Bonjour ! Voici le chapitre 9 (donc la première sortie de Drago *rire étrange*) ! Le prochain chapitre n'arrivera peut-être pas le week-end prochain car il va être extrêmement chargé pour moi .-. sans parler de ma semaine ! Donc bon, il vous faudra peut-être attendre plus longtemps ^^ rien n'est sûr ! Sur ce, bonne lecture !

Chapitre 9_Envol

« Potter, est-ce que tu es obligé d'arriver de cette façon ? C'est répugnant ! »

Harry eut la folle envie d'étrangler le blond (comment avait-il pu oublier l'acide qui sortait en continu des lèvres charnues du Serpentard d'excellence ?) pour cette remarque sur son état suant et essoufflé.

Et bien sûr, je ne peux pas lui révéler que j'ai du courir sinon il va tout de suite s'imaginer que je prends ça à la légère ou que je n'ai aucune responsabilité... Rah ! Insupportable blond trop méfiant ! Bon, en même temps, il est vrai que j'aurais pu faire attention mais ce n'est pas de ma faute ; je devais essayer de rentrer dans la Salle que son copain a cramée l'année dernière...

Il eut un rictus agacé à cette pensée.

« Pourquoi tu fais cette tête, Potter ?

- Pour rien. Ne t'inquiète pas, on va y aller, dit-il d'une fausse voix rassurante dégoulinante de sarcasme. »

Drago prit aussitôt une expression haineuse et butée.

Harry eut pendant un instant l'envie de se moquer de lui (ou de lui dire de cesser de le regarder de cette façon) mais ce n'était vraiment pas le moment : il ne restait qu'une minute avant que les barrières ne se remettent en place et qu'il ne soit impossible pour Drago de sortir.

Le brun avait été content de trouver un Serpentard tout à fait prêt et tendu quand il était arrivé, haletant, sur le balcon. Drago avait toujours des cernes mais avait le regard plus vif – peut-être dû à son stress et son impatience – et sa maigreur semblait moins se remarquer.

« Bon, tu préfères monter sur mon balai ou sur un autre pendant que je volerai à côté ?

- Question stupide, Potter – tu nous fais perdre du temps ! – je prends le Nimbus.

- Très bien mais si tu es tenté de t'enfuir, pense bien aux conséquences, grogna Harry en fusillant le blond qui posait une main prudente et – sérieux ? – tremblante sur le manche soigneusement poli du Nimbus 2000. »

Drago l'ignora avec superbe, bien trop occupé à toucher son premier balai depuis une éternité.

D'ailleurs à quand ça remonte ? Ah mais oui ; le fameux vol avec Potter au-dessus du Feudeymon... Super. Que de merveilleux souvenirs j'ai avec le foutu Survivant...

Un frisson le parcourut et il leva lentement la jambe droite – avec une grimace ; il avait fait une mauvaise chute au-dessus du balcon en s'affalant pour la énième fois dans la bulle et il le sentait. Quand il enjamba le Nimbus, il sentit une boule d'émotion se coincer dans tout son corps, lui faisant crisper tous ses muscles. Il retint un sourire (Il ne manquerait plus que Potter soit fier de son idée... – même si Drago devait bien avouer que jamais il n'aurait rêvé que quelqu'un ait pareille pensée pour lui).

« On se dépêche maintenant ! le pressa soudain Harry, une lueur inquiète, un peu folle et incompréhensible dans ses yeux verts grands ouverts. »

Drago hocha la tête puis, avec appréhension mais sans hésitation, se jeta dans le vide (Harry eut un brusque coup au cœur en voyant cela ; on aurait dit un oiseau prenant son envol après une dure chute qui lui aurait blessé les ailes – désormais guéries et prêtes à emploi).

Secouant la tête, le brun se jeta à son tour, un brin paniqué puis il entendit un long cri – pas d'effroi, non, de bonheur. Puis un rire. Brûlant. Aussi libre qu'une plume dans un courant d'air. Et il le vit.

Drago filait entre les tours du château, riant aux éclats – mais il ne s'en rendait pas compte. Tout avait disparu. Ces deux premières semaines avaient disparu. Son enfance cruellement silencieuse, son adolescence brisée, disparues. Toutes ces sales personnes qui venaient hanter ses cauchemars, disparues ! Potter, McGonagall, Greg, sa mère, toutes ses personnes qui voulaient son bien mais qui ne le comprenaient pas... qui ne le comprenaient en rien, disparues ! Disparues ! Disparues...

Il ne voyait plus que le ciel autour de lui, Poudlard, la Forêt au loin, le lac, les élèves, minuscules points éparpillés dans une cour, qui ne levaient pas les yeux vers lui, ne l'entendaient même pas hurler sa joie... Le vent était son allié.

Et tout se mélangea délicieusement quand il prit de la vitesse, filant vers le terrain de Quidditch. Sa tête lui tournait, des larmes coulaient de ses yeux sous l'effet de l'air frais, ses joues lui faisaient mal à force de sourire, ses mains étaient crispées sur le manche... et il n'avait jamais été aussi heureux. La bulle d'émotion avait explosé en lui et coulait comme de la lave partout dans son corps.

«...foy ! »

Très loin, une voix semblait l'appeler mais peu importe, Drago était libre maintenant.

« Malefoy ! »

Laisse-moi tranquille... laisse-moi tranquille...

« Pas par là ! Il y a... Quidditch... Gryffondor ! »

Mais Drago n'eut pas besoin de comprendre ce que Potter s'exténuait à lui dire : les cris et beuglements des points rouge et or filant à travers le terrain lui décrire la situation on ne peut plus clairement et le firent se stopper rudement, le déstabilisant un court instant.

Forcément. Le jour où je peux enfin voler. Ces MAUDITS Gryffondors, gronda-t-il intérieurement, son adrénaline transformant sa joie exubérante en fureur destructrice.

Une main se posa fermement sur son épaule, le faisant tressaillir (alors qu'il aurait volontiers sursauté si ce n'était pas Potter qui avait osé faire cela !)

« Ce sont les sélections pour l'équipe de Gryffondor.

- Eh bien, rejoins-les donc, Potter. Tu n'as pas un poste à occuper ? siffla Drago sans réfléchir au soin de sa répartie.

- Non, le nouveau – ou plutôt la nouvelle – capitaine est une Attrapeuse et je ne peux pas postuler en tant que poursuiveur ou...

- Tu ne peux pas jouer ? coupa le blond, surpris.

- Non, je viens de le dire, Malefoy, répondit l'autre, le regard brillant d'agacement dirigé vers le terrain. »

Drago préféra alors se taire, ne sachant que répondre. Ainsi, l'équipe de Gryffondor se ferait sans Harry Potter ? Bizarre. Qui a bien pu penser que ne pas accepter le héros dans l'équipe serait une bonne idée ? Cette fille capitaine... Peut-être qu'elle n'est même pas douée ! songea-t-il étrangement irrité.

Puis se rendant compte de cet état d'âme, il plissa les yeux ; Mais quelle importance de toute façon ?! On parle de l'équipe de Gryffondor, là, Drago ! Tu es censé t'en ficher comme de ta première paire de chaussure !

Mais voyant l'expression fermée de Potter, il grimaça. Non il ne s'en fichait pas pour la bonne raison que ce n'était pas juste pour le garçon le plus juste qu'il n'ait jamais rencontré ! Foutu Survivant. Si ça continue, je vais même finir par me soucier de ce qui pourrait le préoccuper, pauvre chéri adulé par tous et sur-aimé.

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Un quart d'heure plus tard, ils se trouvaient dans le parc qui surplombait le lac. Ils n'avaient échangé aucune parole mis à part les « Allons-y Malefoy » et « On se pose ici » de Harry qui avait décidé qu'aller au terrain de Quidditch en compagnie d'un Serpentard au milieu d'une marée de Gryffondors ne serait pas une bonne idée. Le blond avait vaguement protesté (en vérité, il aurait adoré désorganiser la sélection des Gryffondors rien que pour voir leurs visages rouges de colère) mais Harry avait été inflexible.

Et Drago avait songé aux multiples insultes et coups qu'il pourrait recevoir en y allant malgré l'interdiction du Survivant. C'était vraiment stupide.

Et on pouvait voir qu'il n'était pas le seul à s'insulter mentalement pour son idiotie :

Mais quel abruti je fais ! J'aurais pu y penser tout de même ! Malheureusement Seamus n'était pas là pour me rabâcher les oreilles avec ça du coup ça m'est totalement passé au-dessus... Merde, merde, merde ! Qu'est-ce que je vais faire de Malefoy, maintenant ? Il avait envie de voler mais je...

Il fut coupé dans sa réflexion par un soupir exaspéré de l'encombrant Serpentard qui venait de se poser au sol un mètre sous lui et qui le regardait moqueusement. Harry s'empressa de rejoindre la terre ferme et, repoussant la cape de sa tenue de Quidditch en arrière, il se fit la réflexion qu'il y avait des tonnes d'endroits que Malefoy avait peut-être envie de voir. Il suffisait de le laisser choisir...

« Alors... Quelque chose à suggérer, Potter ? Pour sauver cet après-midi qui s'annonce catastrophique ?

- Bon, écoute, Malefoy, commença Harry, brusquement lassé, ce n'est pas à moi de décider, ok ? On est là pour toi alors dépêche-toi de choisir quelque chose sinon le choix de ma destination sera plutôt simple.

- Ah vraiment ? marmonna le blond sans le quitter des yeux.

- Oui et je n'attendrais pas que tu sois d'accord. »

Harry sentit les yeux gris le jauger et il mit le plus d'impassibilité et de froideur dans son regard ; ce qui sembla convaincre le blond puisque celui-ci eut un instant une expression de pure terreur – le brun crut la rêver – avant qu'elle ne disparaisse, transformée par la résignation.

« Laisse-moi réfléchir... »

Et c'est que Harry fit, se détournant pour contempler le lac miroitant et légèrement ondulant sous quelque souffle de vent. Le soleil lançait ses pâles rayons dans les branches pendantes des saules pleureurs et les nuages étaient aussi blancs que du coton roulant dans les vagues du ciel d'un bleu azur. Il respira un instant l'odeur des sapins, de l'herbe et... une odeur fraîche, florale ? C'était la première pensée qui lui était venue en sentant cette odeur pourtant bien connue...

L'odeur du muguet... Ce n'est pas du tout la période pourtant, songea-t-il interloqué, puis soudain il ouvrit de grands yeux en faisant volte-face : Non ne me dites pas que...

Drago perçut le regard fixe du Gryffondor malgré la profonde réflexion dans laquelle il était plongée (La bibliothèque ? Oui mais tu ne fais que lire – quand tu n'es pas en train de te laisser crever – alors non ce ne serait pas la meilleure idée... La volière ? Oh... je parie que McGonagall a posé des barrières pour que je n'y entre pas. C'est dingue ! Je n'ai même pas le droit d'envoyer une lettre à ma mère ! Enfin bref ; la salle commune des Serpentards ?) et il releva la tête, sourcils froncés. Potter avait l'air vraiment perturbé. Comme s'il venait d'apprendre quelque chose de tout à fait horrible à son sujet, ce qui le fit hausser un sourcil.

« Un problème, Potter ?

- Hein ? Euh non rien... c'est juste que – il hésita avant de dire la vérité puis se décida à parler parce qu'il aimerait bien savoir pourquoi il n'avait pas senti cette odeur plus tôt sur l'autre garçon – tu as mis du parfum aujourd'hui ?

- Quoi ?... Non ! s'écria Drago, ses joues se voilant d'une légère rougeur. Qu'est-ce que tu racontes, Potter ?!

- … Tu sens le muguet, avoua Harry – assez pitoyablement, il devait bien l'admettre. »

Là, Malefoy piqua un fard affreusement gênant pour lui – et terriblement drôle et captivant pour le brun qui lui faisait face. Il adorait ces moments où le blond était gêné – autrefois il y prenait un plaisir féroce mais désormais, il était plutôt amusé... attendri.

« Eh bien je ne sais pas, moi, Potter ! s'énerva le blond voyant des fossettes se creuser sur les joues de son ancien ennemi, puis il ajouta, embarrassé : je sens toujours le muguet.

- Mais pourtant...

- Oh laisse tomber, Potter ! Tu ne te souviens pas que j'avais comme un petit problème d'action concernant des choses simples comme se laver, s'habiller, il y a quelques jours ?!

- Oui mais...

- Quoi encore ?

- Cesse de m'interrompre si tu veux le savoir ! s'exaspéra Harry, ses yeux commençant à lancer des éclairs. Je pensais simplement que j'aurais pu le sentir plus tôt... Je veux dire avant.

- Je ne... Tu n'as jamais été proche de moi, Potter.

- Mais tout de même ! Les fois où on « s'apostrophait » – Drago se crispa et se voûta légèrement – ou en cours, je ne sais pas, moi ! Ou même dans la Salle sur dem...

- Ne finis pas cette phrase. L'odeur de brûlé cachait tout, murmura le blond en lançant des regards blessés et furieux autour de lui (Harry ne se souvenait pas que ces yeux gris aient jamais été aussi expressifs qu'aujourd'hui). »

Mais quel abruti il était ! Ne pouvait-il pas la fermer et éviter les sujets sensibles comme le fait qu'il ait sauvé la vie du blond (cela dit, ce dernier la lui avait sauvé aussi ensuite. Au manoir...) ? Il souffla un coup s'apercevant que Malefoy avait fermé les yeux et s'apprêta à dire quelque chose, n'importe quoi qui puisse détendre ne serait-ce que d'un millimètre la situation (et le blond concerné).

« Chez Hagrid. »

Harry tressaillit ; le blond avait brusquement pris la parole de sa voix traînante habituelle comme pour se donner de la force, mais Harry y distingua une réticence prudente.

« Pardon ?

- Je veux aller chez ce gros balourd de Hagrid, grinça Drago pour faire bonne mesure.

- Euh... tes désirs sont des ordres ? répondit Harry, surpris. »

Drago ne prit même pas la peine de répondre, plaçant le Nimbus 2000 de Ron sur son épaule, partant déjà d'un pas décidé. Harry, un peu médusé à vrai dire, fit de même, accélérant pour venir se mettre à sa hauteur.

Ils marchèrent en silence tout le long du chemin, la confusion gagnant leurs esprits déroutés ; qu'est-ce que c'était que cette conversation ?! Et depuis quand arrivaient-ils à se parler sans vouloir se jeter des sorts ?

Enfin, Drago, tu te rends compte à quel point tu viens de te ri-di-cu-li-ser devant Potter, là ?! Non mais franchement... Rougir ? Vas-y, la prochaine fois, t'as qu'à carrément tomber dans les pommes ou un truc débile comme ça ! C'est Potter que t'a en face de toi, là ! Pas ta mère, POTTER ! Non et puis quelle idée il a eu de me dire que je sens le muguet ? Pourquoi maintenant ? Il est débile ou quoi ? Ah oui, c'est vrai qu'il l'est... Stupide Gryffondor...

Malefoy sent le muguet. Mais je ne comprends toujours pas comment j'ai fait pour ne pas le sentir avant ? Peut-être parce que je ne faisais pas vraiment attention à Malefoy... Enfin, bref, il sent le muguet. Allez savoir pourquoi... Tiens, il faudra que je relance le sujet un de ces jours, vu comment ça le perturbe... Ahah, c'est trop drôle. Cela dit, moi aussi, ça me paraîtrait chelou qu'il me dise soudain que je sens la rose ou je ne sais quoi... Mais moi, je ne sens pas la fleur, déjà. Non mais.

La petite chaumière de Hagrid (elle aussi, rénovée après les assauts des Géants qu'elle avait subis) apparut soudain, dans la pente, de la fumée s'échappant régulièrement du conduit de cheminée. L'immense silhouette du garde-chasse se dressait à l'orée de la Forêt Interdite et semblait lancer des morceaux de viande et des carottes entre quelques buissons.

« Qu'est-ce qu'il fait, à ton avis ? chuchota Drago comme s'il n'avait subitement pas envie que Hagrid l'entende alors qu'ils étaient encore loin du demi-géant.

- Il donne à manger aux Sombrals..., répondit nonchalamment Harry avant de s'alarmer : c'est impossible que tu ne les voies pas...

- Je les vois, Potter, je les vois, grimaça Drago. C'est juste que je ne les avais pas encore repérés... »

Sur ce, il accéléra le rythme, ses pieds glissant parfois sur la pente douce en bas de laquelle se dressait Hagrid toujours à lancer ses morceaux de viande froide en appelant joyeusement les Sombrals par tout un tas de petits surnoms affectueux – dégoûtants, soupira Drago intérieurement avant d'aller se placer à la droite de l'homme immense et de lui tapoter le bras pour qu'il le remarque.

« Ah déjà de retour Seam... Com... Malefoy ? balbutia le géant avant d'adopter une expression renfrognée (il avait toujours le souvenir de Buck manquant de se faire couper la tête par la faute des Malefoy et visiblement, il n'était pas spécialement ravi de voir le génie de la farce). Qu'est-ce que tu fiches là ? Tu n'es pas censé être dans ta tour ?

- Bonjour Hagrid ! en profita pour intervenir Harry, venant se placer derrière le blond. Ça va bien ? Seamus est là ?

- Harry ? le peu de peau que l'on distinguait du visage du barbu affichait une expression interloquée et pleine d'incompréhension. Non... non, il n'est pas là. Il est parti me chercher un livre que je lui avais prêté... et...

- Oui, hum, et il vient souvent ? Harry comptait bien en profiter pour questionner Hagrid sur le cas Seamus qui venait de plus en plus souvent ici.

- Euh oui... Pour parler, tout ça. Il a quelques problèmes, ce petit gars, soupira Hagrid en lançant une poire vers un bébé Sombral qui venait de pointer le museau hors du buisson dans lequel il était réfugié. »

Drago, voyant que le garde-chasse l'oubliait complètement (Non mais franchement, Potter, t'es gonflé ! Tu pourrais me laisser parler...), lui retapa le coude après avoir foutu un coup de coude vicieux dans le ventre de Potter qui émit un « ouf » étouffé.

« Qu'est-ce que tu veux, Malefoy ?

- Je voulais... – il inspira profondément (décidément ce n'était pas sa tasse de thé...) – je voulais m'excuser. »

Il lui sembla que tous les habitants de la Forêt et alentours venaient de brusquement cesser de faire le moindre bruit. Le silence était assourdissant. Hagrid avait une expression hébétée comme s'il venait de découvrir qu'il était possible de garder un dragon adulte dans sa minuscule bicoque.

Drago lança un regard mi-désespéré mi-exacerbé à Harry mais celui-ci le fixait également avec des yeux ronds comme des Vifs d'Or et la bouche entrouverte (ce que tu as l'air stupide, Potter... ferma ta bouche voyons)

« Bon. Hum. D'accord Malefoy, répondit après une éternité Hagrid d'un ton bourru avant de se remettre à lancer des morceaux de viande un peu n'importe où dans la Forêt. »

C'était ça que Malefoy voulait dire ? Merlin. Si j'avais su, j'aurais tenté de me composer un visage plus intelligent...

Harry était tout simplement sous le choc. Quelle était donc la motivation de Malefoy à faire cela ? Car il ne pouvait pas être devenu brusquement bon et avoir décidé de s'excuser envers les personnes qu'il avait blessées quand il était un petit con arrogant !

Et non, ça ne peut pas être ça, il ne s'est jamais excusé auprès de moi... Et pourtant, c'est pas les raisons qui manquent !

Le brun se sentit soudain agacé des excuses de Malefoy envers Hagrid. Certes, il était temps qu'il les dise mais lui, dans tout ça ? Il n'avait pas droit aux adorables excuses du blond, lui ?

« Bon, Potter, viens, je veux aller voir la salle... ma salle commune, grogna Malefoy en tirant le brun par la manche, ne souhaitant pas s'attarder plus longtemps à côté du garde-chasse qui était trop « bouleversé » (pauvre chéri !) pour poursuivre la conversation. »

Harry ne pipa mot, se contentant de se laisser traîner par un Serpentard au regard fuyant et à l'air fermé. Décidément... Est-ce possible d'autant changer ?

Le brun se stoppa, interloqué : Mais le connaissais-je vraiment ? Peut-être a-t-il toujours été comme ça ? Oui mais pourquoi faire ses excuses à Hagrid maintenant ? Et non, ce n'est pas possible, Malefoy a toujours été insupportable... Il était orgueilleux, immature, incapable de faire le bien, de remercier ou de s'excuser...

« Potter ! Bouge, bon sang ! Il faut qu'on passe voir un Serpentard ou Slughorn pour avoir le mot de passe...

- Oui, oui, j'arrive, grommela le Gryffondor en lui lançant un regard étrange que ne perçut pas Drago, déjà de dos, marchant à pas vifs vers le château. »

On va devoir parler, Malefoy. Tu es beaucoup trop incompréhensible...

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« Monsieur Malefoy ?... Mais qu'est-ce que – Oh, Harry, quelle heureuse surprise ! s'exclama le professeur Slughorn, tout d'abord décontenancé puis brusquement fou de joie.

- Bonjour professeur, répondit rapidement le brun, remarquant l'expression maussade et indifférente qu'affichait Malefoy. Désolé de vous demander ça, mais pourriez-vous nous donner le mot de passe afin d'entrer chez les Serpentards ? Nous sommes plutôt pressés...

- Oh... bien sûr, bien sûr, se reprit le gros maître des Potions, l'air déçu. Le mot de passe est Persévérance (Drago renifla à ce mot ; Évidemment. Ça ne doit pas être simple pour les Serpentards... Nous sommes tellement lâches comparés à tous ces « héros de guerre »...). J'espère vous revoir bientôt, Harry... Vos résultats en Potions ne sont plus aussi... époustouflants que lors de votre 6ème année et je souhaiterais vivement en discuter avec vous. Tranquillement bien sûr, mon garçon, pas d'inquiétude ! (il accompagna cette phrase d'une petite tape sur l'épaule du Survivant et d'un sourire soit-disant bienveillant) »

Harry se dit un instant que cette conversation devrait être remise à bien plus tard. Parler de la guerre – car c'était cela – avec Slughorn n'était pas dans son programme. Et malheureusement pour lui, sa chute au niveau de ses résultats n'était due qu'au fait que le Prince de Sang-Mêlé n'était plus là pour l'aider et que la difficulté des cours de Potions de 7ème (ou 8ème dans leurs cas) année avait encore augmenté.

Il jeta un rapide coup d'œil à Malefoy qui semblait vouloir garder obstinément un air renfrogné et extérieur à tout ce qui pourrait se passer autour de lui puis répondit à Slughorn avec un petit sourire forcé :

« Merci beaucoup ; ne vous inquiétez pas, je repasserai mais voyez-vous, j'ai un emploi du temps extrêmement chargé et énormément de devoirs... Je verrai. Bon après-midi professeur ! »

Et il fuit, tirant le blond derrière lui, direction les cachots, n'écoutant déjà plus le dernier au revoir balbutié par un Maître des Potions interloqué.

« Depuis quand les Gryffondors ne...

- Malefoy, la ferme ! »

Et Harry lâcha la manche du blond, partant à grandes enjambées, contrarié à la pensée de Sughorn s'apitoyant sur son sort – et de Malefoy se moquant de son courage légendaire face au professeur.

« Oh, Potty, je rigolais ! Je me fiche pas mal de ce que...

- Tais-toi.

- Tu sais pertinemment que je ne me tairai pas alors pourquoi ne pas chercher à me répondre intelligemment ? A moins que ce ne soit vraiment trop dur pour toi, Potter, ce que je pourrais comprendre vu le peu de cervelle que tu as mais... »

Harry, brusquement énervé par la présence de Malefoy, se stoppa net, fit volte-face et se saisit abruptement du col du pull de l'autre pour l'épingler contre un mur. De l'autre main, il sortit sa baguette qu'il pointa sur le visage pâle de Drago qui grimaçait, ses deux mains tirant sur les doigts enroulés autour de son cou. Il haleta péniblement, ses joues rougissant au fur et à mesure que le manque d'air se faisait.

« Tu ne dis plus rien, d'accord ? Tu me laisses tranquille ! gronda Harry, puis avant de le relâcher : T'es vraiment insupportable, Malefoy. »

Le blond chuta et se cogna les genoux à terre sans que Harry ne fit mine de le retenir.

Drago inspirait et expirait brutalement (le brun se demanda un instant si ce n'était pas la peur plutôt que l'étouffement qui le faisait réagir ainsi mais préféra ne pas y penser), les deux mains tenant son col roulé et sa gorge meurtrie en dessous. Il finit par se relever, tremblant et s'appuyant contre le mur, sans relever la tête.

Harry sentait un sentiment très désagréable monter en lui et il savait pertinemment ce que c'était. Il préféra détourner les yeux et faire quelques pas pour voir si l'autre suivait.

Il n'a pas de baguette. Il n'aurait même pas pu se défendre... Tu es horrible, Harry.

« Potter. »

Il se retourna aussitôt, cherchant à comprendre pourquoi la voix de Malefoy était de nouveau traînante et sûre d'elle (pas que ça le dérange... entendre la voix du Serpentard chevroter devait être une expérience traumatisante).

« Alors comme ça, on menace les plus faibles ? demanda ce dernier, levant enfin les yeux... des yeux froids mais qui cachent sûrement quelque chose.

- Depuis quand te considères-tu comme faible, Malefoy ? répliqua le brun, ayant de nouveau l'envie de lui taper dessus.

- Je ne suis pas faible mais je n'ai plus de baguette, grinça Drago, toujours accoté au mur de pierres. Ça fait d'ailleurs plusieurs mois que je n'en ai plus. A cause d'une certaine personne. »

Harry le regarda étrangement.

Il m'en veut pour tellement de choses... Où est-elle donc sa baguette ? Sûrement au Terrier mais comment vais-je faire pour la récupérer ? Oh, j'irais aux vacances de Noël – aie, je sens que ça va être compliqué avec Ginny... Ah et je ne vais rien dire à cet abruti. Comme ça, il aura la surprise et reverra peut-être son avis sur moi ! Enfin pas que ça m'ennuie mais bon...

« Potter, wouhou ? Perdu dans tes pensées ? interrompit le blond, moqueur.

- Hm, grommela l'interpellé en réponse, plissant les yeux.

- Bon, on y va ? »

C'est à ce moment-là qu'apparurent trois Serdaigles de 6ème année (Non... Où est ma cape ?!) qui, semblant ne rien remarquer tout d'abord, tournèrent vivement la tête vers le Sauveur d'un air admiratif. Puis ils le virent derrière le fameux Harry Potter.

« C'est Drago Malefoy ! siffla le seul garçon qui, d'un geste très chevaleresque, vint se placer devant les deux jeunes filles aux yeux luisants de haine et non de peur. »

Ça va dégénérer...

Harry, se détourna légèrement pour voir comment réagissait l'autre toujours derrière lui, contre le mur, dans l'ombre. Drago affichait un visage de marbre mais le brun voyait clairement qu'il n'était pas prêt pour faire face à toutes les accusations qui pleuvraient sans discontinuer sur lui dès que tout Poudlard sera au courant qu'un Mangemort se balade librement dans les couloirs.

Oui mais il est avec moi.

« Sa présence ici ne vous regarde pas ; allez-vous en, finit par dire Harry de façon calme mais intraitable.

- Tu es peut-être l'Elu mais..., commença le garçon avant de se faire interrompre par la fille à sa droite ;

- Il a tué ma mère ! »

L'écho de sa voix sembla se répercuter à l'infini contre les murs de pierres froides et austères. Même les Serdaigles avaient pâli.

« C'est totalement faux. Malefoy n'a jamais tué quiconque, gronda enfin Harry qui paraissait être le seul encore capable de prononcer un mot. »

Ledit garçon baissa la tête, ne voulant montrer à personne la honte qui se disputait à la colère dans son regard. Jamais Potter ne devrait prendre sa défense ainsi.

Potter, tu ne sais même pas de quoi tu parles... certes, je n'ai pas tué ; et alors ? Ce n'est pas comme si je n'aurais pu le faire. J'aurais même pu te tuer, toi...

« Allez, dégagez ! Vous n'avez rien vu ! Et je vous jure que si vous en parlez à quelqu'un, vous allez me le payer... Je ne rigole pas. »

Harry fut vivement satisfait de voir les trois Serdaigles partir après avoir détecté une crainte non feinte sur leurs visages.

Comment ai-je fait au juste pour oublier de parler de tout ça à Ron et Hermione ? Ah oui ! C'est parce qu'ils me laissent tranquille... du coup, je ne ressens – pour une fois – pas le besoin de leur raconter ma vie trépidante !... En espérant que ces trois idiots la ferment et que j'ai le temps de parler à mes amis avant qu'ils ne l'apprennent par des rumeurs – car les Serdaigles ont beau être intelligents, ils aiment les ragots autant que les autres maisons !

« Malefoy ? appela-t-il, n'ayant vraiment pas envie de s'attarder sur cette scène inopinée. Ta salle commune est bien par là ? »

Un hochement de tête lui répondit et ils repartirent de nouveau.

Voélé -o- J'espère que ça vous a plu et si c'est le cas ou non, postez une review ; savoir ce que pensent les personnes qui me lisent est quelque chose de précieux et d'extrêmement instructif. Silvouplé ! :D Sur ce, à pluche et à peut-être dans une semaine !