles s'ouvrent, et détournent leur regard, l'ange qui leur fait face est trop bon et trop flamboyant, pour qu'elles le souillent en le fixant.
Il quitte sa chaise et vient porter ses lèvres aux miennes, leur goût est exquis, le gâteau hors de prix passe pour de la ratatouille à côté de cette onctueuse saveur.
-À mon tour, je lui susurre à l'oreille, une fois que toute ma part est achevée, de la même façon que cette première bouchée.
Moi aussi, je veux lui donner à manger, moi aussi, je veux, quatre mercredis par mois, être une humaine douce et accueillante.
Je ne laisse pas le métal aller au bout de sa course, je ne veux pas qu'il puisse deviner mes mouvements, je coupe donc un fragment de la part, en totale discrétion.
Mais ce n'est pas ça que je lui offre pour se rassasier, c'est d'abord le goût de mes lèvres qui ne veulent plus s'arrêter de profiter du goût des siennes.
Une série de longs baisers langoureux s'ensuivent, tandis que la cuillère nous observe, posée sur le gâteau.
Je décide de laisser place à l'aliment et me décolle, je lui laisse le loisir de se délecter de la pâtisserie.
-Le chocolat blanc, c'est une vraie merveille, ça cache toute l'intensité du chocolat à l'intérieur de quelque chose d'innocent, s'exprime-t-il, une fois la bouchée avalée.
C'est un peu comme toi, tu es si brillant, lorsque le soleil vient caresser ta peau, même quand il n'est pas là, d'ailleurs. Tu as la blancheur immaculée d'un ange. Et, ce que tu caches est un déluge de saveurs toutes nuancées par l'inattendu.
-Garde tes yeux fermés, je lui intime avant de couper une nouvelle part entière de gâteau.
Je la mets sur une assiette à dessert et lui plaque sur le visage, ce qui le fait sursauter. Il ouvre soudainement ses paupières et m'offre un regard noir, sans doute encore plus apeurant du fait que ce sont ses yeux sévères qui le lancent.
-Tu dois mourir ! Me menace-t-il sur un ton peu rassurant.
Je m'enfuis en courant, en riant. Il est plus rapide que moi, mais le fait qu'il ne connaisse pas parfaitement cette grande maison et que son manque de vision le ralentisse, me permet de le semer et de me cacher. C'est si excitant, ce sentiment qu'en dérogeant aux règles et aux conventions, je trouve le moyen de prendre du plaisir à la vie.
J'entre dans la salle de jeux de mon mari, et me dissimule sous le flipper. J'entends mon amant qui monte les escaliers à son tour, ses pas sont lents, il ne se presse pas, c'en est presque angoissant. Il ouvre chaque porte qui se trouve sur son passage, y entre et y fait sans doute une fouille. Jusqu'à ce que vienne le tour de la pièce où je suis. Il balaye rapidement la pièce du regard sans vraiment prendre le temps de faire attention. Il repart. Il ne m'a pas remarqué, mais je doute qu'il ait réellement cherché à le faire. J'attends un peu qu'il s'éloigne plus loin dans le couloir, et me relève.
J'enclenche l'appareil qui se met à faire un bruit assourdissant, il est impossible de deviner s'il a rebroussé chemin, ou la position à laquelle il se trouve. Tant pis. Je tire la manette. Je la relâche avant de faire suivre une avancée à la balle, et je commence à devenir la maîtresse du jeu. C'est ce moment qu'il choisit pour entrer.
Il m'attrape par la taille et me pose sur la machine.
-Ma partie ! Je vais perdre ! Je me plains.
Je ne la regrette pas spécialement, je ne sais pas me servir de cette chose, outre les premiers gestes que j'ai effectués et le fait qu'il faille appuyer sur les deux boutons, de part et d'autre de l'engin, je ne comprends même pas la trajectoire que suit la balle.
-Je m'en fiche de ta partie, tu as une punition à recevoir, madame la sous-directrice, annonce-t-il.
Nos deux bouches s'entremêlent, puis la mienne se déplace, progressant sur l'intégralité de son visage, afin de le débarrasser de la pâtisserie encore présente sur sa tête, qui lui enlève une bonne dose de crédibilité.
-C'est malin, faut que j'aille me laver le visage, maintenant que tu m'as bavé dessus, s'exaspère-t-il avec un sourire plus qu'amusé.
-Merci pour la classe, j'ironise, avant de le mener jusqu'à la salle de bain.
C'est celle qui est trop lumineuse. Pourtant, elle ne me dérange pas autant que le matin, lorsque je me vois obligée d'y pénétrer pour aller travailler. Axel embellit la pièce, rien qu'en se passant une serviette sur le visage, le tissu en est plus précieux, l'eau est devenue plus pure depuis qu'elle est entrée en contact avec sa peau. Le simple fait d'admirer son corps me fait voyager à travers le monde, à travers l'espace, et même à travers le paradis.
-Nelly ? M'appelle-t-il, interrompant ma contemplation.
-Oui ? Je réponds, surprise par ce retour à la réalité.
-J'ai envie de faire un cache-cache. S'exprime-t-il de manière brève, en prenant tout de même la peine de m'offrir un sourire.
Je me mets à rire. Je sais qu'il est sérieux. Mais c'est plutôt le fait de réaliser que "le légendaire attaquant de Raimon" vient de me faire une telle proposition qui me fait perdre contenance.
-Si monsieur aime traquer, alors laissons-le traquer, j'approuve en lui souriant, en regardant ses yeux qui font faire un mouvement enfantin à mes lèvres.
-Dans ce cas, puisque la princesse approuve, monsieur va traquer, je compte jusqu'à cinquante, me précise-t-il, tandis que je me dérobe à ses yeux, souriant à l'entente de mon surnom .
Je sais qu'au fond, l'après-midi sera aussi bien que je lui montre ou non les sous-vêtements que j'ai préparés ce matin. Mais notre culpabilité respective sera bien moins présente. Alors, pourquoi devrions-nous forcément nous dévêtir et passer à l'acte interdit, si le plaisir est là lorsque nous n'y avons pas recours ?
Je suis sûre que s'il veut réellement faire ce jeu, c'est pour qu'on ait pas à en arriver là. De toute façon, du moment qu'il est auprès de moi, je suis heureuse. Est-il imaginable qu'il ressente la même chose à mon égard ? Je l'ignore...
Ainsi, jusqu'à ce que la porte d'entrée se referme, je prends tout le plaisir du monde à être libre à ses côtés, à déroger aux règles tout en les respectant, à lui offrir cette Nelly provocatrice qui n'aurait jamais vu le jour s'il n'avait pas décidé de me laisser glisser dans son cœur.
Ce qui me rend plus heureuse, en fait, c'est de savoir qu'il aura moins de honte à retourner auprès de Célia, je ne veux pas le ronger de l'intérieur alors qu'il est mon unique et intense source de joie.
Je retourne dans ma chambre afin de changer à nouveau de dessous, il est préférable que Mark ne me voie pas porter ceux-ci, il pourrait douter de quelque chose, ou le prendre comme une attention lui étant destinée. Je ne veux qu'aucune de ces options n'arrivent.
Je m'allonge sur mon lit et me mets à réfléchir. Mon cœur est prompt à l'allégresse, et aux concessions. Je veux faire des efforts avec mon mari. Du moins, tant que je serais avec lui. Si nos heures sont comptées, je veux l'avoir un peu apaisé avant. Si je parviens à ne pas tout le temps détester ces moments où Axel n'est pas là, je sais que je serais quelqu'un de meilleur, de manière plus générale. Si Mark le ressent au passage, ça serait le minimum que j'aurais pu lui accorder. J'ignore à quoi cette décision va me mener, j'ignore si je la tiendrai, mais je veux essayer.
Je décide d'achever le gâteau. Je ne suis pas spécialement gourmande, et je suis facile à rassasier, mais je ne peux pas le laisser là, et le jeter serait un crime, il me vient d'Axel. Chaque bouchée que j'avale n'est pas un simple assemblage de nutriments, à mes yeux. C'est de la joie mangeable, une manière de continuer à être avec Axel même s'il n'est plus là. J'éprouve de la joie en restant aux côtés de cette pâtisserie qui symbolise mon utopique après-midi.
Lorsque Mark arrive, je lui propose d'aller au restaurant. De toute façon, ça ne nous change pas vraiment des repas commandés ou tout prêts que j'ai l'habitude de lui servir, mais c'est plus convivial. Le dîner se passe bien, je crois que c'est la bonne décision, ce choix de faire des efforts pour le rendre plus heureux.
-Au revoir chérie, me susurre mon époux en déposant un baiser sur ma joue.
Comme pratiquement tous les jours, Mark me réveille avant de me quitter. Comme tous les jours, il est 05h00 du matin.
-Au revoir, Mark, passe une bonne journée, je lui souris avant d'enfoncer à nouveau ma tête contre mon oreiller.
Mais contrairement à notre habituelle routine, je prends soin de, moi aussi, lui offrir un désir sincère que sa journée soit agréable.
J'ai tellement envie de voir la tête de ceux qui ne faisaient que de se dire "Bon, maintenant Axel il passe aux choses sérieuses !". Si je vous ai déçues, c'est que d'une certaine manière, vous vous attendiez à autre chose, donc c'est aussi pas mal, si j'ai réussi à vous surprendre xD
Pour être honnête, c'est vrai qu'il était prévu qu'il y ait des relations extra-conjugales dans ce chapitre, mais j'ai réfléchi, et je me suis dit qu'au final, mon but n'était pas de caser un "moment copulation" dans chaque chapitre (ouais, je sais, cette phrase respire la classe xD).
J'ai aussi envie d'y intégrer de l'amour, de vrais sentiments et d'y mettre de la profondeur.
Je tiens au passage à vous remercier, pour celles qui ont laissé des reviews, ou se sont abonnées, c'est quelque chose que je ne pensais pas avoir en postant une fiction, alors ça m'a fait vraiment plaisir, merci beaucoup, et merci de lire, de manière plus générale, outre les commentaires, ça met toujours du baume au cœur de voir les gens venir jeter un coup d'oeil à son travail *-*
Et puis, si Nelly et Axel mangent un gâteau alors qu'ils devaient aller chez le glacier, c'est parce qu'Axel a été à la pâtisserie deux rues plus loin, mais que c'est plus facile de se garer devant Inazuma Ice (Une excuse bidon que je viens juste de trouver ? Mais non, pas du tout xD Bon j'avoue, c'est un lapsus, vous me pardonnez ? :3)
