Salut, salut les aminches ! -o- Donc voici le chapitre 5 (que dire ? Il va falloir encore attendre un peu avant LA confrontation ehehe). Ah, je vais sans doute poster une autre fic qui elle, par contre, sera publiée bien moins régulièrement (arf, je n'aime pas ça mais elle est plus compliquée à écrire en fait) mais qui m'intéresse plus ^^ PS : Merci Drayy pour tes reviews (je ne sais pas pourquoi, mais je ne pouvais pas te répondre par message donc bon voilà ^^), c'est super sympa !

Chapitre 5_Ça commence mal ?

Contrairement à ce que pouvaient penser ses amis, Harry était heureux. Du moins, il s'y efforçait. Que cherchait-il à se mettre ainsi de côté ?

Harry ne se comprenait pas lui-même. Il savait juste qu'il n'avait pas besoin ni envie d'être avec ses amis en ce moment.

Mais visiblement, eux, avaient besoin de lui.

« Harry, écoute, commença Hermione, le regard brillant d'inquiétude. On ne comprend pas (Ah ! Il n'était donc pas le seul)... Pourquoi te comportes-tu ainsi ? C'est le fait d'être à Poudlard ? C'est... les souvenirs ? »

Cette conversation, il s'y attendait, à l'instant où Hermione et Ginny étaient entrées à leur tour dans le dortoir et que la rouquine l'avait fusillé du regard (ça lui avait fait mal mais la douleur était bien minime comparée à celle qu'il aurait eue si Ginny avait fait cela deux mois auparavant). Hermione, elle, avait juste poussé un soupir de soulagement puis avait repris contenance et lui avait lancé un regard qui signifiait : « Toi, tu ne sortiras pas d'ici avant d'avoir répondu à mes questions. »

Et c'est ce qu'elle avait fait – poser des questions –, après s'être assise sur le lit de Ron, à côté de ce dernier. Ginny, elle, était restée debout, les bras croisés, l'air fermé malgré ses yeux qui envoyaient des flammes qui ne pouvaient signifier qu'une chose.

Il va falloir qu'on parle, tous les deux, Harry Potter.

Et Harry comptait bien y échapper pour l'instant – Il n'avait rien fait de mal, bon sang ! Et cela ne faisait même pas un jour qu'il était là...

« Harry, réponds-moi s'il te plaît..., dit Hermione presque dans un gémissement, lui faisant tourner la tête vers elle.

Ce ne sont pas les souvenirs. Je... Je ne sais pas. Je ressens simplement une impression de total désintérêt pour, hum (il toussota), les autres. Et j'ai envie de rester seul mais je ne sais pas pourquoi et, Hermione (il prononça son prénom avec une note de supplication dans la voix), cela ne fait même pas 24h qu'on est là alors pourrait-on, s'il te plaît, parler d'autre chose et ne pas tout de suite s'inquiéter de mon cas ? Je vais très bien, en plus ! J'ai simplement besoin... d'une pause. »

C'était sans doute la plus longue réplique qu'il ait dite depuis longtemps – enfin, « longtemps » , tout est relatif – et ça se sentait dans l'expression incrédule de Ron, celle compréhensive – quoique embêtée – de Hermione, et celle totalement glaciale de Ginny (Pourquoi m'en veut-elle tant ?).

« Eh bien..., hésita Hermione, brisant le silence qui devenait plus pesant à chaque seconde. D'accord, Harry. On va te laisser tranquille. Mais au moins, maintenant c'est clair, non ? (Non, ça ne l'était pas du tout mais si ça pouvait rassurer Hermione de penser ça...) On n'aura pas à s'inquiéter – elle buta sur ce mot : – inutilement pendant des semaines.

Oui, répondit-il, soulagé. Je vous promets de faire des efforts pour paraître un minimum social.

Oh mais ça, tu l'as fait pendant 7 ans, tu peux bien continuer, le taquina Ron, les yeux brillants de cette complicité que Harry apprécia aussitôt – au moins le roux ne s'inquiétait pas pour lui sans raison valable.

Et moi, j'ai réussi contrairement à toi, répondit du tac au tac le brun, laissant l'amusement envahir ses yeux verts. »

Ron se leva pour lui donner une bourrade dans l'épaule et ils échangèrent un long regard complice qui fit plisser les yeux à Ginny.

Était-elle le problème de Harry ? Le doute s'insinuait en elle, plus rapide qu'un serpent attaquant sa proie.

Et le regard mi-coupable mi-fuyant du brun n'était pas là pour la rassurer. Malheureusement, ce n'était plus la tristesse irraisonnée qui prenait le dessus sur elle comme depuis sa 1ère année à Poudlard, mais bien la colère noire et brûlante comme des braises ardentes – tout aussi irréfléchie d'ailleurs.

Ron sembla le remarquer (sa capacité d'observation s'était largement développée depuis qu'il sortait avec Hermione) et, blanchissant légèrement, il prit la main de son élue – qui comprit très vite – et la tira derrière lui hors du dortoir.

Merlin me vienne en aide, pria aussitôt Harry, essayant de ne rien laisser paraître de l'anxiété qui l'habitait face à la jeune fille rousse.

« Tu veux me quitter, Harry ? »

Le brun resta bouche bée devant cette entrée en matière. Sérieusement ?!

« Après tout ça, tu te décides maintenant ? Alors que nous retournons là où... là où tout a commencé pour nous, tu – elle semblait tellement outrée (et furieuse, Merlin, furieuse !) qu'elle en perdait son vocabulaire –... tu te décides à tout arrêter ! Comme ça ! En ne faisant plus rien ! Mais pourquoi ? Qu'est-ce que j'ai fait qui a bien pu te déplaire ? Réponds-moi ! Il y a quelqu'un d'autre que tu as retrouvé dans le Poudlard Express, c'est ça ? Réponds. »

Harry en était tout à fait incapable pour l'instant. Il savait qu'il devait réagir ; que c'était peut-être la femme de sa vie qui s'en allait et lui demandait pourquoi, pourquoi il osait ainsi détruire leur histoire... Mais qu'y pouvait-il ? Il ne savait même plus ce qu'il en pensait depuis hier.

L'idée de la quitter l'avait-elle traversé ? Il ne savait plus du tout... Ou peut-être savait-il trop bien.

« Réponds ! »

Non, Ginny, je ne peux pas... Pas maintenant. Faisons semblant pour l'instant...

Demander cela aurait été ignoble et la pire des lâchetés à faire.

« Réponds, Harry. Sinon c'est moi qui te quitte et la raison en sera plus qu'évidente.

Il n'y a personne d'autre. »

Au moins, ça, il en était certain.

« Eh bien alors pourquoi est-ce que tu m'évites ? Pourquoi est-ce que... tu ne m'aimes plus, tout simplement ?

Ginny, je t'aime toujours.

Vraiment ? Alors pourquoi est-ce que tu ne me regardes même plus ? »

Cette dispute prend des dimensions invraisemblables. Je ne la regarde plus pendant 5 minutes et voilà qu'elle hurle à la trahison ?

Doucement mais sûrement, Harry sentait l'exaspération l'envahir. Ginny avait vraiment un don pour faire d'une situation relativement simple quelque chose d'incroyablement compliqué.

Bon, il est vrai qu'il n'était pas d'excellente foi en disant ça. Après tout, il avait constaté hier soir qu'il aimait Ginny comme une petite sœur et non comme une amante.

Mais était-ce vraiment le bon moment pour en parler ?

Oui.

Non.

Décide-toi Harry James Potter ! Il faut que tu lui expliques !

Drago fut réveillé en sursaut par...

Des coups de feu ? Mais que fait ce crétin de Greg ? Il cherche à réveiller tout Poudlard ou quoi ?

En réalité, le bruit qu'il entendait était bien inférieur à celui qu'aurait pu faire un coup de feu et c'était sa sortie brusque du sommeil qui lui donnait l'impression que les coups que l'on toquait à la porte avaient triplé de son.

Cependant, c'était bien Greg qui les produisait.

Cette découverte faillit faire claquer la porte à Drago qui n'avait vraiment aucune envie de voir l'Auror en costume noir dès son réveil.

« Malefoy, j'ai votre emploi du temps.

Oh bien, vous m'en voyez ravi. Pour l'utilité qu'il aura... »

Il n'eut pour réponse qu'un regard blasé et méprisant et s'empressa de prendre le parchemin avant de fermer la porte, sans un mot de plus – de toute façon, Greg était déjà parti, occupé à une activité diverse comme se bâfrer dans les cuisines, songeait Drago avec mesquinerie (quelle piètre consolation qu'insulter l'Auror le plus indifférent et impassible que le Ministère n'ait jamais accepté !) même si cela l'aurait étonné vu la condition physique irréprochable du garde du corps.

Il jeta un vague coup d'œil à l'emploi du temps qui avait un curieux air de brouillon sur lequel on n'aurait pas su quoi mettre.

Ses cours à lui commenceraient seulement le lendemain, le temps que Kreattur puisse récupérer ce qui lui fallait de la veille. Il aurait donc continuellement un jour de retard sur les autre. Pas que cela le dérangeait mais franchement, toute cette organisation précaire et stupide pour quoi ?

Pour l'isoler afin de le protéger des méchantes injures que pourraient lui dire ces « camarades », cracha-t-il intérieurement, l'ironie le dévorant tout entier. Non mais faites-moi rire ! Que pourraient-ils bien dire ? Je suis littéralement le Prince de Serpentard, la maison la plus rusée et fière de Poudlard ! Comment diable peut penser McGonagall qu'ils puissent me faire le moindre mal sans que je ne leur en fasse encore plus ?

Il pesta un instant inintelligiblement, faisant les 100 pas dans son appartement, enroulé dans la couverture qu'il n'avait pas voulu lâcher quand il s'était levé pour ouvrir à Greg l'importun.

Elle a même osé me qualifier d'inoffensif ! Évidemment ! Attendez un peu que je trouve une baguette, on verra si elle continuera à me désigner ainsi ! Inoffensif ! La prochaine fois que je la vois, je ne laisserai pas passer ça !

« Et puis que je ne suis plus un foutu Mangemort ! Je suis un coupable ou un innocent ? Je suis prisonnier ou protégé ? Je ne veux pas être là... pas être là... »

Et il se laissa tomber à terre, sur l'épais tapis, les yeux dans le vague, sa couverture toujours enroulée autour de lui. Il allait craquer.

Il se sentait déjà si proche du vide.

Mais comment l'atteindre ?

« Voilà votre emploi du temps, Potter. »

Harry remercia le professeur McGonagall avec un de ses petits sourires qu'il s'était habitué à lui adresser.

Il était prêt à lui tourner le dos quand soudain, il se souvint de quelque chose dont il voulait lui parler...

« Professeur ? J'aimerais savoir...

Oh, Potter, si vous avez des questions à me poser et qu'elles ne concernent pas votre emploi du temps, vous allez devoir attendre ; je suis littéralement débordée, répondit la directrice avant de se tourner vers Seamus qui venait d'apparaître : Finnigan, j'aimerais bien que vous cessiez de chanter cette maudite chanson ! »

L'Irlandais qui venait d'entonner le dernier couplet de Weasley est notre roi lança un regard mi-penaud mi-amusé à McGonagall avant de courir vers Ron qui arrivait :

« EH KING WEASLEY !

Et cessez de beugler comme un veau ! gémit la directrice, levant les yeux au ciel d'un air désespéré tout en se frottant les tempes. Bon, Potter, si vous voulez me parler, venez ce soir dans mon bureau. Le mot de passe est lycanthrope.

Bien, professeur, s'empressa d'acquiescer Harry avant de fuir en direction de ses amis dans le couloir bondé : McGonagall n'était vraiment pas à contrarier aujourd'hui (Remarque, elle n'a jamais été à contrarier). »

Seamus était encore à chanter quand il arriva et il se demanda pendant un instant pourquoi le jeune homme s'obstinait à ramener des souvenirs comme si rien ne s'était passé entre leur 6ème année et cette année.

Puis il comprit soudain que Seamus devait simplement en avoir besoin. Ou du moins, qu'il était bien trop joyeux et trop désireux d'oublier la guerre qu'il persévérait afin de ne se souvenir que de bons moments passés à Poudlard.

« Seamus, tu veux bien la fermer ? grogna soudain Ron. Je suis très content que tu chantes mes louanges mais bon sang, que cette musique me tape sur le système...

Avec Weasley, le Souaffle ne passe pas...

Seamus !

D'accord, d'accord, abdiqua l'Irlandais, levant les mains en signe de défense. »

Le silence se fit donc de façon miraculeuse puis le garçon esquissa un sourire malin et hurla violemment un WEASLEY EST NOTRE ROI retentissant avant de fuir.

Son rire résonna longtemps dans les esprits de ses amis brusquement lassés.

« Dire qu'il n'est encore que 8h07 du matin..., soupira Hermione. Il n'est jamais fatigué ?! J'ai l'impression que c'est bien pire qu'avant la... Enfin, avant. »

Les autres remarquèrent bien la coupure finale mais ne dirent rien. Ron observa son emploi du temps, semblant vouloir se fondre dedans, et Harry scruta un groupe d'élèves de 8ème année de Serdaigle passer à côté d'eux comme s'il cherchait quelqu'un – ce qui bien sûr n'était pas le cas.

« Harry ?

Oui Hermione ? se tendit immédiatement le brun, s'attendant bien à la tournure que prendrait la discussion au ton tendu de son amie.

Où est Ginny ? »

Ron redressa brusquement la tête vers Harry et le fixa avec un drôle de regard mi-animal mi-inquiet. L'interrogé déglutit donc péniblement et ne quittant pas Ron des yeux, il répondit :

« Dans son dortoir, il me semble.

Non, il en est hors de question ! »

La personne qui venait d'interrompre Hermione dans une autre de ses questions spéciales « Pourrissons l'amitié Harry/Ron » venait d'apparaître derrière Harry et ce dernier fit volte face pour faire face à une jolie rousse à l'expression bien décidée.

« Si tu crois que je vais pleurer pour ça, Harry, tu te fous le doigt dans l'œil ! siffla-t-elle, les yeux brûlants de colère. Je vais chercher mon emploi du temps et si Hermione te pose des questions, tu n'auras qu'à lui répondre la vérité : que tu m'as larguée, comme le pauvre connard en manque d'aventure que tu es. Et que bien entendu, tout ça, c'est parce que « tu n'arrives pas à te faire au calme de notre relation » ! Mais personne ne t'en voudra, hein, Sauveur ? »

Sur cette dernière phrase crachée amèrement, elle tourna les talons et fila rejoindre un groupe de filles de 6ème année qui lancèrent de longs regards noirs et chargés de représailles à Harry (Ne jamais oublier ma cape d'invisibilité quand je sors durant la nuit, nota mentalement ce dernier).

Merlin.

Ginny n'avait bien pris aucune des paroles qu'il avait prononcées durant leur ultime discussion en tant que couple. Son explication n'avait non seulement pas du tout convaincu Ginny mais elle avait envenimé les choses quand la rouquine avait cru comprendre qu'il s'ennuyait franchement avec elle (ce qui était faux : il n'appréciait simplement pas – ou plus – le flegme constant de leur relation, ce qui était différent).

« Ha... Harry ? »

C'était Hermione qui venait de l'appeler d'une voix tremblante. Il se rendit compte alors qu'il devait avoir une expression à la limite du bestial et tenta donc d'adopter – sans grand succès – un air apaisé et posé.

« Harry, tu veux bien nous expliquer ce que c'est que cette merde entre ma sœur et toi ? questionna Ron d'une voix rude.

Rupture, répondit le brun d'un air sombre et appréhendant déjà franchement la réaction de Ron quand il lui expliquerait la raison de cette séparation. »

Quelle situation extrêmement inconfortable.

D'où lui était venue l'idée stupide de sortir avec la petite sœur de son meilleur ami ? Était-il suicidaire ?

« Mais pourquoi ? Et pourquoi maintenant ? s'exclama Ron, une lueur presque suppliante dans ses yeux bleus qui jaugeaient Harry du regard, se demandant s'il s'était fait trahir par celui qu'il considérait comme son frère.

Parce que... les conditions ont fait que nous avons du parler de cela il y a quelques instants. Et que malheureusement, tout a été très clair rapidement pour moi. Et pour elle du coup.

Harry... , Ron venait de souffler son prénom d'une voix dangereusement basse. Tu te rends compte que tout montre que tu as fait souffrir ma sœur, ce que tu m'avais promis de ne pas faire ? Ce que tu avais dit que tu ne ferais jamais pour la simple raison que tu l'aimais trop pour le faire ? »

Le brun se rappelait de ses paroles. Cependant, contrairement à ce que disait Ron, il ne l'avait pas promis.

Il le fit donc remarquer, ce qui fit plisser les yeux au rouquin.

« Ne joue pas sur les mots, tu veux. Je crois que tu as quelque chose à m'expliquer. A moins que tu ne veuilles que je t'envoie mon poing dans la figure tout de suite.

Non, je vais te raconter... Ron. Mais il faut que tu me promettes d'essayer de comprendre, d'écouter vraiment.

Évidemment, assura-t-il, l'air intrigué. Je ne crois pas toujours ma sœur. Mais si tu mens, je te tue. »

Harry acquiesça lentement puis commença à raconter : ses questions de la veille, ses doutes, cette impression de ne pas être particulièrement heureux – « Tu vois, cette sensation de chaleur dans le cœur, de feux d'artifice dans le ventre quand tu vois la personne que tu aimes revenir vers toi après un temps de séparation... Tu vois ? » (un grommellement et un regard vers Hermione de Ron lui avait répondu) – quand il avait retrouvé Ginny, cette envie de solitude... Il avoua finalement n'avoir jamais été doué avec les mots et que ça s'était ressenti durant la conversation. Bien sûr, Ginny n'avait pas apprécié la maladresse des termes qu'employait Harry et avait donc réagi en conséquence. De plus, se faire plaquer le premier jour de sa 6ème année n'était pas quelque chose de très agréable ni de particulièrement habituel pour quiconque.

Il avait décidément bien choisi son moment pour ressentir tout ça. Et pour n'avoir pas réussi à le cacher.

Ginny n'avait rien du voir venir. Lui non plus cela dit. Personne en fait :

« Le Survivant a vraiment quitté Weasley ?

Mais ouiii je te dis ! C'est géniaaal ! Rah, j'espère qu'on pourra bientôt aller à Pré-au-lard : il faut absolument que j'achète quelques – hum – chocolats ! »

Le rire qui suivit fut repris par nombre de sorcières de Poudlard, échangeant déjà avec animation sur les raisons de la rupture entre la fille Weasley et le magnifique Harry Potter.

Ce château était un véritable moulin à rumeurs et commérages et encore une fois, il ne faillait pas à sa réputation.

Mais revenons donc à la charmante et chaleureuse discussion qui se poursuivait entre deux membres du célèbres trio de Gryffondor :

« Tu veux dire que tu l'as quittée parce que tu étais... trop bien avec elle ? demanda Ron d'une voix atone malgré la stupéfaction qui s'était inscrite sur ses traits.

Non ! Enfin... Non, ce n'est pas ça, se reprit Harry. Ça pourrait mais ce n'est pas ça. Je n'étais simplement pas assez surpris avec elle. Pas assez – disons – vivant. Comme si je me reposais sur mes lauriers et...

Et tes lauriers, c'est Ginny, peut-être ? coupa le roux, l'air furibond. Tu l'as obtenue donc tu t'en es tout de suite lassé.

Hein ?! Mais non ! Comment peux-tu penser que je l'ai considérée comme ça ? Elle comptait vraiment pour moi ! Elle compte toujours d'ailleurs même si je pense qu'elle s'en contrefiche désormais... Mais enfin, Ron, tu as bien vu que je l'aimais ?

Oui, du moins, je le croyais.

S'il te plaît, soupira Harry, s'il te plaît, ne m'accuse pas de choses dont je ne suis pas coupables et qui n'ont jamais été réelles...

D'accord. »

Puis le rouquin lui tourna le dos et s'en alla à grands pas vers la salle de Métamorphose. Hermione se mordait la lèvre inférieure, semblant s'être retenue avec difficulté de ne pas être intervenue pour arranger les choses et apaiser les tensions qui régnaient dorénavant entre son meilleur ami et son petit ami.

« Tu sais, Harry, je pense qu'il ne t'en veut pas au point d'oublier toute votre amitié. En même temps, sa réaction était prévisible... C'est sa petite sœur.

Je sais, Hermione, je sais...

Tu devrais simplement attendre, chuchota doucement son amie en posant une main sur son épaule et en lui lançant un regard encourageant (l'air abattu de Harry était assez pitoyable et elle ne supportait pas de voir ce genre d'expression – pas après tout ce qu'on a traversé !). »

Le brun haussa les épaules puis, enfonçant ses mains dans ses poches, il se dirigea vers la classe de Métamorphose en traînant des pieds. Hermione le suivit, songeant à cette première journée qui était d'une certaine façon assez catastrophique.

Pour ne pas dire très.

Il ne savait plus depuis combien il était allongé sur ce vieux tapis rouge – et confortable, il devait bien l'avouer. Il n'avait plus envie de rien et quitte à se laisser mourir, autant le faire de façon agréable.

« Euh... Monsieur Malefoy ?

Non, ce n'est pas moi. »

Il sentit l'incrédulité s'ancrer férocement chez Kreattur.

« Vous êtes... Vous êtes monsieur Malefoy, j'en suis sûr, affirma l'Elfe, un brin paniqué. Ne mentez pas !

Raaah... Mais laisse-moi crever en paix, grogna Drago, enfouissant sa tête dans sa couverture après avoir lancé un dernier regard noir à Kreattur.

Non ! Je dois veiller sur vous et ce que vous me demandez est bien sûr en totale contradiction avec ma mission. Je vais donc vous aider à vous relever et si vous ne le faites pas... eh bien, je vais être obligé de vous jeter un sort !

C'est ça... Essaie donc.

Madame McGonagall m'en a donné l'autorisation si vous faisiez des choses irréfléchies et stupides dans ce genre-là ! Je suis désolé, monsieur Malefoy, mais je vais devoir vous lancer un sort pour vous relever si vous ne le faites pas vous-même et je peux vous assurer que la sensation ne va pas être plaisante. »

Drago baissa lentement la couverture, laissant apparaître ses yeux gris sous un front pâle et des sourcils blonds haussés de façon à ce que son dédain soit bien visible. Il jaugea l'Elfe du regard et vit à son air résolu que ce dernier n'était sûrement pas en train de le faire marcher.

« Très bien, dit-il enfin tout en se relevant. Puisque je n'ai vraiment plus aucun droit sur ma vie – ou ma non-vie – je vais t'obéir, hein ? Moi, Drago Malefoy, obéir à un Elfe de maison ! C'est la meilleure ! »

Sa voix se brisa sur la dernière phrase mais il parvint quand même à éclater d'un rire plein de sarcasme et qui avait quelque chose d'un peu fou, comme si c'était la première fois depuis longtemps qu'il ne se contrôlait pas.

Quand il eut fini, il suivit finalement Kreattur jusqu'à une porte qui se trouvait sur le mur du côté gauche du balcon.

« Voici la salle de bain, monsieur Malefoy. Vous n'aviez pas pris le temps de regarder hier...

Que vais-je faire, Kreattur ? l'interrompit d'une voix sourde Drago, les yeux perdus dans le vide, se fichant bien de l'aspect que pouvait avoir cette salle de bain où il n'avait pas plus envie de mettre les pieds que dans l'ensemble de cet appartement.

Com... Comment ? De quoi parlez-vous, monsieur Malefoy ? »

Lui-même ne le savait pas vraiment. Sa journée, sa vie, il ne savait pas de quoi il avait voulu parler réellement. Sûrement des deux.

Pas comme si ça m'intéressait. Mais je ne supporte pas l'ennui.

Il le supportait d'ailleurs si peu qu'il déprimait déjà au bout d'une matinée. Peut-être que ça s'arrangera plus tard, quand j'aurais du travail à faire... Peut-être...

« Vous savez, le mur à côté de la porte de la salle de bain, celui en face de la cheminée, il est possible d'y faire apparaître une bibliothèque, monsieur Malefoy. Je le sais car un jour, je cherchais des renseignements sur un certain sort de Magie noire, vous devez sûrement le connaître, c'était le...

L'Elfe s'était brusquement plaqué les mains sur la bouche, ses joues flétries se colorant d'un rouge cramoisi et son regard terrifié posé sur Drago.

Le blond comprit alors que Kreattur ne devait habituellement pas être autorisé à lire des livres sur la Magie noire et que, faisant face à un Mangemort, il se lâchait plus que d'ordinaire mais se rendait compte ainsi à quel point ses actions étaient mauvaises.

Enfin selon lui. A 8 ans, j'avais déjà plus lu de livres de Magie noire que la plupart des sorciers du Ministère...

« Merci Kreattur ; je vais regarder. »

Et c'est ainsi qu'il passa la journée et une bonne partie de la nuit à lire des livres – il en découvrit un nombre impressionnant sur la Magie noire et les Créatures inconnues et forcément extrêmement dangereuses.

Il avait repoussé l'ennui.

Ce n'était pas le cas de Harry qui, lui, baillait à s'en décrocher la mâchoire en cours d'Histoire de la Magie.

Le professeur Binns a beau être passionné, il aurait pu laisser sa place à quelqu'un d'autre... Une passion, il faut savoir la transmettre, surtout quand tu es professeur !

Et discuter avec quelqu'un était bien entendu impossible. Ron ne lui avait pas adressé la parole depuis leur conversation du matin et Hermione, elle, était bien trop occupée à prendre des notes (que Harry s'empresserait de recopier plus tard tout en la félicitant pour l'exploit qu'elle arrivait à faire : s'intéresser aux multiples batailles de Gobelins était véritablement incroyable).

Il n'avait pas beaucoup parlé depuis sa discussion avec Ron et les cours de la journée s'étaient écoulés, silencieux ou bruyants, suivant les élèves présents, le professeur et le moment du cours dans la journée. Mais lui était resté muet à part quand un professeur l'interrogeait (son humiliation avait été de répondre un « oui madame » bredouillant à Flitwick quand celui-ci lui avait posé une question qui nécessitait une réponse précise, et tout cela sous l'œil hilare de Dean qui s'était mis avec lui, Ron étant bien décidé à ne pas quitter Seamus d'une semelle tant que Harry ne mériterait pas qu'il lui adresse la parole). Les cours de l'après-midi étaient bientôt terminés également, le cours d'Histoire de la Magie étant le dernier.

Harry avait songé un instant avec bonheur à la sieste qu'il pourrait faire pendant ce cours-là mais être à côté de Hermione avait de sérieux désavantages.

Le fait qu'elle lui donne un coup de coude à chaque fois qu'il fermait les yeux plus de 2 secondes en était un de poids.

Et dire qu'il n'allait même pas pouvoir se reposer après... Il avait déjà un nombre faramineux de devoirs à faire (McGonagall semblait remontée à bloc en se qui concernait le fait de faire passer l'ASPIC de Métamorphose à tous ces élèves et leur avait donc donné deux rouleaux de 60 cm de longueur à faire sur la différence entre un loir transformé en hérisson et un hérisson transformé en loir).

La prochaine fois, je vais m'échouer à côté de Neville, je serais tranquille..., gronda-t-il intérieurement en fixant avec colère ledit Neville deux rangs plus loin à côté de la fenêtre dont le visage disparaissait dans ses bras croisés. Lui au moins pouvait dormir sans que personne ne lui pince vicieusement le bras ou lui bouche le nez !

Il poussa un soupir à feindre l'âme, ce qui lui attira un regard réprobateur de Hermione qui était bien décidée à rester fidèle à elle-même ; c'est à dire qu'elle resterait résolument imperméable à toute manifestation désespérée de présence amicale à côté d'elle tant qu'elle n'aurait pas consciencieusement recopier toute la leçon dictée par le professeur.

Et il ne pouvait pas lui en vouloir, il la connaissait depuis trop longtemps pour ça.

Dessine donc... Mais fais quelque chose, par Merlin sinon ton agonie risque d'être trèèèèès longue !

Un instant, son regard tomba sur un hippogriffe qui battait des ailes tout en faisant du surplace au-dessus des arbres de la Forêt interdite puis il plongea et la seule source de distraction de Harry disparut à son grand désespoir.

Deux minutes plus tard, il rêvait yeux ouverts (et encore, il ne fallait pas que Hermione y regarde de trop près !).

Voilà pour cette suite ! Le chapitre 6 dans une semaine comme d'hab' quoique celui-là sera - enfin - différent *niarkniark* Donnez votre avis ! o/ Ciao !