Chapitre 8_Appréhension
Drago Malefoy fut réveillé de la pire des façons par un cauchemar violent où la douleur le transperçait de toutes parts, les Doloris pleuvant sur lui et sa mère... elle pleurait. Et hurlait. Où était père ?
Il comprit alors qu'il n'était pas là. Il n'apparaissait pas dans son rêve. Étrange.
La suite ne fut pas plus plaisante ; le visage blafard et grimaçant de Kreattur venait de surgir au pied de son lit (ce qui le fit presque couiner de surprise et de peur : ce genre de vision devrait être interdite le matin !).
« Bonjour Monsieur Malefoy, s'exclama gaiement l'Elfe en posant sur la table de chevet – dont la lampe et le livre posés dessus s'envolèrent pour venir flotter près de la fenêtre – un plateau garni d'une tasse de chocolat chaud, d'une corbeille pleine de toasts, et de quelques pots de confiture et de miel.
- 'lut... Quelle heure est-il ? marmonna le blond, se redressant et se rendant compte avec irritation qu'il était couvert de sueurs froides.
- Il est 8 heures, 17 minutes et...
- Je n'ai pas besoin des secondes, merci, l'interrompit Drago en jetant un coup d'œil vers le soleil qui brillait insolemment pour un matin frais de septembre (les conditions sont idéales pour voler, en espérant qu'elles le restent jusqu'à 15h). Et merci pour le petit-déjeuner.
- C'est mon devoir, monsieur Malefoy ! répondit avec entrain Kreattur, son médaillon se balançant allégrement autour de son cou tandis qu'il bondissait un peu partout afin de chasser le moindre grain de poussière. »
Drago n'ajouta rien, se contentant de tremper ses lèvres dans le chocolat chaud – délicieux, sucré, succulent – et d'en renifler l'odeur divine, yeux clos, l'air extatique.
Il n'y a quand même pas grand-chose de meilleur dans le monde...
Ce moment serait tout bonnement parfait si Kreattur ne chantonnait pas cette... Attendez. Mais c'est moi qui l'ai composée, cette chanson ! Sauf que là, c'est la version refaite par ces maudits Gryffondors... qui est nulle, d'ailleurs ! Peuh, aucun style. Drago regarda l'Elfe avec incrédulité et hargne : allait-il cesser ?
Puis il l'entendit dire quelque chose de tout à fait stupéfiant :
« Et c'est pour ça que les Gryffondors chantent avec joie : Weasley est notre roi ! Ah, le maître Harry Potter n'aime pas cette chanson... Et pourtant son ami la chante tout le temps... Kreattur devrait arrêter, ce n'est pas...
- Potter est ton maître ?! »
L'Elfe se retourna dans un sursaut apeuré et, voyant l'expression quasi-révulsée de Drago, se dit qu'il n'aurait vraiment pas du chanter cette chanson.
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Harry avait passé une nuit agréable, pour une fois. Le matin, il avait été réveillé par les ronflements synchronisés de Ron et Seamus mais ne leur en voulait pas (pour une fois que l'Irlandais dormait) ; sortir du sommeil ainsi donnait une impression de protection et de confort. Il crut un instant être retourné au nouveau Terrier, la maison rénovée des Weasley puis il se rappela qu'il ne pourrait certainement par y retourner en toute sérénité vu la relation désormais plus que froide qu'il entretenait avec Ginny.
Dommage, dommage... Enfin, je m'arrangerai sûrement avec Ron – s'il le veut bien. Le connaissant, il le fera sans doute mais je ne sais pas si Molly va prendre tout cela avec calme et compréhension... Merlin, elle va m'assassiner ! songea-t-il avec désespoir. Elle voyait déjà Ginny dans une robe blanche avec une couronne de fleurs rose pâle dans les cheveux... Sans parler de ma robe noire tressée de vert pour « faire ressortir mes yeux » comme elle dit. Enfin, bref, pas besoin de penser à ça.
Il se leva et alla s'asseoir devant la fenêtre, les bras enroulant ses genoux, le regard perdu vers la Forêt interdite.
Il se rendormit tout de même, ses rêves se remplissant de Drago Malefoy lui volant son balai, de McGonagall parlant tranquillement de sexe avec Molly Weasley et autres professeurs Slughorn ayant apparemment décidé de faire la cour à Ginny.
Autant dire qu'il se réveilla quelques minutes plus tard, son front se cognant contre la vitre froide de... Qu'est-ce que je fous devant cette fenêtre ? Ah oui... je m'étais levé pour voir un Sombral ou un hippogriffe en attendant que Ron se réveille...
« Harry ? »
Ah bah c'est Neville.
« On va manger ? répondit vivement le garçon assis devant la fenêtre, se levant et se secouant la tête afin de chasser les dernières images mentales qui lui restaient de ses rêves qui étaient plutôt dérangeants.
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Bon. A 15h. Ne pas oublier. Hum. Mais du coup, j'apporte deux balais ou un seul ? Il risque d'être tenté de s'enfuir si je lui en file un... Mais nous deux sur un seul, il n'acceptera jamais. Sans parler que ça rappellera trop notre vol au-dessus du Feudeymon... Tiens, d'ailleurs, et si je passais voir la Salle sur Demande avant d'aller chercher Malefoy ? Bonne idée ! Et pour les balais, je lui laisserai le choix, voilà tout.
Tout occupé à sa réflexion intérieure intense, Harry ne remarqua pas un instant Ron et Hermione s'asseoir en face de lui, se tenant la main. Il tenait un croissant entamé dans la main droite et n'avait pas mordu dedans depuis plusieurs minutes, bien trop concentré à fixer un point au milieu de la table sans s'en rendre compte.
Ron donna une grande tape de la paume à l'endroit en question, ce qui fit sursauter violemment le brun qui cligna des yeux avant de fusiller du regard le rouquin hilare.
« Tu n'as pas d'autres façons de dire bonjour ?
- Et toi ? répliqua Ron avec un sourire provocateur. Nos visages se situent un petit plus haut que cette table, figure-toi.
- Ça va, Harry ? coupa Hermione d'un air impatient et vaguement soucieux.
- Oui, parfaitement, jusqu'à ce que débarque ce...
- Je ne parlais pas de ça. Mais de ton envie de solitude. »
Harry regarda avec curiosité le visage fin et entouré d'épaisses boucles brunes de son amie.
« Je... Je préfère toujours ça mais votre compagnie ne m'ennuie pas.
- Ce n'est pas ce que tu semblais dire il y a quelques secondes ! rigola Ron avant d'engouffrer la moitié d'un pain au chocolat.
- A raison, il me semble, siffla Harry pour réponse avec un sourire qui détrompait le ton assassin de ses paroles.
- Chans aucun doutche ! réussit à exprimer le rouquin, la bouche pleine avant de se prendre un coup de coude de la part de Hermione. Echcuse Hermione, ch'est trop bon...
- Est-ce une raison pour ne pas suivre les règles de bienséance ? s'exclama sa petite amie, mi-exaspérée mi-attendrie. »
Harry rit en entendant ses amis se disputer longuement sur l'apparent « irrespect dégoûtant de Ron envers les autres quand il se bâfrait sans aucune retenue » et la « fatigante manie de Hermione de tout le temps lui reprocher ce qu'il ne pouvait changer ». Dean et Luna choisirent ce moment pour arriver, le premier l'air exténué et la deuxième sautillant joyeusement d'un pas aérien. Seamus les suivait, baillant sans retenue et l'œil vitreux.
« Bonjour vous tous ! annonça la Serdaigle avant de s'asseoir à côté de Harry qui lui sourit en apercevant les boucles d'oreilles jaune fluo et ayant une forme donnant la vague impression d'une botte cabossée qui pendaient sous la crinière blonde de la jeune fille. »
Dean et Seamus s'assirent – ou se laissèrent choir – également, marmonnant quelques saluts avant de commencer à se remplir le ventre.
« Salut Luna, répondit Hermione, ne prêtant même pas attention aux autres arrivants bien trop concentrés sur leur assiette ou leur bol de céréales pour lui répondre de toute façon. Tu ne trouves pas consternant que Ron man...
- Dis, Luna, tu comptes te représenter pour le poste de commentatrice lors des matches de Quidditch cette année ? coupa ledit Ron en évitant le regard courroucé de sa petite amie.
- Oh, j'aimerais bien mais je ne suis pas sûre que McGonagall m'accepte..., répondit Luna, son éternel sourire indifférent collé sur le visage. Je crois qu'elle n'a pas beaucoup aimé mes commentaires – pourtant plutôt pertinents – sur la pelouse du terrain qui était infestée de Joncheruines... Ils devraient faire attention parce que ces créatures vont...
- Ah oui. Hem. Euh... c'est dommage, tenta maladroitement le rouquin se demandant s'il ne s'était pas mis dans une situation encore plus délicate. »
Il croisa alors le regard de Harry goguenard et dévia rapidement la conversation sur leurs cours de la journée. Ce dernier lui adressa un sourire moqueur avant de se tourner vers la place qu'occupait Neville – sauf qu'il n'y était plus.
Ah zut ! J'aurais bien aimé lui demander de venir avec moi voir la Salle sur Demande... Il aurait pu m'aider à la faire apparaître.
Il le chercha autour des longues tables le grand garçon aux cheveux noirs et courts mais ne l'aperçut nulle part – et la Grande Salle était bondée désormais, ce qui ne l'aidait pas. Il sortit machinalement sa carte des Maraudeurs et la consulta discrètement sous la table, Luna à sa gauche étant bien trop occupée à idolâtrer le professeur Flitwick pour voir ce qu'il faisait.
On dirait qu'il a besoin d'une nouvelle cachette...
Le minuscule point noir attribué de « Neville Londubat » était dans les toilettes de Mimi Geignarde. Harry ignorait si quelqu'un songerait un instant à aller l'y chercher mais il remarqua également qu'une horde de point dont les noms se mélangeaient – il reconnut cependant Romilda Vane en tête du groupe – arpentait le 5ème étage à une allure soutenue.
Pauvre Neville... Ces filles sont vraiment tarées. Je n'ai jamais été poursuivi ainsi et je ne vais pas m'en plaindre mais franchement c'est n'importe quoi !
Il lança un dernier coup d'œil à Malefoy qui faisait de nouveau les cent pas dans son salon et c'est là qu'il aperçut un autre point présent avec le Serpentard.
Kreattur ?! Mais que fait-il... Oh. Ce doit être l'elfe chargé de s'occuper de Malefoy. Pitié qu'il ne parle pas de moi... Pitié. Malefoy ne va pas arrêter de m'enquiquiner sinon ! Il va sûrement demander ce qu'en pense Hermione, etc... Raaah !
« Harry ? Ça va ? »
Il sursauta et, relevant la tête, constata que tout le monde le regardait avec intérêt. Et que Luna était penchée au-dessus de son épaule et semblait prête à poser une question très pertinente sur la carte. Il se pencha vers elle et siffla afin qu'elle seule entende :
« Pas un mot. S'il te plaît. Tu pourras me questionner plus tard...
- Oh bien sûr, Harry, dit-elle à voix haute, un sourire étrange aux lèvres. Tu peux la ranger maintenant. »
Il la fixa, consterné, tout en rangeant précipitamment sa carte, voyant que Dean se penchait au-dessus de la table, l'air méfiant.
« Tu peux me dire ce que tu dois ranger, Harry ? demanda-t-il en lançant un coup d'œil interrogateur à Luna qui ne le remarqua même pas, cette fois-ci le nez en l'air, fascinée par le plafond magique qui montrait un ciel d'un bleu étonnamment radieux. »
Le brun se dit alors que cette question avait plus d'un sous-entendu – ou peut-être était-ce lui qui se faisait des idées ? Il sentit une chaleur désagréable lui couvrir les joues et réussit à répondre malhabilement :
« Rien... Quelque chose que... qui, hum, doit rester secret.
- Ah, je vois, grogna Dean, plongeant son regard dans son verre de jus de citrouille.
- Ça ne concerne pas Luna, dit Harry, irrité et perplexe (Dean est jaloux ? Oh Merlin – je vais encore te supplier mais là, franchement j'en ai besoin...).
- Vraiment ? (le garçon noir sembla réfléchir puis il chassa rapidement l'expression ombrageuse de son visage et esquissa un sourire contrit :) D'accord, d'accord. 'Scuse Harry, je suis pas de très bonne humeur... passé une mauvaise nuit. »
C'est alors que le verre dans la main de Seamus explosa, ce qui fit bondir le groupe de Gryffondors sur leurs bancs.
« Seamus ? interrogea Dean, l'air inquiet. »
L'Irlandais sembla alors reprendre conscience et, le visage toujours pâle, répondit avec un sourire forcé :
« Rien. J'ai serré sans m'en rendre compte en imaginant que c'était le cou de... le cou de, euh, ce maudit Botruc que Hagrid m'a obligé de lui tenir pour – disait-il – lui faire goûter des FizWizBiz... Il prétend que c'est très bon pour ces petites créatures insupportables, lâcha le grand jeune homme, tassé sur lui-même – semblant porter un énorme fardeau – et l'air plus usé que jamais, le regard dans le vague.
- Hagrid donne des bonbons aux Botrucs parce qu'il pense qu'ils les aiment ? s'exclama Hermione, l'air effaré et prête à foncer chez le garde-chasse afin de lui faire comprendre très clairement que les créatures ne se nourrissaient que d'insectes. Mais d'où lui vient cet accès de folie ? »
Ron sembla alors vouloir dire quelque chose sur la folie de Hagrid concernant les créatures magiques mais Hermione, anticipant sa réponse moqueuse, le fusilla du regard, ce qui lui cloua le bec plus efficacement qu'une assiette remplie de saucisses et de pommes de terre. Seamus, lui, se contenta d'un haussement d'épaule désintéressé puis se leva, grommela un salut puis fila d'un pas lourd mais rapide.
« Vous ne trouvez pas Seamus un peu... étrange en ce moment ? demanda aussitôt Hermione, les sourcils froncés d'inquiétude.
- Un peu étrange ! Complètement éteint, oui ! C'est bizarre, pourtant... Hier, il allait très bien, non ? dit Ron, se grattant nonchalamment le crâne.
- Non, il ne va pas bien, gronda soudain Dean, l'air contrarié. »
Il se leva alors à son tour sans un mot et partit à grandes enjambées. Harry, par réflexe, regarda sur sa carte – tout en s'assurant que Luna ne regardait pas mais celle-ci semblait bien trop captivée par le dos de Dean qui venait de disparaître par les portes de la Grande Salle pour chercher à savoir ce qu'il faisait – et trouva rapidement Seamus dans le parc.
Je ne sais pas quel est son problème mais je n'ai pas l'impression que quiconque puisse y faire grand-chose. Tout est dans sa tête. A moins que ce ne soit quelque chose d'autre... Dean est là pour lui.
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Plus que 5 foutues minutes.
Harry tapotait fébrilement sa plume sèche contre un parchemin vierge – qui était posé devant lui depuis le début du cours de Sortilèges et attendait désespérément que Harry se concentre un tant soit peu sur la leçon donnée et qui était à noter depuis un bon quart d'heure – mais le jeune homme était à des kilomètres de s'intéresser au pauvre professeur Flitwick qui débattait activement avec Hermione sur un sort tout à fait inconnu du brun. Il avait bien d'autres choses à penser comme le fait que le dernier cours de la matinée se finissait dans 4 minutes et 36 secondes et que bientôt, il devrait manger rapidement et foncer devant la Salle sur Demande pour tenter d'y pénétrer.
Et ensuite viendrait la partie la plus ardue de son après-midi – et qui lui prendrait sûrement toute son après-midi d'ailleurs : voler sur un balai avec ou sans Malefoy qui volerait à côté dans le cas numéro 2. Très étrange perspective.
Une sorte de poids compressait son estomac et il avait des brusques montées de chaleur dues au stress.
« Et c'est pour cela que l'on ne peut l'utiliser dans pareil cas ! Professeur, j'ai lu ça dans ce livre, vous savez... »
Et Hermione qui continuait à déblatérer... Harry ignorait si c'était une bonne chose ou non. De toute façon, il n'avait aucune idée de ce dont elle parlait ; et il s'en fichait comme la première paire de chaussettes de Dudley qu'il avait récupérée.
Il manqua de tomber de sa chaise quand il entendit la brusque sonnerie et s'attira un regard intrigué de la part de Ron et Dean qui étaient à côté et discutaient la minute d'avant du cas Seamus.
Dean était arrivé quelques secondes avant le début du cours et s'était assis discrètement malgré les nombreuses paires d'yeux rivées sur lui. Il avait l'air secoué, les yeux perdus dans un lointain océan de questions sans réponse. Un pli soucieux lui barrait le front et il n'avait voulu répondre à aucune des questions de Ron qui avait malgré tout voulu parler de Seamus ce qui avait incroyablement contrarié Dean qui semblait aussi soulagé que Harry de pouvoir fuir la classe de Sortilèges.
Ils sortirent donc tous les deux en même temps, le professeur Flitwick n'eut aucunement le temps de leur lancer un regard réprobateur ; Hermione semblait bien décidée à continuer à le bombarder de questions et d'arguments. Ron poussa un énorme soupir et se dit avec lassitude que ses amis lui démontraient une énième fois qu'ils n'étaient pas fiables.
Toujours moi... Bon à part le pauvre Neville qui doit fuir une horde de zombies femelles gloussantes, je suis à plaindre ! Pff, elle va arrêter de l'emmerder, le pauvre ?! Ahah, la tronche qui tire ! Je comprends sa souffrance... Hermione m'avait fait le même coup quand je parlais un peu trop souvent à Padma.
Ron esquissa un sourire attendri (NdA : niais) – qui s'effaça rapidement quand il vit Neville éclater de rire en passant à côté de lui accompagné d'un « A plus Ron » hoquetant – et il décida d'attendre patiemment Hermione.
Il songea un instant à Seamus et son curieux caractère quasi dépressif qui s'était développé depuis le début de l'année scolaire, et les cachotteries de Dean à son sujet. Sans parler de Harry qui, malgré ses paroles rassurantes, cachait quelque chose. Pour ne pas dire « quelques choses ».
Poudlard transformait vraiment les gens... Ce château avait décidément une drôle d'influence.
A part pour les Weasley, en fin de compte – moi, je ne compte pas ; après tout, avant, je n'aurais jamais attendu Hermione pour qu'elle se soulage de sa maladie du questionnement intensif ! Fred et George n'ont jamais changé de caractère et Ginny... C'est quand elle était au Terrier qu'elle a changé ! Ça, je veux bien l'admettre, Harry a eu raison. Ginny est devenue beaucoup moins explosive et active – ce qui fait son charme – que quand elle était à Poudlard. L'effet inverse, quoi.
Ron se renfrogna et, glissant ses mains dans ses poches tout en rejetant sa cape en arrière, il s'adossa à un mur et fixa la chevelure bronze de sa petite amie onduler sur ses épaules, ses mains s'agitant fébrilement en de grands gestes explicatifs sous l'œil admiratif de Flitwick.
Si seulement le monde pouvait être aussi simple que Hermione et moi... (NdA : joke mes amis. Mais avouez que Ron a toujours été un peu aveugle sur ça alors on va pas lui reprocher d'espérer des choses qui ne faudrait surtout pas qu'elles arrivent ! Et c'est vrai que dans ma fic, ils sont tous les deux beaucoup plus simples que les autres -o-)
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J'aurais pu m'en douter en même temps... Le médaillon des Black a toujours été dans le repaire de l'Ordre du Phénix, le 12 square Grimmauld. Où vivait donc ce maudit vieil Elfe. Kreattur. Qui aime bien Potter mais qui le détestait avant à ce que j'ai compris. Tout ça parce qu'il lui a refilé le médaillon. Potter est bien plus manipulateur que je ne le pensais, tiens...
Drago était prostré dans un fauteuil, l'air pensif, une tasse de chocolat chaud serrée entre ses deux mains. Malgré le fait qu'il avait froid (il y avait beau y avoir du ciel bleu, l'air était frais et l'automne approchait), il gardait les portes vitrées du balcon grandes ouvertes ainsi que les rideaux pourpres. Voir l'extérieur, le ciel, la Forêt Interdite au loin, le lac miroitant, était devenu vital pour lui qui n'avait plus mis un pied véritablement dehors depuis maintenant plus de deux semaines.
C'était fou ce que son mode de vie avait changé...
Au point qu'il se retrouve à ne plus penser à autre chose que Harry Potter.
Remarque, ça, ça ne change pas tant que ça... J'étais tout le temps à le haïr avant alors bon. Il me prenait la tête... Et il le fait toujours !
Il soupira, un faible accès de désespoir l'envahissant.
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Harry faisait face au mur nu avec un mélange d'exaspération et d'incompréhension. Quel était le problème ? Il avait pourtant évoqué clairement son désir de trouver une pièce calme, agréable et où il pourrait se réfugier en cas de désir brut de solitude.
C'est fou, ça ! J'ai l'impression que plus les années passent, plus il est compliqué d'y entrer ! Neville n'avait eu aucun mal à découvrir la Salle... Alors que... Est-ce que je manque de détermination ?
Il gronda intérieurement. Non ! Ça ne pouvait être ça ! Voilà une demi-heure qu'il s'acharnait et l'impression curieuse d'être revenu en 6ème année le faisait se sentir légèrement mal à l'aise.
C'est à ce moment qu'il songea à invoquer un Tempus et découvrit alors (Oh non bordel de bordel de bordel de...) qu'il ne lui restait qu'un quart d'heure pour se précipiter jusque dans son dortoir pour récupérer deux balais et filer vers le balcon de Drago Malefoy.
Tu as intérêt à réaliser le plus beau sprint de ta vie, là...
Et il courut à en perdre le souffle (Pourquoi ce maudit château était-il si grand et imprévisible ?! Jamais il n'avait autant haï de simples escaliers et couloirs tous plus inattendus les uns que les autres).
13 minutes plus tard exactement, il débarquait dans le dortoir, le souffle court, un point de côté ignoble lui tiraillant le côté droit sous les yeux éberlués de Seamus et Dean qui semblaient irrités et profondément surpris d'être interrompus dans ce qui ressemblait curieusement à une dispute.
« Ne vous gênez pas pour moi ; je ne fais que passer ! siffla Harry entre ses dents avant de se saisir de son Éclair de Feu et le Nimbus 2000 que s'était acheté Ron quand il avait reçu sa récompense de glorieux combattant contre les Forces du Mal et qu'il avait bien daigné prêter à Harry même si celui-ci ne lui avait aucunement dit pourquoi il en avait besoin (Ron avait juste la faible promesse que son meilleur ami lui expliquerait tout plus tard...). »
Les deux autres Gryffondors ne songèrent pas un instant à lui répondre ; à quoi bon, le curieux ancien Héros de guerre avait sauté de la fenêtre, gracieusement assis sur son balai tout en tenant fermement l'autre de sa main gauche.
Voilà ! J'espère que vous l'avez tout de même lu en entier malgré son ennuyant contenu é_è Le chapitre 9 sera donc basé sur la première sortie de Drago comme vous pouvez vous en douter ! Sur ce, à plus !